Venir cueillir la fleur à la racine.
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Le Collectioneur des Curiosités
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Age du personnage : C'est un secret ♥
Pouvoirs / Particularités : Pouvoir : Grâce à ses humeurs corporelles, Lucrèce peut conserver les cadavres. Particularité : l'espace d'un baiser, Lucrèce patage ses pensées avec l'autre.
Origine : Rome antique.
Orientation sexuelle : "Par devant, par derrière, de toutes les manières..."
Aah...

Lorsque comme Lucrèce, on aime l'exotisme et l'étrange, il faut savoir faire quelques sacrifices. Le gentilhomme marchait d'un pas raide et agacé dans les rues de Lumia, songeant à quel point tout ce quartier respirait le mauvais goût. Il avait hésité avant de faire le voyage jusqu'ici, s'interrogeant si le Trésor en valait la peine. Du moins, s'il avait assez de valeur pour qu'il s'afflige Crimson Spook et ses habitants. Sa canne frappait sur le sol, tandis que son regard se plongeait dans les ruelles, et que sa bouche se relevait dans une grimace méprisante. Si on avait l'audace de lui adresser la parole, Lucrèce chassait l'importun d'un geste de la main, de la même manière qu'il aurait chassé une mouche à merde. Même pire ; il avait plus de respect pour la mouche à merde. Elle au moins, elle n'était pas gouvernée par une greluche capricieuse en hauts talons, remuant son cul comme si un bâton y était coincé. Lucrèce haussa les sourcils, il lâcha un commentaire méprisant sur le type qui l'invita à essayer sa pute. Vraiment... depuis quand se mêlait-il à cette population ? Crimson Spook et sa démesure ! Crimson Spook, et sa vulgarité ! Cela lui faisait tourner quelque peu la tête. Il mouilla sa lèvre inférieure, puis il s'arrêta devant une vitrine derrière laquelle une adorable chose lui faisait de l'oeil. Un roux ! Arg... si Lucrèce n'avait pas été poli, s'il avait eu autant d'éducation qu'un anarchiste, il lui aurait fracassé la face avec sa canne, jusqu'à ce qu'il ne reste de lui que de la pulpe et des os brisés. Nouvelle grimace condescendante, et il se détourne. Cet endroit ne sciait pas à son rang.

Le gentilhomme ne voyait que morceau de viande sur morceau de viande, à la qualité discutable. Ce n'était même pas assez grotesque pour l'intéressé ! Quoique... il s'arrêta une poignée de secondes devant une femme tenant un enfant dans les bras. Elle avait le sein découvert qu'elle donnait à sa moitié d'être humain pour qu'il le tète. Elle était blonde, mais laide ! Si laide ! Que Lucrèce sentit un frisson parcourir son dos. Oh... oui. Vraiment... il aurait ajouté des épingles à ses lèvres, des clous à ses yeux, et il l'aurait trouvé charmante. Un oeil tombait sur le côté, ses hanches étaient pleines, mais elle ne se tenait pas droite. Des bleus aux joues, du sang à la narine... tout indiquait qu'on venait de la battre récemment. Mer-vei-lleux. Une pute avec un môme ! Grotesque. Absolument grotesque. Il adorait.

Breeeef.

Lucrèce ne voulait pas perdre plus de temps en ce lieu. Il remua les épaules, puis il regarda le papier sur lequel il avait noté le nom de l'enseigne. Il reprit la route, sa canne frappa de nouveau le sol, dans un rythme régulier, on aurait dit qu'il tapait la mesure. Lucrèce comptait les secondes le séparant de sa destination, et il s'arrêta devant un bordel qui ne payait pas de mine. Une niche à pute, comme une autre. Et c'était ici que son Trésor reposait ? Lucrèce soupira, espérant qu'il ne serait pas abîmé. Pas trop. Enfin... la tête, il s'en foutait. Le bas, il préférait le préserver pour l'emporter dans Cabinet des Curiosités. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'il avait l'occasion de voir le sexe d'un hermaphrodite. Il entra, coincé dans son attitude méprisante. Lui, habituellement si serviable, si aimable, peinait à contenir son dégoût. Des couleurs chatoyantes, des dentelles fines, et des voix criardes. Lucrèce devenait sourd, fermé à cet environnement, où son goût pour l'esthétisme se perdait. Il en devenait malheureux.


« Monsieur désir ? »

Monsiiiieur désir... raser cette ville, pardon ? Vous n'avez pas cela ? Tant pis. Pensa-t-il.

« Un bel homme de la sorte doit avoir des goûts raffinés.
— En effet, parfois un peu trop, répondit-il alors. »

Trop pour ici. On l'invita à s'asseoir, on lui parla des jolies choses qu'on avait à vendre. Lucrèce croisa les jambes. Monsieur préférait les filles ? Les garçons ? Le gentilhomme répondit qu'il aimait les deux, surtout lorsqu'ils étaient habités par une douce mort. Pourquoi ne pas être lui-même ? Il avait à plaire à personne. Il devait montrer qu'il n'était pas de ce monde. Il joignit les mains sur son genou, on l'entoura vite. Sa nature même, son parfum morbide les attirait comme des mouches. Au bout d'un moment, une fois qu'il se fit suffisamment prier, et qu'on lui demanda de faire son choix, Lucrèce racla sa gorge, et il lâcha :


« Je veux voir un certain Carol. Je saurais payer le prix pour cela. »

Oui... le voir. Voir la chose entre ses cuisses, s'assurer que les rumeurs n'étaient pas fausses. Avec lui, Lucrèce avait apporté une petite valise, posé contre sa jambe. À l'intérieur se trouvait tout un genre de merveille, dont il pourrait se servir pour prendre la fleur unique. Il avait de quoi la couper, et la ranger dans un bocal rempli de salive et d'urine. Sa méthode personnelle, sa touche... son pouvoir. Il espérait seulement qu'il ne crierait pas trop fort. Si c'était le cas, il avait de quoi écraser sa voix, de quoi le rendre définitivement muet. Un frisson parcourra l'échine de l'esthète, il avait hâte, si hâte de rencontrer cette petite merveille ! Et il pourrait quitter cet endroit.


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21/3/2015, 19:44
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Catin Sentimentale ♥
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Au dehors, les rues grouillent, pleine de plèbes, comme des fourmis..la lumière est doré, rasante dans les quartier de Lumia, les néons ne brillant pas encore de leurs signes évocateurs dans la nuit. Un monde sale et puant, croupis de malsanité  et de vulgaire.

Et toi, baby boy, tu ouvres les yeux, les cils encore bordés des larmes du sommeil journalier, ignorant du zénith solaire. L’avantage d’être unique et désirable..tu parles..dormir la journée et vivre dans cet endroit ne te permet que de prolonger ton supplice à l’infinis, tes jeux de scène et de théâtre violent, brisant, marquant ta peau soyeuse d’enfant.

Tu t’étires, sous les draps de soie noire qui plus que toute autre, fais ressortir la pâleur lunaire de ta peau, la douceur d’or pâle de tes cheveux, et l’éclat céleste de tes globes oculaires. Une scène de comédie, tragiquement calculé. Et tu sais où ces draps seraient encore mieux ? Autour de ton cou, boy, parce que c’est probablement ce qui pourrait t’arriver le mieux. Ca serait plutôt laid comme mort, cela dit..tu finirais bouffis, les yeux rouge et la langue gonflée et émergente de tes lèvres, non plus mutine, mais répugnante.

T’es encore endormi, tu titubes en traversant la pièce, lamentablement. ‘Manquerait plus que tu marches en canard, et que tu laisses des sillons d’escargot pour correspondre encore plus au stéréotype du mignon réveil de la vierge masculine.

Masculine ? Que dalle, t’es le représentant des bipolaires, et t’as le sud comme le nord enfoncé et ressortis du bas de ton bide trop plat et trop doux.  Tes cheveux te font un nid, et tu retournes te blottir pitoyablement comme un œuf qui coulerait dans sa baignoire, avant de laisser l’eau couler sur tes orteils, remplir le récipient géant jusque venir mouiller tes cils de son parfum translucide et vaporeux. Des goûts de luxe pour une pute, mais t’as raison, on peut pas dire que le combo sueur, sperme et sang soit du meilleur goût...

Arrête de respirer..et inspire un grand coup...tu d’viendras peut-être une sirène, comme ça..à jamais nageant dans les eaux immortelles et fougueuses..Quoique t’as pas vraiment une queue assez grosse pour pouvoir aller aussi loin que tu le désires. Alors tu fermes seulement les yeux, comme un gamin que tu as cessé d’être depuis longtemps, malgrès ta profonde naïveté amère. Tu te laisse baigner, fonçant tes cheveux,et hydratant ta peau, rechignant à sortir, mais se faisant par dépit. Tu devrais  voir à choper le rasoir qui te sers pour tes tibias à peine duveteux, en virer les lames et t’imprimer un sourire sur ta face en tranchant net. Ca t’ferai pas de mal, de rigoler un coup...

Tu te laisse aller à la routine, soignant ta peau, ton corps, tes cheveux et ton visage. La nuit ne devrait pas être trop chargée, de toute façons...et puis..combien se préoccupent vraiment de ton corps.. ? Aucun, sauf pour le baiser et se taper le délire plan à trois tout en payant pour une seule prestation.

T’es comme un con, observant ton corps dans le miroir. Ton visage d’agneau a la peau trop parfaite, ta silhouette au proportion étrangement chimérique, cou de cygne à la pomme d’adam trop et trop peu saillante, blanc, épaule fine d’enfant, n’ayant pas grandit..poitrine rosée stoppée en cour de développement, taille de guêpe, marquée au dessus d’hanches étroite à l’angle rond, ressortant et encadrant la partie la plus marquante de ton adn dégénéré ou parfait selon les regards, les pensées..
Le sexe des anges, entres deux jambes qui s’finissent sur des chevilles et des pieds microscopiques.

T’effleures ce corps qui ne t’appartient plus, impassiblement..tu en caresse les marques, les légères plaies résistantes, et les coutures apparentes. Tu te sens comme une poupée de chiffon jeté entre les mains étrangères, mais après tout, c’est c’que t’es. Personne te demande réfléchir, ou même d’causer. Tu peux limite imiter les souris qui courent sur les épais tapis durant les courts interstices entre ton activité et la course du soleil, y’en a qu’ça fait bander.

T’as beau secouer la tête, tu sais, ça va rien changer, même tu traînes des pieds jusqu’ au paravent qui t’sers de dressing, et que tu couvres ta carcasse de fringues.

Chemise blanche, veston bordeaux et short, tu t’autorises à garder les orteils enfoncés dans le moelleux tapis de laine luxueuse qui couvre la quasi-totalité du sol. De toute façons, tu es sur que dans moin d’une heure, tu s’ras à nouveau à poil. Qui sait, c’est peut-être la raison de ta si belle peau ? Vivre presque nu, dans un lieu protégé du soleil...Mais t’es ôtés de tes pensées par des coups portés sur l’ épaisse porte, que tu fixes alors bêtement.

Attend, t’as pas de clients prévus si tôt, habituellement, mais c’est pas une raison pour glander, alors bouges toi le cul. ‘Pas comme si t’avais un boulot difficile bon sang..ouai, c’est ça..remue ton cul, et va l’ouvrir.

Tu jettes un regard presque timide, tes orbes de ciel aux stores de blés se plantant dans des yeux plutôt hypnotiques. Bon..au moin , on dirait pas un vieux détraqué avec un penchant pour les fillettes...Tes talons glissent en silence tandis que tu recules ton pauvre petit corps, ouvrant la porte pour laisser passer l’étranger des horaires habituels, levant ta voix juvénile mais polie, aussi asexuée que le reste de ta personne.

...Bienvenus... »

T’ajouterais presque un « je suis carol, ravi(e) de vous servir pour cette folle nuit de jambes en l’air ! Mais bon, le gars doit connaitre ton nom, pour s’être coltiné la monté des étages aux brinquebalants escalier de bois usés par le temps. Alors allons y, commençant la partie par l’entrée du modes de jeu ! Easy, ou Hard..La simple option du freak devrait t’annoncer la couleur...
21/3/2015, 21:20
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Pouvoirs / Particularités : Pouvoir : Grâce à ses humeurs corporelles, Lucrèce peut conserver les cadavres. Particularité : l'espace d'un baiser, Lucrèce patage ses pensées avec l'autre.
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On le fait monter. Son maintien, sa tenue, et son air débonnaire montrent qu'il n'est pas comme eux. Pour cause, il ne vient pas de cette fratrie dégénérée, il ne sent pas le Nain-Crevâble. Son parfum de musc, camouflant l'odeur de pourriture et de tabac humide, lui donne cet air supérieur. Pour peu, on lui aurait proposé de l'opium pour rafraichir ses sens. On lui propose de garder la valise, il refuse ; un gentilhomme ne se sépare jamais de ses cadeaux. Il trompe ces gens, aussi bien qu'il trompe ses quelques clients ; son sourire, sa voix, c'est un charme mauvais, dont il berce l'esprit d'autrui. Personne ne devine qu'il est le Collectionneur, et qu'il vient chercher par ici la nouvelle pièce de son salon. Un sexe. Ce n'est pas facile. En gravissant les escaliers — et seul le Bon Dieu sait combien il en a ! —, il pense où ranger cette nouvelle merveille. En haut ? Au rez-de-chaussée ? Ne serait-il pas charmant près de la tête de ce bon vieux Tartuffe ? Il pourrait le garder pour lui, dans un désir égoïste de ne pas partager cela... mais il songe qu'il doit l'exposer ; un gentilhomme de son rang montre ce genre de trouvaille. Il passe une main dans ses cheveux noirs, on le conduit enfin à la chambre de Carol.

C'est un garçon... ? Lucrèce douta. Fronçant les sourcils, il releva légèrement le menton dans une attitude impérieuse. Une fillette ? Sans doute les deux. L'apparence ne compte pas. Une créature fragile à la chevelure d'or. Des mains fines, des épaules étroites, et des hanches menues. L'enfance. Une enfance souillée, l'innocence bâchée par le sperme et le sang, amusant. Lucrèce méprisait les putains. Les maladies que le sexe pouvait engendrer le dégoûtaient de cette fonction, et puis... goûter à un corps dans lequel tant d'hommes se sont déversés ? Très peu pour lui ! Il n'aimait pas foutre son corps dans les eaux usées d'un égout puant. Carol — il le devinait — ne paraissait pas sortir d'un océan de merde. Il — elle ? — était frais et disponible dans une tenue carmin. Sa chevelure blonde lui rappelait toutes ces jolies choses qu'il voulait maintenir dans un état de pureté absolu. Le tuer ? Oh oui... les maladies, ces nuits bizarres, les sévices d'hommes ou de femmes trop étranges, il les voyait bien abîmer ce corps gracile. Il n'avait que cela pour lui, sans doute, alors à quoi bon le salir ? Lucrèce était prêt à lui offrir l'immortalité. L'homme sourit, de son sourire poli et affable ; le sourire commercial qu'il utilisait pour recevoir les visiteurs du Cabinet des Curiosités.


« Bonsoir, mon jeune ami, déclara-t-il sur un ton doux. Je m'appelle Lucrèce, et j'aurais besoin de vos services. »

Non pas pour vider ses bourses. Mais pour regarder, inspecter de son oeil professionnel si ce sexe existait bel et bien entre ses cuisses. Lucrèce résistait à l'envie de sortir ses instruments de sa valise, et de l'ouvrir directement ; le plaisir était une chose, l'attente renforçait ses saveurs. Il devait patienter. Dans son monde de cadavres exquis, le gentilhomme avait un certain nombre d'étapes à compléter. Tuer Carol arriverait vers la fin. Il avait déjà hâte de raconter à Béatrice cette tendre créature qu'il lui avait trouvée comme amie ! Il posa sa valise, et il tendit la main vers le garçon. La chose plus exactement. Si ça n'avait pas de sexe, ça n'avait pas d'identité propre, n'est-ce pas ? Il allait fouiller dans ses tripes, il plongerait sa main dans le coeur même de sa fleur, et il en respirerait le parfum humide. Sa tendre Béatrice... elle serait ravie d'apprendre qu'elle n'était plus seule dans ce monde. Il y avait quelque chose de grotesque dans ce sexe tant convoité, une monstruosité délicieuse qu'il avait hâte de découvrir à même sa langue. Hihi... il avait de lâcher ce petit rire, tant l'excitation grandissant en lui ! Pauvre chose.

Lucrèce ne dit rien. Il continue de sourire. Il ne se marie pas exactement à l'univers de Carol. Il est une tache noire sur un tableau écarlate, souillant la toile de sa trace. Les mains derrière le dos, il tourne autour de Carol, comme un professeur prenant un élève en plein crime. Il est placide, il incarne le dandysme de la pointe de ses cheveux gras jusqu'à son ongle de pied. Pourtant, son parfum de musc ne suffit plus à cacher l'odeur de tabac, et il se rend compte qu'il a envie de fumer.


« Je suis ravi d'être celui qui vous sort de votre réveil, semble-t-il, et j'ai hâte de vous y faire retourner pour un pays merveilleux de rêves éternels. »

D'une certaine façon, Lucrèce dévoilait à Carol qu'il projetait de le tuer. S'il pouvait « simplement » prélever son sexe sans mettre fin à son existence, il le ferait. Il s'arrêta alors, il se pencha vers le garçon — la fille ? —, et il ajouta :


« Je serais ravi de cueillir d'un baiser votre rose. »

Toujours sourire. Lucrèce sous-entendait une quelconque pratique sexuelle, même si pour lui... il y avait un sens dans le double sens. Il se redressa, il fouilla dans ses poches pour trouver sa pipe qu'il fourra de tabac. Pour le plaisir de l'esthétisme, un gentilhomme devait procéder par étape, encore une fois. Fumer en faisait partie pour lui. De plus, le tabac avait une certaine essence, du prestige, puisque c'était celui de Béatrice. Lucrèce ne gâchait rien.


« Mais... cessons de parler de mes désirs. »

Évidemment, il ne comptait pas le baiser. Payer pour du sexe ? Lui ? Jamais.

« Que savez-vous faire, mon tendre ami, de spécial ? »

La conversation... toujours la meubler avec des sujets inutiles. Sourire. Encore. Attendre. Qui sait ? S'il se débrouillait bien, Lucrèce pouvait obtenir de la jolie chose son sexe ?


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21/3/2015, 22:42
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Catin Sentimentale ♥
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Catin Sentimentale ♥
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Tu r’fermes la porte, scrutant de ton regard innocent , le client trop peu tardif à ton goût. T’as même pas eu le temps de te détendre, et t’as encore l’esprit embrumé du sommeil. Tu peux être sur qu’il l’a pas loupé. Plutôt moyen, brun, la peau mate...tu ne dis rien, mais tu es un peu soulagé par son physique pas trop mal..Mais bon, boy, t’es une traînée, alors tu vas pas faire la fine-bouche non plus...

Le souffle du visiteur semble haletant, sans doute après la montée des étages, qui graduellement, monte symboliquement la gamme, et par là le prix. Sa voix est douce, son ton poli et son sourire dégouline d’une neutralité. Tu l’sens le piège , hein ? C’est comme son parfum, trop fort pour être sincère. Tu l’invites d’un geste à s’asseoir, tandis que tu lui verses un verre d’eau, tes gestes menus semblables aux tremblements de duvet d’un oiseau délicat et raffiné. T’as le cerveau en pleine tension, et ton corps a envie de fuir. Mais c’est toutes les nuits pareils, et il te suffit de quelques gémissements pour vivre à l’abris de tout besoin.
Quoi l’affection et l’amour ? Depuis quand ce sont des besoins, ces trucs là, franchement ? T’en a besoins pour survivre ? non.

Tu l’observes, du coin de l’œil, le duvet de ta nuque s’hérissant légèrement sous les légers courants d’air que provoque les déplacements du commerçant dans cette pièce encore humide par la journée sans chauffage qu’elle vient de vivre derrière des rideaux encore clos et trop rarement ouvert. La cheminée n’est emplie que des cendres de la nuit dernière, à cause de la ponctualité trop avancé de Lucrèce. Il tend une main, et tu glisses la tienne, minuscule et décorée d’une bague trop grande mais délicatement ciselée, choisie par tes soins,dans ses serres. Heureusement que tu sors du bain, mais tu vas y laisser une trace olfactive à l’odeur de rose, la vraie, celle qui pousse dans les buissons avec des feuilles et des épines...

Une fois c’te tradition de salut ridicule engagée, il finit par te tourner autour, comme un chat autour d’un oiseau blessé et pépiant, et une phrase moin polie jaillit de sa bouche, te faisant fermer les yeux. Et oui, mon petit baby boy, encore un dégénéré qui veux te buter. Ce n’est pas le premier, non, mais tu le sens particulièrement bien élevé.
Qui sait, il te dira peut-être s’il te plait, avant de te buter. Il poursuit, et tu rouvres les yeux. Tu sais que tu devrais te barrer pour aller prévenir ton patron, là ? Ca sera une perte abominable pour le buisness si tu devais te retrouver à grossir un tas de cadavres sous les fenêtres, ou une pile de corps verdissant sur une charrette. T’es pas sur que le vert t’aille vraiment au teint, du moin celui là...

Tu rouvres tes iris, plus acérées et réveillées, et tu recules à petit pas, tranquillement , tes sourcils presque blanc légèrement froncé, ton menton si doux et si glabre relevé fièrement. Tu parles, toute ces mascarades, c’est peut-être bon pour eux, mais toi, tu le sais pertinemment, hein ? T'as peur, une angoisse qui te tords le ventre, te fait montrer les dents, comme une hermine coincé dans un tronc.

Tu poses les fesses sur le rebondit d’un fauteuils au velours rouges intimistes, ramenant tes pieds nus et tes genoux contre ta poitrine dissimulée du veston, les mains se rejoignant en une attitude capricieuse. Tu le regardes, plisse le nez sous l’odeur que tu apprécie pourtant, mais qui te parait étrangement...passée...

...Je suis déjà au regret de vous dire que je n’accepte pas le meurtre lorsqu’ il me concerne. D’ une part, c’est très peu original, et de l’autre, c’est extrêmement grossier . »

Tu étires tes si jolies jambes par-dessus l’accoudoir, renversant légèrement la tête sans le quitter des yeux, leur saphir luisant dans la lumière jaune de la salle. Tu te couvre d’un autre érotisme, te voilant de la lumière qui par les ombres et les reflets des tissus , laisse un peu plus deviner ce corps si particulier sous ces couches. Oh cry-baby, tu t’planques dans une armure pour pas avoir à donner la vraie image de ta face..ta main désigne brièvement l’ensemble de la pièce, les divers instruments et mises en situation dont tu te fais l’experte.

...Et de spécial, la notion est sans doute trop vaste pour savoir ce qui l’est pour chacun, et ce qui ressort du quotidien..Dites moi ce qui est pour vous spécial, je pourrai sans doute vous répondre plus précisément. »

Parce qu’il a franchement l’aura du type à bailler pendant une baise cannibale...Tu te doutes qu’il a pas vraiment amené des sandwich, ton corps se tend sous sa peau de soie, tes yeux se font inquisiteur dans leur défiance à l’innocence blessée, bravoure de jeanne d’arc dans le cachot, qui cache ses larmes à ses bourreaux, ses traîtres..tu attends, ton cœur et ses battements marquant ta nervosité en résonant le long de ta nuque menteuse.
21/3/2015, 23:44
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«  Extrêmement grossier ? Répéta Lucrèce. Hihi... je ne pense pas. »

Ah... Lucrèce s'était quelque peu perdu dans ses élans morbides. Son « hihi » si singulier était ressorti comme aigu dans le reste de sa phrase, contrastant avec sa voix caverneuse. Que la créature à deux visages accepte ou non, ce n'était pas son problème. Lucrèce avait déjà payé une partie de son prix ; le reste, il le donnerait une fois les organes de Carol en sa possession. Il ne vivait pas dans la boue. Son « commerce » — si on pouvait appeler ceci ainsi — fonctionnait bien, mais il troquait le plus souvent ses possessions. Lorsqu'une idée l'obsédait, Lucrèce était poussé par la folie. Il se demandait si les yeux en boucle d'oreille qu'il avait pris à ce pauvre garçon pouvaient suffire pour Carol. Si la créature acceptait ce « cadeau », en échange de la fleur entre ses cuisses.

Sa canne sous l'aisselle, il observa la pauvre chose lui jouer ses caprices. Quel enfant charmant ! De son temps, jamais on n’aurait accepté un tel comportement, même si Lucrèce ne se souvenait pas de son passé avant Wonderland. Lorsqu'il y songeait, il s'imaginait venir d'un siècle de découverte et d'aventure, où il aurait rencontré les merveilleux trésors que renfermait la poitrine de la terre. Il se trompait ! Son goût de l'exotisme venait d'une culture antique bafouée. La lumière dessinait son profil, il remarqua alors de légères formes sous les couches de vêtements. Des formes presque inexistantes, soigneusement cachées sous le tissu ; son oiseau était donc réel. Lucrèce s'était d'abord demandé en venant dans ce bordel, si la légende de Carol n'était qu'un moyen comme un autre d'attirer les curieux. Le secret de ce sexe était-il seulement vrai ? Si on lui avait menti, sa colère serait noire, et il battrait toutes les putes de cet endroit, jusqu'à réduire leurs os en poussière.


« Le souci, mon enfant, c'est que j'ai connu tant de choses que tout cela me parait fade. J'aime la beauté, mais tout ceci fait partie d'une beauté ennuyeuse. Ce genre de beauté que j'ai tellement goûté que j'en connais toutes les surprises. »

D'une certaine façon, c'était vrai. Gentilhomme décadent, Lucrèce avait pu explorer de nombreuses terres, et des communes. Tellement commune ! Une certaine lassitude avait fini par le prendre avec le temps. Oh... il conservait son goût pour les créatures blondes et angéliques, ce que Carol incarnait. Mais son « charme » se rompait par l'idée obsédante de la rose entre ses cuisses, dont il avait envie d'arracher la tige pour la conserver loin des impuretés de cet univers. Plus c'était rare, plus il considérait cela beau, du moment que ce n'était pas roux...

« Spécial... eh bien l'originalité, tout simplement. Je suis un homme de goût, j'ai pu découvrir bon nombre de choses de notre univers. Mais... ce sont toujours les mêmes folies qui reviennent. »

Lucrèce se rapprocha de Carol, mais il maintenait une distance de sécurité entre lui, politesse. Toujours. Carol était le genre de pute qui se traitait avec respect, il avait une chose trop précieuse pour qu'il lui crache dessus. Il reprit sa canne, il lia sa main à celle servant de pommeau. Une main grise, ressemblant à un genre de bois, la main de Béatrice. Il aimait y accrocher ses doigts, cela lui rappelait le moment où il l'avait étranglé de rage. Il eut un sourire nostalgique.


« Mais je ne vous blesserai pas, tendre ami, continua Lucrèce de sa voix grave. »

Il avait repris le contrôle de ses élans morbides. Il se pencha vers Carol, comme s'il était sur le point de s'agenouiller. Dommage qu'il fermait les cuisses à cet instant, tant il aurait adoré voir ce qu'elles cachaient ! Le gentilhomme se redressa, il commença à marcher dans la pièce. Ce n'était pas si intéressant. Il revint vers Carol, et il prit finalement place face à lui. Il croisa les jambes, il fixa son regard noir percé de doré dans les deux saphirs du garçon. De la fille ? Qu'importe. Il regarda la pipe, puis il l'alluma et il avala la fumée. Ses poumons gonflèrent, absorbant le tabac, puis il expira. Un nuage de fumée s'étendit devant lui, se collant à son parfum de musc.


« Je n'aime pas entamer ce genre de chose de manière trop vulgaire. Et je vois que ma venue a été trop rapide pour vous, mon enfant. »

Sa bouche se collait à l'instrument, humide. L'amour de Lucrèce était vaste. Il ajouta :

« Je n'ai pas pensé à prendre rendez-vous, mais je viens de loin. Qu'est-ce qu'on vous proposer habituellement ? La sodomie ? La fessée ? Dites-moi, je verrais si mon esprit s'éprend de l'une de ces vulgarités. »


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22/3/2015, 00:45
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Tu restes l’observer derrière tes mèches blondes, ces dernières s’accrochant parmi tes cils. Un étrange dégoût étreint ta colonne vertébrale, plus encore lorsque tu entends son rêve, discordante dans la voix grave de l’homme. Tu avales ta salive, l’impression d’être face à l’un de ces cobra égyptien, hypnotique..mais la sensation de crasse en plus. La main qu’il a touché te semble désormais comme plongé dans un bac de produit toxique à rincer au plus vite..danger..tu le sens, le danger hein ?..

Tu te redresse légèrement, presse les mains entre tes cuisses, clignant des yeux sans les ôter de ses iris d’un onyx si pur que différencier la pupille de son cercle est presque impossible..tes pieds retrouvent le sol, les orteils s’entortillent dans les mailles serrées de laine angora et soigneusement entretenue,signe évident de nervosité, presque autant que ton souffle qui s’accélère. Fais gaffe, boy, on confond parfois le stress et l’envie sexuelle. Vu ton job, ‘serait pas étonnant qu’on confonde en plus l’un pour l’autre..

Il continus ses justification, t’ôtant un discret soupir, un dévie-ment des iris. Sérieusement, qu’est ce qu’ils ont tous à te saouler en se jouant esthète et excentrique. A chaque fois c’est la même chose, des propositions inédites qui ne sont pour toi que du revu. Comme s’ils pouvaient inventer un truc qui existent depuis qu’existent les hommes...

Quand tu relèves les yeux, il s’est approché, mais doucement. Sinueusement..un vrai serpent. Il continua, parla, et peu à peu, tournait de plus en plus près du sujet. Genre ton cul. Ou plus précisément les parties qui se trouvait avant. Deux appareils génitaux en parfait état de marche. Certes, il s’agissait là davantage de « modèles réduits », mais parfaitement utilisables. Tu pourrais te reproduire tout seul, te servir de toi-même comme sex-toy..tu l’as déjà fait, sous demande..sans intérêt.

Tes yeux détaillent son visage, son regard aux taches d’or, puis sa silhouette rôdante, tournant dans cette salle dont seul le lit et ce semblant de salon te plaisent réellement. Le reste n’est qu’un catalogue. Il revient, comme il le fallait, finissant par s’asseoir sur le second fauteuil qui prenait place en face de toi. Et bien baby boy, tu devrais peut-être tenter le sexe mental ? Qui sait, ça pourrait avoir du succès, et tout ces cons de magicien ferait semblant d’y piger. Mais pas lui, hein ? Il est trop dangereux pour ça. Le danger de l’intelligence.

Une nouvelle fois, le craquement du feu retentit brièvement, pour finir par s’exhaler dans une odeur d’herbe brûlée, différente de celles des champs colorés du royaume voisin. Plus terreuse..sombre et moin joyeuse. Les mots suivants ne te font même pas rougir, ne parent aucune couleur sur ton visage impassible aux yeux trop grands et aux cils trop longs.

Aller, à toi de jouer. T’as pigé de toute façons, t’es pas aussi con que tu sembles l’être. Tes mains quittent le dossier, et tu restes l’observer tandis que tu ôtes les quelques vêtements que tu portes,méthodiquement, et en jouant sur sa patience et l' excitation de son désir de voir. Selon ta position, les ombres changent, modulent ton corps de la plus tendre féminité aux seins dressé, à la jeune masculinité recroquevillé sous une toison d’un or blanc. D’un angle ou de l’autre, tu sembles tout autre, tout en restant encore dans la demi-dissimulation que constitue la table.

Un pas, deux pas, tu finis par le rejoindre, braquant ton regard dans le sien, l’obligeant s’il parcoure ton corps , à toujours y revenir. Ton visage arborerait presque la cruelle impassibilité de l’art des grecs antique, un apollon chérubin, à l’idéal de formes molles et féminines, et au sexe trop enfantin pour effrayer. Trop enfantin, et aussi ambivalent que janus, un lys à double fleurs, de deux espèces complémentaires.

Tu finis par te pencher, effleurant ses joues de tes mains d’enfant musicien, soyeuses et légère, sans forçat de contact. La gravité joue de tes appâts, leur donnant leur réalité la plus matérielle et plus charmante, alors que tes lèvres rougies et gonflés du battement cardiaque s’agitent pour quelques mots dans un bref souffle brisé à la voix étrangement mélodieuse.

...Je doute sincèrement être aussi exotique que l’on vous l’ai fait miroiter. Mais en tout cas, je n’ai jamais mentit sur ce que je suis, et ne suis pas. Quand à ce qu’on propose, ce que vous avez cité, c’en fait partit. Vous avez qu’a laisser vos mains choisir à quelles vulgarités elles veulent s’exercer en premier. »

Tu restes immobiles, la courbe de ton dos aux omoplates saillantes soulignée de lumières, la poitrine frémissantes des pulsations cardiaques, et le souffle brûlant. Les yeux braqués dans les siens, sans détours et une seule attente.
22/3/2015, 01:55
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En continuant de fumer, Lucrèce observa la pauvre chose se déshabiller devant lui. Les vêtements se défaisaient, et coulaient sur ses épaules jusqu'à tomber. Lucrèce souffla du nez, s’il — elle ? — s'imaginait qu'il était ce genre de personne, il se trompait. Il préférait la mort pour cela, car elle ne donnait aucun artifice. Raides, immobiles, ses petits trésors n'avaient rien à dissimuler. Lorsqu'il avait tué Béatrice, lorsqu'il avait vu la flamme dans ses yeux s'éteindre définitivement, et qu'il avait profité de son corps, elle n'avait jamais ressenti un tel plaisir ! Le corps de Carol pouvait être blessé, il pouvait aisément s'abîmer, et il n'était pas le premier à y passer la porte. C'était cela qui le dérangeait. Lucrèce avait des idées de grandeur, il aimait être unique. Il n'aimait pas utilisé quelque chose qu'on avait tant de fois bourré avant lui, c'était trop vulgaire. Il aimait la pureté et l'innocence, car c'était la simplicité même de la beauté. Carol et ses cheveux blonds, Carol et ses minuscules seins pointant à la lumière, tentait d'incarner. Mais le gentilhomme savait qu'il n'était pas la première personne à le toucher. Et puis, il n'était pas là dans le plaisir que son corps pouvait lui procurer. Mort, il n'en serait que plus beau, songea-t-il alors. Sa petite bouche capricieuse n'émettrait plus des sons aussi désagréables ! Et pourquoi ne pas récupérer ces si jolis yeux bleus ? Lucrèce ne gâchait rien. S'il tuait Carol, il utiliserait chaque partie de son être pour complète son cabinet.

Enfin... la chose tant attendue se dévoila à lui.

Lucrèce n'eut aucun sourire. Bizarrement, lui qui était si souvent jovial eut un regard sombre. Ce n'était pas celui de sa folie, c'était un regard scientifique. La pipe en bouche, il aspira une nouvelle bouffée de tabac. Il ne bougea pas d'abord, et il aurait repoussé la main de Carol si sa caresse n'avait pas été aussi furtive ; pour quel genre de type le prenait-il ? Lucrèce ne fit pas le moindre mouvement, ses yeux se fixaient sur la fleur à moitié épanouie entre les cuisses de la chose. Exquis. Il n'avait jamais vu quelque chose d'aussi laid ! C'était grotesque. Carol était un être grotesque. Son existence même était absurde ; partagé entre deux facettes, il ne pouvait pas se décider lui-même de son identité. Homme ? Femme ? Enfant ? Adulte ? Voyons...


« Hum... »

Soupira-t-il. Le gentilhomme prit une grande aspiration, et il se redressa. Il gardait sa canne dans sa main, il ne s'en séparait jamais. Il se remit à lui tourner autour. Ses yeux glissaient de la nuque de Carol jusqu'à ses reins. Son pas était mesuré, son silence pesant ; on aurait dit qu'il le jugeait pour ses pêchers passés et futurs. Il fixe ses fesses, il en mesure la rondeur et la fermeté, mais il ne le touche pas. Combien sont-ils passés par ici ? Cette pensée le rebute, alors Lucrèce change d'angle. Il se penche vers ses cheveux, il en estime l'éclat, puis enfin, il regarde sa figure. Femme ? Homme ? Enfant ? Adulte ? Difficile à dire. Si facile à briser. Alors Lucrèce pose sa canne, il s'accroupit face à la fleur, et il l'inspecte. Une sorte de sourire mauvais se peint sur ses lèvres, il est narquois. Il fronce les sourcils, transporté par la critique ; il juge ce sexe, il note tout ce qu'il a d'étrange, comme un scientifique. Il n'hésite pas à poser sa main sur sa cuisse, et à appuyer son pouce près de la fleur éclose, afin de mieux observer. Merveilleux ! Une fente. Une fente barrée d'un sexe d'enfant. Il ricane. Il lâche son « hihi » si singulier. Il coince à nouveau sa pipe dans sa bouche, il retire un de ses gants, et il la reprend. Ses doigts se caressent, puis le gentilhomme touche la chose. Cette fleur exotique. Il passe son pouce sur le bout de tige, sans hésiter à le griffer, voir à le tirer une fois qu'il en a apprécié les contours.

« Je ne suis pas le premier à voir cela, soupire-t-il avec lassitude. »

C'était le plus triste. Lucrèce aurait tant aimé faire cette découverte lui-même ! Par le fruit du hasard... Il se demanda à quel point il pouvait lui faire mal avec son ongle. Il écarte la lèvre, s'il avait eu des lunettes, Lucrèce les aurait mis pour mieux observer la chose. Il passa sa langue sur sa lèvre inférieure, presque affamé, puis il releva ses yeux sur Carol.


« En réalité, vous êtes l'imperfection même. Un genre de monstre... dommage, vous avez un si joli visage, mais vous êtes tellement usé mon enfant... dîtes-moi, vous reste-t-il assez d'amour propre pour survivre ici ? Ne pensez-vous pas que personne ne voudra de vous, à cause de cette chose ? »

Lucrèce le testait.


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22/3/2015, 13:27
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Catin Sentimentale ♥
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Oh, boy, la réaction ne se fait vraiment pas attendre. Tu l’a bien cerné, celui là...Tu t’redresses, jusqu’ écarter les bras comme un mannequin habillé de chair qui doit faire vérifier que ses coutures sont pas mal cousue. Qui sait, il va peut-être vérifier si on te l’a pas cousu, ton asticot prématuré. Tu regardes du coin de l’œil sa valise, et là. Tu flippes. T’as l’impression qu’une vague odeur de cabinet du dr Calgary balance ses relents dans tes narines frémissantes. C’est pas rassurant hein..

D’ ailleurs, le regard du gars vient de changer, t’as remarqué ? Ca t’rappelle ce bon vieux doc qui fut ton médecin dans les jeunes années de ton job. Parce qu’il faut pas déconner, en prend soin de ta santé, enfin..si tu périssais ou t’ abîmais, ce serait bien trop dommage. Tu es un investissement, après tout. Tu l’quittes pas des yeux, relevant fièrement le menton quand il te domine de nouveau. Il est plutôt grand,et toi, pour un homme de vingt ans, t''es un vrai nain, au point de devoir te dévisser la tête pour continuer de le fixer. Il fixe ton entrejambe, te faisant croiser les bras et soupirer d’un tel manque de bonne manière. Tu en révulserais presque le yeux de lassitude.

La ronde habituelle commence, tes yeux s’égarent dans une mélancolie patiente, et tu joues ton rôle de potiche-vitrine, le duvet de ton corps se redressant timide. Qui sait, c’est le froid, ou ses yeux ? T’en sais rien et tu t’en fous, t’as juste hâte de recevoir  le client suivant, et de finir ton service pour pouvoir sortir dans les lueurs naissante du jours. Quand la nuit meurt, c’est à nouveau la crasse qui ressuscite, se jette aux yeux des habitants, cette invasion de parasites mouvantes..

Tes iris myosotis d’oie tendre finissent par se baisser, observant la chevelure d’orient de cet ignoble chevalier agenouillé devant toi. Tes yeux se plissent, emplis d’un instant de mépris , et toujours croisés, tes bras se heurtent discrètement du tapotement de tes doigts nerveux. Sa main se pose, s’imprime dans la chaire ferme et blanche de ta cuisse fine,observant et finissant par toucher l’objet de sa convoitise, sans que ton expression ne change malgrès son traitement. Non pas que tu ne ressentes rien..mais tout simplement parce que celui qui possède le contrôle dans cette pièce, n’est autre que toi, l’entitée qu’elle contient et séquestre.

Il parle, empreint d’une sortie de lassitude déçus,t’arrachant un rictus narquois et cynique, te faisant pencher le visage dans une attitude moqueuse, renforcé par ses gestes et ses mimiques. Le regard qu’il croise n’est plus celui de l’enfant sortis du couvent, mais des iris emplie de défi et de la joie de ne pas plaire, condescendante. Tu finis même par montrer les dents dans ton sourire ,te brisant d’un ricanement ..

Si vous voulez de la première main, mieux vaux éviter d’aller aux putes, vous savez... » Tes lèvres s’orne d’un délicieux sourire de délinquant juvénile qui explose sa première vitrine, et tu tournes le dos, levant les mains dans un geste désinvolte emplit d’une grâce désabusée. « L’amour propre ça s’achète comme ça se recycle, et je me fous de savoir si quelqu’un veut ou non de moi. J’aviserai, après tout, j’ai un cerveau tout aussi fonctionnel que  ‘’cette chose’’ .»

Tes hanches roulent tranquillement sous tes pas, ta taille sinueuse dessinant les prémisses d’une danse du ventre, avant que d’un lâcher de poids, tu te laisser choir sur ton fauteuil, l’observant en joignant les mains,les yeux agrandis de leur intensité  connasse et le sourire gravé sur la face, impertinent.

-«  Je vous conseille d’attendre le rapport d’autopsie si la seule chose qui vous intéresse ne me demande pas de bouger. Autrement, dites moi plutôt ce que je peux faire pour vous ? »

La reine des catins qui fait affaire devrais faire un sacrée tableau pour la peinture des travers de folie..un mélange savant d' érotisme, de pédophilie assumé, de cynisme et un soupçon de théâtre de guignol transformé en industrie.  
22/3/2015, 15:00
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« Je me suis rendu ici par obligation, pensez-vous vraiment que je sois du genre à me perdre dans cette décadence ? Voyons... c'est tellement vulgaire. Mais les vierges se font rares. »

Chose déplorable, selon lui. Lucrèce observa encore Carol, le jugeant, lui et la merveille cachée entre ses cuisses. Il se redressa lorsque l'enfant s'était éloigné, il reprit place dans le fauteuil, et il recroisa les jambes. Il avait la sensation que son comportement désinvolte était là pour cacher la peur, dont il était la source. Il peinait à comprendre pourquoi. Selon lui, il était irréprochable ; il n'avait fait que toucher son intimité, il avait parlé avec sa sincérité singulière, mais il avait caché l'idée obsédant son cerveau. Il se demandait si quelque chose ne clochait pas sur sa figure, puis il se remit à fumer. Cette pièce était faite d'un érotisme dégradant... même s'il trouvait de quoi immobiliser Carol, Lucrèce n'était pas certain de prendre un véritable plaisir à tout cela. Le sexe en tant que tel n'avait pas un si grand intérêt ; Lucrèce était attiré par tout, la beauté, et le grotesque, du moment que ça sortait de l'ordinaire. Carol était l'outil du plaisir, il était l'esclave des pulsions des âmes vulgaires venant dans sa chambre.

« Votre caractère est fade, mon ami, lâcha le gentilhomme avec un soupir. Je suppose que la plupart de vos clients sont des hommes, n'est-ce pas ? Ceux qui voudraient posséder le corps d'un enfant ? Pff... fit-il avec un mépris qu'il ne cacha pas, il ajouta : pi-to-yable. »

Toutefois, le Collectionneur se refusait à attendre la mort du Trésor pour s'en emparer. Lorsqu'une idée germait dans son cerveau, Lucrèce ne pouvait que la suivre, et l'accomplir. Il détestait se sentir véritablement frustré. Lorsque cela faisait partie du « jeu », il pouvait le supporter, mais il était capricieux. Sans doute plus capricieux que les clients habituels de Carol. Son plaisir... c'était la contemplation. Les relations qu'il avait avec les autres étaient toujours une mise en scène, selon son humeur. Sa vie entière consistait à façonner son petit univers sordide, et il avait besoin de ce garçon pour le compléter.

« En réalité, je n'ai pas envie de vous. Pas de cette façon-ci. »

Si Lucrèce voulait baiser Carol, il fallait que la morte embrasse sa pauvre âme dégradée. Figé dans une beauté immortelle, il serait incapable de se détourner de ses caresses. Il pourrait conserver sa jolie figure dans son dernier soupir, et c'était cela qui pouvait exciter Lucrèce. L'endormir ? Il avait essayé une fois, mais il avait été vite déçu... ce n'était pas la même chose. La créature sous ses airs d'ange était monstrueuse. Lucrèce avait envie de l'humilier, de lui faire comprendre qu'il n'était rien. Provoquer de la colère vis-à-vis de lui, et le maîtriser ensuite sans trop de problèmes. Il avait ressenti cela, lorsque Béatrice l'avait insulté pour la dernière fois, et qu'il l'avait étranglé. Pendant longtemps, il s'était laissé insulté, jusqu'à retourner la situation. Béatrice n'était pas une jolie poupée, même si la mort lui donnait une certaine valeur, mais il ne pouvait pas s'en débarrasser. C'était son trophée. Le signe de sa victoire.


« Je suis uniquement intéressé par la chose entre vos cuisses. J'ai longtemps entendu parler de votre légende. Votre nom était porté de mystère et d'exotisme jusqu'à mes oreilles. Je ne suis pas déçu... même si je m'attendais à une chose plus belle, et extraordinaire. Je me demande surtout comment vous le vivez au quotidien, sans les aventures nocturnes... ce que cela fait, et engendre pour vous. »

D'une certaine façon, Lucrèce voulait savoir comment Carol pouvait vivre avec « ça » entre les jambes. S'il pouvait ressentir du plaisir en touchant la tige minuscule, ou si cela ne lui faisait rien. Il ne lui demanderait pas de se caresser devant lui, en partie parce qu'il saurait que ce n'était qu'une comédie. Comme un scientifique, il prenait des notes, inscrivant toutes les informations dans son cerveau. Il balaya d'un geste maniéré la fumée devant sa figure, elle lui masquait les différentes expressions que Carol tentait de dissimuler. En se laissant s'enfoncer dans le fauteuil, le gentilhomme mouilla ses lèvres, et il ajouta :

« Je m'intéresse à votre personnalité aussi. Lorsqu'une jolie créature me plait, j'aime gratter toutes les couches... jusqu'à creuser ses os. Sourire affable. Tendre enfant, qu'avez-vous de plus à m'offrir que votre corps ? Et ne me donnez pas une de vos réponses banales, montrez-moi que vous avez une personnalité. »

Sinon... Lucrèce passerait à la partie la plus exaltante. Après tout, sa valise renfermait bon nombre d'instruments qui demandaient qu'à sortir et à être servis.


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22/3/2015, 17:09
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Tes sourcils se froncent légèrement, tes mains se croisent, suivant le mouvement de tes frêle bras, et d’un léger mouvement, tu ramènes le voile de velours qui couvre le dossier du fauteuil sur ton être grelottant, écoutant ton interlocuteur, à nouveau assit. C’est naze, on dirait que tu te fais psychanalyser par un débutant dans le métier, ou un wannabee freud. Ce dernier t’adorerai, d’ailleurs, faudrait voir si tu le croise pas quelque part un jour. Le monde est tant emplis de surprise.

Tu l’écoutes causer, le vois penser, fumer et s’enfoncer dans son genre, méprisant. Les juges sans connaissances sont les plus pompeux, hein ? Tous les même, ces embourbés de bourgeois noyés dans leurs hauts cols amidonnés et leurs fumées épaisses à l’odeur bien moin agréable que celles des herbes fraîches et des foins colorés. Tu finis par soupirer sous ses mots, ton visage se teintant de la lassitude de toujours devoir répondre aux mêmes questions..aux même critiques..Tu serres les cuisses, boy, tu commences à être gêné ? Étonnant , pourtant, au vu de ton job, non ? Mais c’est l’idée d’imaginer ne plus avoir ce qui toi te semble si normal..n’est ce pas ? A quoi ressemblerais-tu si tu n’étais qu’un homme..quelle serait ton aspect, si tu devait embrasser la forme d’une femme ?

Personnalité maintenant ?...quel dommage que tu n’en ai qu’une detestable..Tu te renfrognes, darde un instant ta langue pointue entre tes lèvres pour finir par la claquer sèchement contre ton palais...oh oui, tu la sent, la nervosité qui grignote tes synapses et t’agaces.

Tu tortilles du cul pour trouver une position confortable, comme pour te fondre dans le tissus et la bourre. Même ton souffle te trahis, petite catin bipolaire, t’as le cerveau qui commence à sauter des épisodes. Mais il a peut-être raison de poser la question, le monsieur. Physiquement, le mélange des doses d’hormones, œstrogène comme testostérone ont fait un travail digne d’un artiste, mais mentalement..c’est le bordel, la peur, l’impulsivité la plus primaire qui te domine. Tu serais sans doute qualifié d’intelligence primaire et animale par ces empaffés de psychiatres, ignorants de ton don de stratège infantile, coincé dans une carcasse de 40 kilos.

Tes joues rougissent, ton souffle se refait plus lourd..l’instinct animal ?T’en sais rien, mais il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond. Tes ondulations dorés s’agitent, sous les mouvements agacés de ton visage à la moue boudeuse adorablement décrédibilisante. T’as pas l’habitude de tout ça..En vrai, la discutions n’est pas vraiment ton point d’appréciation, lorsque la réalité se force sur toi. Ta voix se fait plus lourde, basse et aiguë..elle monte d’un cran sur l’échelle de l’androgénie auditive, registre soprano.

...Je l’avait parfaitement deviné, et si vous me trouvez fade, sachez que ca ne me chagrine absolument pas. Je pisse assit, je bouffe des contraceptifs et je fais mes vêtements sur mesure. Pas aussi exotique et beau que vous le voudriez , hein ? »

Et ta personnalité, alors ? T’en touches pas un mot. Tu sais pourquoi ? Parce que t’es réduit à ça, quand tu vois des gens. T’existe pour eux, et tu leur montre seulement ce qu’ils veulent...Ton regard se perce d’animosité, tu commence a avoir la gueule d’un petit animal sauvage piégé dans un filet de perle, à deux doigts de se faire empaillée, et sans que tu le veuilles, t’as des couinements de gerbilles qui s’échappe de ta bouche.

Parce que c’est cool, ça . T’as des gens, ils manipulent le métal, d’autre voient le passé, ou transforme les âmes...et la pute de luxe, elle imite les petites animaux choupinoupinet qui traversent les murs. Tu pépies, comme un vison inquiet, et tes mains te bâillonnent le temps d’un clignement éhonté d’yeux. Tu as peur, ton cœur battant si vite..si vite..On dirait l’humanisation d’une chimère antique , entre les genres, les proies et les rats.

Tu avales une fois de plus ta salive, humectant ta gorge sèche, essayant de reprendre une contenance perdue depuis de longues minutes, braquant tes yeux trop bleus dans les émaux nocturnes de ton client menaçant.

...Je peut vous offrir un coup de pied au cul, et un aller-retour de gifle. Le reste, je le donne pas aux clients, surtout comme vous. »

Mauvais jeux,la gerbille à la toison d’or est prêtes à bondir sur ses pattes pour s’enfuir, les membres en tension, et la porte dans le dos.
22/3/2015, 18:38
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«  Certes... mais ce n'est pas grave. »

Qu'il le trouve fade... c'était juste dommage. La personnalité ne suivait pas le physique, voilà tout. Le gentilhomme continua de l'observer, son oeil sombre percé de doré continuait de le juger. Ses longues jambes s'étendirent alors. Il remua les épaules, et il apprécia l'odeur de son tabac se collant à sa peau. Sa veste empestait la drogue, et cela cachait le musc qu'il s'était vaporisé dans le cou. Il cilla quelques fois, puis il toisa Carol. Dans son attitude, Lucrèce continuait de percevoir la peur. Un sentiment ennuyeux, poussant les humains à divers accidents. Ce n'était pas agréable de nettoyer un cadavre de son urine avant de l'employer à ses plaisirs, songea-t-il. Carol tentait le dissimuler, mais sa voix piailla. Lucrèce haussa les sourcils.

Ah... voilà peut-être de quoi réveiller son intérêt. Il poussait de petits cris de gerbilles, délicieux ! Wonderland était l'endroit le plus merveilleux qu'il connaissait ! Chaque jour apportait son lot de découverte. Lucrèce passa sa langue sur sa lèvre, et il se redressa. Un pas après l'autre, il avança vers Carol. La pauvre chose... l'effrayait-il à ce point ? Particulier tout de même. Lucrèce se demandait quel effet cela pouvait faire à ses clients, si ce genre de chose arrivait lorsqu'on l'enculait. Et la pute l'insulte.

Le monde à l'envers.

Lucrèce releva le menton, il haussa à nouveau les sourcils, et il le toisa avec un sourire suffisant.


«  J'ai donné de quoi payer ma soirée avec toi, fit-il en l'estimant à peu de chose, si peu qu'il le tutoyait désormais. Tu devrais apprendre à tenir ta langue, tu ne sais pas à qui tu t'adresses. »

Il était rare, lorsque Lucrèce se retrouvait insulté de la sorte. Le manque de respect lui donnait envie de lui rompre son cou de cygne. Il posa ses deux mains sur le pommeau de sa canne, il se tenait droit. Finalement, tel un rapace, ou un serpent fondant sur sa proie bien dodue, le gentilhomme plongea sa main sur la gorge de Carol. Doucement, ses doigts se collèrent à sa peau, il n'avait pas remis son gant entre temps. Il rapprocha son visage du sien, il souffla dessus, de son haleine chaude de tabac.


«  Aah... tu n'as que ton sexe pour toi, au final. Un être si faible... j'espère que tu es assez fort pour supporter l'idée de rester seul pour toujours... mais je peux empêcher ça. »

Nouveau sourire. Lucrèce le plaqua contre le dossier du fauteuil. Sa main droite serrait le cou de Carol — Caroline ? —, alors que l'autre restait lier à la canne. Une poignée de main tendre. Il rapprocha ses lèvres de son oreille, comme s'il voulait s'assurer que l'oiseau retienne la leçon.

« Les gens comme toi sont les plus malheureux, j'en ai connu... tant que je peux prédire comment tu finiras. Un client moins affable que moi se lassera de ton comportement, et t'étrangleras tout en fourrant ton cul. Ceci... c'est dans le meilleur des cas. Crever avec les fentes en sang, ça ressemble bien au destin d'une pute, n'est-ce pas ? Lucrèce avait prononcé son “n'est-ce pas” en insistant sur le son “sss”, comme un serpent. Il arrêta sa bouche près de l'oreille de Carol, il ajouta :  ou ton maître te vendra... ou pire : il te remplacera pour un être encore plus singulier. Ne pense pas que tu es unique, et que cela te donne le droit de mal te comporter. Les mauvais garçons comme toi, je les punis sévèrement. »

Lucrèce serra plus fort ses doigts sur la gorge de Carol, c'était dommage... s'il continuait, il allait marquer cette petite chose arrogante et agaçante. Tant pis ! La partie du bas l'intéressait plus que le reste, de toute façon. Il remua les épaules, puis dans un soupir, il se redressa. Les mains de nouveaux sur la canne, il changea de sourire. Il était redevenu le gentilhomme excentrique, noir des pieds à la tête, de la peau jusqu'au plus profond de son âme.


«  Hihi... mais ne laissons pas cette atmosphère assombrir le moment agréable que nous sommes censés passer. »

Encore une fois, il avait appuyé sur le « s ». Il se dirigea vers la porte, il sembla sur le point de partir, puis il colla son dos dessus. Si Carol avait peur, Lucrèce devait continuer à soutenir sa domination. Il regarda sa valise, il soupira.

« Dis-moi... veux-tu que je te sorte de cet endroit ? Et que je prenne soin de toi jusqu'à la fin de mes jours ? Proposa Lucrèce d'une voix caressante. Je ferais de toi un prince, d'un autre style. Pas celui de ce bordel de luxe. Un prince d'un petit paradis. Cela te plairait-il, mon enfant ? En quelque sorte, ton corps t'appartiendra à nouveau. Tu seras toi-même : fragile, mais superbe, éclatant de lumière, et pour toujours. Et je serais là, éternellement, pour te servir. »


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22/3/2015, 20:15
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Catin Sentimentale ♥
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Et voilà, cry-baby, tu nous l’a vexé, le méchant homme. Et le pire, c’est qu’il n’est plus assit, il est juste là en face de toi. Tu sais quoi ? tu devrais déjà commencer à retenir ta respiration...

Il te dévisage, tout autant que tu fronces les sourcils, tes yeux se parant d’un voile haineux envers ce genre d’individus. Et à peine entrouvres-tu les lèvres pour lui rétorquer une phrase bien sentie, qu’il te vole le souffle, vivement, étreignant de sa peau douce et chaude, ton cou trop fin de conasse masculine. Ton nez se plisse sous son souffle de dragon, et tu essais de dégager ton visage en crachant quelques gargouillement de souriceau, tes mains se plaquant sur son torse pour le repousser. Tu l’écoutes énumerer ta plus grande peur , en voie de guérison, te dénigrant et persifflant comme une vipère habitées de méchanceté pure.

Nouveau choc, le sursaut faisant trembler ta poitrine adolescente. Ton dos cogne le dossier, et tu laches un faible gémissement. Cette fois, t’as une sonorité étrange, comme double. T’as jamais cette voix là dans tes jeux..tu laisses personnes l’entendre, la difformité de tes cordes vocales en pleine jouissance. Il murmure à ton oreille percée de pierre rouge, crachant son venin d’une voix suave.

La rebellion pointe dans tes yeux plissés, au dessus de tes dents serrées..tes pieds et tes mains cherchent à le pousser..Si tu avais été entièrement un homme, peut-être même une femme, tu sais que tu aurais eu la force pour te défendre, n’est ce pas..Mais pas là. Tu te contente de te débattre en grognant, comme un enfant sous l’étreinte violente d’un pédophile ou d’un parent ivre, chiot cherchant à mordre avant l’euthanasie.

Et au final, le connard te relache, reprend son visage de psychopathe quotidien, à la phrase anodine. Et le faux espoir apparait, quand il se dirige vers la porte, c’est carrément son cul qu’il pose dessus. Pas de bol, il se la joue cerbère..il te reste toujours la fenêtre au pire..D’un soupir, il te balance des absurdités que t’entend tout les jours, un faux espoir de vie meilleure, sous couvert de conditions silencieuses. Mais t’es pas con, et il l’a clairement dit, ces petits mots, en filigranne. Tu comptes pas jouer la princesse aurore, ni l’autre cruche de blanche neige, pioncant sous une cage de verre.
Hors de question.

Tu te redresse, de toute ta faible hauteur, le regard impérieux soutenu par son bleu devenu roi, profond et violent. Tu barres son toucher d’un coup de griffes, grondant et levant le menton, avec ta fierté comme auréole.

Vous non plus, vous ne semblez pas réellement savoir à qui vous croyez vous intéresser ! Si je crève, ça sera comme ça, mais je me sens pas pour autant malheureux,et peu importe la promesse que vous pourrez me faire, ou les menaces de solitude que vous balancerez , vous êtes pas non plus le premier, et j’ai bien mieux comme choix. Je choisirais pas le cercueil quand je peut avoir des années avec quelqu’un de valeurs ! »

Tu reprends ton souffle, encore vibrant de cet éclat à la mélodie double et hypnotique, les poings serrés et le visage exprimant une tendre force apparue depuis peu. Mais tes lèvres suintent de sang..EH Boy, tu te rappelle de cette grenouille crevée qui t’était éclatée dans les poumons pour venir les bouffer ? ‘doit en rester une patte ou deux parmi tes petites alvéoles en constante surtension. Fais gaffe, les prédateurs, ça renifle le sang des petits animaux. Cela dit, le rouge à lèvre, ça te va plus que bien..On dirait une jeanne d’arc de peinture, tant t’as l’aura de sainteté piétinée, et d’innocence déchirée..c’est frappant de pitié..Vilaine catin..

Tu t’diriges rageusement vers ton lit, y attrapant le premier vêtement qui vient, un kimono dans lequel tu t’enroules en faisant battre les manches comme des ailes de papillon à l’agonie. Séance finie, tu caches les détails de ton corps, n’en laissant que les contours par défaut. Tu ne daigne même plus le regarder, lui adressant un va te faire foutre silencieux.
22/3/2015, 21:12
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Age du personnage : C'est un secret ♥
Pouvoirs / Particularités : Pouvoir : Grâce à ses humeurs corporelles, Lucrèce peut conserver les cadavres. Particularité : l'espace d'un baiser, Lucrèce patage ses pensées avec l'autre.
Origine : Rome antique.
Orientation sexuelle : "Par devant, par derrière, de toutes les manières..."
Lucrèce eut un sourire. Il ne parvint pas à le retenir, car voilà qu'il commençait à ricaner. L'euphorie s'empara de son sang-froid, et il finit par éclater de rire, après s'être longtemps retenu. C'était comme s'il venait d'entendre une excellente plaisanterie, pleine d'esprit. Mais ce n'était pas le cas. Il rit pendant une longue minute, peinant à recouvrer son calme. Aah... Carol. Quel enfant virulent. Il était temps pour Lucrèce de commencer les choses sérieuses, sinon le goût de son tabac sur sa langue se dissiperait trop vite. Retour à la réalité, âpre et enfumée. Il pensait obtenir quelqu'un de valeur ? Lucrèce ne répliqua pas ; il se contenta de froncer les sourcils, réfléchissant à la chose encore plus absurde pour accepter de partager la moitié de sa vie avec lui. Il l'aurait certainement fait, c'était même ce qu'il lui avait proposé. Toutefois, Lucrèce s'accommodait de sa solitude. Les visites des curieux dans son Cabinet lui suffisaient. Parfois même, cela le dérangeait, et le coupait de ses conversations avec les étrangetés dont il partageait la vie. Dans son crâne, il y avait un million de voix résonnant sans cesse, se disputant parfois, s'accordant avec ses envies la plupart du temps. Mais Lucrèce ne s'oubliait pas derrière elles, il en restait le Maître. Il passa sa langue sur sa lèvre inférieure, Carol lui fermait son corps. Un kimono cachait ses bras graciles, et ses jambes fines. Presque blasé, Lucrèce soupira.

« Cette personne doit avoir de l'humour. Enfin... je suppose qu'à Wonderland, les monstres peuvent s'aimer entre eux, et se reproduire. »

Quelle était d'ailleurs la meilleure définition de la monstruosité ? La fleur entre les jambes de Carol en était une. Le garçon était grotesque, son existence en elle-même l'était. Toutefois, sans doute prenait-elle un sens dans cet univers détraqué, où on mettait en haut de la hiérarchie les putes. Lucrèce n'avait pas à s'étonner ; c'était ainsi que se comportait la Reine Rouge. Ses sujets lui ressemblaient. Capricieux, ignares, arrogants... Lucrèce n'était pas mieux, mais il estimait que cela n'avait pas d'importance. Il savait que personne ne le comprenait. On ne le comprendrait jamais. Qu'importe... les vivants n'avaient rien à lui apporter. Carol en était un exemple. Tous les deux s'agaçaient de l'autre, et s'en ennuyaient ; le gentilhomme allait mettre fin à cela.


« Toutefois, je ne vais pas me laisser insulter par la pauvre chose, dont j'ai payé les services. »

De toute façon, si Carol se débattait, Lucrèce avait de quoi le faire taire, et l'immobiliser. Non seulement parce que ça serait le combat entre un serpent et une souris, mais aussi celui d'un enfant face à un adulte. Le corps de Carol, incomplet, à double face faisait sa faiblesse. Il ne serait jamais pleinement un homme, jamais pleinement une femme ; son sexe versatile ne se donnait aucune identité. Comment avait-il vécu cela autrefois ? Combien de questions s'était-il posées ? Il s'appelait Carol. Ce prénom même était à double tranchant.

« La différence entre toi, et moi, petit ; c'est que moi je possède mon propre corps. J'ai même de l'orgueil, une chose qu'on t’a vite enlevé, je présume. Ta position est humiliante, ta nature même l'est. Tu n'es pas un être humain, tu es une chose, réduite à offrir son cul. Toujours un peu de vulgarité, parfois, cela ne faisait pas de mal ; Lucrèce accordait son vocabulaire à la situation, il reprit : je fais partie de ceux qui payent. Que tu me refuses ton corps n'a pas d'importance. Finis de jouer. Je vais prendre ce que j'ai payé. Je te déconseille de décevoir ma clientèle. »

Les différents voyages qu'il avait lui avaient permis d'obtenir certaines relations. Il savait comment se comporter avec l'Ombre par exemple, et un nouveau conflit avec lui et Crimson Spook avait besoin d'une excuse pour éclater. Dans le pire des cas, il serait l'allumette pour la bombe. Lucrèce remua les épaules. Si Carol n'avait pas eu cette fleur particulière, il l'aurait quitté par lassitude depuis un moment. Enfin... il ne serait jamais venu ici pour sauter des gamins de toute façon. Il sortit sa montre à gousset de sa poche, la chaine brillait d'un éclat immaculé, et émettait un cliquetis singulier. Ce n'était pas celui des maillons s'entrechoquant, mais de dents parfaitement lisses d'un animal rare. Il l'avait obtenu d'un type bizarre récemment. Il regarda l'heure, puis il la rangea. Lucrèce se baissa alors sur sa valise, il se plaça dos à Carol. Celui-ci ne s'était pas mis dans la position la plus favorable pour lui échapper. Vu le nombre d'étages que Lucrèce avait grimpés, il doutait qu'une chute lui permette de survivre, s'il sautait de la fenêtre. D'abord, de sa valise, il sortit le bocal d'urine et de sueur qu'il posa près de la porte. Finalement... Carol avait lui-même de quoi se museler, songea-t-il alors en caressant du bout des doigts la lame qu'il rangea. Il devait l'empêcher de foncer vers la porte.

« À combien estimes-tu tes services ? »

Lui, il se foutait du prix, il avait de quoi payer. Il avança vers Carol, il n'avait finalement rien pris de ce qu'il cachait dans sa valise. Il eut un sourire, si Carol continuait son petit jeu, il irait se plaindre à son propriétaire. Lucrèce savait faire le scandale, il en portait même le parfum. Il jeta sur le lit un bijou en or, ne comportant aucune morbidité — pour une fois. C'était une bague finement travaillée, avec un saphir ressemblant à la prunelle de la putain. Lucrèce l'avait récupéré sur une femme. Il ne s'agissait pas de Béatrice. Il croisa les bras, il colla son épaule contre le mur, et plia sa jambe droite sur celle de gauche.


« Par exemple, ça, ça suffirait ? »

Allons voir si le petit avait un semblant de goût. C'était pénible les putains, cela faisait partie des raisons pour lesquelles Lucrèce n'allait pas les voir. Ça accordait sa personnalité avec le client, ça avait encore une poignée d'espoir pour l'avenir, et c'était ennuyeux. Carol l'agaçait, parce qu'il n'avait rien à lui. De véritablement à lui. Il n'avait pas de personnalité, seulement un peu de répondant, et encore... il l'attaquait mollement. [/color]


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22/3/2015, 22:26
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Catin Sentimentale ♥
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T'as les nerfs à fleurs de peau, ceignant ta taille trop fine de la large bande de soie. Immobile. Tes yeux restent observer le lit, les filaments d'or pale qui parsèment discrètement les draps, oubliés de l'autre jour, restés parmi les habitants de tes rêves.

Tu l'écoutes parler, s'enfoncer et se noyer dans son arrogance. S'il craint la vulgarité, tu n'oserais que lui conseiller le magasin de la fée Clochette, peut-être pourrait-il y soigner son furieux manque de courtoisie d'une corde autour du coup, ou d'un flacon d'un quelconque liquide empoisonneur..

Tu ne te retourne face à lui qu'à sa demande d'information, sa voix s’enquérant des tarifs...ce qu'il te déplaît..tu poses ton cul sur le couvre-lit raffiné,croisant les bras et le regardant avancer vers toi d'un regard froid. Oh Carol, tu juges pourtant si rarement les gens...faut-il que celui là soit plus méprisable que tout..

Il jettes un objets à tes cotés, comme on fait la mendicité, appuyé contre la parois décorée. Une belle bague bien travaillée, qui te plairait, indubitablement. Mais dans un autre contexte que celui-ci. Alors, tu ne vas vraiment pas la toucher ? Tu la dédaigne même ...Lucrèce s'est bien trompé, finalement, ton orgueil est toujours présent, tu sais simplement le rendre très discret.

Tes yeux viennent se braquer dans les siens, tes sourcils de platine froncés, les iris assombries des sentiments houleux de répulsion que t'inspire le personnage. Tes doigts se tendent,ta mâchoire se crispes, et poliment, ta voix s'élève, maîtrisée dans les moindres de ses détails.

« - Je tiens à vous signaler que vous n'avez encore payé aucun service. De plus, si vous ne voulez pas coucher avec moi, c'est vous que ça concerne, mais c'est mon travail, et je ne ferai pas quelque chose qui sors de ce cadre. Vous avez payé le droit d'entrée, vous êtes entré, mais jusqu'ici, c'est encore moi qui décide, et je pense que nous pouvons désormais clore la transaction par un non-lieu. »

Tes doigts trop délicats attrapent l'anneau, et tu te redresse de nouveau, marchant avec toute l'élégance donc tu es capable vers lui. T'as vu ça..même là, on peut plus te traiter de méprisable, en cet instant. Dommage pour le lexique adoré des mots pitoyable qui se couche aussi à tes pieds.
Une fois face à lui, tu t’arrêtes et lui retend le bijoux, braquant tes propres saphirs plus vivants et luisant que la pierre. La colère te vas bien, catin...

« - Ca n'aurait pas été suffisant quand bien même j'aurai accepté. Vous devriez la reprendre et prendre le chemin de la sortie. Je n'ai aucune envie de faire affaire avec vous, et s'il vous venais l'occasion de vous plaindre, sachez que le roi rouge lui même est parmi mes clients, alors vous ne comptez pas vraiment... »



Tu patientes, le menton levé, le regard ne dénotant plus de crainte, rien qu'un calme blasé, une autorité de trop longues années à supporter la lie de l'humanité dans tes draps,à s’entraîner aux discutions les plus absurdes comme les plus effrayantes. La vie, elle est comme ça, et parfois, ce n'est plus qu'un filigrane d’événements ennuyeux, torsadés, ajourés..qui se suivent et rouillent..marquant la peau un bref instant avant de disparaître au profit d'un métal plus polis.
12/4/2015, 21:36
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Le Collectioneur des Curiosités
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Pouvoirs / Particularités : Pouvoir : Grâce à ses humeurs corporelles, Lucrèce peut conserver les cadavres. Particularité : l'espace d'un baiser, Lucrèce patage ses pensées avec l'autre.
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Pas suffisant ? Juste pour ça ? Lucrèce haussa les sourcils, méprisant. Pas suffisant ? Lui, il considérait que les services d'une putain ne valaient pas autant. Carol ne pouvait pas imaginer ce que cet anneau représentait. La jeunesse, sans doute, une bonne dose d'orgueil mal placé. Il le jugeait ? C'était dans la nature de tous de juger en permanence, même si certains se targuaient du contraire. Une simple impression suffisait, et en le reniant, Carol le jugeait en quelque sorte ; il ne l'estimait pas assez pour accepter de lui ouvrir les cuisses. De toute façon, ce n'était pas cela qui intéressait Lucrèce. Le sexe... disons que c'était une notion différente pour lui que pour les autres. Il faisait l'amour aux choses qu'il trouvait suffisamment belles ou grotesques pour lui plaire, mais mortes, surtout. Il lui arrivait parfois de transpirer dans les draps d'un être vivant, mais ce n'était pas la même chose. La sueur, le maquillage coulant au coin des yeux, la fatigue, et les soupire... c'était moche. Il n'aimait pas frotter son corps à un autre tellement gras, qu'il avait l'impression que son ou sa partenaire était tombé dans de l'huile de moteur. Enfin, là n'était pas le sujet ! Carol le chassait, et ça le blasait. Il poussa un profond soupir, et il récupéra son anneau qu'il rangea. Il plissa les yeux, fixant Carol, puis il lâcha :

« Très bien. Je ne vous importunerai pas plus. »

Lucrèce pouvait s'ennuyer facilement. S'il devait se battre trop longtemps avant d'arriver à son but, il s'en lassait. Son regard n'exprimait plus aucun mépris pour le jeune homme, il était redevenu affable. C'était exactement le même qui était rentré dans cette chambre quelque temps auparavant ; il affichait juste un profond ennui. Il pouvait se montrer violent, et tuer l'enfant, mais... cela ferait du bruit. Il changeait d'avis. Il reprit sa valise, il soupira encore. Tout... ça pour rien. Bon... au moins, ça pourrait servir pour une autre victime ; il détestait gâcher ses « précieuses » humeurs corporelles. Ce n'était pas si facile à obtenir... et franchement, ça prenai du temps. Trop de temps gâché... pour rien. Il haussa les sourcils, il posa la main sur la poignée de la porte, mais avant de quitter Carol, il se retourna vers lui.

« Une dernière chose, déclara Lucrèce. »

Le gentilhomme restait curieux. Il ne comprenait pas le point de vue de Carol... parce qu'il avait la sensation qu'il n'y avait pas, et c'était cela qui le déroutait le plus chez lui. Il lécha sa lèvre inférieure, il plissa le front, et il déclara :

« Si je vous demande si cette vie vous satisfait... vous me répondrez sûrement “oui”. Mais est-ce la vérité au fond ? Je n'arrive pas à concevoir qu'on puisse trouver du bonheur dans ce que vous faites. L'argent, les biens matériels, et l'admiration — l'amour ? — de certains de vos clients vous apportent sans doute... du confort. Mais ce n'était pas tout cela qui vous donnera ce dont vous avez besoin. Je ne m'épancherais pas plus sur ce sujet, car vous allez encore me dire que je ne sais rien de vous. Mais ce que je ne sais pas, je le devine, mon garçon. Pensez-vous vraiment que cette vie en vaut la peine ? »

Lucrèce ne comprenait pas... simplement parce qu'une vie passée à satisfaire les besoins sexuels des uns et des autres... était pour lui de l'esclavage. Et il tenait plus que tout à sa liberté ; il l'avait acquis péniblement, et il s'accrochait à elle, fermement. Pour lui, la prostitution n'était qu'une solution de facilité. Il mordit sa lèvre inférieure.

« On a toujours le choix, Carol, et il n'y en a ni de bon ni de mauvais ; seulement celui qui convient le plus. »

Lucrèce ne regrettait rien. Carol le trouvait certainement pédant, agaçant, et taré, mais lui, il vivait en parfaite harmonie avec lui-même. Sa folie, il n'en avait pas vraiment conscience, et quand bien même, quelle importance ? Il était heureux ainsi. Il soupira, il remit sur sa tête son haut-de-forme (mettons qu'il est arrivé avec), il ouvrit la porte. Il fixa une dernière fois Carol, et il conclut :

« Passez me voir à mon Cabinet, si le coeur vous en dit ; j'ai peut-être des merveilles plus intéressantes à vous proposer que cet anneau. Qui sait ? »

Même si... Lucrèce se doutait de ne pas croiser sur son territoire le garçon. Il resterait sûrement dans sa chambre confortable, à s'enrouler dans ses draps de soie, et à songer à quel point il l'agaçait. Il ajouta :


« Et le Roi Rouge n'est pas un problème. On peut toujours trouver un marché. »

Lucrèce referma la porte. Lorsqu'il descendit, on l'accosta et on lui demanda ce qu'il avait pensé de Carol ; il se contenta d'un haussement d'épaules, et de lâcher un « pff » blasé.



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13/4/2015, 12:22
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