Brumehilde




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MessageSujet: Brumehilde   1/3/2015, 12:46

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Brumehilde
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Who am I ?

● Brumehilde

"Le Rhum ou la vie !"

.: Nom civil: Brumehilde
.: Age : 20 ans
.: Existe à Wonderland depuis : Un peu plus d'un an
.: Orientation sexuelle : Homosexuelle
.: Groupe : Crooked Men
.: Race : Alice
.: Origine : Caraïbes, age d'or de la piraterie.
.: Fonction : Tavernière & Pirate à mi-temps.
.: Âme : En possession de Snow
.: Particularité : Lorsque le pouvoir de Brünehilde est activé, il puise dans son essence au point de lui faire perdre sa substance corporelle. Elle se transforme alors en une ombre enflammée, intangible, durant un temps variable selon l'ampleur de ce que son pouvoir a déclenché. (Voir image sur la droite)
.: Pouvoir : Brumehilde a le pouvoir de l'aléatoire, qu'elle subit plus que contrôler. Elle doit constamment se maitriser, si elle éprouve une émotion trop forte, son pouvoir se déclenche sans qu'elle le veuille, provoquant une réaction totalement aléatoire, qu'elle ne peut en aucun cas contrôler. Elle n'a pas la possibilité de déclencher ce pouvoir volontairement.
.: Classe sociale : Elle a la classe, sisi. >_<''
.: Participant au Game of Madness : Y en a une qui sait s'amuser, alors ouiii <3 !

Description Physique


La danse de feu. Ainsi a été qualifiée bien des fois l'ombre furtive qu'est Brumehilde.

Entre faux airs de jeune fille innocente et provocation indécente, cette dame aux allures changeantes sait ensorceler ceux et celles tombant sous le joug de son ardent regard.

Comme lorsque l'on observe une œuvre d'art, le regard suit un voyage qui lui est propre, quelque Odyssée homérienne venant conter une histoire par delà les formes et les couleurs. C'est ainsi que votre regard se trouvera happé, comme lorsque l'on jette un œil dans un puits sans fond, il se retrouve alors captivé, tentant de capter un détail, dans un espace si subtil que l'on ne saurait même en capter la nature.

Ainsi la braise ardente des âmes les plus sombres sera cette cible, ce piège, qui saura intriguer votre essence même, le reliquaire de vos plus noirs désirs, l'ardente passion qui se déchaine dans vos entrailles. Alors que cette chevelure de feu entre dans votre champ de vision, vous sentez bouillonner en vous ce petit quelque chose d'indéfinissable qui sait vous faire perdre la raison. Vous plongez votre conscience dans ce brasier, vous vous plongez sans hésitation entre ces bras incandescents bien décidés à vous faire succomber. Ce sont des formes que vous commencez à distinguer entre les mèches rousses, des formes tout droit tirées de votre cœur. Vous sentez celui-ci battre la chamade, les images se mouvant à la mesure de ce battement, votre cœur ne faisant qu'un avec ces corps entremêlés. Alors que vous semblez vous perdre à jamais vous revenez soudain à vous lors d'un mouvement de hanche aguicheur.

Vous réalisez que le brasier qui a su ainsi percer à jour votre cœur n'est que la face émergée de l'iceberg. Un éclat blanc vient pénétrer les flammes en leur sein, une peau évoquant la neige éternelle, glacée, vient porter le coup fatal aux quelques bribes de pensée venant encore immerger votre esprit dans cette étreinte mentale passionnée. Ce n'est plus une flamme ni une personne qui se tient devant vous mais quelque créature infernale sortie de l'imagination d'un damné qui se révèle à votre regard. Une femme, si tant est que ce terme suffit à évoquer l'érotisme de la situation, s'expose, impudente, à votre regard hagard. Vous passez votre langue sur vos lèvres, sentant cette goutte de sueur froide tant bien qu'ardente couleur au creux de vos reins, le malaise se faisant sentir alors que vous battez des cils pour reprendre contenance. Un regard, bref et fulgurant, croise le votre, un battement de cil plus tard à dix mille lieux de vous, vous laissant avec ce sentiment d'être privilégié et délaissé à la fois. Vous vous redressez, très légèrement, tentant d'apercevoir une fois encore cette lueur qui a su réveiller une part de vous dont vous ignoriez jusqu'à l'existence. Cette peau d'albâtre cache un être pour lequel vous sacriferiez tout, si cela vous permettait de n'en apercevoir qu'une once de ce qui vous est ainsi exposé librement. Votre regard, désormais pleinement ensorcelé se plait à dériver entre courbes et formes, comme le bateau au milieu de l'océan tentant de survivre à la tempête.

Ce sont des courbes outrancières qui viennent ainsi s'exposer à votre regard troublé, révélant des formes à faire pâlir les morts au fond des plus profonds tombeaux. Le brasier ardent de votre passion consume jusqu'à votre propre nom, plus rien n'existe sauf le désir qui laisse en vous une cicatrice à vif, n'existant plus que dans le seul but de combler un vide qui ne pourra jamais l'être. Vous distinguez ainsi cette peau semblant déjà ardente malgré sa blancheur apparente, une peau que vous savez bien loin de votre atteinte malgré l'absence de vêtement la recouvrant sur une bonne part du corps. Vous imaginez déjà vos mains parcourant sa douceur, sa chaleur, vous imaginez déjà votre propre corps s'y mêlant, votre étreinte venant caresser chaque centimètre de cette idylle. Votre esprit sait que seul un fou penserait avoir une chance d'atteindre la félicité d'un simple contact avec elle, et pourtant vous voilà fou, malgré tous vos efforts, votre esprit ne pouvant tenir la bride à ce qui brûle désormais en vous, à jamais. Plus vous vous débattez, plus vous sombrez. Vous savez déjà que nulle peau ne pourra venir satisfaire ce désir battant en vous, nulle forme ne pourra ainsi remplacer ce qui occupe chacune de vos pensées, nulle courbe ne saura venir combler le feu ravageur de vos fantasmes. Vous vous désespérez d'avance à l'idée de détourner les yeux, mais il le faudra, vous vous trouvez devant un calice auquel vous ne pouvez boire, devant le venin destructeur du cobras.

Votre propre peau est moite, vos lèvres sèches, votre souffle haletant. Alors un second regard vous touche en plein cœur, cette lueur revenant s'assurer que les braises de votre passion ne saurait s'éteindre. Vous apercevez alors ces yeux, ces yeux dont on ne perçoit que la lueur, ces yeux tant la source de votre douleur que le remède à votre souffrance, ce regard transperce votre âme même, lit en vous comme un parent face à son enfant, vous vous sentez honteux, tentez de cacher vos pensées, votre émoi, tout en ayant pour seul désir de vous livrer, esclave de vos vices, à la volonté de cet être ayant su ainsi vous posséder. Votre regard dérive alors sur les lèvres de cette succube aux yeux de feu, ces lèvres s'ouvrant pour exhaler un souffle dont vous aimeriez pouvoir boire chaque parcelle. Ces lèvres d'un rouge si profond que vous vous y perdriez davantage encore que dans le plus profond des labyrinthes. Ces lèvres, déjà humides, appel ultime à l'érotisme dans sa forme la plus pure. Ces lèvres, qui viendront hanter chacun de vos rêves, chacune de vos pensées. Vous ne sauriez désormais penser à autre chose qu'une vie consacrée à la dévotion d'une telle passion.

Un battement de cil et ce regard est encore là, ancré sur vous, comme une lumière divine venant vous accorder le salut. Est-ce là une invitation? Oseriez-vous ne serait-ce qu'un instant penser qu'il s'agirait là d'une chance, ne serait-ce que l'ombre de celle-ci de pouvoir aborder la source de tous vos péchés à venir? Pourriez vous ainsi vous jeter dans le feu, sans hésitation, brulant chaque parcelle de ce qui fait de vous l'être que vous êtes, afin de pouvoir aborder cette sauvage passion? La porte est ouverte, à vous de décider si vous souhaitez, ou non, en passer le seuil.




Le soir arrivé, la danse de feu s'en retourne à son repaire, un pichet de bière à la main, dans son fauteuil, poussant un long soupir de contentement, avant de plonger son regard dans le miroir, détaillant cette nouvelle apparence qu'elle a reçu en arrivant dans ce monde étrange. Elle était peu ou proue la même que dans son existence précédente, si ce n'est que chez elle ce physique "de braise" avait été quelque peu... augmenté. Les quelques imperfections qu'elle avait avaient été gommées, ses cheveux roux étant passés à un rouge profond et flamboyant, ses formes étant bien plus prononcées, à la limite du déraisonnable sans briser l'harmonie de son corps. Le plus grand changement avait été ses yeux. Autrefois d'un bleu océan ils avaient désormais une toute autre apparence. La pupille était composée d'un espèce de feu tournoyant, rouge et jaune, sans cesse au mouvement au fond de ses yeux, son pouvoir latent toujours présent comme pour la narguer et lui rappeler constamment que si elle perdait le contrôle une fois de plus elle se transformerait en ombre. Une cicatrice verticale lui barrait l'oeil droit, comme pour marquer l'impact que ce pouvoir avait sur elle. Cela accentuait encore son charme, lui donnant un côté sauvage, mais cela ne l'empêchait pas de faire la moue lorsqu'elle y plongeait son regard.

Au moins son nouveau statut lui permettait d'être quelque peu coquette avec sa garde-robe, entre hauts échancrés et jupes fendues. Elle se plaisait aux jeux de regards que créaient ces vêtements ne révélant sa chair que par instants. Elle usait déjà de ses charmes par le passé, et comptait bien profiter de ces quelques nouveaux avantages pour en user plus encore...



Il était une fois...


Chapitre 1 : Ascension

C'est sur l'île de Sainte-Espérance qu'en pleine saison des pluies une barque esseulée vint fendre le sable blanc de cette baie tristement célèbre. Repaire de célèbres pirates des Caraïbes, c'était un endroit esseulé au milieu de l'océan où seuls les avertis posaient la botte. En pleine nuit la barque, ayant déjà commencé à se remplir d'eau se déposa, sans bateau à l'horizon, passant inaperçue jusqu'à l'aube.

Au matin un homme vint tambouriner à la porte du capitaine Andorov, le tirant d'un sommeil grognon, ce qui n'annonçait rien de bon pour le malheureux qui avait l'audace de le déranger. Ouvrant en grand la porte il déséquilibré son maitre d'équipage qui se rétablit bien vite, le saluant de la tête. Prononçant quelques mots à la va-vite il désigna du doigt la plage, et, bien entendu, le capitaine n'en écouta pas la moitié, bien décidé à se lever du pied gauche. N'étant quoi qu'il en soit pas homme à rechigner à la tâche il observa, curieux, l'attroupement que lui pointait du doigt son bras droit.

Ce fut ainsi que, fendant la foule, le capitaine Andorov découvrit le corps d'une jeune fille, pas encore à l'adolescence, allongée, seule, dans une barque, sans vivre ni autre fourniture, et sans bateau à l'horizon. Là pourraient survenir les clichés d'une jeune fille adoptée par un féroce pirate, mais, que néni, la voici faite esclave. Bras frêles, mauvaise constitution, mais quoi qu'il en soit une marchandise qui peut s'avérer utile.

Un beau seau d'eau dans la poire plus tard, la voilà qui se réveille, crachant et feulant, brandissant ses ongles cassés à la foule devant elle, montrant les crocs. Gloussant, Andorov lui décocha une droite la renvoyant directement au pays des rêves, la saisissant ensuite par la nuque comme une mère le ferait à son chaton, la tirant ainsi jusqu'à son navire, en réclamant la propriété.

Déposée sans ménagement dans la cave elle se réveilla, aux fers, à la nuit tombée, une ombre au coin de la pièce. Quelques pas plus tard, un grand blond à la carrure impressionnante fit son apparition dans la chiche lumière d'une lanterne. Le capitaine Andorov avait récolté toute une série de cicatrices, bardant tant son torse dénudé que son visage tanné par le soleil. Se levant à moitié et bombant le torse, la jeune fille lui fit fasse, ses cheveux plaqués en couche sur son crane pendant de chaque côté de son féroce visage, fusillant du regard celui qui avait osé l'enchainer. Une lutte de regards se fit alors, aucun des deux décidé à lâcher prise. La fillette fut la première à prendre la parole, d'une voix rauque mais où résonnait, quoi qu'il en soit, une musique agréable aux oreilles.

Je ne serais jamais une esclave.

Andorov sourit en coin.

Et comment penses-tu l'empêcher petite bête?


Ce fut au tour de Brumehilde de sourire en coin.

Et comment penses-tu m'y obliger gros balourd?

Avec un grand sourire Andorov s'approcha de Brumehilde, le bras tendu, pour l'attraper à la gorge. D'un grand geste de bras, celle-ci lui entailla le dos de la main avec un morceau de verre qu'elle avait subrepticement récupéré au sol. Relevant brusquement le bras, furieux, Andorov sauta littéralement la fillette au sol, l'y plaquant, son visage à moins d'un centimètre du sien.

Tu le feras, ou je te briserai, petite bête.

Brise moi, mais tu ne m'auras jamais.

Un éclair passa dans le regard d'Andorov, cette petite bête avait du répondant et c'était quelque chose qui avait tendance à lui plaire. Il se releva, relâchant la jeune fille, son sourire en coin laissant cette fois apparaitre des dents d'un blanc parfait. Il allait l'utiliser, l'utiliser pour faire un exemple. Chaque homme sous ses ordres lui était fidèle mais une piqure de rappel ne fait jamais de mal. Il allait placer devant le regard un vibrant rappel de ce que contredire ses ordres signifiait.

Très bien. Faisons comme suit, tu me serviras, tu feras comme je le souhaite, et en échange, chaque année, je t'accorderai un duel, et un seul. A toi de gagner ta liberté. Si tu refuses, je te ferais battre et violer par mes hommes, si tu acceptes, à toi de saisir ta chance.

Brumehilde afficha durant un court instant semblant ne jamais avoir existé une moue dubitative avant d'afficher un grand sourire.

Très bien, il ne devrait pas être dur d'abattre un gros balourd comme toi.


Andorov parti d'un rire tonitruant, saisissant la chaine de brumehilde à deux mains, la brisant nette à la force de sa poigne.

Ainsi Brumehilde entra dans l'équipage du Dragon, le navire d'Andorov. Il s'agissait d'un Galion gigantesque qu'il avait volé aux espagnols. Arborant un étendard noir avec un dragon doré, il était composé principalement d'hommes du nord, aux mêmes racines Viking qu'Andorov, et pour le reste d'autres matelots tirés sur le volet recrutés entre temps. Brumehilde avait 8 ans à l'époque. Elle fut ainsi placée devant tous les hommes, vulnérable mais avec l'ombre d'Andorov la surplombant, interdisant tout acte à son encontre. Elle était alléchante, mais qui aurait pris le risque d'outrepasser l'ordre de ce si impressionnant capitaine? Et ainsi, la simple vue de cette tignasse rousse suffisait à rappeler à tout l'équipage l'épée de damoclès au dessus de leur tête.

L'essentiel de ses tâches était les tâches ingrates quotidiennes, briquant, astiquant, huilant. Elle s'y appliqua la journée, s'entrainant le soir sous le regard ardent des matelots du navire. Personne n'y toucha, Andorov impressionnant bien davantage les matelots que leur simple désir. Chaque année elle affrontait Andorov, chaque année elle déployait des stratagèmes complexes, chaque année elle fut mise à terre jusqu'à ses quatorze ans.

C'était une froide nuit d'hiver. Ils avaient poursuivi un galion hollandais en dehors des routes commerciales, s'enfonçant dans des terres jusqu'alors réservés aux navires nordistes. La bataille avait éclaté de nuit, les blessés étaient nombreux mais ils avaient été victorieux. La cargaison du galion ennemi était à eux, et l'équipage avait déjà les yeux brillants en contemplant la masse de femmes capturée par les hollandais, qu'ils allaient revendre comme esclaves. La lune se leva et, alors qu'Andorov faisait l'inventaire du navire, la silhouette de Brumehilde se dessina en contre-jour de la lune. Une voix sépulcrale résonna alors sur les flots, tranchante comme l'épée qui reposait dans sa main.

Il est l'heure, gros balourd.

Elle ne s'autorisait qu'au moment du duel annuel à l'appeler ainsi. Andorov releva alors la tête, fixant la toujours frêle silhouette de la rousse. Elle avait pris des formes, de sacrées formes qui commençaient à lui poser soucis pour contenir l'équipage. Elle devenait un problème, plus que ce à quoi elle servait sur le Dragon. Il se dit que le moment était peut-être venu d'en terminer avec ce petit jeu. Il se leva de sa chaise, retirant sa tunique et attrapant son sabre. Les matelots, habitués depuis des années à ce balai s'écartèrent, libérant le pont du galion hollandais.

Sûre de vouloir une fois de plus tenter ta chance petite bête?

Plus que jamais.


La flamme dans les yeux de Brumehilde ne l'avait jamais quitté pendant toutes ses années. Elle s'était entrainée jusqu'à battre en duel chaque membre de l'équipage. Son épée avait été tolérée telle un "jouet" entre ses mains. Elle faisait parti du décors, personne ne l'avait jamais considéré comme une menace, et par la même l'arme était tolérée, sans réelle considération. Ils qualifiaient son style de combat de "Danse de feu", celle-ci bondissant, vive comme le vent, en tout sens, si bien qu'il était impossible de prévoir d'où allait arriver le prochain coup, elle semblait percer à jour chaque passe de ses adversaires, prévoyant chacun de leurs déplacements. Seul Andorov semblait ne jamais avoir eu de mal à la battre, celle-ci semblant toujours maladroite contre lui.

Tous étaient persuadés que c'était dû à la fabuleuse puissance de leur capitaine mais Brumehilde comptait bien les détromper cette nuit. La cale était toujours ouverte, si bien que toutes les esclaves observaient la scène. Brumehilde s'avança dans la lueur des torches. Elle avait le teint blanc, son épée était d'un rouge sang, forgée dans un alliage espagnol selon une antique technique destinée à effrayer les adversaires de ceux-ci. Elle roula des épaules, parfaitement concentrée, les yeux se fermant, une longue inspiration venant détendre chacun des muscles de la jeune femme.

Une sérénité que seul le combat vint s'installer dans l'esprit de la rouquine. Elle prenait son "temps". Il s'agissait d'une technique qu'elle avait bâti durant des années, elle apprenait en observant le rythme de chaque personne qu'elle voyait, comprenant intimement comment ses techniques fonctionnaient et tout particulièrement avec le capitaine. Elle savait quand il se fendait, quand il parait, quand il attaquait. Chaque parcelle de son savoir-faire était imprimé dans les rétines de Brumehilde. Cela faisait trois ans qu'elle feignait habilement la maladresse pour mettre un confiance le capitaine. Elle sentait néanmoins que sa place était de plus en plus périlleuse, le regard de chaque homme évoluant, le malaise d'Andorov devenant évident. Elle arrivait au bout du temps qui lui était accordé et sa seule chance résidait en un unique assaut audacieux.

Ce calme meurtrier vint imprégner chaque fibre de son corps, chaque muscle focalisé dans la tâche d'abattre celui qui lui avait volé six ans de sa vie. Les flammes des torches se reflétaient dans ses yeux et Andorov sourit en coin, se reconnaissant dans cette attitude sauvage. Ce qui allait suivre n'allait pas lui plaire, cette petite était vraiment farouche.

Il salua de son grand sabre ouvragé, Brumehilde répondant de la même manière, les yeux plissés. Il bondit alors, sabre au clair, l'abattant sur la tête de la jeune femme, celle-ci se fendant, roulant à terre, se relevant soudainement pour bondir derechef, le tout en un éclair, épée brandie droit sur le cœur du capitaine. Le glaive fonçait vers sa cible, Andorov, trop lent observant cette frénétique course inattendue sur le point de lui prendre la vie. D'une adroite passe il balaya l'attaque, se redressant de toute sa taille et reculant d'un pas. Il fronça les sourcils, quelque chose sonnait faux. Il réalisa alors comme il s'était fourvoyé, il était passé à un pas de la mort. Il ne s'agissait plus d'un jeu, la fillette était bien plus habile qu'il ne l'avait supposé.

Brumehilde, de son côté haletait. Elle avait raté son attaque. Tous ses muscles relâchés, elle avait donné toute son énergie en un unique assaut fulgurant, tentant le tout pour le tout, et elle avait échoué sans même l'égratigner. Cette montagne de muscle la regardait maintenant de haut, réalisant le danger qu'elle représentait. Elle avait perdu sa chance qu'elle attendait depuis 6 longues années. Avec un cri de rage, Andorov repassa à l'assaut, rivalisant d'adresse, de force, et de rapidité pour faire reculer Brume jusqu'au bastingage.

Elle était sur la défensive, incapable de contre-attaque, tentant par tous les moyens de sauver sa vie. D'un ultime coup de sabre, Andorov la désarma. Sa fidèle épée de sang s'envola se planter dans la proue. Désormais désarmée, la jeune fille observa l'imposant personnage la surplomber. Andorov se pencha, tendant la main, comme il y a si longtemps pour l'attraper au coup. Sortant le même morceau de verre qu'elle avait gardé depuis des années elle bondit en un ultime espoir, le plantant dans l'autre main, passant sous sa garde.

Le sabre tomba au sol en un tintement, le capitaine écarquillant les yeux. Il observait sa main d'où un léger filet de sang s'écoulait, exactement à l'endroit où elle l'avait blessé 6 ans plus tôt. Cette fois de rage pure il tenta de l'empoigner, celle-ci glissant entre ses jambes, attrapant son sabre. Se retournant il se jeta sur elle, de tout son poids, pour la plaquer au sol, reproduisant la même scène qui commença leur relation. La seule note sonnant faux fut un sabre qui n'était pas présent à l'époque. Il s'empala de tout son longs sur la lame surgissant entre ses omoplates.

Toussant, il bascula sur le côté, le visage pétrifié, toussant, crachant un flot de sang qui vint maculer sa poitrine. Tout le monde retenait son souffle, parfaitement immobile, n'en revenant pas.

Brume se tenait, immobile, debout, devant le capitaine agonisant. Il agita faiblement la main, lui faisant signe de s'approcher. Se penchant sur lui, les larmes aux yeux sans comprendre pourquoi, elle tendit l'oreille, ne craignant aucune fourberie de sa part.

Tu as tenu ta parole petite bête.

Ainsi mourut Andorov, le gigantesque capitaine du Dragon, terreur des mers, célèbre entre tous. La main sur la bouche, Brume étouffa un sanglot, relevant la tête et scrutant l'équipage. Plusieurs déjà s'agitèrent, la foule réalisant qu'une fillette désarmée était tout ce qui les séparait du trône du capitaine. Elle tira alors le sabre de l'ancien capitaine, maculée encore de son sang, le brandissant devant elle. Un frisson parcourut l'équipage, une goutte de sang venant tombe sur le pont du galion si durement gagné.

Ce moment de flottement se prolongea, Brume tremblant de chaque muscle sous la tension, scrutant chaque visage l'un après l'autre. Soudain l'un d'entre eux s'agenouilla, déclenchant une longue vague de chuchotement jusqu'à ce que chaque personne présente sur le pont imite le même mouvement, déférent envers le gagnant du duel, respectant le code. Après un soupire de soulagement, la rousse baissa son arme, une autre goutte venant rejoindre la première. Elle jeta un regard à la cale, une centaine de regards écarquillés dévisageant la jeune femme qui venait d'abattre une montagne. Elle prit alors une décision qui allait changer à jamais sa vie.

Détachez ses femmes et amenez les au Dragon.


Plusieurs levèrent la tête, ne comprenant pas. Tous s'exécutèrent cependant, les détachant une à une. Les femmes ainsi rassemblées sur le pont se collèrent les unes aux autres, entourés de matelots les détaillant du regard.

Remontez maintenant sur l'autre galion. Je prends possession du Dragon, comme j'en ai le droit, continuez votre route de votre côté, je ne vous poursuivrais pas.


L'un des matelots ricanant à cette parole, transpercé une seconde plus tard d'un sabre lancé avec la dextérité d'une lame émérite. Récupérant son arme sur le cadavre du moqueur, elle reprit sa place devant les femmes. Un à un, les matelots rejoignirent l'autre navire, coupant les amarres et s'organisant pour reprendre la mer.

Les deux bateaux prenant ainsi des routes différentes, Brume se retourna vers le groupe de femmes.

Vous avez désormais le choix, et vous êtes libres de choisir comme vous le souhaitez. Restez et devenez des pirates qui seront craintes sur toutes les mers, soyez libres et fières, ou nous vous déposerons au prochain port et vous continuerez votre vie comme vous le souhaiterez.

La même scène que précédemment se jouait mais avec des protagonistes bien différents. Un grand silence reposait sa chape de plomb sur le pont du Dragon. Une centaine de paires d'yeux dévisageaient, éberlués, la plus jeune du groupe en présence et qui pourtant disposait d'un charisme hypnotique. Chacune pesait dans sa tête le pour et le contre de ces voies. Ce fut une grande blonde aux yeux bleus, visiblement de la même origine qu'Andorov qui sortit du groupe en premier, face à Brume.

Je vous suivrais, jusqu'à la mort, capitaine.


Elle s'agenouilla alors, initiant un mouvement parmi ses consœurs. Pas une ne resta en arrière.

Relevez vous alors, sœurs. Nous sommes libres et aucunes d'entre nous ne s'agenouillera plus jamais. Nous serons désormais l'équipage du Valkyrie, et l'océan apprendra à nous craindre comme il le faisait sous le joug de son précédent capitaine.

Ainsi l'océan échangea une terreur pour une autre, et le monde continua de tourner, parcouru par le premier équipage de femmes, qui avait devant lui un avenir incertain, mais guidé par un capitaine qui semblait bien décidé à tailler sa route au fil de l'épée dans un monde impitoyable.




















Chapitre 2 : La rose enflammée

C'est avec sa majesté habituelle que le Valkyrie entra dans le port de Sainte-Espérance, arborant ce magnifique pavillon encore méconnu, un sabre ailé. Le bâtiment avait subi quelques changements, le long voyage de vingt jours pour y revenir ayant permis d'amorcer des modifications, notamment agrémentée par deux navires accostés en chemin.

Le capitaine à la chevelure rousse savait bien jouer du bluff, les nombreux canons disposés sur le pont et dans la coque ajoutant de l'eau à son moulin. Un entrainement drastique avait commencé dès le premier jour, l'équipage séparé entre matelots et combattants, les équipes se relayant ensuite.

Pour l'heure, Sainte-Espérance semblait plus qu'accueillante pour un nouveau navire Pirate. Une chaloupe vint les guider jusqu'à un des cinq quais d'accostage du port, Brume y sautant dès le vaisseau amarré. Un attroupement s'était déjà formé sur la plage, observant le navire si bien connu affichant un nouveau pavillon. L'équipage de la rouquine descendit à sa suite, habillés d'un uniforme pour le moins... atypique. L'un des vaisseaux qu'ils avaient abordé était un navire de transport de tissus précieux. Elles s'étaient confectionnées un uniforme identique pour chacune, entièrement blanc, composé de bande de tissu voletant à chacun de leurs déplacements, donnant véritablement l'impression d'une armée fantomatique, les Valkyrie incarnées sur Terre pour appliquer leur courroux. L'ensemble était assez impressionnant et ne manqua pas de marquer les esprits de ceux et celles qui étaient présents sur la plage à ce moment.

Un homme sortit du rang, un des capitaines des sept navires mouillant dans le port.

Où est Andorov petite garce?

C'était le capitaine Oeil-de-Ver, ayant perdu le sien lors d'un abordage particulièrement risqué lors de la formation de Sainte-Espérance, il était connu pour son arrogance et son amitié avec Andorov, ils se surnommaient "Les Princes de Sainte-Espérance", gouvernant en quelque sorte le lieu à deux. Brume afficha un sourire narquois et s'approcha, d'une démarche séductrice, venant se coller à Oeil-de-Ver, s'y frottant telle une prostituée.

Comment as-tu dit mon bel apollon?

Et le coup de genou parti rejoindre les bourses de ce beau monsieur, le pliant en deux comme une belle enveloppe prête à être cachetée. Brume fit volteface, se tournant vers la foule, élevant le ton pour que tous et toutes l'entendent.

Andorov est mort, je l'ai battu en duel à la loyale. Ce vaisseau *elle tend son épée en direction de son navire* est le Valkyrie et vogue désormais sur les flots sous mon égide.


Elle se retourna face à Oeil-de-Ver.

Salope... *toussant, cherchant à reprendre son souffle*

Vous me respecterez, ou vous mourrez, par ma lame ou celle de mon équipage, comme Andorov. Faîtes votre choix.

Elle traversa alors la foule, qui s'écarta sur son passage, son équipage la suivant, sauf les femmes de quart, passant de part et d'autres du capitaine à genoux, se dirigeant droit vers l'établissement central de la ville, la Vierge Guerrière. Toute la ville observa cette étrange procession la traverser en son sein telle la lame tranchant la chair. Brume leva la tête vers le balcon surplombant la porte d'entrée. C'était là que se tenait un groupe de femmes, les tenancières de l'établissement. Il était possédé par Andorov lui-même, et ces femmes étaient ses esclaves, ses putains, tenues de garder la taverne lors de ses absences en mer, faisant marcher son commerce. Entre maison close et maison à boire, l'établissement était délabré, crade et à moitié en train de s'effondrer. Comme disait Andorov "Un trou est un trou, peu importe les fioritures autour".

Brume s'avança, ouvrant en grand les portes de la bâtisse, entrant dans la cour principale. Toutes les filles l'observaient des balcons surplombant eux-mêmes cette même cour.  Elle fit demi-tour sur elle-même, croisant le regard de chaque femme présente.

Je suis Brumehilde, la fin d'Andorov, et capitaine du Valkyrie. Ce bâtiment m'appartient désormais.

Un frisson parcourut l'assemblée. Toutes s'entreregardèrent, angoissant quant à leur destin.

Et je vais brûler cette vieille bicoque.

Toutes se mirent alors à protester avec véhémence, comprenant par là-même qu'elles bruleraient avec. C'était une vieille coutume de la région, lors d'un putsch on se débarrassait de tout ce qui appartenait à l'ancien capitaine pour éviter les trahisons. Brume leva la main, en silence, et ce charisme qui faisait toute sa particularité mit au silence tout ce vacarme.

Vous méritez bien mieux et nous construirons bien mieux. Vous êtes désormais libres, vous pouvez partir ou rester, tel sera votre choix, et votre choix uniquement.

Un silence de plomb fit écho au vacarme qui l'avait précédé. C'était inattendu, réellement, et plus d'une suspectait un piège. Une à une, elles quittèrent alors l'établissement, lançant des regards craintifs à la fillette. Une fois la dernière femme sortie, Brume passa les portes, faisant face à son équipage, portant plusieurs torches et des barils d'alcool.

Brûlez moi ça.

Les flammes purent être vues de la plage, se reflétant dans l'oeil-de-ver d'une capitaine courroucé. Les femmes libres inondèrent la ville, profitant de leur liberté. Brume quant à elle retourna avec son équipage sur son navire, pour la nuit, les sentinelles dans les gréements pour vérifier que personne ne viendrait perturber un sommeil bien gagné. Au petit matin, alors que le soleil n'était pas encore paru, Brume fut la première à émerger, montant sur le gaillard arrière, observant la plage. Un attroupement tout autre que la veille y était présent. Une des sentinelles l'aborda.

Elles sont arrivées une à une durant toute la nuit, plus encore qu'il n'y en avait dans la maison, hier. Elles sont restées silencieuses, sans un mouvement, depuis leur arrivée.

Brume hocha la tête, lui faisant signe de rejoindre son poste. Elle sauta sur le pont et se dirigea vers la plage, seule. Il y avait ce silence sépulcrale que l'on ne trouve qu'au matin, lorsque la rosée dépose sa robe sur le monde. Brume se trouva bien vite face à une marée de femmes, plus du double de son équipage, la fixant, semblant attendre quelque chose. Une femme plus âgée émergea de la masse. Brume la fixant, elle lui fit signe de parler.

Nous sommes là pour vous, Brumehilde du Valkyrie.


Brume, restant immobile, elle poursuivit.

Nous avons ouïe dire que sous votre pavillon ou votre joug, nous pourrions être libre, et vivre comme des hommes.

Brume acquiesça, toujours immobile.

Je suis Emerita, et jusqu'à ma mort, vous serez mon capitaine.

Elle s'agenouilla alors, chaque femme reproduisant la même formule et s'agenouillant à son tour. Tout l'équipage était monté sur le pont pour observer la scène. Brumehilde s'avança alors jusqu'à Emerita, lui saisissant délicatement le bras, le lui tirant pour la relever. Elle la fixa alors dans les yeux, de toute la profondeur de son regard.

Comme je l'ai dis à mon équipage, plus jamais vous ne vous agenouillerez devant qui que ce soit. Vous êtes désormais des Valkyries, mes sœurs, pas mes esclaves.

Des viva furent entendus du navire, repris par la foule se redressant. Toute la scène n'avait pas échappé à Oeil-de-Ver, debout à la lisière de la ville, plissant son unique œil, tout cela semblant bel et bien échapper à son contrôle. Il s'enfonça alors dans l'ombre des bâtiments, décidé à redresser la barre comme face à une inévitable tempête.

Tout le quartier entourant l'ancienne maison close avait été racheté avec le pactole d'Andorov, une gigantesque bâtisse avait été bâtie, surplombant toute la ville, toutes les Valkyries s'y établissant. Certaines avait décidé d'y rester, tenant, libre, la barre de l'établissement, tandis que d'autres avaient rejoint l'équipage.

C'est ainsi que la légende de Brumehilde, la danse de feu, naquit.

Toute la ville semblait plus qu'apprécier ce changement de pouvoir, échangeant une main de fer contre un gant de velours. Seul Oeil-de-Ver était hors de vue, de même que son équipage. Prenant cela pour du renoncement, Brume ne réalisa pas qu'il agissait de la même manière qu'elle l'avait elle-même fait plus tôt, durant des années, pour abattre la cible de son courroux. Oeil-de-Ver était imbuvable, mais pas idiot.

Durant six ans, Sainte-Espérance grandit, des femmes du monde entier, que ce soit librement ou durant des rapines, joignirent le mouvement de Brumehilde et la population féminine devint clairement majoritaire sur place. La ville n'était pas un centre commercial, ou un port important, mais simplement l'une des escales au milieu des caraïbes où les pirates venaient profiter de la compagnie, de la boisson, et du réapprovisionnement. Ce fut le jour de ses vingt ans qu'une réunion secrète prit place à bord du navire du capitaine Morrin, l'un des anciens lieutenants d'Oeil-deVer, réunissant pas moins de vingt capitaines de tous horizons.

La réputation de la "Danse de feu" et de son valkyrie avait atteint les mers, et les pirates avaient décidé d'un commun accord que cette renommée était néfaste à leur propre "commerce". Basé sur une alliance fortuite, les vingts capitaines avaient conclu qu'un assaut sur Sainte-Espérance était requis, afin d'étouffer dans l’œuf cette ère nouvelle.

Vingt navires se mirent alors en route de concert, traversant l'océan, entre tempête et calme plat, jusqu'à arriver en vue de Sainte-Espérance. Une unique chaloupe se dirigea alors vers la plage, à son bord un seul homme, de la même manière que Brumehilde était arrivée sur la plage, douze ans plus tôt.

Oeil-de-Ver observa la ville qui avait grandi, faisant désormais toute la taille de l'île, les vieux bâtiments détruits, désormais bien entretenue et visiblement prospère. Il fronça les sourcils, une part de lui regrettant ce qu'il s'apprêtait à faire. Il comprit ce qu'Andorov avait vu en cette "petite-bête", et il comprit qu'ils s'apprêtaient tous à abattre une pirate probablement bien plus grande qu'eux tous réunis. Mais les luttes de pouvoir étaient ainsi faites, et il ne renoncerait pour rien. Sur cette pensée, sa chaloupe fendit le sable de la plage, lui-même y sautant, pour se retrouver face à celle qui occupait alors ses pensées.

Et qui voilà... *Brume renifla, relevant le regard vers l'armada qui mouillait à sa porte* Et pas seul en plus. Que puis-je pour vous, dîtes-moi, Ô grand capitaine Oeil-de-Ver pour que vous veniez ainsi à ma porte?

Celui-ci bomba le torse, faisant face désormais à une femme pleinement formée, bien plus hypnotisante et impressionnante encore qu'à l'époque. Il y avait un feu dans son regard, quelque chose d'unique qui le fit trembler durant un instant, une liberté et une passion qui le transperça de part en part, une unique goutte de sueur froide coulant, doucement, irritante, dans le creux de son dos. Il toussota, reprenant contenance.

Le comité des vingts est venu vous annoncer que dès à présent votre équipage *il engloba des bras la ville* et toute cette entreprise être séance tenante dissoutes, par l'autorité des pirates.

Brumehilde gloussa.

L'autorité des pirates? Rien que ça. Vous n'êtes personnes, un pirate est libre, par nature, et ne subit d'autorité que la sienne. Repartez d'où vous venez, allez jouer et laissez les grandes gens en paix. Sinon *et là, Brumehilde plissa les yeux* je jure sur ma vie que vous le regretterez.

Oeil-de-Ver acquiesça.

Je savais que vous le prendriez ainsi, nous en prenons bonne note.

Il s'en retourna alors, la chaloupe se dirigeant vers la haute-mer. Il passa contre la coque du Valkyrie et jeta un regard à l'impressionnant navire qui était autrefois celui de son ami. Il frissonna à l'idée de ce qui se préparait et aurait espérer qu'Andorov soit à ses côtés pour cette mise à mort douloureuse. Secouant la tête il poursuivit sa route, et la chaloupe rejoignit bien vite les vingts navires à l'entrée de la baie.

Brume se tourna vers la lisière de la ville, plus d'un millier de femmes, farouches, se tenant devant elle. Derrière elle, le Valkyrie affichait ses couleurs, emprunt de majesté et de liberté. Elle éleva la voix, de sorte à ce que la ville entière puisse l'entendre.

Mes soeurs ! Nous savions que ce jour allait arriver. Nous sommes libres, jusqu'à la fin de nos jours, je vous l'ai juré. Vous êtes des Valkyries, la réincarnation des plus puissantes guerrières de ce monde. Nous ne craignons rien ni personne. Ça, *Brume tendit vers son épée vers l'armada qui se mettait en branle* c'est une perfidie que nous ne pouvons tolérer. Personne ne fera vaciller notre étendard ! *un frisson de rage parcourut la foule, l'étendard au point culminant de la ville claqua au vent, comme faisant écho à toutes ces volontés unies* C'est aujourd'hui un grand jour, celui où le monde comprendra que les Valkyries sont à craindre. N'ayez aucun doute mes sœurs, car un brillant avenir s'impose à vous !

Une larme coula le long de la joue gauche de Brumehilde, une unique larme esseulée, véritable ode à la liberté.

Merci à vous, à chacune d'entre vous, incarnez mon rêve jusqu'à la mort !


Une marée de femmes se déversa sur la plage, s'agenouillant une dernière fois, la dernière fois de leur vie. Chaque femme baissa la tête, agenouillée, en signe de respect devant celle qui leur avait rendu la liberté, celle qui les avait inspirées, celle qui brillait davantage que le soleil et qui, jamais, ne baisserait l'échine devant qui que ce soit. Une véritable vague, plus puissante que l'océan, se déversa vers Brumehilde, une vague d'amour et d'admiration venant de celles qu'elle avait guidé jusqu'ici. Elle avait bâti quelque chose qui valait la peine d'être préservé, et elle comptait bien le faire en ce jour. Faisant volteface elle grimpa sur son navire, seule, détachant les amarres, le Valkyrie dressant fièrement ses voiles, libre de toute attache, se dirigeant vers la sortie de la baie.

L'armada, en face, était entrée dans la baie, bord à bord, les bateaux collés les uns aux autres de sorte à en bloquer la sortie. Seul un bateau était resté légèrement en arrière, bien que quand même dans la baie, celui de ce couard d'Oeil-de-Ver se prévalant surement de "superviser la bataille". Brumehilde afficha un air farouche, les yeux brillants au soleil, fermant les yeux durant un instant.

De nombreuses fois elle s'était laissée prendre par la fougue de la bataille, cette danse, ce rythme qu'elle laissait s'imprégner en elle et qui faisait une combattante aussi émérite, ce calme et ce chaos mêlés qui animaient son cœur comme son bras. Elle rouvrit les yeux avec une lueur de défi plus intense que jamais. Le Valkyrie brillait de mille feux, ses voiles gonflées par un majestueux vent arrière.

Les vingts capitaines observèrent ce galion pirate, véritable perle des caraïbes, se diriger toutes voiles dehors vers eux. Chacun connut un instant de doute, un instant seulement avant de lancer des ordres, tous les pirates se jetant contre le bastingage, prêts à l'abordage. Ils s'étaient armés jusqu'aux dents, prêts à en découdre contre une même armada s'il le fallait, les cales pleines de poudre, de nouveaux canons flambant neuf sur tous les ponts. Un vent farouche balaya le visage de tous les protagonistes à l'aune de cette bataille.

Tous les pavillons tombèrent, s'offrant aux vents, claquant contre celui-ci, revendiquant la justice de leur entreprise. Seul le farouche sourire de celle qui les avait fait trembler leur répondit. Il était désormais évident qu'il n'y avait personne à son bord et une vague de soulagement emplit les vingts navires, comprenant qu'elle venait se rendre. Plusieurs rires fusèrent, moultes accolades leur succédèrent. La danse de feu n'était finalement pas si féroce.

Alors, durant un unique instant de flottement, le sourire de Brume s’agrandit encore, le Valkyrie percutant le centre de l'armada, le navire de Morrin. Tout sembla alors s'arrêter durant une unique seconde, comme si le temps et l'espace étaient venus saluer en un vibrant accord ce qui allait suivre.

brume ferma les yeux, prenant une longue inspiration. La vie était belle, et elle en était à l'aboutissement. Tout ce qu'elle avait accompli défila devant ses yeux, et elle fut fière. Les visages de toutes celles qui la regardaient depuis la côte défilèrent également, et elle fut bien plus fière encore. Elle rouvrit les yeux alors, et jeta la torche qu'elle tenait dans la cale.

Tous les barils de poudre qu'elle avait accumulé durant des années emplissaient littéralement le navire, explosant tous en un instant. Ce qui fut la danse de feu s'embrasa, de même que le Valkyrie, créant comme un deuxième soleil dans la baie. Les flammes atteignirent le navire de morrin, lui-même emplit de barils, qui explosèrent derechef, créant une explosion en chaine, pulvérisant les dix-neufs navires collés les uns aux autres, bord à bord, comme si la main divine de quelque dieu grec avait décidé d'en finir avec celle-ci. Oeil-de-Ver observa la scène, la bouche grande ouverte, estomaqué. Son équipage était dans le même état d'effarement, observant le massacré, médusé. Il hurla alors des ordres, faisant faire demi-tour à son navire, fuyant la scène. Deux navires, de part et d'autre de la baie surgirent alors, toutes voiles dehors, canons brandis. Guidés par celle qui avait décidé en premier de rejoindre Brumehilde et par Emerita, les canons firent feu, faisant écho à la catastrophe, pilonnant Oeil-de-Ver. Les salves de boulets mirent fin à la bataille en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, écrasant littéralement le navire esseulé, ses matelots ayant perdu toute volonté de se battre. Les mousquets furent alors sortis, massacrant jusqu'au dernier homme nageant dans la baie. Oeil-de-ver mourut, percuté directement par l'un des boulets tirés.

Ainsi finit la légende de la danse de feu, Sainte-Espérance perdurant, chaque femme ayant survécu à la bataille brandissant le fanal de sa volonté. Ainsi Brumehilde s'en retrouva dans les limbes, afin d'y rencontrer un lapin. Oui. Un lapin.



















Chapitre 3 : Le premier rayon de soleil d'une nouvelle vie

Brume rouvrit les yeux, dans le néant. C'était un néant très particulier, il n'y avait ni haut, ni bas. Elle battit des paupières, fronçant les sourcils, tentant de se repérer dans un méli-mélo en noir et blanc qui commençait rapidement à lui donner le tournis. Alors elle décidé de se mouvoir, et ainsi vint la réelle désorientation. Elle n'avait pas, à proprement parler, d'existence et ce mouvement lui fit perdre toute perspective, tout ce que sa conscience lui avait enseigné au long des années contredisant totalement l'expérience qui était en train d'être vécue.

Fermant les yeux elle "décida" arbitrairement qu'elle ne bougeait plus, et ainsi cela était lorsqu'elle les rouvrit. Battant une nouvelle fois des paupières elle plissa les yeux, imaginant tout ce chaos mouvant s'ordonner en un espace plus propre à ses habitudes. Ainsi un monde constitué de blanc le remplaça, un "sol" se plaça sous ses pieds, son propre corps ayant pris substance. Tout cela était dans son esprit, elle en avait conscience, mais cela lui donnait une base pour commencer à comprendre où elle était.

Marcher ne servait de rien, il n'y avait toujours aucune direction, simplement un univers tangible sur lequel reposer. Elle ferma les yeux, imaginant tentant d'altérer une nouvelle fois le monde qu'elle se visualisait, cherchant à comprendre comment cette visualisation pouvait lui servir à apercevoir quelque chose de vrai.

Une présence emplit sa conscience et, par réflexe, elle ouvrit les yeux. Deux portes étaient présentes, sur le sol, devant elle. Sur chacune était inscrit une phrase.

"Brûle pour l'éternité" était inscrit sur la porte de gauche.

"Brûle maintenant" était inscrit sur la porte de droite.

Fronçant les sourcils, brume entortilla l'une de ses mèches autour de son indexe, en saisissant la pointe entre ses lèvres qu'elle se mit à suçoter. Elle tourna autour des portes qui semblaient tourner en même temps, de sorte à toujours rester face à elle. Elle s'adressa alors au vide, comme si quelque chose était là, l'écoutant.

Qu'est-ce donc que cette farce? Ce n'est pas un choix !

Les deux portes fusionnèrent alors, n'en laissant qu'une seule où était marqué :

"Brûle donc !"

Grognant, la rouquine s'assit à même le sol, observant la porte comme si elle pouvait la faire changer par la force de sa pensée. Puis vint l'idée. Écarquillant les yeux elle afficha un grand sourire, les fermant derechef, et imaginant la porte différemment.

Ainsi s'inscrivit "Passe donc !" sur la porte, ce qu'elle s'empressa de faire. Ouvrant la porte, tirant sur la poignée elle aperçut le même néant derrière elle, mais... Différent, en un sens. Elle sentait qu'elle commençait à comprendre comment cet endroit fonctionnait. Elle était comme dans une antichambre, à elle de faire ses preuves si elle voulait passer.

Si le néant devant elle était différent, alors il le serait surement à travers une autre porte. Il n'y avait ni sens, ni direction, ni distance. Elle imagina alors une succession des portes, toutes les unes derrière les autres, et se jeta en leur sein, traversant les portes à une vitesse qu'elle ne saurait imaginer, ne se déplaçant pas réellement. Ainsi vint la dernière porte. Elle revint à son emplacement de départ mais elle sentit que ce qui était autour d'elle était réel, cette fois, si tant est que quoi que ce soit puisse l'être en ce lieu.

Un "homme-lapin", elle ne saurait comment le décrire autrement, se tenait au centre de deux portails, l'un dans lequel on pouvait voir le même néant, et l'autre dans lequel elle observait une cité. Cet "homme-lapin" donc ouvrit la bouche, s'apprêtant surement à lui expliquer quelque choix. Quel choix? Avant même un mot elle avait passé le portail conduisant à la cité. Ce n'était guère orthodoxe, mais si elle avait passé une sorte de test, c'était bien de cette manière, et elle comptait garder la même conduite.

Attérissant dans un couloir étrange, surplombant une ville qui l'était tout autant, le lapinou apparut derrière elle. Semblant totalement désintéressé, sa mission terminé, il fit signe à Brume d'avancer, ce qu'elle fit sans se faire prier, trottinant gaiement, observant la ville en contrebas.

Toute à son observation elle "rentra" littéralement dans une porte, l'ouvrant en grand, à deux doigts de la fracasser avec sa tête. Ainsi débarqua-t-elle dans le bureau de Snow.

Ce fut un bon moment plus tard, et après bien des péripéties que la décision de créer l’Étreinte. C'était sur un caprice que Snow avait autorisé la construction d'une immense bâtisse entre les quartiers de Gula et Lumia. Celle-ci avait duré une année entière. Surplombant toutes les maisons avoisinantes, l'Etreinte étendait son ombre telle l'étreinte passionnée de l'être aimé. Brume l'avait conçue en se basant sur l'édifice qu'elle avait déjà créé à l'époque de Sainte-Espérance mais... De manière démesuré.

L'Etreinte est bâtie sur une butte artificielle. Imaginez vous un cube de roche de cinq mètre de haut s'élevant dans une verticalité parfaite en plein milieu de la ville. Un périmètre l'entoure, bordé de commerces de tous genres, entre boutiques de bouche, tisserands et artistes, tout un quartier entoure ce bloc de pierre sans s'approcher à moins de dix mètres de son contour. Vous avez véritablement l'impression d'entrer dans une ville tout à fait différente, comme si la nature elle-même avait rompu la continuité de son environnement pour laisser place à cette animation s'étendant sous votre regard. De part et d'autres de l'édifice contre nature, vous trouvez deux types d'architecture s'opposant. Effectivement, celui-ci est à la limite entre Gula et Lumia, et les commerces s'organisent selon cet ordre des deux côtés. Étonnement, les seuls édifices que vous ne pouvez apercevoir sont les tavernes et maisons closes. Aucun de ces établissements caractéristiques des quartiers connexes à l'Etreinte ne peuvent être aperçus comme si l'aura de cette création atypique les avait bannis de ce lieu. Tout ce pourtour est empli de vie, de véritables foules semblant s'y déverser de jour, comme de nuit, bien que ces deux populations semblent bien différentes.

Puis, à la limite nord de ce cube de roche, à l'exacte limite entre ces deux quartiers très populaires, une soudaine rupture est présente dans cette roche pourtant immuable. Toujours parfaitement lisse et immaculée, la roche se sépare en deux pour laisser apparaitre une pente conduisant à l'intérieur de celui-ci. Toute la roche qui était jusqu'alors d'ébène, zébrée de fines veines blanchâtres, est ici remplacée par du marbre, comme si le pourtour était la dure coquille d'un oeuf délicat, pur, immaculé, devant être protégé d'un univers agressif. En écho à l'extérieur, c'est ici un marbre d'un blanc parfait, simplement veiné de couleurs, variées, venant ajouter un brin de légèreté dans toute cette magnificence, ce petit brin de folie venant élever tout l'ensemble.

Ainsi, lorsque l'on arrive en vue de l'entrée, deux majestueuses statues faisant la taille du bloc viennent encadrer la rampe, de gauche et de droite. Représentant deux valkyries, vêtues d'un simple tissu venant enserrer leur corps, tenant une épée brandie vers le haut, le menton fièrement relevé. Véritable hommage à la force faite femme, elles sont les garantes de ce savoir permettant à chaque visiteur de survivre à leur venue : ici personne n'est esclave, toute personne présente à l'intérieur de l'Etreinte y est de sa propre volonté et ne baisse l'échine devant personne. La rampe, pourtant parfaitement lisse, ne glisse pas un instant, c'est une matière étrange qui vous donne l'impression d'être à plat, ce qui pourrait être dérangeant si vous n'étiez pas fasciné par ce qui s'offre à vos yeux. Vous vous élevez, entrant dans la roche, et sentez l'immense privilège qui vous est fait de pouvoir entrer en ce lieu.

Pour peu que vous ayez jeté un oeil de l'extérieur, vous aurez pu observer que des balcons de toute sorte sont disposés sur tout le pourtour de la demeure dans laquelle vous entrez, conçus pour surplomber chaque personne se baladant en contrebas, plaçant comme un degré d'échelle social entre la population privilégiée admise dans l'établissement et ceux et celles condamnés à ne recevoir que les miettes. Les mêmes balcons sont disséminés de chaque côté de la rampe, permettant d'observer les nouveaux arrivants. Alors, intimidé par d'éventuels regards vous étant jetés, de haut, vous arrivez au bout de la rampe, devant les deux gigantesques portes, grandes ouvertes, vous invitant à pénétrer dans la majestueuse demeure s'étendant sous vos yeux ébahis.

L'établissement est conçu sous la forme d'une enceinte, carrée, encadrant la gigantesque salle ainsi contenue. Cette enceinte autour de vous est constituée de plusieurs étages, vous pouvez en dénombrer quatre ou cinq, à vue d’œil, à moins que le toit soit aménagé. La place est si grande que vous n'êtes pas oppressés, le ciel rassurant s'étendant au-dessus de vous. Une animation sans pareille résonne dans ce qui est appelé "La salle commune" de l'étreinte. Des coursives s'étendent de gauche et de droite, montrant d'autres salles, très variées, sur les côtés de l'édifice. Des escaliers conduisent, le long de ces coursives, aux étages, dont vous ne pouvez encore apercevoir le contenu. Toute la salle commune est remplie de tablée, de fauteuils et canapés au confort indéniables. Des bars sont répartis en premier plan des coursives, faisant, de même, tout le contour, une trentaine de personnes derrière, préparant les commandes, sans compter la ribambelle de serveuses trottinant de leur démarche dansante entre les tables.

La population de la salle commune est très variée, mais aucune esclandre ne semble résonner dans la "pièce", les invités sachant le privilège qui leur est fait d'avoir accès à l'établissement, et ne se risquant pas à le perdre lors d'une stupide rixe qui peut attendre d'en sortir. L'alcool et autres mets de bouches pleuvent à flot, s'assurant à chaque instant que tout le monde a ce qui lui faut. Puis votre regard désormais averti aperçoit la "compagnie" présente dans la pièce, distinguant invités et "personnel", venant s'occuper de ceux qui en font la demande. Entre les clients cherchant juste de la compagnie et d'autres qui montent à l'étage avec certains ou certaines, vous commencez à comprendre que ces étages sont des chambres, de toute sorte, destinée à accueillir ceux et celles, accompagnées ou non, qui en émettent le désir.

Votre curiosité désormais en partie rassasiée vous vous intéressez aux salles connexes du rez-de-chaussée. Ce sont ici des salons, plus calmes et privés, venant accueillir divers groupe cherchant d'autres ambiances, voir d'autres thématiques, qu'une simple salle commune conviviale. Vous devinez sans mal que chaque salon, chaque chambre, a son propre balcon visible de l'extérieur. Plus vous montez dans les étages, plus les chambres sont coûteuses et spacieuses, plus celles-ci démontrent votre statut social, "ce que vous pouvez vous payer" ainsi au-dessus des autres. De même, une ombre passant à son bord, vous comprenez que le toit est aménagé, bien que n'ayant aucune possibilité d'apercevoir ce, ou qui, s'y trouve. Enfin, le fond de l'établissement, en face de l'entrée, est le repaire de la propriétaire, Brumehilde, son antre secrète, interdite d'accès bien qu'ouverte à tous. C'est la grotte du dragon, le lieu de tous les trésors mais où personne ne s'égare. Vous espèrerez à jamais découvrir les secrets cachés derrière ces portes à jamais fermer, votre esprit s'égarant déjà en mille suppositions. Les choses sont ainsi, vous n'êtes pas destinés à changer les règles, simplement à les suivre.

Bien sûr, vous avez entendu parler des jardins. Les jardins ! La salle commune a une jumelle, de l'autre côté de la demeure de Brumehilde, à laquelle on accède par les coursives, au rez-de-chaussée, de part et d'autre de l'antre secrète. Votre curiosité ne saurait attendre davantage et vous empruntez ce chemin. Les murs de ces coursives sont tapissés de tableaux de tous genres, décrivant mille et unes ésotériques scènes, mais pour l'heure votre esprit n'y est pas, et votre route se poursuit. Bientôt la lumière revient, et une senteur vient faire frétiller vos sinus. Vous entrez dans un immense jardin dont vous n'apercevez que le bord, de longues haies en séparant comme des salles, que vous commencez à parcourir. Vous découvrez tant et tant d'espèces de fleurs & végétaux divers, disséminés comme une gigantesque oeuvre d'art, parfaitement entretenus, chaque catégorie séparée par une haie à travers laquelle vous ne pourriez voir, malgré toute la volonté possible. Des jeux d'eau viennent danser autour de vous, multiples gouttelettes esseulées ou magnifiques jets venant sautiller au dessus de vos têtes, retombant dans un autre bassin, plus loin. Toute cette animation vient bercer doucement vos oreilles de douces teintes cristallines, des papillons multicolores voletant, ça et là, véritable ode à la beauté.

Votre esprit pourrait s'apercevoir qu'il y a des parties du jardin auxquelles vous n'avez pas accès, entièrement cerclées de haies, mais les choses sont ainsi faites, vous n'êtes pas ici pour vous apercevoir de ces choses, votre esprit en permanence hypnotisé par ce qui est exposé à son regard. Plusieurs rires s'entendent aisément, ces jardins n'étant pas privés vous croiser quelques personnes, éparses, sans que cela ne soit dérangeant, vous comprenez que ce labyrinthique jardin est fait pour avoir des zones de passage et des zones privées, et vous n'êtes pas un instant gêné ou spoilé dans votre visite. Ce n'est qu'à la fin de cette ballade, lors de votre arrivée devant la seconde coursive, que vous vous apercevez que ces Jardins ne sont pas surplombés par des bâtiments. Il n'y a que le "Balcon de la belle" qui la surplombe, dans la demeure de Brumehilde, le reste de l'Etreinte s'arrêtant là. Vous savez pourtant que de l'arrière de l'Etreinte on n'aperçoit aucune plante, mais c'est ainsi que cette demeure est construite, certaines zones sont un cadeau, d'autres se méritent, et vous ne pourrez connaitre tous les secrets ainsi disséminés.

Si, comme bien des gens, vous souhaitez percer le mystère de cet établissement, comprenant comment Brume a réussir à bâtir une telle aura, il vous faudra vous frotter à la danse de feu, au risque de vous y brûler...




Derrière l'écran


.: Comment êtes-vous arrivés ici? : Surf en haute mer, euh... sur le net
.: Quelque chose à nous dire? : Tout plein de choses !
.: Avatar : Miss Fortune & Katarina, de LoL.
.: Rang désiré : Patronne de l’Étreinte.





Dernière édition par Brumehilde le 23/3/2015, 23:57, édité 19 fois
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MessageSujet: Re: Brumehilde   1/3/2015, 13:12

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Prem's, bienvenue à toi l'amie, et bonne chance pour ta prés', n'hésite pas à passer sur la box si tu as des questions, les modo sont souvent là =D.


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MessageSujet: Re: Brumehilde   1/3/2015, 13:22

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Dernière édition par Naevhee T. Blake le 3/3/2015, 14:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Brumehilde   1/3/2015, 15:59

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MessageSujet: Re: Brumehilde   1/3/2015, 18:27

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MessageSujet: Re: Brumehilde   1/3/2015, 22:48

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MessageSujet: Re: Brumehilde   2/3/2015, 17:51

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Merci pour tous vos bienvenus, ça fait plaisir <3 !
Et, si, en effet :).


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MessageSujet: Re: Brumehilde   3/3/2015, 17:04

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Description physique finie, enfin... la première version.

Pfiou !


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MessageSujet: Re: Brumehilde   5/3/2015, 23:36

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MessageSujet: Re: Brumehilde   5/3/2015, 23:42

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MessageSujet: Re: Brumehilde   6/3/2015, 04:48



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MessageSujet: Re: Brumehilde   6/3/2015, 16:17

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Brumehilde
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Chapitre 2 fini, plus qu'un <3.


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MessageSujet: Re: Brumehilde   8/3/2015, 10:42

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MessageSujet: Re: Brumehilde   13/3/2015, 19:23

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Brumehilde
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God Damn... Avais oublié qu'il y avait une limite maximum sur la taille du post sur forumactif... Du coup tant pis pour le chapitre 4 ><. J'ai encore à faire l'état mental du coup je crée le post après ^^'.


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MessageSujet: Re: Brumehilde   13/3/2015, 19:23

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Etat Mental

Comment décrire la façon de penser d'une flamme? Car en réalité il s'agit de cela. Brume est en réalité cela, une flamme, libre, brillante, irradiant d'une aura sur ceux et celles qui l'entourent, les réchauffant ou les brulant selon sa volonté. Insaisissable et éblouissante, vous ne pouvez que la contempler, béas devant une magnificence qui vous est aussi différente que le sont les étoiles.

Tout d'abord Brume est une charmeuse, c'est indéniable, mais pas au sens où vous, vous l'entendez. Elle ne charme pas, elle séduit. Elle n'a strictement aucune démarche volontaire pour charmer son environnement, elle est, tout simplement, et ceci constitue la forme la plus brute et la plus puissante de séduction. Lorsque son regard se plonge dans le vôtre, votre âme fond, lorsque sa peau rencontre la vôtre, vous perdez toute conscience, lorsque son cœur rejoint le vôtre... Non, cela, laissons-le de côté.

De prime abord, Brume est une meneuse, elle aime à être au centre de l'attention, non pas qu'elle est mal à l'aise quand ce n'est pas le cas, se débattant pour l'être, elle l'est, de base, se contentant d'apprécier les attentions, de toutes sortes. Elle considère tout le monde, ne se focalisant pas sur une personne, elle aime à ce que personne ne soit délaissé, s'assurant que chaque personne gravitant autour d'elle soit au mieux. Elle est généreuse, n'ayant jamais manqué de rien, il lui parait naturel qu'il en soit de même pour tout un chacun.

De même, Brume est quelqu'un de passionné, qui aime à entamer toute une ribambelle de projets, qu'elle semblera aborder à la légère, en parlant de manière frivole, parfois mêmes de projets gargantuesques. Il s'avère, néanmoins, qu'elle n'exagère jamais. Ainsi, un jour elle annonce, saoule et éclatant de rires, qu'elle va partir à l'assaut d'une ville entière, et le jour d'après son bateau est absent du port, revenant trois semaines plus tard couvert de richesses.

Brume est quelqu'un de très sensible. Sous une grande couche de bonne humeur, d'enthousiasme et de charisme, elle peut être blessée, touchée, par les personnes lui étant proches. Elle peut également très facilement se prendre d'affection pour quelqu'un, s'y attachant et s'y consacrant au-delà de toute raison. Très romantique, elle est sensible aux démarches galantes, déclarations et attentions, bien que cela ne signifie pas qu'elle y succombe aisément.

Elle n'est pas cruelle, ne blessant jamais pour rien. Elle a pourtant le bras long, et lorsqu'elle est décidée à blesser quelqu'un elle ne le fait jamais à moitié.

Elle est gourmande. Oui, cela ne se voit pas un instant à son physique, mais c'est un ventre, tant d'alcool que de nourriture. Elle aime à profiter de la vie à 100% et cela passe également par les plaisirs de bouche. Oui, vous avez compris.


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MessageSujet: Re: Brumehilde   13/3/2015, 20:09

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Brumehilde
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Fiche terminée même si désolée d'avoir fini l'état mental à l'arrache pur... ca ne lui rend pas justice mais je développerais ça plus en RP, promis :).


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MessageSujet: Re: Brumehilde   24/3/2015, 00:04

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Charlie Unicorn
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Hoplà! o/ Bon, les modifications ont étés faites du coup je peux enfin valider la fiche la plus longue du forum \o/ (qsdjsifjsdgsd sérieusement, ce mental qui traîne parmi tes DPs... C'est moche xD, t'as tout cassé!) Rebienvenue et bon jeu /o/ tu connais le chemin, mais au cas où...

Félicitation, ta fiche est validée!

Hell'come, te voilà officiellement membre du forum! Désormais tu ne pourras plus partir.... MUAHAHAHA!
Maintenant que tu es ici chez toi penses à recenser ton avatar, ton pouvoir et ton personnage, si ton personnage est inspiré d'un personnage de fiction ou ayant existé. Aussi, tu pourras demander une maison, ou encore chercher des copains pour RP.
Et puis c'est tout, j'espère que tu te plairas parmi nous, n'hésites pas à voter sur les top-sites et à nous faire de la pub autour de toi!
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MessageSujet: Re: Brumehilde   



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