« I'm not strange, weird, off, nor crazy, my reality is just different from yours. »
Lewis Carroll
game of madness
A taste of honey {Cupichou}
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A taste of honey {Cupichou}

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22/10/2018, 17:00
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There is no charm equal to tenderness of heart.

Habiles, arachnéens, tes doigts tirent et filent le sucre, cette chaleur qui te brûle l'épiderme. Tu "confises", les doigts qui modèlent les douceurs à l'image d'une pâte à modeler colorée et irisée. Ta prise est ferme, tes gestes méthodiques, alors que tu t'appliques à pétrir sucre, eau et glucose. L'odeur du sucre chaud envahit ton atelier, étonnamment ordonné, le moindre élément soigneusement étiqueté et rangé dans un conteneur délicatement décoré par tes doigts de fée. Du rose, crocus et lilas, des touches de céruléen éparses et des gardénias immaculés embaumant l'air. Un environnement terriblement féminin, contrastant avec ton apparence plus que négligée. Une chevelure d'or décoiffée cascadant sous ta toque d'un blanc éclatant. Le tout ramené dans un chignon grossier. Sous ton tablier on peu voir s'échapper une chemise mal repassée et un vieux pantalon de jogging délavé. Mais tu es impressionnant, Sucre, lorsque ta mine se fait grave et ton regard se fige sur tes préparations. Lorsque tes muscles délicats se tendent et que quelques gouttes de sueur viennent les souligner, perler sur ton menton. C'est intense, de te voir travailler, tes clients t'observent, pendus à tes mains, le cœur battant au gré de tes mouvements. C'est une véritable chorégraphie dont on ne se lasse pas.
Tes doigts manipulent la pâte, étirant les filaments rendus malléables et mous jusqu'à obtenir une apparence presque transparente. Tu enroules le tout sur une pique de bois, allumant ton chalumeau d'une main, faisant tourner ta boule dessus, l'étirant avec doigts et pinces, traçant des striures au couteau. Précis, méthodique, tu plisses les yeux derrière tes lunettes pour prévoir chaque étape et ne pas perdre une seconde. Tu façonnes le sucre en un délicat poisson translucide, éphémère beauté. Quelques coups de pinceau que tu trempes dans le colorant et étales sur la confiserie avant de la planter dans un parterre de mousse. Ses nageoires s'agitent doucement, laissant ses reflets irisés envoûter. Lapins et oiseaux s'agitent, piaillent et dessinent un théâtre de sucreries animées. Les histoires se dessinent dans ta papatisserie, virevoltent avant de s'échapper par ta fenêtre et se perdre au gré du vent, explorer un monde de nouvelles possibilités. Ton cœur se serre lorsque tu les observes quitter quitter le nid, comme à chaque fois, un vide immense t'envahit. C'est comme une part de toi qui te quitte à chaque fois.

Un soupir s'échappe de tes lèvres délicates alors que tu quittes ta toque, la déposant délicatement sur le plan de travail. Les cris enjoués de tes clients t'arrachent un sourire amer. Ça te fait toujours chaud au cœur de susciter la joie, mais t'as de plus en plus l'impression que ça ne suffit plus. Que ton Moi, prend le pas sur les autres. Des envies naissent en toi au fil des créations, des abandons. Ce besoin d'appartenance, d'avoir quelque chose rien qu'à toi. Et ça te terrifie. T'as connu ça, autrefois. Ça ne t'a pas vraiment réussi. Ton sourire se fait plus franc lorsque tu balayes les quelques gouttes de transpiration glissant sur ton front. Un souffle satisfait quitte tes lèvres et tu penches la tête en arrière, observant les retardataires courir sur le plafond. Vie et liberté. C'est ce que tes mains poisseuses et collantes de sucre parviennent à créer. Toi, le fils indigne, le gamin inutile. Mère Grand serait fière de toi. Tu te redresses, t'emparant d'un panier en osier orné de dentelle où s'entasse une bonne cinquantaine de muffins à la myrtille que tu offres à tes clients en affichant un sourire ravi aux joues rosies de contentement. Que tu es beau, Sucre, avec tes mèches folles, ton expression maladroite... Mais tu es bien trop gentil.
C'est une façon comme une autre de laver tes péchés, les tourments qui prenaient les tripes de tes parents lorsque tu te perdais dans ta vie d'excès et sur les lèvres salées de ton océan de misère. Dollie. Ta poupée brisée. Un voile de mélancolie se dépose sur ton visage. Cet enfant, a-t-il seulement vu le jour ? Celui qui t'a mené jusqu'ici pour t'en offrir des milliers. Mais c'est pas pareil. Ça ne le sera jamais. Tu voudrais juste savoir s'ils vont bien, s'ils ont eu une belle vie, celle que tu n'aurais probablement jamais pu leur offrir. Ils t'ont filé entre les doigts, ton éternelle malédiction, comme tous ces enfants qui n'ont de cesse de te quitter. Tu passes ton temps à interroger les nouveaux arrivants en quête de bribes de ton passé, tentant de te rassurer. La vérité, c'est que tu es égoïste, Sucre. Tu cherches à te dédouaner, à te dire que toute cette absurde comédie n'est pas de ton fait, à te dédouaner de toute responsabilité. Si seulement. Si seulement t'avais regardé devant toi, si t'avais juste pas mis tes écouteurs et ta musique si forte. Ta vie s'est terminée sur un ironique : "Should I stay or should I go."

- Faites vous plaisir !

Tu vas te ruiner. Encore. De rares clients font des achats, la plupart venant pour le spectacle et les pâtisseries gratuites. Mais ça te fais un bien fou de voir leurs sourires. Bien plus que tout ce que tu pourrais te payer avec leur argent. Tu tapotes délicatement la tête d'un gamin qui part en riant, des miettes de gâteau encore accrochées sur le coin des lèvres. Tu observes son dos s'éloigner un léger pincement au cœur, déposant ton panier près de la caisse avant de laisser les quelques survivants contempler la vitrine alors que tu retournes ranger ton plan de travail. Pour ça, t'es presque maniaque, encore un héritage "utile" légué par ta mamie. Tu frottes ton plan de travail, ton tablier rose orné de magnifiques moutons encore accroché à tes hanches et à ta nuque et ton chignon désormais éventré, laissant tes boucles blondes pendre sur ton visage telles des fils d'araignée. Un sourire étire tes lèvres alors que tu te prends à fredonner allègrement, ta voix suave emplissant l'endroit. Oh Sucre... Tu tiens de l'ange. Irréel dans ce monde corrompu jusqu'à la moelle, un îlot d'innocente pureté.

I got no emotions for anybody else
You better understand
I'm in love with myself,
Myself, my beautiful self ♫

Ouais bon hein, faut pas trop t'en demander hein. Merci Cid Vicious et tes années folles. Ils en tireraient des gueules tes clients s'ils voyaient ton ancien toi avec ta vieille crête maintenue en l'air par du sucre en guise de gel et tes pointes roses... Tu remontes tes lunettes sur le sommet de ton crâne, te dandinant allègrement au rythme de la musique qui trotte dans ton encéphale.
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#♥
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1/11/2018, 18:20
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C’est l’histoire d’enfants qui s’en vont, et l’histoire de moi qui arrive.

D’ici, de mon institut de beauté d’où je dis au revoir avec un sourire à une de mes clientes, je vois des oiseaux trop merveilleux pour être vrais s’envoler, des lumières irréelles passer ses ailes de sucres. Ça m’empêche presque d’entendre les compliments que m’fait ma cliente ; wouais wouais, ‘des doigts de fée’ ‘un dieu de la beauté’ qu’elle me chante. T’sais pas à quel point t’as raison, baby, c’est pas un maquillage que je t’ai fait à ce niveau, c’est un ravalement de façade, c’est un Pimp my Old Face qui m’a vidé. C’est un miracle que j’ai opéré pour transformer ta peau de vieux choux de Bruxelles en bonbon rosé, on est pas tous égaux sur le temps stoppé. De rien, de rien, t’as payé pour, c’est normal, c’est my Job, baby, chantes moi louanges, mais j’en ai pas besoin, je sais déjà tout ça. Je la salue de la main et ferme mon institut, tout ce Job m’a cre-vé.

Or si j’veux prendre soin de moi, faut pas trop s’fatiguer, tu vois ? La beauté, c’est un subtil équilibre entre prendre soin des autres, et prendre soin de soit, BIG karma story en gros. Or là, à voir poissons translucides, que la lumière traverse et fait étinceler de mille feu, j’en connais un qui donne trop sans prendre assez. T’inquiète Honey, t’es mon prochain défis, faire de toi quelqu’un de presque aussi à croquer que moi. #;)
T’es ma muse, Honey.
On va commencer par étudier un peu le client avant d’opérer un miracle déjà. Et aujourd’hui, j’guarantie rien, j’suis vidé (voir l’histoire de la cliente retapé un peu plus haut, Chou ;D)

Je prends le temps d’un dernier petit soin des mains, limé, lavé et crémé pour être au top, je regarde ma coiffure, une petite nattes d’où s’échappe des mèches folles (mais pas trop, LOL, tout est calculé, tu vois) et mes vêtements un peu pop et acidulés avec un jean juste déchiré ce qu’il faut au niveau du genoux. Je m’adresse un clin d’oeil, parce que je le vaux bien, et me met en marche vers ma B.A. de la journée. Les fesses dandinantes, un coup à gauche, un coup à droite, le poignet levé pour garder dans le creux de mon coude mon sac où se bouscule un kit de survie de beauté, je marche avec légèreté et faisant claquer mes talons sur le pavé. Mes lèvres rehaussées de gloss qui se lèvent en un petit sourire en coin, j’suis The beauty qui va voir The beast avec l’intention de le transformer en prince.
Haha, trop drôle, on est à Wonderland et j’fais des refs à Disney. #IRONIE

« Pouip ! »

Je me stoppe. Il me semble que ça fait quelque pas que je marche en entendant un bruit qui me suis. Je regarde autour de moi, nan rien, je regarde si j’ai des messages, nan rien non plus. Alors quoi ?

« Puip »

Je regarde à terre. J’y vois, à côté de mes chaussures, un petit caneton tout jaune, qui me regarde et me piaille dessus.

« AhMyZeus, trop cute ! Mais sorry, Chou, je suis attendu ailleurs. »


Je me remets à marcher, de ma démarche chaloupé ; derrière, j’entends, toujours, un petit « pouipouip » qui me suis. J’accélère, le pouipouip le fait aussi, un peu plus mécontent. Je ralentis, le pouipouip s’adoucie. Et le caneton aussi, là, à côté de moi. Il me regarde d’yeux amoureux. J’en connais un rayon de ce côté là.

« Chou, je suis trop jeune pour être ta maman, See ? Ou je suis good en âge canard ? »

Je réfléchis, pensif, et me fait presque frôler par un marmot à la gueule entarté de sucre. Je dois pas être loin de ma destination, à tout les coup. Une chose à la fois, je me lève, reprends ma marche avec ma petite escorte duveteuse. Arrivé à la papatisserie, j’entre comme un chat et sans m’en rendre compte, surveille que le canneton passe sans se faire mal avec la porte qui se ferme. Je marche à pas léger pour me mettre à porté de voix de mon futur mannequin et retient une aspiration horrifiée quand j’observe le dos de cet ange gâché. Des jolis cheveux blonds, mais qui tombent comme une ser-pi-llière. Un corps musclé comme il faut, mais enveloppés de guenilles ! Honey, chou, no, c’est #inacceptable !!!
Le look négligé, GOOD, mais ça se fait pas n’importe comment ! BAD ! Je me pince l’arrête du nez, réfléchissant à tout les travaux à opérer, presque maladif devant le travail à accomplir. Mais foi de Moi, la base est bonne, j’arriverai à faire quelque chose.
#ImaGad
Et tu es ma nouvelles Muse. Comme le groupe de rock.

Je le laisse encore un peu rêvasser, chanter des chansons punk, accouder à son comptoir tandis qu’il ne remarque pas encore ma présence. Je me fais un Mode Opératoire précis pour faire de la bête le beau. Mais avant, demander peut-être quel Style il pourrait prendre ? Sweet Rebel ? Good Sweetheart ? Or maybe homme d’affaire, ce serait canon aussi. Oh-my-Zeus, y’a tant de chose qui lui irait que s’en est enivrant !  \(>w<)/

Je lâche un petit soupir amoureux à mon inspiration, le caneton toujours à mes pieds et silencieux jusqu’alors, l’accompagne d’un petit « Pouip ! » enthousiaste.

Ta raison, Caneton, il est canon.
Love love sur ta face, Cupidon in tha place ♥️
Et caneton avec !
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