Petit dîner entre amis [Pv : Mizz]




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MessageSujet: Petit dîner entre amis [Pv : Mizz]   12/8/2016, 15:14

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Pouvoir : Grâce à ses humeurs corporelles, Lucrèce peut conserver les cadavres. Particularité : l'espace d'un baiser, Lucrèce patage ses pensées avec l'autre.
Origine :
Rome antique.
Orientation sexuelle :
"Par devant, par derrière, de toutes les manières..."
Habitation :
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Fiche de personnage :
La curiosité est un bien joli défaut
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Lucrèce
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Lucrèce resserra sa cravate, il tire un peu sur ses manches, il vérifia les boutons, puis il sourit à son reflet. Ses cheveux noirs et ondulés encadraient son visage ovale, il remit quelques mèches en place de ses longs doigts fins, et enfin, il recula de quelques pas. Il se tourna vers l'armoire, il prit le haut-de-forme, il l'inspecta un moment, avant de se décider à le jucher sur son crâne. Il prit sa canne d'un geste théâtral. Malgré tout, dans sa chambre, située à l'étage du cabinet de curiosité, il régnait une atmosphère encore plus étrange. D'abord parce que Lucrèce ne dormait jamais seul, il était souvent accompagné par sa délicate maîtresse muette, mais pour ce soir, cela serait un peu plus particulier. Alors qu'il accordait à ses journées une heure pour nettoyer ses appartements, la poussière revenait s'agglutiner sur son lit, et sa cuisine. Malgré son élégance, de fines pellicules blanches tombaient sur ses épaules, qu'il dégageait rageusement avec ses gants.

Lucrèce descendit, les escaliers grincèrent sous ses pieds, et il nota dans un coin de sa tête de vérifier l'une des marches, lorsqu'il reviendrait. L'obscurité envahissait le Cabinet des Curiosités, et seules les bougies apportaient un peu de lumière. Dans le rez-de-chaussée, pourtant, il n'y avait ni les merveilles qu'il chérissait, ni les grotesques horreurs ; les flammes dansaient devant les courbes exotiques d'animaux en tout genre, elles apportaient un peu de vie aux quelques têtes réduites qu'il avait troqué autrefois. Tartuffe était derrière la vitrine, ses longs cheveux noirs tombaient comme des rideaux, alors que la lueur de la bougie apportait un peu de couleur à sa face délavée. Lucrèce se baissa légèrement devant son ami, la canne en main, il lui souffla :


«  Bientôt, cela sera votre tour, mon cher ami... de sortir ici...
— Ne me faites pas trop patienter, voyons.
— Hihi ! »

Lucrèce salua son ami, puis il se dirigea dans la cave. Une lampe à l'huile devant lui, il s'enfonça dans les ténèbres humides de sa pièce préférée ; c'était là, où la beauté ne faisait qu'un avec le grotesque. Plongés dans le noir, ses trésors s'illuminaient peu à peu à son passage. La lampe à l'huile se balançait d'un côté, puis de l'autre, alors que les escaliers grinçaient sous son poids. Une fois que le gentilhomme arriva en bas, il contempla son oeuvre.

« Ah... mes amours. »

Soupira l'homme en avançant, il inspira l'odeur d'humidité et de renfermé avec un sourire bienveillant. Au milieu de la cave, une grande table avait été dressée, et ses invités étaient déjà là. Le garçon qui avait eu le mauvais sens de naître roux était loin de tous, ses orbites vides tournées vers son assiette tout aussi vide. Au bout de la table, il était habillé d'une robe grise, et ses cheveux roux grisonnaient à cause de la poussière. Sur sa droite se trouvait une autre poupée, une enfant un peu plus âgée que lui, portant une tenue d'équitation, l'air hautain, mais adorable. Ses convives participaient à sa mise en scène macabre, chacun à leur façon. Leurs têtes pendaient sur leur poitrine, tandis que Lucrèce, avec ses gestes maniérés, sa voix posée, sortait de l'ombre et posait la lampe à l'huile au centre de la table.

« Cela fait bien longtemps que nous ne nous étions pas réunis, quel drame, n'est-ce pas ? Mon coeur était dénué de passion, sans vous pour l'animer de l'amour, et de la joie ! »

Lucrèce s'avança, il enleva son manteau, il vérifia de nouveau que sa chemise était impeccable. Le veston qu'il portait par-dessus soulignait sa silhouette longiligne, il était aussi grand qu'élégant ; il déposa sur les épaules de sa dulcinée son manteau, puis il huma son parfum en se penchant à son oreille :

« Et vous... ma tendre, et très chère, Béatrice... »

Lucrèce se tourna brusquement vers sa favorite, il s'agenouilla devant elle, et déposa son index sur ses lèvres pâles :

«Chut... je sais tout ce que vous pensez à mon égard, mais ne gâchez pas cet instant par vos insultes. »

Lucrèce caressa son épaule du bout des doigts, puis il attrapa sa main pour la relever. Béatrice tomba dans ses bras, il la serra délicatement contre lui, puis il glissa sa main sur sa taille. Du seul bras qui lui restait, il la lui fit passer autour du cou, et il se détacha progressivement des autres convives avec sa douce. Là, il se mit à danser avec elle, les pieds de Béatrice frôlaient le sol, alors qu'il tournait, et tournait. Il frappait le sol, indiquant le rythme de la chanson qu'il avait en tête. Son visage baissé vers elle, Lucrèce avait le regard amoureux, le sourire charmeur. Mais il s'arrêta brusquement, il venait d'entendre un bruit. Il fronça les sourcils, contrarié, il remit Béatrice sur sa chaise, et il tendit l'oreille.


Something Wicked (That Way Went)
Ladies and gentlemen, boys and girls,
Have we got a special treat for you tonight:
Step right up and marvel at the Oldest Gypsy Witch.
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MessageSujet: Re: Petit dîner entre amis [Pv : Mizz]   16/8/2016, 13:47

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Levée avant l'aube, tu fuyais désormais l'éclat trop dur du soleil sur ta peau constellées de gouttelettes translucides. L'effort de la cueillette t'avais couverte de quelques couleurs, ravivé tes lèvres pâles et éveillé l'esprit tandis que se couvraient tes doigts d'un duvet de tendre vert-brunâtre. C'était alors que ceux-ci, menues mais habiles, commençaient à se faire plus lent, qu'il te venait l'heure de rentrer chez toi.

Court, aisé et agréable, c'est un chemin de terre que tes pieds agiles et nus connaissent par chaque détails de poussières et arrêtes de pierre. Mais alors que le ciel n'était que mélange éthéré de gris, la pluie fait valoir son droit sur ses terres, et dans ta peau, tu les entends piailler.
Passer la forêt ne serait pas difficile, mais chaque gorgée d'eau que boit le sol le rend plus collant, plus avide ou plus instable, et gâcher un tel moment à te retrouver le nez dans la boue, et leurs os barbouillés de brun..non, ce risque ne te traverse pas l'esprit. Les minutes passent et tu choisis le trajet de l'inconnu, faisant s'effacer les champs de la vision de tes iris lunaires.

Si ta conscience portait ce regard là, tu verrais bien que l'humain-créature sciente et pensante, avait bien gravé sa marque au-delà de tes plantations et des bois-chéri que tu côtoyais au point d'y avoir fait demeure en leur lisière.
Les pavés te sont un gué, que de pierre en pierre, tu franchis sur la pointe de tes maigres orteils, et sous l'éclat de ton nimbe d'or blanc scintillant, les couleurs s'affadissent, palissent ,et marquent ton entrée dans la ville de (lateammysticpardonjpp) Pan.
Ta cape de chevelure se voit de plus en plus alourdie par des perles de pluie, collant les longues soies à tes courbes et tes droites frêles de danseuse de boite au goût cassé. C'est ton seul manteau, vêtement unique qui se plie maladroitement à tes oscillations, tandis que tu avances, les mains tendues pour garder un rythme soutenue, ouvrant et offrant à l'eau coulante tes clavicules et ces tendres éclats d'os, fermetures sans glissières qui te sont unique, et par d'où s'échappent leurs protestations et ravissements mêlés d'oiseaux morts désormais morts et trempés.

Cela chante et pleurs dans ton sanctuaires de choses décédées, et l'on entend goutter dans ton tendre intérieur, l'humidité vaporeuse qui s'y faufile et s'y installe,dégoulinant dans tes tripes et tes parois cerclées d'ivoire.
Mais les voix qui t'appellent sont plus douces, plus enivrantes. Elles te parleraient à travers un masque grotesques de beauté vénitienne, agonissant de tendres soupirs aux échos pourrissants qu'elles ne te galvaniseraient davantage dans ta moins-miséricordieuse curiosité.

Alors enfin tu y arrive. Elle ne semble pas détonner de son aspect premier, mais son atmosphère se détache, halo dans la pluie, pernicieuse mais terriblement séduisante. Toi qui aime les plantes d'amour, tu n'arrives à détacher tes yeux de la poignée, hypnotisée comme une mouche. Une héliamphora chimantensis qui t'ouvre sa corolle et te crache ton parfum au visage.

Tes doigts s'y enroulent, légers, et d'un doux mouvements de poignet, tu ouvres cette porte, posant tes pieds sur le sol sec et entrant avec un silence religieux.
La pièce regorge de souvenirs. Sublimés ou assombris, brisé ou amélioré... Si tu possédais encore un cœur, sans nul doute résonnerait-il avec violence dans ta cage décharnée aux habitants bavards de sifflement. Il s'agit d'un sanctuaire qui se marchande de relique en relique, bercé d'une aura si semblable à la tienne que tu te sens absorbée par cet endroit comme s'il te réclamait. Et tu comprends alors d'où venaient ces voix qui susurraient tendrement ton nom depuis ton entrée sur la voie aux pavés d'or. Tu te baisse, t'accroupis, passe tes yeux doux au travers des vitrines, n'osant y posant les doigts , et sous tes cils, tu cherches l'âme libre et pourtant visiblement prisonnière qui hanterait ces lieux, dévorant ou dévoré par tout ces reliquats du passé par trop présent.


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MessageSujet: Re: Petit dîner entre amis [Pv : Mizz]   24/8/2016, 16:00

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Lucrèce
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Des bruits de pas.

Pam. Bam. Pam. Bam. Pam. Bam.

Une douce musique, un rythme posé sur un plancher grinçant.

Lucrèce leva les yeux vers le plafond de la cave, l'éclairant avec une bougie. Depuis ces hauteurs, le gentilhomme pouvait voir la poussière tomber comme de la neige ; un filet gouta sur ses épaules, et d'un revers de la main, il l'enleva. Il observa la poussière tomber depuis le plafond, l'oreille tendue ; il se lécha les lèvres. Lucrèce se dirigea vers Béatrice, il l'embrassa avec tendresse sur la joue, il remit en place ses cheveux, puis il se tourna vers l'escalier. Il plissa sa cravate, il vérifia son veston, et de la chemise.

Pam. Bam. Pam. Bam. Pam. Bam.

Les bruits de pas... annonçant de la visite. Une musique sortant le gentilhomme de ses rêveries ; un rappel de la réalité, l'existence du monde. Lucrèce grimpa les escaliers, lentement ; il posa ses yeux sur la porte. Qui cela pouvait-il être ? Quelle heure était-il ? Lucrèce oubliait l'écoulement du temps ; cette notion s'évaporait autant que l'eau se faisait avaler par le soleil. Il posa sa main sur la poignée de la porte, puis il l'ouvrit avec douceur. Il n'allait pas importuner sa visite surprise avec un son aussi désagréable que le grincement d'une porte. Le gentilhomme sortit de ses ténèbres, la lampe à l'huile dans la main, sa canne dans l'autre. Il referma la porte, et peu à peu, il avança dans le Cabinet des Curiosités.

Pam. Bam. Pam. Bam. Pam. Bam.

Bam.

Lucrèce s'arrêta devant Mizz. Il fronça les sourcils, ses yeux mordorés se posèrent sur elle, laissant l'ombre de la surprise les voiler. Il était rare, lorsque Lucrèce ne souriait pas, ou n'était pas habitée par la joie. Il ne lui en voulait pas d'être venue ici, au contraire ; Lucrèce était toujours heureux d'avoir de la visite. Il l'observa. En réalité, même lui était étonné de la voir ici. Et finalement, le gentilhomme se baissa en se présentant, il fit une petite révérence polie :


« Bonsoir, Mademoiselle. »

Lucrèce se redressa. Il la détailla sans animosité, sans donner l'impression qu'il voyait un « monstre » devant lui. Mais plutôt avec sa curiosité polie, son sourire charmeur du passionné. Il posa la lampe à l'huile sur le bureau, et il lui demanda :

« Que puis-je pour vous ? Ah... je vous en prie ! »

Lucrèce se recula, il désigna à la jeune femme l'entièreté de la pièce ; les trésors endormis derrière les vitrines, le plancher couinant sous leurs pas, et ce mélange désuet de beauté et de grotesque. Il lui lança de sa voix grave et tranquille :

« Bienvenu, je vous en prie, entrez, et laissez-moi un peu de votre bonne humeur. »

Malgré l'heure tardive, malgré la demoiselle étrange devant lui, Lucrèce ne pouvait pas se défaire cette formule. C'était lui, c'était sa façon de murmurer, tel un serpent, les contes que sa langue avait longtemps goûté, jusqu'à s'imprègne de leur âme. Il laissa Mizz se faire à cet environnement, tandis que son regard ne pouvait pas s'empêcher de la détailler. Lucrèce était curieux, il ne savait pas dire si elle était belle ou grotesque. Non, c'était autre chose ; l'idée d'en faire une nouvelle pièce de sa collection lui effleura l'esprit. Toutefois, quelque part, ce serait la gâcher. L'emprisonner ? Non, une telle âme devait rester libre et pure de tous regards, de toutes approches maléfiques. Oui, Lucrèce était fasciné, et il ressentait trop rarement cette émotion qui le traversait ; la liberté, l'envie de laisser quelqu'un vivre, et respirer dans le Monde des Merveilles. Mais le véritable Monde des Merveilles n'était pas à l'extérieur, c'était son Cabinet. Le Cabinet des Curiosités, où un jour, toutes les créatures loufoques, tous les objets grotesques seraient ici. Convoités, aimés, soignés.

Mais pas elle.

Lucrèce l'observait encore, le regard un peu brillant, il lui dit de sa voix caressante :


« Mon nom est Lucrèce, puis-je me permettre de vous demander le vôtre ? »

Que l'on soit roi, reines, que l'on soit paysan ou maçon, tout le monde avait droit à la politesse. Rien ne pouvait mettre Lucrèce en colère, rien ne pouvait bousculer la tranquillité de son âme ; ce qu'il détestait ? La rousseur, et la vulgarité. Mais que trouvait-il vulgaire ? Cette enfant venue se perdre dans son Cabinet ? Non, la Reine Rouge était vulgaire, l'Ombre aussi ; tous ceux n'ayant pas la moindre morale, tous ceux se prenant pour ce qu'ils ne seraient jamais. De roi ? Il n'en existait pas pour Lucrèce. Et lui ? Même s'il voulait devenir le Roi des Fous, jamais il n'avait l'orgueil de se projeter totalement en tant que suzerain. Il voulait tout posséder, voilà tout.


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MessageSujet: Re: Petit dîner entre amis [Pv : Mizz]   12/3/2017, 17:33

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Dahmer's girl


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Tu fermes les yeux, inspirant, t'imprégnant de cet oxygène, cet air d'alchimie mémorielle et de poussière organique. Tu la sens former en ta cage creusée, la forme des organes qui te manquent désormais, ta peau se repoudre d'un nimbe chargé de matière, et tes oreilles aux pavillons ronds écoutent cette ambiance sensible...Comme le son résonne, vibre et vis..Ce sont des marches de notes, des résonances sentimentales et un tactile battant qui vis en ces lieux.

Les vitrines chuchotent, échangent des sensations, et préviennent comme de l'arrivé du maitre de maison. Toujours face au verre, tes yeux sont pourtant fixé sur ce reflet qui sors de l'ombre, illuminé d'une sombre lampe à l'odeur huileuse, lourde, dont les volutes viennent s'accrocher en fantômes noirs sur les reliefs qui bloquent leurs passages vers un ailleurs dissous de solidité. Tu scrute ce visage, cette forme au visage si beau, qui ne ressemble en rien de ce que tu vis, même durant ton éphémère vie. Sourcils froncés, des yeux dorés...Le pris-tu pour la mimesis d'un sphinx, mystérieux, d'une beauté chaude, mais étrangement dérangeante. Un roi dans son royaume, tel le vis-tu.

Tu te relève alors qu'il s'abaisse, détourne ta silhouette d'or pale des bribes de somptuosité passé pour lui faire face, et à son retour d'arabesque, tu esquives de même un gracieux mouvement qui passerai pour pas de danse, en un silence seulement accompagné du mouvement soyeux de l'or blanc qui chaperonne tes formes et ton crâne. Tes yeux suivent la lumière tout en la fuyant, simplement l'accompagnant d'un coin de pupille trop claire pour en supporter la moindre étincelle, veilleuse de nuit et danseuse de l'aube, tu en as perdu l'habitude.

Quand ses mots résonnent, cette voix soyeuse te fait penser aux papillons de nuit que tu croises au contact des arbres. Blottis contre l'écorce, ils te laissent effleurer leur doux duvet de thorax à la dite-morbide marque, délicats, pourtant si puissants et entouré de mythes et de miracle. Ainsi le tour d'illusion se lance, par la traditionnelle formule qui t’ôte un charmant sourire, invocation réussie. Il te plait, te fascine, et joignant les mains devant toi en une tenue paisible, ta voix vient lui répondre, soulignée comme si, sortie d'ailleurs ou de partout de l'inconscient, tes oiseaux voulaient porter et renforcer ta voix d'un triste pépiement.

- «  Délivrance. »

Ainsi es-tu nommée, et l'as toujours été. Et c'est un bien curieux prénom, peut-être un bien curieux hasard que de porter un terme si connoté en ces lieux. Tu l'observe sans insistance, suivant les mouvements de ses membres, observant la pièces et ses habitants, ce demi-sommeil qui s'engorge de posséder plus de trésors qu'un esprit commun, et de nouveau te voilà à les regarder avec un visage à l'expression pensive, penchant les traits pour mieux les appréhender, et observant cet environnement pour le comprendre.

«  ...Cet endroit..pourriez vous m'en parler, je vous prie ?..  »

Tes orbes lunaires en sont humides, alors que tu les plonges dans les profondeurs sombres du regarde de ton vis à vis. Tu cherches à comprendre, connaître tout ces choses si imparfaites, mais si importantes, pourtant semblant oubliées. Si familières. Tes doigts viennent effleurer le léger renflement de ta poitrine, là ou vivent-ces choses mortes, objets ou esprits, qui pourraient se refléter dans les ombres de ces cages de verres.
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MessageSujet: Re: Petit dîner entre amis [Pv : Mizz]   27/4/2017, 10:29

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Lucrèce
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Délivrance ? Quel drôle de nom. Mais qui était-il pour juger une telle originalité ? Pourquoi le gentilhomme s'étonnait-il encore des mystères de ce monde ? Cela était tant mieux, dans un sens, car au moins, son regard ne portait jamais l'ennui de contempler encore et encore les mêmes choses. À peine ce dernier arrivait, comme le souffle humide du vent annonçant la pluie, qu'une nouveauté venait à lui. Délivrance ? Eh bien, le gentilhomme la nommerait « Miss Délivrance », ou « Mademoiselle Délivrance », car c'était ainsi qu'un être bien éduqué et pensant devait s'adresser à une femme. Jamais de familiarité, ô grands dieux, jamais ! Seuls les vulgaires se complaisaient dans ces choses-là. Il avait un goût prononcé pour la douceur, et la bonne éducation, si bien que des mots laids dans la bouche d'autrui pouvaient terriblement agacé. Agacé, oui ; Lucrèce ne se mettait jamais en colère.

L'homme salua d'un signe de tête poli la demoiselle face à lui. Il marcha un peu, sa canne tendue vers le sol, alors qu'il l'écoutait. Un sourire ensoleilla son visage, alors que ses yeux conservaient cet état à la fois malicieux, et tranquille. Lucrèce contemplait la demoiselle, sans se montrer trop invasif. Encore une fois, il méprisait ce genre de comportements « familiers ». Il gardait une distance raisonnable, pour ne pas que Délivrance se sente oppressée par son odeur de tabac, et d'humidité. Il hocha la tête, puis d'un geste de la main, il désigna ce petit monde poussiéreux qu'il chérissait tant, et qui n'était d'autres qu'un miroir de lui-même.


« Vous vous trouvez dans mon royaume, celui-là même où tel un dragon, j'entasse les beautés de ce monde, ses curiosités, ses bizarreries. Communément, un tel lieu se nomme un cabinet de curiosité. »

Un cabinet qui ne serait jamais vide, Lucrèce aimait trop ses trésors. Et puis, comment dans un tel univers, cet endroit pourrait-il se retrouver vide ? Les mains derrière le dos, il recula, et il continua de sa voix grave, placide :

« Il y a environ treize ans, j'ai parcouru Wonderland, assoiffé des découvertes qui allaient s'offrir à moi. Et mon amour pour la beauté, le grotesque, le bizarre, s'est réchauffé à la vue de tout ce que vous trouverez ici. Toutefois, ne pouvant pas garder tout cela pour moi, j'ai ouvert ce cabinet. C'est mon musée, en quelque sorte, et mon refuge. »

En quelque sorte. Lucrèce était lui-même une pièce de sa collection, sans doute la plus simple, mais aussi la plus fascinante. Il ignorait que Miss Délivrance percevait les voix des objets inanimés qui hantaient ces lieux, il ignorait que certains lui retournaient son amour, tant que d'autres criaient rancoeur et vengeance pour ce qu'il leur avait fait. Sans doute, cela dépendait du syndrome de Stockholm que les uns avaient développé, ou bien de la mort violente que Lucrèce leur avait donnée. Ayons une pensée pour Béatrice, qui depuis treize ans subit l'amour inconditionnel de Lucrèce pour sa poitrine morte, pour sa chair affaissée, et surtout pour le silence sépulcral. Il avait tellement détesté l'entendre qu'à présent, le silence lui était devenu un ami précieux. Lucrèce l'adorait. Le vent passant sous les poutres, le sol craquant sous son pas, le grincement du cabinet ; ces petits bouts de vie, palpitant, sans arrêt à travers cette bulle hors du temps.

« N'hésitez pas, Mademoiselle Délivrance, si vous avez des questions. Je connais les histoires de ces objets par coeur, du bout des doigts ! J'ai connu certains de leurs anciens propriétaires, et j'aime à penser que plus qu'un collectionneur, je suis un gardien de la mémoire. »

Un autre sourire, mis en valeur par l'éclat mordoré de ses yeux. Lucrèce avança vers Délivrance, il lui montra une tête de mammouth suspendue au plafond. Lucrèce inspira, il échangea un coup d'oeil avec la bête. Les défenses se recourbaient vers le plafond, et de là, on aurait dit qu'elle sommeillait, mais qu'à tout instant, elle pourrait perforer l'étage supérieur. Lucrèce soupira de plaisir dans sa contemplation de la majesté du mammouth. Il bloqua son souffle, en perdant son regard dans celui de la créature, inanimé, mais avec un air vaguement fatigué. Il l'avait échangé jadis contre une broutille ; bien souvent, les gens n'avaient pas conscience de la réelle valeur des choses. C'était lassant de voir que tout cela... n'avait de sens que pour lui.


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