Une agréable matinée [Libre]




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MessageSujet: Une agréable matinée [Libre]   17/3/2015, 00:58

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Le Collectioneur des Curiosités


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Pouvoir : Grâce à ses humeurs corporelles, Lucrèce peut conserver les cadavres. Particularité : l'espace d'un baiser, Lucrèce patage ses pensées avec l'autre.
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La curiosité est un bien joli défaut
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Lucrèce
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Lucrèce prit une grande inspiration.

Le regard levé vers le plafond, il était en pleine contemplation des différentes planches, lorsqu'il songea brusquement que cela faisait un moment qu'il n'avait rien trouvé de fabuleux. Ses cheveux noirs se collaient à sa nuque et à son front, quelques mèches humides voilaient son regard marron percé de doré. La nuque contre le rebord de la baignoire, le gentilhomme se nourrissait de ses quelques moments de quiétudes. L'eau était tiède, mais cela lui allait ; il aimait tempérer les plaisirs. Elle lui arrivait au niveau des épaules, grisâtre, elle remuait contre sa peau sombre, alors qu'il faisait courir ses doigts sur les bras de la baignoire. Il avait tiré les rideaux, mais pas tous complètement ; il pouvait percevoir le temps qu'il faisait dehors, et le soleil peinant a immergé de ce ciel gris. La rue vivait devant son salon, alors que lui se décrassait de sa dernière expérience. Il remua un peu, les remous s'écrasèrent contre sa poitrine, et il songea au silence régnant sur son territoire. Un silence serein, accompagné par sa respiration profonde. Lucrèce lécha sa lèvre inférieure, et il reprit sa position initiale. Il ferma les yeux, il inspira l'air dans ses poumons, et il attendit. Au bout d'un moment, il nota la musique que faisait le vent en passant à travers les fenêtres, un son sourd qui finit par lui être désagréable. Bien des choses s'offraient à son désir, et bien d'autres le gâchaient. Le gentilhomme soupira.

Sa main droite caressa le flanc de la baignoire, et plongea alors dans l'eau grisâtre. Aussitôt, Lucrèce emmêla ses doigts à une chevelure argentée qu'il tira des profondeurs de son bain. L'eau ruisselait sur sa poitrine, les gouttes brillaient sur sa peau, telles des pierres précieuses, mais le tableau charmant que l'homme formait se brisa brusquement. Sa pupille dorée brilla d'une lueur avide, alors qu'elle caressait les contours de la tête réduite avec laquelle il partageait sa toilette. À ce petit rite, il avait ajouté de l'encens qu'il avait gardé de Béatrice, et des bougies ; cela avait des airs intimistes, comme s'il invitait une jolie personne à le rejoindre dans les entrailles de la baignoire. La jolie personne était la tête réduite, un peu de sable était tombé depuis son cou dans l'eau, et Lucrèce y accorda un regard ennuyé. Il lui arrivait d'abîmer ses trésors par pur élan de l'âme, mais... il ne pouvait pas s'en empêcher. Il l'avait retrouvé le jour même dans un piteux état, et c'était avec sa salive qu'il était parvenu à lui donner un nouvel éclat. Puis, comme toute bonne chose devait être suivie d'une autre, il avait décidé de prendre son bain avec sa nouvelle et tendre amie : la tête d'un certain Tartuffe. Son nouveau compagnon avait eu les joues pleines et roses, pouvait deviner Lucrèce en caressant avec le pouce sa mâchoire. Les yeux étaient cousus, ce qu'il déplorait, car il ne pouvait pas en admirer l'éclat. Ses cheveux bouclés avaient grisé, et s'accrochaient férocement à ses doigts. Lucrèce inséra son pouce à l'intérieur de la mâchoire, il caressa les dents, puis il rapprocha son petit Tartuffe de son visage.

Lucrèce sourit.


« Mais... vois-tu... la vertu est une chose rare de nos jours, les dévots se retrouvent déguisés et mentent. Je le sais bien, j'en suis l'expérience.
— Hihi... fit Lucrèce en se répondant à lui-même. Tu es un faux dévot ? Mais qu'est-ce un dévot ? Une dévotion ? Je me dévoue à l'exotisme et au plaisir, voici mon culte. »

Nouveau ricanement. Lucrèce modulait sa voix pour changer de personnalité ; lorsqu'il était lui-même, elle gardait sa profondeur, coupée par son éternel « hihi ». Deux syllabes, deux « i », il n'en fallait pas plus. Lorsqu'il devenait Tartuffe, il parlait plus vite, avec plus d'entrain, comme s'il tentait de se persuader lui-même de ses propres arguments. Sa voix montait, et descendait lorsque Lucrèce reprenait la parole. Une main devant la bouche, il imita une dame chassant les mauvaises paroles d'un soupirant.

« J'ai toujours trouvé les discours religieux pénibles... tu m'ennuies ! Lança Lucrèce en balançant sa tête en arrière. Ne sais-tu pas autre chose ?
— Mais j'avais le don de faire rire ! Geignit Lucrèce devenu Tartuffe en envoyant un regard froid à son locuteur — lui-même —, et il ajouta : mais qu'est un homme devant son désir ? Une créature faible, perdue, que seule une femme peut guérir.
— Ou les jolis jeunes gens. Corrigea-t-il.
— Ou les jolis jeunes gens, répéta son Tartuffe. »

Lucrèce rapprocha la tête réduite de sa bouche, il en respira le parfum de pourriture, lorsque brusquement, il entendit des voix venant de la rue. On semblait hésiter à entrer, on parlait devant son cabinet, et on se demandait s'il était bien là. Lucrèce soupira, laconique, puis il se releva en posant sur une table près de la baignoire son cher Tartuffe. Vite, le gentilhomme reprend contenance. Alors qu'il décrasse sa chair, alors qu'il frotte dessus pour effacer toutes les impuretés, il redevient le dandy étrange du Cabinet des Curiosités. L'Original, l'Amoureux de l'Étrange. Avant d'enfiler ses vêtements, Lucrèce se parfuma afin de cacher l'odeur de pourriture et de tabac humide qui le collait. Il redevient présentable, il s'habille, il met ses gants après avoir jeté un rapide regard dans un miroir. Il se sourit à lui-même, déçut de ne pas pouvoir discourir plus longtemps avec son petit trésor. Ses cheveux étaient encore mouillés sur les pointes, tant pis ! Il ne faisait pas attendre les visiteurs. Alors qu'il entend la porte d'en bas s'ouvrir, Lucrèce se précipite sur la tête réduite de Tartuffe, et il l'embrasse, passionnément, comme s'il refusait de quitter sa belle amante. Sa langue passe sur les dents de la chose, puis avec un sourire bienveillant pour elle, il s'en va en bas. Sa canne sous le bras, il s'exclame alors que ses talons tapent les marches :


« Entrez ! Entrez ! Et laissez chez moi, un peu de votre bonne humeur. Qu'est-ce que Lucrèce peut-il faire pour vous ? »


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   23/3/2015, 12:19

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Coeur gelé


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Morganna Nimue
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Un soupir, un claquement sec de bottes contre les pavés clairs et propres des ruelles, une cape blanche élimées et déchirée vers le bas… Morganna laissait ses pas la mener dans les rues de son quartier, son épée emprisonnée dans son fourreau de cuir noir attaché à sa hanche gauche, ignorant les regards qu’on posait sur elle, la vouivre albinos dont les yeux rouges couleur de sang faisaient frémir les plus veules des passants. Il n’était pas rare qu’elle se promène sans but, mais lorsqu’elle le faisait, c’était généralement à la nuit tombée, lorsqu’elle pouvait se fondre dans les ombres de la nuit pour obtenir, le temps de quelques minutes perfides, un anonymat somme toute relatif. Or, malgré le ciel chargé de nuages gris, la journée était encore loin de toucher à sa fin, et elle aurait dû être à son poste, auprès de l’Ombre… Sauf que ce maître enfermé dans un corps adolescent avait de nouveau piqué une crise, renvoyant ses gardes afin de se morfondre en paix. Cette simple pensée fit rouler les yeux rouges en signe d’exaspération. Parfois, elle regrettait tellement d’avoir donné son âme à cet enfant-roi aux caprices aussi brusques qu’énervants. Elle chassa rapidement cette idée de son esprit, haussant les épaules. Ce qui était fait était fait, il n’y avait pas moyen de revenir en arrière.

Mais dans ce cas, pourquoi diable arpentait-elle les rues alors qu’elle aurait pu rester chez elle tranquillement ? L’ennui, voilà la raison de cette marche peu commune qui faisait déambuler la jeune femme dans le quartier où elle résidait. Tous ses livres étaient restés hermétiques, ternes à ses yeux, elle n’avait aucune envie de cuisiner, n’ayant aucun nouvel ingrédient à tester, et comble de tout, elle n’avait pas sommeil.

C’est alors qu’elle s’était souvenue du cabinet de curiosité et de son excentrique gérant. Elle n’était jamais allé le voir, n’en ayant jamais éprouvé la moindre envie, restant à l’écart de tout cela, trouvant avoir assez de bizarreries dans sa vie. Elle-même était née d’un désir, de la neige et de deux rubis, alors pourquoi chercher à tout prix l’étrange, l’absurde ? Une certaine curiosité s’était alors immiscée dans sa tête, la poussant à sortir, ses pas froids, martiaux, sonnant sur les pavés en une mélopée à deux temps, stricte et sévère, le capuchon de sa cape masquant sa chevelure coupée court et ses iris sanguinolent derrière une ombre facilement dévoilable.

Finissant par arriver à destination, elle remarqua qu’elle n’était pas la seule à vouloir rencontrer Lucrèce. Deux personnes discutaient en effet sur le pas de la boutique, se demandant si le propriétaire des lieux était présent, coupés dans leurs réflexions par l’arrivée de la guerrière qu’ils regardèrent avec étonnement, faisant hausser un sourcil à l’intéressée. Quoi, c’était si bizarre que cela de la voir dans le coin ? Les deux hommes détournèrent le regard immédiatement, sauvés par l’arrivée de gentleman excentrique qui, tout sourire, se tenait au centre de sa boutique, cane à la main. Tous trois entrèrent, Morganna posant la dernière ses cuissardes sur le plancher de la boutique.

L’odeur étrange de pourriture et de fleurs fanées titilla ses narines alors que ses yeux détaillaient l’étrange spectacle qui s’offrait à elle, caressant des livres poussiéreux, des instruments absurdes et d’autres choses encore qu’elle ne cherchait pas réellement à connaître. Une enfant aurait certainement eue envie de tout farfouiller dans cette caverne malsaine d’Ali Baba. Pas elle, même si sa curiosité l’avait poussée jusqu’ici, elle n’avait aucune intention de farfouiller pendant des heures, même si cela aurait pu être amusant pour l’adolescente qu’elle avait été et qui s’amusait à voler les marchands après les avoir tués.
Ses doigts effleurèrent une couverture en cuir écornée où se détachait un titre étrange en lettres argentées, ses ongles blafards appuyant légèrement dessus, faisant naître un son quasi inaudible de papier froissé et de cuir craquant. La jeune femme ne savait pas si elle avait le droit de le prendre ou de le feuilleter, voire de le toucher, aussi ramena-t-elle sa main contre son corps fin. Si ça se trouve, cet homme avait autre chose à proposer, peut-être des épices venues d’ailleurs, d’autres livres biscornus, sans doute des bijoux… Son côté vouivre réclamait une pierre précieuse depuis bien longtemps maintenant, alors pourquoi ne pas céder pour une fois à ce côté de sa personnalité qui lui faisait chérir les trésors et les pierres rares dont on disait qu’elles avaient des vertus miraculeuses ?

Levant le regard, elle le planta dans celui, marron perclus de paillettes d’or, du maître des étrangetés du cabinet alors que les deux autres clients, après avoir trouvé ce qu’ils cherchaient, avaient payés et étaient partis.

La porte se referma derrière son dos, la laissant seule avec cet homme étrange et charmeur. Elle n’avait toujours pas retiré son capuchon blanc de neige, calme, froide, avant d’ouvrir la bouche, sa voix atone résonnant entre eux

-Bonjour… Je cherche des épices rares, quelques livres et j’aimerai savoir également si vous vendez des pierres précieuses ?

Elle restait polie, mais préférait aller directement à l’essentiel. Elle n’était pas franchement là pour partir dans un duel de rhétorique, d’autant plus qu’elle préférait largement régler ses problèmes avec la lame accrochée à son côté droit.


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   23/3/2015, 18:56

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Lucrèce
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Pas même une seconde suffit à Lucrèce pour trouver la perle rare dans le fumier. Trois clients étaient arrivés, presque en même temps, mais il braqua ses yeux sur celle qui cachait son visage d'une capuche. Ah... par-fait. Cela faisait un petit moment qu'il n'avait pas croisé une personne intéressante dans son Cabinet, si longtemps qu'il s'était obligé à en sortir dernièrement. Elle ne lui était pas inconnue, reconnut-il après l'avoir inspecté longuement. Les deux autres accaparèrent vite le gentilhomme, mais malgré tout, il parvenait à accorder un semblant d'attention à la jeune femme. Jeune fille ? Il peinait à lui donner un âge. Il savait faire plusieurs choses à la fois, observer et parler. Sa voix résonnait contre les murs du Cabinet, alors que son flot de paroles se faisait plus puissant, emportant dans un raz-de-marée ses deux interlocuteurs. Tel était Lucrèce, excentrique, mais charmant. Morbide, mais poli, alors on lui pardonnait quelques fois ses extravagances.

La canne sous son aisselle, il les invita à se rendre à l'étage, afin de voir ce qui pourrait les intéresser. Les beautés les plus éclatantes se trouvaient à l'étage, les plus communes au rez-de-chaussée, et... les plus sordides dans la cave. Son Cabinet était composé par thème ; chaque étage avait sa particularité ainsi. On lui demanda où il avait pu trouver une canne si étrange, il répondit fort sérieusement que c'était une amie à lui qui la lui avait offerte, connaissant son goût pour les originalités. Sa tendre Béatrice à son dernier souffle lui avait donné son corps, et il lui avait pris tout ce qu'il y avait d'intéressant chez elle. Il songea d'ailleurs que cela faisait un moment qu'il ne lui avait pas changé sa toilette. Il mouilla sa lèvre inférieure, puis il ouvrit la marche. Même d'en haut, on pouvait entendre sa voix, elle emplissait le salon ; c'était l'âme de cet endroit. Sans doute la chose la plus vivante d'ailleurs. On lui proposa un prix — minable — pour les merveilles qu'il possédait, Lucrèce débattit longuement avec les deux clients, avant de les faire redescendre. L'argent ne l'intéressait pas ! Si on désirait arracher ses précieux trésors de sa caverne, il fallait donner une chose d'une valeur égale ou supérieure. Les gens étaient si stupides ! Ils ne pouvaient pas imaginer le temps que tout cela lui avait pris ! Des années.


« En vous souhaitant de revenir vite chez moi, fit-il. »

Lucrèce leur ouvrit la porte dans un sourire, et un geste courtois. On le salua d'un signe de la tête, on lui souhaita une excellente journée, puis on s'en alla. Lucrèce retint un soupir ; il n'était pas seul, il devait se contenir. Les deux langages lui faisaient perdre la tête, sa langue de chien se mélangeait à celle du renard, si bien que lorsque la jeune femme vint s'adresser à lui, il peina à se retrouver. Il était penché légèrement vers elle, figé dans son sourire affable. Puis, il se redressa, une main derrière le dos et tenant la canne, tandis que l'autre était fermée en un poing sur la bouche. À nouveau, il mouilla ses lèvres, puis sans se défaire de son sourire, le gentilhomme expliqua à la demoiselle sur un ton presque tendre :

« Oh... je ne vend rien, je troque. Si quelque chose dans mon Cabinet est digne de vous plaire, il me faudra une chose d'une valeur égale, ou supérieure. Mais... je pense avoir ce que vous cherchez. »

Des pierres précieuses ? Tout dépend de ce qu'elle voulait. Lucrèce pensait à la paire d’yeux couleur améthyste qu'il avait transformée en boucles d'oreille, mais il refusait de s'en séparer ; c'était le cadeau qu'il s'était fait, comme la canne de Béatrice.

« Je ne pense pas posséder des épices, avoua-t-il après un moment de réflexion. »

En réalité si... mais Lucrèce ne pensait pas que c'était le genre d'épices qui lui plairaient : sa sueur, sa salive, tout ce dont il se servait pour conserver les cadavres. Pour lui, c'était des épices, en quelque sorte ; si la Vouivre en avait besoin pour cuisiner et donner du goût à sa nourriture, lui c'était pour conserver ces aliments dans les meilleures conditions possibles. Son sourire ne semblait pas pouvoir se détacher de sa figure ; il paraissait d'excellente humeur. Lucrèce se permit de poser la main sur l'épaule de la jeune femme, et l'invita à monter.

« Pour le reste... venez. Je possède bien des jolies choses. Une émeraude entre autres, et pour les livres... que recherchez-vous ? »

L'émeraude en question était enfoncée dans un front, un joli visage blanc, mais si désespéré ! Qu'il avait entreposé en haut, parce qu'il n'avait pas lui-même tué la chose. De plus, il avait longtemps pensé que ce n'était qu'une tête à coiffer pour les enfants, il ne s'était pas douté en l'achetant qu'il s'agissait de la tête d'un ange déchu. D'ailleurs près de celui-ci se trouvait un tableau d'un fort beau jeune homme blond, un certain Dorian... si sa mémoire ne lui jouait pas des tours.


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   28/3/2015, 11:46

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Morganna Nimue
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Le gérant de l'endroit s'était approché d'elle, se penchant légèrement sans quitter son regard, comme s'il souhaitait la voir de plus près. Morganna ne comptait toujours pas faire tomber la capuche, n'en éprouvant ni le besoin ni l'envie, et ce n'était pas comme si elle avait envie de se plier à une quelconque marque de politesse. Sa cicatrice à la pommette droite tranchait comme de coutume avec sa peau blafarde, signe distinctif qu'elle ne pouvait effacer, de même que celle qui lui barrait le côté droit.

Le regard de l'homme face à elle lui semblait avide, presque dément, et l'odeur de tabac froid et de pourriture, qu'il semblait trimbaler partout avec lui comme elle et son odeur indélébile de sang, n'était fait pour la mettre à l'aise bien que la vouivre n'en montrait rien, blasée au possible, ses yeux rouges toujours plantés dans ceux de Lucrèce qui s'était relevé, poing devant la bouche, avant de lui répondre qu'il ne faisait que du troc. La jeune femme hocha la tête. Si troc il voulait, troc il y aura, bien qu'elle ne sache pas trop quoi lui donner en échange de ce qu'il pourrait lui proposer. Quelque chose lui soufflait qu'elle allait devoir donner de sa personne, ce qu'elle pouvait faire à condition qu'il ne lui demande pas ses yeux ou une partie entière de son corps. Il ne fallait tout de même pas abuser, elle en avait besoin pour son travail.

Sourire aux lèvres, le gérant posa une main sur son épaule et l'invita à monter à l'étage après avoir laissé entendre qu'il ne possédait pas d'épices. Bon, soit, elle trouverait un jour le moyen de sortir quelques temps hors du royaume qui était désormais le sien afin de fouiner la bonne affaire au niveau culinaire. Mais plus tard, là, c'était les pierres et les livres qui l'intéressaient.

Ses pas claquèrent sèchement sur les marches de l'escalier alors qu'elle répondait à Lucrèce, la voix neutre, presque éteinte d'ennui.

- Des livres de fiction plutôt... Les livres théoriques ne m'intéressent guère...

Peut lui importait qu'on lui donne des livres de poésie, des romans ou des nouvelles, tout était bon à prendre du moment qu'elle ne connaissait pas l'oeuvre et qu'elle avait de quoi se distraire, ne serait-ce que pour quelques minutes ou quelques heures dans le plus heureux des cas. Ses goûts en littérature étaient très éclectiques et chaque livre qu'elle possédait pouvait correspondre à un état d'esprit ou une humeur particulière, livres qu'elle ressortait quand elle en éprouvait le besoin, l'envie viscérale.

Ses pas finirent cependant par atteindre le plancher du deuxième étage, laissant voir aux yeux de la vouivre blanche de magnifiques choses qui réussirent à allumer une flamme plus vive dans les rubis sanglants de ses iris à la pupille fendue. Un mince sourire vint étirer ses lèvres pâles alors qu'elle s'avança d'un pas, laissant son regard dériver sur toutes les couleurs chatoyantes qui se présentaient à ses yeux. Deux choses en particulier attirèrent son attention, mais pas pour les même raisons.

La première était un tableau assez grand, peint de toute évidence par un portraitiste fort doué, représentant un homme en costume, jeune, assez beau. Morganna n'était pas franchement intéressée par l'art de la peinture, mais même pour elle, ce tableau avait quelque chose qui confinait au sublime, à l'absurde également. Son instinct lui soufflait que ce tableau avait une histoire aussi étrange et sordide que ce que l'on pouvait entendre sur ces terres rongées par la folie des êtres les peuplant, et derrière le sourire à jamais figé du jeune homme, elle sentait comme le ricanement d'un être dont elle pouvait être une lointaine nièce. Sa nature serpentine s'amusait à la vue de ce tableau, comme si elle se moquait de l'homme blond prit dans les fers de son destin. Quoi qu'il lui soit arrivé, cela s'était mal terminé.

La deuxième curiosité qui attira ses yeux était la magnifique émeraude dont le gérant lui avait parlé. La pierre était incrustée dans le front d'une tête dont les traits désespérés exprimaient une souffrance sans nom, comme une chute infernale qui s'était finie par la mort et le démembrement du corps dans un craquement sinistre lorsque ses os avaient touchés le sol. L'avidité de la vouivre se mit à se distiller dans ses veines alors qu'elle fit un nouveau pas, se rapprochant de cette tête qu'elle caressa du bout des doigts, ses iris détaillant la beauté autrefois céleste de la tête exposée à sa vue. Sa peau frôla la pierre enchâssée dans le front pâle, caressant doucement les arrêtes glacées. Le vert n'était pas sa couleur, mais cette émeraude, qu'elle sentait comme étant d'une très grande pureté, avait un attrait quasi hypnotique sur elle. Un sourire un peu plus franc, presque tendre, vint éclairer les traits de la guerrière dont les quelques écailles encore visibles frissonnèrent d'impatience. Son choix était fait.

Se tournant vers Lucrèce en coupant à regret le contact visuel avec la pierre, elle planta ses yeux dans les siens, sûre d'elle.

-Votre émeraude est effectivement magnifique... Que devrais-je vous donner en échange pour l'avoir ?


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   28/3/2015, 17:45

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Lucrèce
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Des livres de fiction ? Comme la Bible par exemple ? Songea Lucrèce sans le demander à la jeune femme. Les mains derrière le dos, il l'observa d'ailleurs, alors qu'elle contemplait ses petites merveilles. Il ne disait rien, il se contentait de la surveiller ; quelque chose chez elle le rendait méfiant. Peut-être parce qu'elle avait pénétré dans son antre encapuchonné ? Et qu'elle sentait le sang ? Autant que lui puait le cadavre et le tabac. Même si cela faisait un moment qu'il n'avait pas tué. La faute à l'ennui ; il n'avait pas croisé de créature assez grotesque pour réveiller ses instincts, ou de jolies personnes pour lui donner envie de les contempler dans leur sommeil éternel. Il commença à chercher ce qu'il pouvait lui proposer comme ouvrages. Il fronça les sourcils. Il prit une grande inspiration.

Lucrèce connaissait tout ce qu'il possédait, tout y était à sa place. Si on lui prenait quelque chose sans l'avertir, il le remarquait. Il le sentirait même ; c'était comme si un fragment de lui allait se retirer de son être. Il était cet endroit. Il était sa propre pièce de ce petit musée sordide dont il prenait grand soin. La jeune femme tachait le paysage de sa capuche. L'avidité ? Sans doute ça... qui le poussait à la méfiance. Et puis honnêtement, même s'il était à Wonderland, qui ne se serait pas méfié d'une telle personne qui rentrait chez lui habiller de la sorte ?

Lucrèce posa alors son oeil sur le portrait du jeune homme, il semblait ensorceler la fille. Oui... c'était une bien jolie chose, enfermée dans l'oisiveté, sans pouvoir se défaire de sa malédiction. Lucrèce eut un sourire pensif ; il était un peintre, en quelque sorte. De la même manière que celui qui avait immortalisé ce portrait, il capturait l'essence d'autrui. Il les figeait dans leurs instants les plus beaux, là où la mort arrivait pour les embrasser. Sa collection était composée principalement d'elle, la mort lui offrait ce qui était à son goût, et avec son pouvoir, Lucrèce les enfermait. Ses chères poupées... de chair et de sang... des os qu'il caressait toujours avec un air amoureux... ses petites merveilles. Il communiquait avec elle, il en était persuadé. L'enfant roux enfermé dans la cave, il avait déjà tenu des conversations avec ! Seule Béatrice se faisait silencieuse. Elle lui en voulait certainement de l'avoir tué aussi brutalement. Il fumait sa pipe, lorsque la jeune femme se retourna vers lui. Elle mentionna l'émeraude enfoncée dans ce joli crâne. Lucrèce lui jeta un coup d'oeil. Ce n'était pas l'émeraude de n'importe qui.


« Que pourriez-vous m'offrir, ma jeune amie ? Cette émeraude est de très grande valeur. Il me faut quelque chose coûtant son prix, voire plus... ainsi que le visage qui l'accompagne. Celui qui me l'a remis à essayer de l'enlever, en vain. »

Un peu comme l'épée plus loin, plantée dans la pierre. Lucrèce avait trouvé un certain nombre d'objets magiques. L'étage se consacrait à eux, parce qu'il ne dormait pas loin. On avait déjà essayé de le voler, et ça s'était mal passé pour le vilain. L'épée renfermée dans le rocher était une jolie chose, tout aussi superbe que l'émeraude de Lucifer. Elle était incrustée de diverses pierres, et surtout, elle semblait respirer, se nourrissant de l'énergie courant dans les veines de la pierre. De temps en temps, il proposait aux gens de leur offrir, s'ils parvenaient à la retirer. Chose qui n'était jamais arrivée. Évidemment, il ne proposait pas une telle chose aux personnes susceptibles de réellement arriver à l'extraire de la roche ; Lucrèce n'était pas con.

« Qu'avez-vous d'exceptionnel à me donner ? Votre regard de sang ? Demanda-t-il sur le ton de la plaisanterie. »

Parce que le gentilhomme avait trouvé son regard, caché dans l'ombre de sa capuche. Un regard rouge comme le rubis, profond comme le sang. Il n'avait pas croisé une telle personne jusqu'ici, il se demandait d'ailleurs si l'odeur de la jeune femme ne venait pas de ses yeux. Toutefois, son intuition lui murmurait qu'il lui était préférable de ne pas trop l'énerver. Il perdrait face à elle. Lucrèce ne se battait jamais, les mots étaient son épée, sa salive son fer.

« Vous comprendrez ma douce que mon musée ne peut se détacher de ce petit trésor, pas aussi facilement. Toutefois, nous pouvons toujours trouver un arrangement. »

Lucrèce avala une bouffée de tabac, sa bouche se collait à sa pipe. Pour lui, il n'y avait pas mieux comme plaisir que celui-ci ; fumer en contemplant ses oeuvres. Il se rapprocha de Morganna, il planta son regard de serpent dans celui de la vouivre. Il souriait de ce sourire affable, l'invitant à se perdre dans sa terre pourrie.


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   2/4/2015, 16:01

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Morganna Nimue
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L'homme étrange en face d'elle l'observait sans faiblir, gardien des trésors chatoyants qui s'étalaient en ce moment même sous leurs yeux, disséquant le moindre de ses mouvements en partie cachés par l'ample cape blanche aux bouts élimés accrochée à son cou. Morganna n'y prit pas garde, de toute manière, que pouvait-il lui faire ? Il y avait quelque chose de malsain en lui, d'étrange, de dangereux, mais elle avait l'avantage de l'expérience glanée sur les champs de batailles, avantage non négligeable face à un homme qui semblait être plus mondain que combattant.

L'émeraude occulta rapidement toutes les pensées de la jeune femme, résonnant en elle d'un écho à la fois familier et lointain, comme si elle avait appartenue à un être qui lui était proche. Le visage de l'ange déchu lui était doux, tendre. Pour un peu elle aurait eue quelques regrets au moment où elle se décida d'enlever la pierre de son front une fois qu'elle l'aurait entre les mains. Mais cette gemme l'appelait bien trop fort pour laisser le temps aux doutes de s'installer. L'albinos se redressa, caressant une dernière fois ce vert profond du bout des doigts avant de se tourner vers Lucrèce. Sa décision était arrêtée et définitive.

Elle hocha la tête lorsque l'homme devant elle exprima le fait qu'il ne pouvait pas la céder à n'importe quel prix. Cela était logique, le contraire l'aurait d'ailleurs mis sur ses gardes. On ne pouvait vendre un tel objet à un prix dérisoire.

La suite lui fit cependant froncer les sourcils derrière sa capuche. Même pour cette émeraude, il était hors de question qu'on lui enlève son regard. Si elle devait perdre un œil, se serait dans un combat sans pitié, pas dans un marchandage qu'elle pouvait fort bien régler à sa manière. D'ailleurs, cela la démangeait de plus en plus.

D'un geste vif et rapide, elle s'écarta de lui et sortit sa lame, la faisant faiblement tinter avant de trancher l'air entre elle et l'étrange gentleman, la pointe de l'arme à quelques centimètres de la gorge de l'Alice, glaciale. Dans son mouvement, elle avait fait tomber sa capuche, dévoilant enfin son visage pâle dont la douceur apparente était tranchée net par la cicatrice à sa pommette droite et ses yeux de rubis fendus d'un mince trait noir, leur flamme rehaussée par la lumière qui éclairait les traits de la vouivre. Ses cheveux de neige coupés courts voltigèrent un court instant autours d'elle, rendant hommage à ses origines de glace. L'acier de son épée, où couraient quelques symboles étranges, sentait tout autant le sang qu'elle, duo empoisonné, mortel, qu'il ne fallait pas chercher.
Faire couler le sang d'une personne de plus ne gênait pas la vouivre outre mesure, et ce n'était pas son instinct qui allait se soucier des conséquences d'un tel geste. Elle entrouvrit ses lèvres, découvrant ses canines affûtées avant de parler.

-N'essayez même pas... Ou votre vie sera le tribu reversé à l'achat.

Elle n'était pas si sérieuse que cela lorsqu'elle prononça ces paroles, mais rien ne le laissait croire, que ce soit son calme ou sa voix étrangement distante. Elle resta ainsi quelques secondes, semblant prête à fondre sur lui, avant d'abaisser légèrement son arme, ses étranges yeux disséquant toujours l'homme qui fumait devant elle, emplissant la boutique d'une odeur qu'elle n'aimait pas franchement.

-Mais je ne suis pas là pour plaisanter... Je suis prête à vous donner un peu de moi pour cette émeraude, à condition que cela n'entrave pas mon travail... Donc, vous oubliez mes yeux ou mes membres.

Son ton tranchant n'admettait aucune contradiction sur ce dernier point alors qu'elle rengainait tranquillement son épée. Du coin de l’œil, il lui semblait avoir vu la pierre au centre de ses préoccupations vibrer quelques maigres instants, comme si une présence était encore en elle et appréciait le spectacle qui se déroulait devant elle. Bien sûr, cela pouvait tout aussi bien être son imagination, mais au vu des choses étranges qui se passaient sur ces terres, cela n'aurait rien eu de si étonnant...


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   2/4/2015, 19:01

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Elle le menace. Lucrèce ferme les yeux, son sourire disparait. S'il a bien une chose qui le désespère à Nain-Vert-Land, et dans Wonderland en général, c'est lorsqu'on se montre impoli. Et qu'est-ce qu'il y a de plus impoli ? Pointer une arme en sa direction dans SON cabinet. Le gentilhomme haussa les sourcils en réaction, plus aucune trace de son sourire sur sa figure hâlée. Mais pour qui se prenait-elle ? Depuis quand s'autorisait-on ce genre de comportement ? Les Barabares le faisaient entre eux, à Crimson Spook... mais pas chez lui. Dès qu'on entrait dans son Cabinet, Lucrèce s'attendait à voir différentes règles soient suivies. Sortir une dague et la faire pointer sur lui n'en faisait pas partie. Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait, mais à chaque fois... ça mettait le dandy en colère. Et Lucrèce en colère n'était pas une chose qu'on souhaitait voir. Certes... en combat singulier, il ne pourrait pas rivaliser avec elle ; il n'était pas stupide. Un prédateur n'en attaquait jamais un autre plus fort que lui, mais ça pouvait coûter très cher à la jeune femme. Il s'écarta de lui-même, le pas raide, et le visage fermé. Sourcils froncés, il estimait qu'il ne pourrait pas remettre sa précieuse émeraude à une âme aussi vulgaire et violente ! Ce n'était pas de sa faute si elle n'avait pas le moindre humour, et si elle avait l'esprit trop fade pour comprendre l'esthète qu'il était. Il éteignit sa pipe, en colère, mais il ne montrait rien. S'il étouffait le tabac, s'il mettait fin au plaisir, c'était parce qu'il avait une chose importante à régler.

« Je plaisantais, fit-il sur un ton sec, et il plissa les yeux. Vos yeux étaient la seule chose intéressante que j'avais vue. »

Pourtant... Lucrèce devait-il lui refuser ce qu'elle cherchait ? Il haussa les épaules, il regarda ensuite l'émeraude. Elle l'avait touché du bout des doigts, elle avait osé ! Elle l'avait salie. Il chercha un chiffon dans sa poche, et il commença à la frotter jusqu'à ce qu'aucune trace de la jeune femme n'y soit présente. Il mouilla ses lèvres, il se retourna ensuite chez elle, et il fixa ce qu'elle pouvait bien posséder. Il plissa les yeux, pff... il aurait dû s'y attendre. Il relia ses doigts entre eux, il tapota ses pouces les uns contre les autres, après avoir rangé sa pipe dans ses vêtements. Lucrèce empestait encore le tabac, ce qui couvrait à peine l'odeur de pourriture qu'il avait tenté d'enlever un peu plus tôt. Il se baissa vers la jeune femme pour se redresser presque aussitôt. Puis, il massa ses tempes. Ls mains toujours gantées, il faisait attention à ce qu'il touchait, et à ses affaires. Il était sans doute ce qui était le plus opposé à la jeune femme.


« Ne vous avisez plus de me menacer à l'avenir. Je devrais même vous renvoyer dehors pour une telle attitude, demoiselle. Ici, nous ne sommes pas chez les barbares. Je suis un être civilisé, je n’en attends pas moins de mes visiteurs. »

Les autres avaient été fortement ennuyeux, mais ils ne l'avaient pas menacé auparavant. Lucrèce rangea une mèche de ses cheveux noirs derrière son oreille, son regard noir et doré se posa sur elle. Qu'avait-elle d'intéressant ? Hormis ses yeux de sang ? Il ne pouvait pas le deviner, puisqu'elle cachait tout derrière une cape et des bottes. Aucune féminité ne se dégageait d'elle, chose à laquelle il n'était pas habitué. Et quel était son travail ? Lucrèce peinait à le cerner. Sûrement un truc où on lui demandait de tuer couramment des gens. Il haussa les sourcils, décidément ! L'Ombre élevait mal ses sujets ! Rien d'étonnant, lorsqu'on savait que c'était un môme haut comme trois pommes qui dirigeait le royaume. Moins affable, moins gentil, et plus méprisant dans ses gestes, il lança :

« Je ne vais pas vous demander de vous déshabiller, et voir sur votre peau si une chose peut suffire pour l'émeraude. »

Et les armes ? Il ne ressentait aucune énergie particulière, c'étaient des armes... comme on en voyait partout. Ce n'était pas la belle Excalibur enfermée dans son rocher. Il tira une chaise se trouvant non loin de lui, et il s'assit en croisant les jambes. Le coude posé sur le bras du fauteuil, il soutint sa tête qu'il pencha sur le côté en observant la jeune femme. Quelles choses pourrait-elle lui donner ? Il haussa les épaules, incertain. Il mouilla ses lèvres. Même s'il avait arrêté de fumer quelques minutes auparavant, il en avait encore envie présentement. Ça lui brûlait la gorge.


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   3/4/2015, 01:58

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Morganna Nimue
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L'air était devenu aussi lourd que sous un ciel avant une violente pluie d'orage dans la boutique des curiosités. Cela n'atteignit pas Morganna qui rangeait tranquillement son arme, se sentant plus sereine dans une telle ambiance, s'amusant intérieurement de la maniaquerie de l'homme face à elle qui était en train d'astiquer vigoureusement l'émeraude comme s'il craignait qu'elle ne puisse la détruire en y laissant un peu de ses empreintes et de sa peau. Au moins, il avait cessé de fumer, ce qui était toujours une bonne chose à prendre pour ses narines et sa langue.

La jeune femme se retint cependant de faire de nouvelles remarques au maître des lieux, notamment sur le fait que s'il souhaitait rencontrer des clients un peu plus au fait des règles de courtoisie mondaine, il avait très mal choisi l'endroit où s'installer. La plupart des personnes qui habitaient dans ces quartiers étaient des combattants arrivés ici par leurs techniques de combat et non grâce à leur sens du raffinement ou à leur goût pour la rhétorique.

Une fois son nettoyage fini, il se tourna de nouveau vers elle, la fixant avant de se pencher et de se redresser tout aussi rapidement, semblant assez indécis sur la suite à donner aux événements.

Il faut dire qu'elle ne devait guère l'aider, habillée comme elle l'était, sa cape empêchant de voir son corps fin. Elle ne portait pas d'armure, mais son habillement se chargeait efficacement de cette tâche de protection, lui permettant de rester légère et donc insaisissable sous sa forme humaine.

L'odeur de pourriture eut le mérite de l'empêcher de partir trop loin dans ses divagations. Elle garda son air neutre alors que le gérant la vilipendait pour son action de tantôt. Cela lui passait complètement au dessus de la tête, elle qui avait vécu la majorité de sa vie sur les routes, à combattre et à voler afin de survivre, mais aussi de s'amuser, n'arrêtant sa vie d'errance sanglante que lorsqu'il était trop tard pour qu'elle apprenne à se soucier réellement des apparences et d'un quelconque protocole. À quoi cela pouvait bien servir de s'encombrer de tout ceci ? Si Lucrèce était comparé à elle, nul doute qu'on les aurait mis à l'opposé l'un de l'autre, lui l'esthète maniaque et elle la guerrière bordélique sur les bords.

Qui sait, peut être même qu'ils n'auraient jamais du se rencontrer, prendre connaissance de leur existence respective, comme l'huile et l'eau étaient destinées à ne jamais se mélanger.

Le vernis doré du gentleman semblait d'ailleurs s'effriter, perdre de son éclat à son contact et face à son comportement pour le moins antithétique du comportement courtois. Cela convenait parfaitement à Morganna, qui se fichait du mépris des gestes de cet homme alors qu'elle défaisait la broche en argent qui maintenait la cape au niveau de son cou, l'enlevant d'un geste sec, laissant voir sa chemise blanche et son pantalon noir de bonne facture, ainsi que ses courbes féminines dont elle n'avait que faire. Ses cheveux blancs caressaient son visage pâle, une mèche venant frôler sa cicatrice avant d'être remise derrière l'oreille droite par une main désabusée où se baladaient de fines cicatrices.

Elle ouvrit la chemise de tissus fin, laissant apparaître sa poitrine enserrée dans des bandes blanches, ses muscles forgés par des années d'entraînement et la cicatrice en forme de croix au niveau du flanc droit et dont la pointe disparaissait sous la limite imposée par la ceinture. D'autres, plus fines, zébraient ses bras, ses épaules et son dos, qu'elle tourna pour poser sa chemise, pas plus gênée que ça d'être dévisagée ainsi.

Dans le mouvement, ses cheveux glissèrent sur sa nuque, laissant voir trois écailles à la base de son cou, écailles qui se mirent à briller sous la lumière grise du jour comme le feraient des diamants d'une extrême pureté. La jeune femme savait qu'elle était la seule vouivre albinos de ces terres, elle le sentait au plus profond d'elle-même, mais jamais elle n'aurait pensé à utiliser ses écailles pour faire du tric, oubliant même que certaines d'entre elles restaient visibles même sous sa forme humaine. Elle se tourna vers Lucrèce, calme, croyant avoir senti un regard plus insistant...


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   8/4/2015, 19:13

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Lucrèce
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Certes... Lucrèce devait être « habitué » à ce comportement, vivant dans les entrailles de Nain-Vert-Land. Mais il « devait » être habitué ; cela ne signifiait pas qu'il l'était pour autant. Ici, le gentilhomme vivait dans son monde, coupé de la barbarie et de la vulgarité de ses congénères. Le Cabinet des Curiosités n'était pas un lieu « comme les autres » ici. C'était son territoire, son antre, son salon ; tout ce qui était interdit par l'Ombre pouvait se retrouver dans sa cave. Tout ce que Wonderland avait de plus étrange ou grotesque, il s'en était emparé, et il l'avait rangé sur l'une de ses nombreuses étagères. Alors sa demeure poussiéreuse et moisie ne ressemblait pas à ce qu'on trouvait dans cette ville.

Lucrèce n'avait pas sa place parmi les guerriers, jamais il n'avait levé une arme sur qui que ce soit. Ceux qu'il avait tués, il l'avait fait avec ses douces mains hâlées. Les armes... c'était tellement vulgaire ! Rien ne valait le contact chaud de sa peau contre celle d'un autre... Lucrèce fronça les sourcils. Blasé, il ne portait plus son masque poli. À quoi bon ? Morganna ne paraissait pas s'en offusquer. Lorsqu'on pénétrait dans son Cabinet, on brisait l'harmonie de son monde. On fragmentait son univers, et on passait par une brèche pour l'en extirper. Éloigné alors de ses pensées macabres, de ses conversations morbides et de ses caresses sordides, il se retrouvait face à la réalité.

Ses ongles grattaient le bois de la chaise, à travers ses gants. Sa bouche caressait la tige de la pipe, alors que songeur, Lucrèce observait la jeune femme se dévêtir devant lui. Les jambes croisées, on aurait dit qu'il était sur le point de la juger. Lucrèce jugeait tout le temps, son regard noir percé d'or se rétrécissait ; sa pupille suivait les mouvements de Morganna. Le tissu glissa sur ses épaules, ses cheveux léchèrent sa nuque et sa poitrine, alors que délicatement, ses seins pointaient derrière le bandage les cachait. Le gentilhomme haussa un sourcil, il n'était pas déçu, de même qu'il n'était pas étonné de la voir comprimer autant sa poitrine ; il trouvait cela dommage. Le corps humain était tellement plus beau lorsqu'il pouvait déployer toute sa splendeur ! Sans attache, sans limites ! La mort offrait alors un nouveau voile, épousant parfaitement les formes. Lucrèce se demanda soudain à quoi elle aurait pu ressembler, morte. Quel exotisme son amante favorite aurait-elle pu lui donner. Les cicatrices zébraient son corps, même elles... Lucrèce n'aurait pas pu les effacer. Elles étaient soigneusement enfoncées dans sa chair, et l'une d'entre elles attira son attention. Une croix sur le flanc, dont la branche se faisait avaler par la ceinture. Un autre haussement de sourcil, il caressa sa bouche avec l'index, avant de reprendre son baiser avec sa pipe.

Sa nuque brilla. Lucrèce se plongea dans une plus profonde étude de la moitié de corps offerte à sa vue. Des pierres précieuses ? Avait-il rêvé ? Il n'avait pas ajouté de la drogue à son tabac... quand bien même celui-ci en était. Il remua les épaules, il se redressa sur la chaise, et il avala les dernières fumées de sa pipe. Des écailles creusées dans la chair de l'albinos ? Intéressant. Ce n'était pas une « banale jeune femme » qu'il avait devant lui, mais une créature à l'humanité discutable. Des monstres, Lucrèce en avait croisé ; ils grouillaient à Wonderland. Mais des monstres avec des pierres précieuses incrustées dans la peau... il ne pensait pas. Valaient-elles le quart de l'émeraude ? Il ne savait pas. Le dandy déplia ses longues jambes, il se releva. Méritait-elle son pardon ? Lucrèce hésitait.

Les mains derrière le dos, le Collectionneur tourna autour de la jeune femme. Les yeux plissés, il observait le moindre détail de son anatomie, ses cicatrices, la forme de son regard ou de ses lèvres, mais à chaque fois... il revenait vers les trois écailles sortant depuis sa chair. Il ne la touchait pas, malgré l'envie, parce que ce n'était pas « poli ». Et puis, elle risquait de pointer son arme en sa direction sans attendre.


« C'est une habitude chez vous de vous dénuder devant un parfait inconnu ? Lança-t-il. Humour. Il soupira, puis il ajouta : je ne sais pas si les trois écailles que je vois là suffiront pour cette émeraude. Comment sont-elles arrivées-là, elles sont dans votre nature ? »

Il n'y avait rien d'insultant dans ses propos. Lucrèce ne faisait qu'énoncer une vérité. La jeune femme n'avait pas la moindre pudeur pour se dévoiler de la sorte devant lui, et l'émeraude qu'il avait trouvée... Lucrèce peinait à accepter de s'en débarrasser. C'était une petite partie de lui-même qu'il verrait arrachée de son étreinte, de la même manière que les écailles de la vouivre constituaient son être.


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   8/4/2015, 23:06

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La garde, dont les cheveux coupés courts frôlaient ses tempes, sentait le regard du gérant du cabinet de curiosité parcourir la moindre parcelle dénudée de son corps, s’attardant sur chaque centimètre de peau, chaque parcelle des cicatrices ancrées dans sa chair qui ressortait au creux de son épiderme blafard. La jeune femme ne s’en offusqua pas. Elle fit glisser sa chemise le long de ses bras rompus au maniement de l’épée et de la dague, sa première arme étant un petit poignard qu’elle conservait toujours chez elle, à l’abri des regards indiscrets, dernier vestige qui lui restait de ce créateur dont elle ne savait rien si ce n’est son apparence physique et le goût de ses chairs et de son sang sur son palais. Il avait été son premier repas, lui permettant de sortir des terres enneigées qui lui avait donné naissance, et la dague lui avait permis de survivre au sein des chemins hallucinés de Wonderland. Quelque part, c’était comme si son créateur, par le biais de cet objet, avait toujours veillé sur elle, prenant garde à ce que sa créature ne soit pas importunée et puisse survivre jusqu’à ce qu’elle puisse se débrouiller elle-même. Cela pouvait paraître stupide, mais fond, est-ce que cela l’était vraiment ? Rien n’en était moins sûr au vu de l’univers fou dans lequel ils vivaient…

Relevant la tête, Morganna planta ses yeux de sang dans les iris noirs piquetés d’or de l’homme face à elle, installé sur son siège. Elle avait l’habitude d’être dévisagée, du fait de ses yeux, de sa peau et des cicatrices qui parsemaient son corps, mais surtout, du fait des courbes féminines qu’elle arborait naturellement, malgré les bandages compressant sa poitrine en vue de rester efficace sur un champ de bataille. C’était également la raison pour laquelle elle gardait ses cheveux courts, du moins la principale, la deuxième étant qu’elle ne supportait pas de devoir s’en occuper, préférant les laisser faire ce qu’ils voulaient, ce qui la conduisait invariablement à les couper afin d’avoir la paix.

Le grattement des ongles de Lucrèce sur le bois de son fauteuil, en cessant, la ramenèrent à la réalité du moment. Droite et blasée, elle laissa le gentleman s’approcher d’elle et lui tourner autours, quand bien même elle n’appréciait pas foncièrement être dévisagée, se contentant d’hausser les épaules à sa premières remarque, ne se séparant pas de la lame enfermée dans le fourreau noir accroché à sa ceinture.

Ce fut peut-être elle qui le dissuada de la toucher sans la prévenir, ou juste son premier avertissement. C’était heureux, car la garde n’aimait guère qu’on la touche sans sa permission. Beaucoup s’en était d’ailleurs mordu les doigts, se retrouvant au mieux avec un bout de membre au moins, au pire six pieds sous terre à manger les pissenlits par la racine après avoir subi son courroux. Se mettre une vouivre, fut-elle albinos, à dos n’était jamais, au grand jamais une bonne idée.

La question de Lucrèce arriva alors, sans médisance, juste une constatation demandant une confirmation. La jeune femme hocha la tête tranquillement, bougeant ses lèvres légèrement abîmées afin d’en faire sortir sa voix, atone, et de la faire résonner dans l’air qui les entourait

- Ce sont mes écailles. J’ai une forme humaine mais je suis une vouivre. Une vouivre blanche. D’où mon côté albinos je suppose…

Simple, clair, net et efficace. Tout le côté martial de la demoiselle ressortait dans ses paroles concises allant droit au but. Elle n’aimait pas tourner autour du pot, loin de là, préférant laisser cela à des personnes plus au fait de la rhétorique qu’elle. De toute manière, ce n’était pas du tout son boulot, elle, elle se « contentait » de veiller à ce que rien n’arrive à leur seigneur, l’Ombre. Et elle en avait d’ailleurs oublié de compter le nombre de fois où son épée s’était retrouvée dans le torse d’un assassin qui s’était cru plus malin que les autres. Il était impossible, ou presque, de la duper, son côté serpentaire ressentant les choses plus que ne le pouvait faire un humain ordinaire.

Elle fixa Lucrèce, disséquant sa réaction. Agilement, elle attrapa sa chevelure blanche, l’écartant légèrement pour laisser voir ses écailles qui brillaient toujours et dont les côtés semblaient aussi tranchant que des rasoirs. Restait à savoir ce qu’allait faire l’étrange collectionneur maintenant…


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   9/4/2015, 00:07

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Une vouivre blanche ? Lucrèce fronça les sourcils, il reprit place sur sa chaise. Une vouivre blanche ? Il avait sans doute entendu parler de cela... quelque part dans son cerveau, il croyait s'en souvenir. Il possédait des restes de serpents dans sa cave, mais il n'avait jamais pu mettre la main sur une telle chose ; son cabinet n'était pas assez grand. Une fois rois, il aurait tout le loisir d'en collectionner. Parce qu'il était persuadé de le devenir un jour ou l'autre, il avait toute sa vie pour ça ; son âme ayant été vendue pour une main chaleureuse et rêche. Cette même main était liée à la sienne présentement, tandis que ses yeux continuaient de suivre les mouvements de la jeune femme. Elle n'était donc pas humaine ; il comprenait mieux ses attitudes vulgaires. Un humain aurait eu une idée de l'hospitalité. Il mouilla ses lèvres, il posa sa pipe sur une table ronde à côté de lui. Comment procéder ? Évidemment qu'il avait envie de voir la vouivre blanche ! Sa curiosité était telle que l'étrange et le grotesque ne pouvaient pas s'en dérober. C'était dans sa nature, son amour pour le bizarre le poussait à quelques folies. Le meurtre, embrasser la mort, entre autres, et aussi à braver Crimson Spook pour cueillir aux lèvres la fleur d'un tendre enfant. Il croisa les bras, une main sous son menton, l'autre soutenant sa tête ; son index caressait sa lèvre inférieure. Plus de comportement méprisant ou manière, Lucrèce révélait sa véritable nature. Celui d'un esthète, celui d'un connaisseur, et il cherchait un moyen de convaincre la jeune femme de lui montrer. Le souci... c'était qu'il tenait à son cabinet.

« Hum... »

Le gentilhomme fronça les sourcils, il continuait de l'examiner, comme s'il avait entre l'index et le pouce une turquoise dont il admirait la couleur. Son oeil glissa sur les hanches de la jeune femme, avant de remonter sur sa nuque, et ses cheveux. Elle avait raison... elle était albinos parce qu'elle était une vouivre immaculée. Mais qu'était-ce une vouivre ? Pour lui, c'était un genre de serpent géant, il n'avait pas plus d'informations. Il rangea ses mains dans ses poches, il haussa les sourcils, puis il chercha dans l'un des tiroirs d'une armoire rangée sur le côté. Il semblait reprendre sa bonne humeur.


« Eh bien... je peux vous proposer des écailles, en échange... et faire une gravure de votre forme originelle. »

Lorsque le gentilhomme parlait de « gravure », il s'agissait de dessins incrustés dans certains ouvrages. Il n'était pas le plus doué à ça, mais si la jeune femme lui laissait le temps, il pourrait s'appliquer à faire quelque chose de correct. Il prit ce dont il avait besoin, un carnet et un fusain (il n'avait rien d'autre sous la main), et il ajouta :

« Comme je préfère garder ce lieu plus ou moins en ordre, je vous propose de faire cela dehors. »

Pardon... il risquait de foutre le Chaos ? Et alors ? Ce n'était pas son problème ! Lucrèce ne prendrait pas le risque de voir toutes ces jolies choses briser par le corps énorme de Morgnna pour satisfaire sa curiosité. Tout ici lui était précieux ; les cadavres et les objets sordides étaient ses vieux amis. Il lui était pénible de s'en débarrasser parfois, mais il ne pouvait pas faire autrement ; un cabinet des curiosités, ça s'entretenait. Il remua les épaules, il fit signe à Morganna de descendre la première. À nouveau, son odeur de tabac collait sa peau et ses cheveux, seul le parfum de pourriture s'était en partie envolé. Il replaça une mèche brune derrière son oreille, et il ferma soigneusement la porte de son cabinet.

Lucrèce était connu dans le quartier. Il était l'original, l'excentrique chez qui on allait pour s'amuser avec le regard. Toutefois, on ne le voyait pas sortir tant que cela. Alors dès que sa longue silhouette brune osait mettre un pied à l'extérieur de sa grotte, on tournait la tête en sa direction, et on murmurait. Certains l'appréciaient, d'autres moins ; soit on l'évitait, soit on le saluait ou lui souriait. Il ne laissait pas indifférent. L'étrange dandy posa son dos contre le mur de sa devanture, les yeux plissés sur Morganna. Il mouillait ses lèvres, attendant qu'elle s'exécute, ne sachant pas d'ailleurs si elle acceptait ou non ; il ne lui avait pas donné le temps de répondre. Il n'aimait pas sortir de son antre, l'extérieur lui donnait une mauvaise impression. Tout ce que son regard trouvait, Lucrèce l'estimait laid et ennuyeux. Tout était gris en dehors de son antre. La vie hors du cabinet n'avait pas d'intérêt, à part pour rapporter une pièce particulière. Et il en trouvait une, juste devant lui. Lucrèce fixait Morganna, ne portant aucune attention aux quelques personnes venant le voir. Les quidams ? Il s'en foutait. Il avait plus important à faire que de leur accorder ne serait-ce qu'un battement de cils.



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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   9/4/2015, 12:18

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La déclaration de la jeune femme aux cheveux de neige fit froncer les sourcils de l'homme et le faire rasseoir dans son fauteuil, au milieux de ses joyaux sans doute amassés pendant plusieurs longues années. Chaque pierre, chaque arme, chaque parcelle de ce qui se trouvait ici sentait la magie, l'absurde et l'étrange, entourant leur propriétaire d'une aura malsaine qui lui seyait parfaitement, sans doute trop pour un simple humain amené dans Wonderland suite à sa mort.

Sa curiosité se dévoilait au grand jour alors que Morganna, patiente, attendait tranquillement sa décision. Les yeux qui la toisaient brûlait de ce sentiment parfois mortel qui poussait à fouiner partout en vue de trouver quelque chose, quelqu'un, afin d'égayer son morne quotidien qui pesait sur ses épaules. Sentiment si primordial dans leur vie, elle semblait littéralement consumer cet homme à la peau hâlée qui semblait si absorbé par ses pensées. Peut être songeait-il à un moyen de combler sa soif hallucinée, celle-là même qui transparaissait dans les paillettes dorées de ses iris noirs, paillettes qui s'étaient enflammées dès qu'elle avait décliné sa vraie nature.

Il finit par lui proposer un marché, somme toute assez honnête au vu de la valeur de l'émeraude qu'elle convoitait. Les trois écailles dans sa nuque brillèrent plus fortement, comme répondant à l'avidité qui parcourait la moindre parcelle de ses membres en cet instant précis. Jamais l'Ombre ne lui avait interdit de dévoiler sa véritable forme à qui que ce soit, mais elle ne l'avait jamais utilisée dans le royaume pour le moment, sa véritable forme étant bien trop imposante pour qu'elle s'amuse à se transformer au moindre assassin se présentant à ses yeux. Sa lame et sa technique de combat suffisait généralement à les vaincre sans coup férir. Et puis… Si elle utilisait sa véritable forme, les combats seraient d'un ennui… Déjà qu'elle se morfondait dans les bras de ce dernier, mais si en plus elle ne pouvait plus ressentir l'adrénaline du combat... Non, franchement, c'était mieux ainsi.

Il lui proposa donc d'aller dehors afin de la laisser reprendre son côté monstrueux. Elle accepta. Après tout, ce n'était pas comme si elle en avait quelque chose à faire des civils qui peuplaient les rues de la ville, et quand bien même, ils étaient assez grands pour fuir tout seul. Calmement, elle se contenta d'enlever son pantalon et ses cuissardes avant d'aller dans la rue, laissant sa peau commencer à frémir et à se recouvrir petit à petit d'écailles éblouissantes.

Dans la rue, les passants s'étaient interrompus dans leurs discussions, tournant la tête vers la jeune femme à demi-nue qui posait la plante de ses pieds sur les pavés blancs de la cité et sur le dandy qui la suivait, quelques secondes plus tard, avant de se coller contre un mur, la disséquant du regard, attendant sa transformation.

Celle-ci ne tarda pas. Le corps de la jeune femme se mit à grandir et à grossir, ses jambes disparurent dans une queue immense, sa colonne vertébrale se hérissa de pics acérés, ses bras s'allongèrent, ses ongles devinrent de grandes griffes noires qui claquèrent bruyamment contre le sol et les pierres le recouvrant, son visage s'allongea et s’aplatit, devenant une immense tête aux dents acérées et dont la langue fourchue happait l'air dans un sifflement strident. Ses yeux rouges sang s'étaient fait encore plus reptiliens, observant les alentours alors que certaines personnes s'enfuyaient en hurlant devant ce monstre qui apparaissait subitement devant eux, monstre dont le front était serti d'une immense gemme flamboyante, rubis merveilleux dont la couleur rappelait le sang des innombrables ennemis que la garde avait tué de sang froid. Nul doute qu'elle allait entendre parler de cela longtemps, voire qu'elle allait se faire sonner les cloches, mais qu'importe, elle s'en fichait, blasée.

Tournant la tête vers Lucrèce, elle planta son regard dans le sien, se retenant de battre les ailes qui étaient apparues dans son dos et dont la fine membrane immaculée ne demandait qu'à prendre l'air. Ses écailles étaient comme autant de diamants incrustés dans sa peau, et les cicatrices de son corps humains étaient toujours visibles sous sa forme de vouivre, par la différence de couleur et de grosseur des écailles englobant ces parties de son corps. Elle était immense dans cette rue pourtant assez grande, dépassant les boutiques et les maisons s'y trouvant, sous l’œil effaré des badauds qui commencèrent à s'agiter et à crier, faisant grogner la vouivre qui siffla de mécontentement, restant cependant immobile, n'ayant aucune envie, pour le moment, de faire de quelconques dégâts… Il fallait juste espérer que cela continue et que son instinct ne s'amuse pas à resurgir afin de la pousser à tout détruire. Ce serait vraiment dommage non ?


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   9/4/2015, 18:32

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Lucrèce fronça les sourcils.

D'abord, il songea qu'il n'avait jamais vu une telle chose, puis il rectifia sa pensée. Il avait beaucoup vécu ; des choses extraordinaires, il en avait vu tout un tas. Un dragon ? C'était un dragon ? Ce fut ce qui lui traversa l'esprit. Ses yeux caressèrent les courbes de Morganna, remontant vers ses ailes, avant de se plonger dans l'éclat du rubis. C'était peut-être cela... le trésor qu'il pourrait échanger contre son bijou. Il comprenait son attirance pour l'émeraude plantée dans le front du joli jeune homme. Mais... le gentilhomme savait être réaliste — hélas ! —, il ne pourrait pas lui trancher la tête, et la garder telle quelle. Morganna n'était pas un ver de terre qu'il pourrait aisément tuer. Elle n'était ni sa tendre Béatrice, ni cet enfant qui était tombé entre ses serres. Elle était d'un autre niveau, et il ne pourrait pas la vaincre. Ne serait-ce parce que son arme était les mots, et qu'il ne pourrait pas se transformer en une chose aussi imposante. Il bougea autour d'elle, ses yeux continuaient de suivre les courbes de son corps.

Les gens criaient autour d'eux, leurs voix se déchiraient dans le chaos. Que tout cela était bruyant ! Désormais qu'il comprenait l'ampleur de la chose, Lucrèce se félicita de l'avoir fait sortir de son Cabinet. Toutefois, son voisinage ne supportait pas cette nouvelle excentricité de sa part. Les écailles de la vouivre scintillaient sous l'éclat du soleil ; on pouvait apercevoir quelques rayons traverser les nuages gris surplombant la ville.

La foule s'agglutinait autour d'elle, Lucrèce n'accordait d'attention qu'à la créature. Il n'hésita pas à se décoller du mur, et à tourner autour d'elle, afin de mieux l'examiner. Il n'affichait pas vraiment d'expression, il l'étudiait simplement, estimant la valeur de ses écailles. Il frotta ses mains, il prit le calepin, et le crayon pour commencer à la dessiner. Il se demandait si elle pouvait toujours comprendre son langage, alors il lança de sa voix particulière :


« Je ne pense pas avoir assez de temps pour vous dessiner entièrement. »

C'était même avec un ton plaintif qu'il avait dit cela. Lucrèce caressa sa lèvre inférieure, il fronça les sourcils, et il reprit son travail. D'abord, il traça une ligne, déterminant la position de Morganna. Il s'intéressa ensuite à sa tête, sans hésitation ; sa main suivait le tracé du corps imposant de la vouivre, tandis que son oeil l'analysait. Cu-rieux ! L'Ombre avait en son sein des guerriers remarquables. Lucrèce songea alors qu'il devrait employer ce genre de créatures pour parvenir à ses fins. Et il aurait une salle conçue spécialement pour contenir la vouivre, la garder, la conserver... Lucrèce fut expulsé hors de ses pensées ; on le bouscula. Le gentilhomme retint un grognement, agacé, puis il se tourna vers l'intéressé. Plusieurs hommes l'encadraient. Voilà qui serait ennuyeux.

« Oui ? Fit-il en souriant. »

Des gueux mécontants ! Pour ne pas changer. Pourtant, il continuait d'être poli, et affable ; c'était sa nature de jouer avec l'hypocrisie. Ils lui feraient perdre son temps, et il devait vite s'en débarrasser. Il ne déterminait pas encore si Morganna possédait encore une conscience humaine sous cette forme, ou bien si celle-ci allait s'effriter. On ne savait jamais avec les monstres. Lucrèce était méfiant. D'un autre côté, il s'amuserait sûrement de la situation.


« Finis vos excentricités, monsieur. Qu'avez-vous dans le crâne ? Elle risque de nous bouffer !
— Ce n'est pas mon problème, répliqua-t-il calmement. Je fais une étude. »

Le sourire de Lucrèce ne bougea pas d'un cil, quand bien même on posa une main crasseuse sur son bras, et qu'on en salissait sa veste. Il se contenta de reculer, et de se détacher de ce contact désagréable. Ses yeux étaient rivés sur la vouivre, ses doigts serraient le crayon, tandis que la feuille se colorait de noir et de gris. Il devait faire vite. Il reprit sa marche, il se planta devant la vouivre, et il nota des informations diverses. Ceux qui étaient venus le disputer faisaient partie des plus courageux, ils étaient plus accoutumés à ce genre de choses. Alors sans gêne, faisant preuve d'une insupportable impolitesse, l'un d'entre eux l'attrapa par les épaules, et le força à se retourner. Ses chaussures crissèrent sur le sol, Lucrèce retint un soupir.


« Je crois que t'as pas compris, bonhomme. On veut pas de ça dans NOS rues.
— Et j'ai répondu que ce n'était pas mon affaire, fit-il d'une voix étouffée. »

Parce que ça le lourdait, merde ! Lucrèce n'avait jamais eu l'occasion de voir une telle chose, et d'en prendre note ! Qu'ils s'en aillent, ils ne risquaient rien, n'est-ce pas ? Il se détacha à nouveau, le regard furieux, mais déjà, on l'encerclait.


« Quoi ? »

Il perdait son calme, mais avant qu'il ne puisse ajouter quoi que ce soit, il sentit des phalanges heurter sa mâchoire. Du sang était apparu sur sa lèvre inférieure. Vraiment...

Qu'est-ce qu'ils manquaient de classe !


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   10/4/2015, 02:19

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Reprendre sa forme de vouivre avait, quelque part, quelque chose d'extrêmement grisant. Cela pouvait être pensé comme mesquin dit comme ça, mais les faits étaient là, Morganna adorait sa forme reptilienne, ne serait-ce que pour voir la peur danser dans les iris de ses interlocuteur. Plus jeune, elle ne s'était pas privée d'user de ce stratagème lorsqu'elle finissait par se trouver en mauvaise posture, ou tout simplement pour qu'on lui fiche une paix royale. Il faut dire que, généralement, lorsqu'on voyait une jeune femme se transformer soudainement en vouivre et qu'on se retrouvait avec une griffe acérée comme il faut sous la gorge, on n'avait guère envie de l'emmerder par la suite, si du moins on était encore en vie. Les menaces de la garde n'étaient jamais à prendre à la légère, et si elle pouvait faire preuve de patience sous sa forme humaine, c'était moins souvent le cas sous les écailles blanches et la gemme de sang qui se trouvait incrustée dans son front. Hé, c'était un monstre, pas une peluche non plus, on ne pouvait pas changer ses instinct ainsi, ou alors on croyait en un miracle.

La voix de Lucrèce parvint à ses oreilles affûtée, son timbre particulier reconnaissable entre tous malgré les cris de terreurs des habitants les plus couards du coin. Cris qui écorchait son audition, mais qu'importe, pour le moment elle pouvait les ignorer.

La voix de l'esthète était presque geignarde. Pour un peu, elle aurait l'impression d'être un cadeau éphémère qui pouvait disparaître à la moindre occasion... Ce qui, dans un certain sens, était bel et bien le cas, une fois qu'elle reprendra sa forme de jeune femme farouche, nul doute que la séance serait terminée. Et ce n'allait pas être, cette fois, sa raison qui allait la pousser à reprendre ses attributs d'humaine "lambda", mais bien la foule qui était restée autour d'elle et de l'homme à la peau sombre dont l'odeur de cadavre et de tabac lui paraissait encore plus forte, voire nauséabonde maintenant que ses sens n'étaient plus occultés par son enveloppe de garde de l'Ombre.

Statique, elle observait ce qui se passait, s'amusant de ce spectacle grotesque qu'offraient les nobles de la ville et le gentleman étrange. De là où elle se trouvait, ils ne lui apparaissaient plus que comme de vulgaires pions qu'elle pouvait balayer d'un revers de griffe acérée. Son instinct voulait tuer, mais en jouant. Après tout, cela était bien plus amusant de jouer avec sa proie avant de la gober non ?

Baissant la tête, Morganna se mit à souffler sur les badauds entourant l'Alice, se mettant à siffler avec un rire qui ressemblait plus à une menace qu'à autre chose. En même temps, il était facile de comprendre pourquoi si on se mettait à leur place : se retrouver face à des dents aussi tranchantes que des rasoirs et un sourire de reptile n'aidait guère à se sentir à l'aise. Vraiment

Les hommes se figèrent et la regardèrent alors qu'elle posait sur eux ses yeux immenses et rouges dont la lueur malsaine n'annonçait rien d'autre que des ennuis. Parmi ces courageux, certains prirent finalement peur et s'enfuirent sans demander leur reste. Et les autres... Et bien les autres n'en menaient pas large. Vraiment.

D'autant qu'ils avaient en partie raison. La soif de sang de Morganna était en train de prendre l'ascendant sur sa raison, faisant dangereusement vibrer ses iris profonds. Si elle continuait à garder cette forme, nul doute qu'elle risquait de tous les boulotter dans quelques minutes. Déjà elle serrait ses griffes sur les pavés, les faisant craquer de manière perturbante dans ces rues qui n'étaient pas habituées à recevoir des créatures de sa stature.

Dans un lourd grognement de mécontentement, la garde désactiva son pouvoir, redevenant lentement une jeune femme aux yeux rouges et aux cheveux blancs. Pour sûr, elle paraissait sans aucun doute moins menaçante sous cette forme à présent, ce qui expliqua peut-être que certains abrutis eurent l'idée magnifique d'essayer de venir lui chercher des noises.
Il n'eurent pas le temps de poser ne serait-ce qu'un doigt sur sa peau pâle. En un rien de temps, elle fut sur eux, se saisissant de la lame du premier passant venu, les arrêtant à bonne distance, la pointe de la lame tournée vers leur gorge. Certains l'avait reconnue, malgré son absence de vêtements, et se tenaient donc à bonne distance.

- Le spectacle est fini, maintenant vous dégagez.

La voix était froide, autoritaire, une voix habituée à commander des hommes et à faire preuve d'une fermeté certaine. La menace était évidente pour tout le monde. Le premier qui contesterait ses dires devra avoir affaire à elle. Et même blasée, elle n'hésitait pas à tuer et à se repaître du cadavre de ses adversaires.
La foule se dispersa, s'éloignant de la jeune femme et du dandy qui s'était pris un coup dans la mâchoire. D'un geste sec, elle rendit l'épée à son propriétaire, le suivant du regard avant de revenir à Lucrèce, une main sur sa hanche dénudée. Elle se fichait pas mal de rester ainsi dans la rue, mais le bon sens lui soufflait d'aller tout de même se rhabiller. Sauf qu'elle voulait savoir si oui ou non Lucrèce en avait "fini" avec sa forme de vouivre. Sait-on jamais qu'il ait envie de la voir de nouveau sous cette forme...


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   10/4/2015, 22:11

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Lucrèce saignait.

En soupirant, il essuya sa lèvre inférieure avec son pouce, maculant ainsi son gant blanc d'une tache rouge. Il l'observa d'ailleurs, avant de garrocher son regard à la vouivre. Celle-ci redevenait une femme, d'ailleurs, il lécha une goutte de son sang avant de se diriger vers elle. Morganna n'était pas dans la tenue la plus appropriée, jugea-t-il, mais il s'arrêta avant de déboutonner sa veste. Elle menaçait des hommes avec un poignard ou une dague — Lucrèce ne le déterminait pas —, et il montra ses mains. S'il ne faisait pas vite quelque chose, on allait l'accuser de bousculer l'ordre public. Il soupira, il se plaça entre Morganna et ceux l'ennuyant. Avec un sourire, il planta son regard sombre dans ceux de ses interlocuteurs, et sur un ton presque chaleureux, il fit
:

« Allons... allons... ne prenons pas cet air maussade pour si peu. N'importunez pas mademoiselle, et retournez à vos occupations, mes amis...
— L'Ombre entendra parler de tout ça ! Lui cracha-t-on. »

Lucrèce laissa échapper un discret « hihi », s'amusant au fond de leur crainte, mais conservant son masque de dandy. Son sourire s'agrandit, il posa sa main sur l'épaule d'un des hommes, et il l'encouragea à avancer.

« Je m'occupe de tout ceci, ne vous inquiétez pas. »

Heureusement qu'il savait « gérer » les foules ! S'il n'avait pas possédé son talent de rhétoricien, et s'il n'avait pas été dans sa nature d'être toujours aussi posé, on aurait certainement pris les torches pour brûler Morganna sur un bûcher. On le menaça toutefois de se venger, on l'avertit de ne plus jamais recommencer ce genre de bêtises, et lui, il ajoutait non sans humour qu'il ferait attention à ce qu'ils s'en aperçoivent plus. Il revint vers Morganna, il l'observa, puis il déboutonna lentement sa veste noire. Il n'allait tout de même pas la laisser dans cette tenue ! Il posa son vêtement sur les épaules de la jeune femme, sans la toucher plus. Il pouvait être amical, mais Lucrèce ne se permettait pas ce genre de familiarité avec des inconnues. Surtout lorsqu'elle pouvait se transformer en monstre, ou lui trancher la gorge d'un simple mouvement du bras. Il ramassa son calepin, et son crayon, puis il l'encouragea à revenir dans sa boutique.

« Je risque d'avoir encore besoin de cette forme, je n'ai pu faire qu'un croquis. »

Lucrèce le montra d'ailleurs à Morganna. C'était plutôt ressemblant, mais maladroit, puisqu'il avait dû le faire à la va-vite. Il avait rajouté des notes, précisant certaines choses. Il monta l'escalier derrière elle, et il la mena dans une autre pièce qu'il réservait à son intimité. Quelques personnes pouvaient s'y retrouver inviter, mais la plupart du temps morts. Quelques jours auparavant, il avait pris ici le thé avec sa tendre Béatrice, en profitant pour lui faire changer de tenue. Il prenait soin de ces corps offerts à ses caresses.

« Je ne sais toutefois pas comment je dois vous prélever les écailles. Je ne vais pas vous les arracher. »

Et il était hors de question qu'il prenne le risque de le faire alors qu'elle était sous forme de vouivre. Lucrèce baissa ses yeux sur son gant, il inspecta la tache de sang sur le pouce, et avec un profond soupir, il l'enleva. La pièce n'était pas très grande. Dans un coin, situé contre une fenêtre, se trouvait son lit qu'il avait arrangé avec des draps sombres. En face de celui-ci se trouvait une petite cuisine aménagée, où il fouilla dans les placards à la recherche de boîtes en métal.


« Un peu de thé ? Proposa-t-il. »

Sans attendre de réponse, le gentilhomme fit bouillir l'eau. Son appartement était plongé dans une demi-obscurité, il était confiné dans une odeur de tabac et de plantes. C'était dans cette pièce qu'il avait entretenu cet amour passionnel et destructeur avec Béatrice. Ce qu'il faisait toujours d'ailleurs, lorsqu'il s'ennuyait. Il enleva son sang qu'il rangea dans l'évier — pour le nettoyer plus tard —, et il alla en chercher une autre paire dans une armoire collée contre le bas de son lit. Contrairement au reste de son Cabinet, ce petit appartement n'était pas luxueux ; il était même plutôt modeste. Mais non sans élégance, respectant l'aura que dégageait son propriétaire. Même si Lucrèce pouvait adorer les bijoux, jamais il n'alourdissait sa tenue de colliers en or, ou de bracelets épais incrustés de pierre. L'esthétisme se faisait dans la retenue. Il se cala à nouveau contre le mur, en chemise d'ailleurs. La blancheur de celle-ci contrastait avec son teint mat, alors que la cravate noire venait rappeler la couleur de ses cheveux. C'était rare de le voir sans veste.


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   13/4/2015, 00:08

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Morganna restait droite dans la rue, défiant de son regard sanglant les passants qui la dévisageait, elle et son corps à moitié nu dont les pieds pâles sur les pavés ne semblaient pas vouloir bouger de sitôt. Malgré son absence de vêtement et d'arme, elle ne se sentait pas en danger, ayant durant un court instant l'impression de revenir à l'époque où elle n'était qu'une vagabonde aux pieds nus qui s'amusait à détrousser et tuer les marchands, à combattre d'autres traînes misère et combattants du dimanche. C'était l'un d'eux qui, en mourant, lui avait laissé sa première vraie épée, bien qu'en mauvais état, lui permettant de se faire à l'art complexe du maniement d'une lame. Elle s'était brisée lors d'un violent affrontement, la laissant apparemment fragile et faible. Elle se souvenait encore de l'expression de terreur pure qui avait saisit le visage de son assaillant lorsqu'elle avait souri, ses lèvres s'étirant en un sourire malsain alors qu'elle se transformait. Certes, à l'époque elle n'était pas aussi imposante que maintenant, mais déjà, elle faisait de l'effet.

La suite avait été assez simple. Elle l'avait boulotté sans somation, ne laissant que son arme intacte, la prenant pour elle une fois ce combat inégal terminé. Elle n'avait même pas gardé ne serait-ce qu'un éclat de sa première épée. La seule chose qu'elle gardait de son enfance et de sa vie d'errance était le poignard qu'elle avait caché chez elle. Rien de plus, rien de moins, elle n'était guère nostalgique en général, et conserver des objets d'une vie passée ne l'intéressait pas.

Elle observa Lucrèce disperser la foule. Des grognements de mécontentement lui répondait, mais curieusement, il semblait se plaire dans cette atmosphère pour le moins tendue, souriant toujours malgré le coup qu'il avait reçu à la figure, faisant couler un sang qui donnait envie à la vouivre qui ne put s'empêcher de se lécher discrètement les lèvres. Sa gorge réclamait du sang, ce liquide chaud au goût de fer qui la réchauffait mieux qu'un quelconque thé.

Elle ne bougea pas lorsque Lucrèce posa sa veste sur ses épaules, se contentant d'hocher la tête en simple signe de remerciement. Cela ne l'aurait guère gêné de rester ainsi, mais il faut croire qu'on ne pouvait décemment rester à moitié nue dans les rues, bien qu'il ne lui semblait pas qu'il y avait une loi allant dans ce sens à Nain Vert Land.

Tranquillement, elle suivit le dandy de son pas martial rendu peut être un peu plus aérien du fait de l'absence de cuissarde ou d'arme, serrant la veste autour de son buste avant de regarder le dessin. Ce n'était pas parfait, mais au vu des conditions du croquis, c'était assez impressionnant. La jeune femme put ainsi observer avec curiosité sa forme bestiale, ne prenant jamais réellement la peine de se regarder dans un miroir ou un lac lorsqu'elle s'en vêtait.

Montant les escaliers, elle en profita pour reprendre rapidement ses affaires, histoire de ne pas rester éternellement en petite tenue avant de tiquer légèrement lorsque Lucrèce parla d'arracher ses écailles. Ce n'était jamais agréable de perdre une partie de soi, surtout des écailles qui formaient une protection diantrement efficace contre les lames. Mais elle voulait cette émeraude.

- On peut prélever mes écailles sous ma forme humaine... Elles sont moins attachées à mon corps sous cette forme.

Ce n'était que la pure vérité. Par contre, cela demandait un peu de force physique et surtout, de tirer un coup sec. Pour la douleur, la vouivre avait déjà vécu cela et la connaissait, pour l'avoir fait elle-même par curiosité un peu malsaine mais qui se révélait utile en cet instant. Il lui suffira juste de serrer les dents et d'attendre que ça passe. Comparé à ce qu'elle avait vécu, ce n'était pas grand chose mais ça piquait quand même un peu beaucoup.

La question du thé vint à être posée sur la table, étonnant légèrement la garde qui n'avait pas l'habitude qu'on lui propose une tasse de ce breuvage qu'elle considérait comme assez peu digne d'intérêt comparé à l'engouement qu'il provoquait à Wonderland.

- Pourquoi pas...

Son regard n'avait pas pu s'empêcher de regarder autour d'eux alors que ses narines sentaient l'odeur du tabac et des plantes qui les entourait, odeur assez lourde qui semblait s'incruster dans la moindre pore de leur corps. Elle comprenait mieux d'où venait l'odeur de l'Alice, mais ne l'appréciait pas plus. Et il restait une interrogation sur l'origine de l'odeur de pourriture. Cependant, elle n'était pas franchement en droit de farfouiller dans l'intimité des gens aussi ne posa-t-elle aucune question, se disant que de toute manière, ce n'était pas ses affaires...


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   13/4/2015, 11:57

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Lucrèce s'était attendu à cette réponse. Mais comment devait-il lui prélever ses écailles ? Pouvait-il juste les arracher ? Ou bien devait-il utiliser une pince ? Il s'attendait à ce que ce soit douloureux pour elle, mais il ne pouvait pas faire grand-chose pour changer ça. Ce n'était pas dans son pouvoir. Même s'il possédait des connaissances plutôt vastes, il n'avait aucune notion en médecine ; la plupart du temps, il improvisait. C'était pour cette raison que parfois... il abîmait les jolies choses, qui avaient eu le mauvais goût de lui plaire. Lucrèce était amoureux. Il aimait passionnément tout ce qu'il se trouvait dans son cabinet, il les préservait d'un monde cruel et inapproprié. Mais parfois, cet amour avait des inconvénients. Il abîmait, trop fougueux, ces jolies choses, et il s'en désolait. En continuant de sourire, il observait Morganna, réfléchissait à la démarche à suivre. Il se leva ensuite, il lui offrit son thé vert, et il reprit place face à elle. Les coudes posés sur la table, il ferma le poing qu'il enfonça dans sa joue. Il avait pris un mouchoir, et il nettoya la plaie à ses lèvres. Il lui avait fait mal, ce bougre, et il avait abîmé sa lèvre ! Le sang pulsait à l'intérieur, il avala sa salive.

D'un autre côté... songea brusquement Lucrèce, la douleur de Morganna ne serait qu'une compensation comme une autre à son « agression ». C'était en quelque sorte, une petite punition pour l'avoir menacé sur son territoire. La guerrière ne connaissait pas les bonnes manières, et depuis qu'il avait vu sa nouvelle forme, le gentilhomme comprenait pourquoi. Un animal n'avait pas de réelle conscience de ces choses-là. Il remua les épaules, il rangea une mèche de ses cheveux, et il commença à boire son thé. Il s'était mis à en boire lorsque Béatrice l'avait récupéré dans les bas-fonds. Ce n'était que par mimétisme, et il avait continué après sa mort par pure habitude. Depuis deux ou trois, il avait commencé à aimer cette boisson, lui trouvant une certaine... chaleur humeur. C'était un goût raffinant, tombant sur sa langue, et déversant sa tiédeur dans ses veines. L'homme eut un léger soupir. Il termina sa tasse de thé, appréciant le goût épicé qu'il avait ajouté pour lui-même. Il se redressa alors, et il hésita à se servir à nouveau. Le thé permettrait à Morganna de se détendre, dans l'opération qui suivrait.


« Bon, commençons. »

Le gentilhomme alla fouiller dans les étagères situées au-dessus de sa cuisinière. Il réfléchissait à la manière de prélever les écailles, sans arracher à Morganna tout son épiderme ; il n'était pas certain qu'elle apprécierait, et l'Ombre encore moins. En mordant sa lèvre, proche de la plaie, il prit un chiffon propre, et de l'alcool. Ensuite, il sortit du tiroir un petit couteau, il alla poser le tout sur la table, et il disparut encore. Il revint avec une serviette, des pansements, et une pince à épiler qu'il avait au préalable nettoyée. Il observa Morganna, puis ses différents ustensiles. Il roula une des serviettes en boule pour la lui donner à mordre. Au moins, elle lui éviterait de lui briser les tympans en hurlant de souffrance ; ce qu'il espérait, c'était que la douleur ne la rendrait pas totalement folle, et qu'elle ne reprendrait pas sa forme originelle dans son Cabinet. Il n'avait pas envie d'utiliser ses économies en réparation.

« J'espère que vous avez une bonne tolérance à la douleur, puis-je ? »

Lucrèce lui sourit, éternellement affable et poli. Il se plaça derrière la jeune femme, et il se permit de remonter ses cheveux. Il enleva ensuite ses gants, chose assez rare pour être souligné ; si Lucrèce portait du gant, c'était pour une question de style, et de précaution. La chaleur des mains, la sueur de la peau... pouvaient risquer d'abîmer ses petits trésors. Et puis, son pouvoir avait quelques désavantages ; il suffisait qu'il ait les mains un peu moites pour « conserver » tout et n'importe quoi d'un simple geste. Il se lava d'ailleurs les mains dans l'évier, s'assurant qu'elles soient parfaitement propres avant de revenir vers Morganna. Il observa les écailles briller sur sa peau, des écailles de vouivre ! Vrai-ment...

Le gentilhomme appliqua un linge imbibé d'alcool dans la nuque de la jeune femme. Il fronça les sourcils, il plissa les yeux, et il prit le petit couteau. Sur un ton doux, il fit :


« Je vous conseille de vous concentrer sur ma voix, et uniquement sur cela. Je vais vous divertir de la douleur, c'est la seule chose que je peux faire. Je m'appelle Lucrèce, et vous ? Je suis le propriétaire de cet endroit, c'est mon territoire. »

Elle le savait peut-être déjà... mais ça n'avait pas d'importance.

« J'ai déjà rencontré l'Ombre, ce charmant... hum... enfant. Il aime beaucoup les cadeaux, comme on peut s'y attendre. J'ai vu bien des choses dans ce monde... »

Et tout en parlant, Lucrèce enfonça la lame dans la peau de Morganna.



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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   13/4/2015, 16:44

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Le thé que lui servi Lucrèce était pour le moment trop chaud pour ses papilles qui, bien qu'elles aimaient la chaleur comme tout un chacun en prenant une boisson chaude, n'en étaient pas moins fragile. Elle attendit donc un peu avant de saisir la tasse entre ses doigts fin, soufflant sur le breuvage pour le refroidir, ses yeux rouges se reflétant dans le liquide fumant que le dandy lui avait servi.

Doucement, elle prit une gorgée, laissant le goût si particulier du thé se répandre sur sa langue, détendant légèrement ses muscles sans pour autant détendre son esprit. Elle ne se sentait pas trop en sécurité ici. Pourquoi ? Elle n'en savait rien, peut être parce que l'odeur la gênait, ou bien parce que l'homme qui gérait cette boutique ne lui revenait pas. Nul doute qu'il n'essaierai pas de tenter quoi que ce soit contre elle maintenant qu'il avait vu sa véritable forme, mais son instinct lui soufflait de se méfier de lui, ne serait-ce qu'à cause de l'odeur de cadavre qui l'accompagnait partout, sorte de seconde peau qui refusait de ce séparer de l'Alice, parfum macabre qui semblait vouloir prévenir les autres du danger potentiel caché derrière ces gants immaculés et son sourire trop grand pour être honnête.

Elle regarda en silence Lucrèce rassembler son matériel afin de lui enlever les trois écailles qui brillaient dans sa nuque. La vue de tous ces ustensiles ne lui fit ni chaud ni froid, se contentant d'observer la lame d'un regard aussi blasé que distant. Elle était propre, affûtée, de quoi bien faire son travail, mais elle ne sentait pas le sang, preuve que son propriétaire devait s'en servir assez peu.

Prenant les serviette en haussant un sourcil, elle se demanda pourquoi il lui refilait cela. Jamais personne ne lui avait donné quoi que ce soit pour l'empêcher de crier, elle ne comprenait donc pas pourquoi il lui donnait des serviettes, qu'elle posa sur ses cuisses, commençant à sentir les courants d'air l'anesthésier au niveau des pieds.

Elle hocha la tête lorsque le gérant lui demanda la permission de passer derrière elle. Elle resta neutre lorsqu'elle sentit les doigts de l'homme écarter ses cheveux blancs frôlant ses écailles, attendant calmement la suite des événements. Elle savait contrôler la douleur, pour le coup, il lui suffirait de se mordre la lèvre ou la main, s'aidant de l'odeur du sang qui ne tarderait pas à couler de ses morsures pour se calmer. L'ichor avait toujours ce pouvoir relaxant sur elle. Y compris le sien.

Elle l'écouta à nouveau, faisant ce qu'il disait, bien qu'elle ne pensait pas que cela puisse changer quoi que ce soit. Elle finit enfin par apprendre le nom de l'homme à la peau sombre alors que ses yeux fixaient un point invisible devant elle.

- J'ai pris le nom de Morganna Nimue... Mais la plupart des gens m'appellent par mon surnom... Niedr

Surnom qui la désignait elle, la garde de l'Ombre, traversant les lèvres des nobles et des personnes réfugiées dans les bas quartiers. Morganna se fichait pas mal de sa réputation. Tout ce qu'elle faisait, c'était son job, point, et elle était fidèle à ce poste, protégeant l'Ombre contre ses ennemis sans jamais remettre en question ses ordres.

Elle sentit la lame pénétrer dans sa chair, activant la douleur qui alla titiller son corps. Prenant une respiration calme, elle resta, du moins tenta de rester, détendue, serrant les poings sans que son visage n'en montre rien, ses iris planté en avant. Son écaille se détachait de sa chair, devenant plus facile à tirer alors qu'un filet de sang se mit à couler sur sa nuque pale, traçant son chemin moite sur la peau immaculée de la jeune femme...


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   13/4/2015, 23:18

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Lucrèce nota ce nom dans son crâne : Niedr. Niedr... ça sonnait bizarrement, il trouvait. Enfin... pas autant que « Lucrèce » pour un homme. C'était particulier, mais il ne trouvait pas ça laid. Ce qui ne signifiait pas — par contre — qu'il trouvait son surnom « joli ». Il classait cela dans les « correctes ». Il ne remarqua pas l'incrédulité de la jeune femme par rapport à la serviette qu'il lui avait donnée, il ne pouvait pas voir son visage pour apercevoir une telle expression. Et Morganna n'était pas très expressive. Même lui l'était plus, avec ses sourires hypocrites, et sa langue caressante. Son ombre enveloppait celle de sa cliente, tandis que ses doigts parcouraient sa peau. Le gentilhomme n'était pas empathique — chacun sa douleur ! —, mais... ça l'ennuyait. Même si Morganna pouvait supporter la douleur, il en ressentirait les effets dans sa peau, elle se crisperait malgré elle. Le thé était là pour la détendre, un genre de placebo, Lucrèce ne savait pas si ça avait marché ou non. Il plissa les yeux, les braquant sur les écailles. La lame du couteau se releva, l'écaille s'arracha doucement de sa chair en émettant un bruit étrange, ça devait donner la même sensation que lorsqu'on s'arrache un ongle, songea-t-il. Il garda la lame sous l'écaille, il se saisit ensuite de la pince, et saisit l'écaille avec. Lentement, avec précaution, il la préleva. Un filament s'arracha en même temps, Lucrèce mordit sa lèvre. Il la déposa ensuite dans un verre vide, sans la nettoyer tout de suite. Il n'accorda pas de regard à sa cliente, et il appliqua le chiffon imbibé d'alcool directement sur sa plaie. Il préférait éviter tout risque d'infection.

Le gentilhomme soupira dans la nuque de Morganna, il essuya son front avec le dos de sa main. Ce n'était pas facile. Même pour lui. Il faisait tellement attention qu'il se tendait à chaque mouvement, attendant une réaction de la part de la jeune femme. Il craignait de réveiller ses mauvaises humeurs. Il recommença, avec la même douceur, la même attention. Il détacha de sa nuque une nouvelle écaille qu'il rangea avec l'autre. ll nettoya la plaie, soigneusement, et il s'attela à la dernière. Lucrèce mordit sa lèvre, il pencha la tête sur le côté, et il gratta l'écaille avec la lame du couteau. Il plia ses genoux pour mieux voir ce qu'il faisait, son doigt tirait la peau de Morganna. Malheureusement, l'écaille refusait de se décoller de sa chair. Lucrèce serra la mâchoire, il recommença en tirant plus fort. Lorsqu'elle s'arracha un peu, il s'empressa de prendre la pince, et l'enleva. L'écaille retomba dans le verre, il appliqua le chiffon.


« Je suis désolé de vous avoir fait mal. »

Lucrèce le pensait-il ? Sans doute. Il était occupé à panser la blessure de Morganna. Elle garderait certainement des cicatrices de cette « petite expérience », mais elle avait accepté son offre. À partir de là, il ne pouvait pas s'en vouloir ; c'était une grande fille, et elle ne regretterait pas ses choix. Au moins, il lui donnerait son émeraude ; elle l'avait bien mérité. Il lui colla une compresse, après s'être assuré qu'elle n'aurait pas de problèmes éventuels. Ensuite, Lucrèce observa les trois jolies écailles au fond de son verre. Un sourire orna ses lèvres épaisses, un sourire doux qu'il lui était rare d'avoir. Du moins, jamais on ne voyait Lucrèce sans son sourire poli. Là, c'était un vrai sourire. Il se prenait déjà d'affection pour elles. Il frotta ses mains, puis il les lava. Il tourna ensuite dos à Morganna, c'était... quelque peu gênant, ce qu'il s'apprêtait à faire.

Le gentilhomme prit la première qu'il avait enlevée à sa cliente — il était capable de la reconnaître, — et il la fourra dans sa bouche. Un son de mastication se fit entendre, mais il ne la mangeait pas. Il la suçotait, la faisant rentrer en contact avec sa salive. Il la retira ensuite, puis il l'inspecta afin de s'assurer que son pouvoir avait bien pris effet. Il soupira, et il recommença ensuite avec les deux autres. En attendant, il les rangea dans un petit coffret, à l'abri des regards. Il pivota alors vers Morganna, un autre sourire au visage ; il était de bonne humeur, et ça se sentait. Il lança alors :


« Bon, je vais vous donner l'émeraude, suivez-moi. »

Lucrèce remit ses gants, il désigna à la jeune femme la porte, et il passa derrière elle pour la refermer. Coupant ainsi accès à son intimité, laissant derrière lui le thé chaud dans la bouilloire, et ses trois nouvelles amies. Déjà, il avait hâte de discuter avec elle ! Et comprendre ce qu'elles pourraient lui révéler.

« Que comptez-vous en faire ? »



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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   15/4/2015, 02:14

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Morganna sentit la première écaille céder sous la lame, se détachant dans un déchirement de chair de son corps, provoquant une vive douleur à sa nuque, l'obligeant à fermer les yeux un court instant pour se concentrer sur sa respiration.

Elle savait qu'elle pouvait supporter cette douleur, mais cela lui faisait tout de même mal au coeur de céder une partie d'elle-même, de sa nature profonde. Mais l'émeraude en valait la peine, et c'était à ce fait soufflé par son instinct qu'elle se raccrochait pour le moment, repoussant les signaux de ses nerfs lorsque la première écaille partit et que Lucrèce appliqua directement de l'alcool sur la plaie. Au moins, elle ne risquait pas d'avoir des complications s'il continuait ainsi. C'était une bien maigre consolation sur le coup de ce qu'elle endurait en ce moment, mais entêtée, elle s'était fixée une règle : ne jamais gémir devant qui que ce soit à cause de blessures. Elle en avait vu d'autre après tout, et il était hors de question qu'elle montre la moindre faiblesse à cet homme qui sentait le cadavre et dont elle se méfiait, malgré ses sourires hypocrites et ses manières suaves. Saisissant sa tasse, la vouivre prit une nouvelle gorgée de thé, se focalisant sur son goût afin de se détendre.

Reposant le récipient vide, elle resta stoïque lors de l'arrachage de ses deux dernières écailles. La toute dernière fut la plus douloureuse, la plus longue aussi à enlever, mais fière, elle n'en montra rien, se contentant de s'enfoncer les ongles dans les paumes et de repousser son instinct de vouivre qui voulait ressortir histoire de tuer dans l'instant le dandy. C'était elle qui avait voulu faire un troc, c'était donc à elle de payer, cela lui semblait logique, et au diable le reste, même si elle était tentée par la petite voix lui soufflant qu'elle pourrait fort bien avoir les trésors de l'homme à la peau hâlée pour elle toute seule si elle le boulotte dans l'instant... Oui, très tentante.

Mais ce n'était pas son rôle que de manger les habitants de Neverland, loin de là, et elle ne souhaitait pas s'attirer les foudres de l'Ombre. Pas à cause d'une quelconque plainte, elle était un monstre après tout, mais parce qu'elle était fidèle à une parole donnée, que ce soit à son maître ou au gérant qui terminait de lui arracher la troisième écaille, s'excusant après l'avoir soignée de son mieux.

Elle ne dit rien, se contentant de desserrer ses doigts légèrement blanchis par la tension qu'elle y avait mit, laissant du sang tâcher ses paumes et la détendre immédiatement. Portant ses mains à son visage, elle entreprit de lécher le rouge carmin avec rapidité, passant sur ses plaies qui teintèrent ses commissures et sa salive de rouge, faisant luire ses iris. Elle profita également du fait que l'homme lui ait tourné le dos pour renfiler avec agilité et rapidité ses affaires, attachant sa cape à son cou une fois ceci fait.

Elle se redressa calmement lorsque Lucrèce se tourna de nouveau vers elle, l'enjoignant à aller avec lui retourner auprès de l'émeraude qui la tentait tant. Déjà son avidité ronronnait à l'idée de la caresser et de l'apporter chez elle. Elle ignorait si elle allait pouvoir l'enlever du front de l'ange déchu qui la possédait autrefois, mais elle verrait cela plus tard.

Ils laissèrent donc l'intimité du gentleman qui se referma dans un grincement peu agréable, coupant l'odeur de thé qui avait commencé à se répandre un peu partout. Les talons de Morganna claquèrent sèchement sur le sol en une cadence parfaite et martiale.

La question de son interlocuteur ne la déstabilisa guère, mais elle garda le silence quelques instants. À vrai dire, elle n'en savait rien, mais nul doute qu'à force de réfléchir, elle trouverait bien quelque chose

- Pour le moment, je ne sais pas...

Que ce soit pour une parure ou une garde d'épée, elle se devait de réfléchir afin de pouvoir lui donner un écrin à la hauteur de sa beauté. Ils ne tardèrent pas à se retrouver devant l'objet tant désiré, les yeux de la jeune femme s'enflammant à sa vision alors qu'un sourire étrangement doux prit un court instant place sur ses lèvres fines, ses doigts venant caresser la pierre qu'elle crut sentir vibrer sous ses doigts. Oui, tout ceci en valait bien la peine...


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MessageSujet: Re: Une agréable matinée [Libre]   19/4/2015, 22:04

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Pour Lucrèce, les choses n'avaient pas besoin d'avoir une quelconque utilité. Elles pouvaient simplement exister, posées là, pour son propre plaisir. L'art — selon lui — pouvait exister pour lui-même, et c'était pour cette raison qu'il ramenait tout ce qu'il trouvait plaisant. Sublime comme grotesque. Toutefois, il était déçu par la réponse de Morganna, « elle ne savait pas ». Il haussa les épaules, déjà posté devant l'émeraude incrustée dans le front du joli visage. Le gentilhomme en appréciait les traits, la pâleur, et le drame peint à l'intérieur de son être. Aah... il n'était que l'incarnation de la faiblesse humaine, une étoilée tombée du ciel pour un sentiment trop humain pour son statut. Quelle déchéance ! Quelle chute ! Grotesque. Et c'était cela que Lucrèce appréciait. Il ne croyait pas en Dieu, il ne croyait même pas à l'existence de Wonderland ; il pensait être une entité bizarre, égarée dans cette contrée. Lucrèce ne trouvait pas sa place à Nain-Vert-Land, il se trouvait trop... civilisé pour ces barbares. Ils ne partageaient son goût raffiné pour les jolies choses, et surtout, ils n'en prenaient pas soin. Lui, dès qu'une chose — vivante ou non, étrange ou humaine — influait une essence particulière dans son coeur, il s'en éprenait. Tout ce qu'il y avait ici, Lucrèce les aimait, il les adorait, et dédiait son existence à prendre soin d'elles. Chaque pièce avait un fragment de son amour, et de son âme.

Ce fut pour cela que le gentilhomme sentit une pointe lui percer la poitrine, lorsqu'il enleva l'émeraude du front de l'ange déchu. Il l'observa briller à la lumière, sa paupière tressaillit. Maintenant qu'il avait enlevé les écailles de la vouivre, il ne pouvait pas retenir en arrière. Il ne l'aurait pas arnaqué, pour rien au monde ! Un gentilhomme tenait toujours ses promesses. Même si pour cela, il devait poignarder son âme, sauvagement, salir ses gants, et sacrifier un morceau de lui. Il la nettoya — quand bien même l'émeraude était pure de toutes traces —, délicatement, puis il la déposa sur la table pour chercher un écrin dans laquelle il la rangea. Il l'avait entouré d'un mouchoir de soie ; pour rien au monde, il ne voudrait voir l'un de ses enfants s'abîmer, même s'il quittait sa maison pour une autre. Lorsqu'il referma l'écrin, son coeur se déchira de peine. Cependant, rien sur sa figure mate n’apparaissait ; Lucrèce restait impassible, serein même. Les émotions, c'était un truc pour les bêtes comme Morganna.

Avec un sourire, le Maître du Cabinet des Curiosités pivota vers la vouivre enfermée dans le corps d'une jeune femme, et il la lui remit :


« Prenez-en soin. »

C'était effectivement un ordre. Si Lucrèce apprenait qu'une griffe apparaîtrait sur l'émeraude, il lui arracherait toutes les écailles pour la venger. La Beauté ne devait pas s'altérer, sa pureté se gravait dans son immobilité. Son pouvoir, donné par ce pays étrange, prenait sens pour cela ; Lucrèce détestait voir tous ses trésors souillés par une trace de doigt, le temps parfois, ou même la poussière. C'était pour cela qu'il prenait parfois Béatrice dans son bain, partageant avec elle l'eau et le parfum. Il fourrait ensuite ses mains dans les ouvertures de son cadavre préféré, lui enlevant les poussières éventuelles. Il l'embrassait ensuite, savourant du regard l'expression qu'elle avait eue, lorsque ses doigts s'étaient enfoncés dans sa chair. Lorsque Lucrèce regarda l'écrin renfermant sa pierre précieuse, il eut un soupir ; ce fut là sa seule émotion. Il lécha ses lèvres, puis il invita Morganna à redescendre.


« Saluez l'Ombre pour moi, cela fait longtemps que je ne lui ai pas rendu visite. Chose que je rectifierais vite. »

Lucrèce s'entendait-il bien avec l'Ombre ? Disons qu'il savait le prendre, comme on dit. Il savait choisir les bons mots en sa présence, endormant sa méfiance avec ses cadeaux et ses paroles caressantes. Au fond, il était agacé d'être gouverné par un gamin qui se servait d'échasse pour paraître adulte. Et parfois, il lui arrivait de le plaindre, il était un homme enfermé dans un corps d'enfant. Jamais il ne pourrait serrer une femme contre lui avec la force d'un véritable amant, jamais il ne connaîtrait de vrais plaisirs, et toujours, il serait frustré de voir ses domestiques baissés sur lui leurs regards. Quelle existence lamentable ! À sa place, il aurait préféré se trancher proprement la gorge. Un dernier sourire aux lèvres, Lucrèce ouvrit la porte de son cabinet, et il salua :


« Au plaisir de vous revoir. Je suis ravi d'avoir pris de vous une partie de votre joie. »

Lorsqu'on parvenait à sortir de son Cabinet, on y avait laissé en contrepartie une part de sois-même. Pour Morganna, c'était ses écailles. Pour d'autres, l'argent, et pour les plus chanceux... leurs vies. Et on devenait une pièce de son petit musée, chouchouté par l'amour de Lucrèce pour le Sublime et le Grotesque.


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