Visite de courtoisie [PV Komui Lee]




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MessageSujet: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   6/4/2015, 03:57

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Cœur tendre


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réparation des coeurs/larmes de perles
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Webcomic de Miyuli "Hearts for sale"
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Cœur tendre
Les rayons du soleil percèrent derrière l'horizon joyeux de la ville, faisant relever la tête du petit réparateur des cœurs de son ouvrage, le faisant délaisser un instant son travail presque achevé afin de contempler l'aube dont les rayons caressaient la peau colorée de son visage marqué légèrement par les caprices de sa nuit blanche. Remontant les lunettes de protection sur son nez, un sourire fatigué aux lèvres, Ank s'étira en baillant, reposant l'outil qu'il tenait encore en main sur son plan de travail, allant se servir une tasse de thé sucré avant de revenir jeter un coup d'oeil au réceptacle qui pulsait tranquillement sur le bois de la table.

Un sourire effleura doucement les lèvres d'Heartsmith. Il avait mit du temps à finir l'ouvrage qu'on lui avait demandé, mais le résultat en valait la peine. Le cœur battait en effet d'une tendre couleur rouge, la même qui faisait battre le sien, fraîchement réparé d'une ancienne commande où il n'avait pas eu d'autre choix que de céder, encore une fois, un peu de lui même, payant une nouvelle fois le prix d'une douleur intense qui avait mit plus de temps que d'habitude à cicatriser.

Un frisson le parcouru à cette simple idée. Plus les années passaient et plus il avait l'impression de perdre ce qui lui permettait de réparer les sentiments des autres. C'était une idée horrible pour lui qui était tourné vers les autres depuis sa probable naissance et depuis qu'il avait cette petite fille aux cheveux couleur de soleil couchant et au panier rempli de cœurs innombrables qui cherchaient quelqu'un pour les acheter. Mais lui ne pouvait vendre des cœurs, il ne pouvait que les réparer, et si on lui enlevait cette partie de lui, il ne pourrait sans doute pas y survivre longtemps. Il culpabilisait déjà lorsqu'il ne pouvait mettre un terme heureux à son travail, alors que généralement c'était le client qui, trop empressé, n'attendait pas la fin malgré tous les avertissement d'Heart, repartant avec un réceptacle qui finirait forcément par se détraquer de nouveau, envers et contre tout, à moins que la mort ne vienne les faucher avant cet échec.

Le bruit de la petite clochette de l'entrée le ramena à l'instant présent, le tirant de ces pensées pour le moins poignantes et amères. Sa cliente était si matinale... Ank l'accueillit d'un large sourire, sincèrement heureux de la revoir alors qu'elle le saluait en riant, lui tendant un morceau de tarte qu'il accepta avec grand plaisir, prenant ensuite un plaisir certain à discuter avec elle.
Il faut dire que cela faisait un moment maintenant qu'il n'était plus sorti de sa boutique, s'occupant des nombreuses demandes de réparation qui lui avait été faites. Il avait connu plusieurs fois ce genre d'affluence, la demande n'étant jamais parfaitement soutenue ou équilibrée, le laissant parfois des mois sans une seule commande avant de le laisser se débrouiller avec une trentaine de clients arrivant tous le même mois, repartant tout aussi rapidement une fois leurs vœux exaucés. Et bien peu prenaient le temps de discuter avec lui et de le tenir au courant des évolutions de la ville. Sa présente cliente était donc la première à lui parler depuis un long moment, et leurs échanges, courtois et sympathiques, étaient une véritable bouffée de fraîcheur pour le jeune homme qui en avait grandement besoin.

Elle lui parla donc des dernières arrivées, de ce qui s'était passé, et des nouveaux commerçants qui étaient venus s'installer dans le petit quartier. Elle lui glissa qu'un marchand avait ouvert un magasin nommé "Umbra Lee" et que c'était quelqu'un de très original. Elle lui conseilla d'aller le voir, ne serait-ce qu'afin de faire connaissance, non sans le prévenir au passage de demander, s'il voulait acheter ses services, l'exact opposé de ce qu'il voulait afin d'avoir le résultat escompté. Le réparateur trouva le conseil bon et le nota dans un coin de sa tête avant de continuer la discussion, apportant le réceptacle au petit bout de femme qui bondit littéralement de joie en voyant le travail achevé.

Quelques minutes plus tard, elle sortit, non sans embrasser la joue du jeune homme et lui laisser le prix de la réparation, prix qu'elle tenait absolument à payer bien qu'Heart lui avait clairement laissé entendre qu'elle n'était pas obligé de lui régler la somme exacte.
Son départ laissa un grand vide dans la boutique qui hérissa soudain le réparateur qui décida de sortir et d'aller voir son nouveau voisin. Ni une ni deux, il s'empressa de se changer, balançant tablier et habits de travail contre un pantalon et un simple T-Shirt malgré l'air assez frisquet de ce début de matinée.

Quelques secondes plus tard, il déambulait dans les rues, flânant tranquillement en saluant toutes les personnes qu'il rencontrait, retrouvant certains de ses anciens clients qui le saluaient avec le sourire avant de retourner à leurs occupations. Des enfants vinrent le voir et lui proposèrent de jouer avec lui quelques instants avant de le laisser repartir dans les rues, lui souhaitant une bonne journée.
Heart' adorait le quartier où il logeait et où il travaillait, même si pour une raison étrange, son corps hésitait toujours un peu à sortir de sa boutique. Comme si instinctivement, il craignait de disparaître une fois en dehors des murs de pain d'épice qui l'avaient vu, pour ainsi dire, naître.

Ses pas finirent par l'amener à destination, le faisant s'arrêter devant la porte dont il actionna la clenche, entrant dans la boutique dans un tintement clair, voyant sous ses yeux un étalement encore plus bordélique que le sien, ce qui le fit sourire.
Ses iris sombres ne tardèrent pas à trouver l'homme que la petite femme lui avait décrit. En même temps, grand comme il est, il n'avait aucune raison de le louper. S'avançant doucement vers lui, il l'apostropha gentiment, presque gêné de le déranger :

-Bonjour... Vous êtes monsieur Lee ?
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   9/4/2015, 23:31

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If we could start again, Would it change the end?


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Bisexuel.
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L'Umbra Lee.
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Komui Lee
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Parfaite. Elle serait parfaite. Le rouge de la décoction de plante ajoutée il y a peu commençait à se mélanger et se mêler en tourbillons disparates au vert de la solution jusqu'alors, le dévorant comme un feu rongeait le bois et s'y mêlant, luttant quelques instants, hésitant entre ce rouge encore existant et ce vert qui luttait pour sa survie. Luttant de toutes les forces âpres de son âme contre la force qui l'envahissait comme avec le secret espoir de lui résister. Mais elle y  céderait. Elle y cédait toujours. Les ténèbres écarlates seraient comme toujours plus fortes. Elles avaient plus de force, plus de d'impact comme un sang frais venu bercer les plaines s'opposant aux forces d'un sang vieillissant. Un sang venant chasser les temps anciens. Un ordre nouveau s'établissant. Une renaissance. Un peu comme la mienne en ce monde... Moi, vieux temps chassé par la mort, luttant quelques temps contre les tourbillons de Wonderland venus chasser les temps d'antan pour faire renaître de là dessous des sangs perdus. Et puis,sans s'en rendre compte, se fondant dans les tourbillons, formant un composé presque uni avec Wonderland, comme si ce monde et moi avions toujours été destinés à nous rejoindre. Si ce n'était la minuscule pellicule  qui restait au dessus, des composants trop légers pour se marier au reste et qui prenait doucement forme là haut dans ce tube à essais. Comme il avait pris forme dans mon cœur. Je levais le regard vers le ciel encore décoré des tentures de la nuit vers la lune mais qui allaient vers le déclin à l'heure où le jour reparaît avec ses oripeaux, résolu à faire la guerre à la nuit pour récupérer son royaume que le dehors exaltait.

La regardait-elle aussi ? Ressemblait-elle à celle que je voyais ? Songeait-elle à moi ? Avais-je encore la moindre importance ou mon souvenir était-il déjà perdu au loin ? Se consolait-elle dans les bras d'un odieux insipide abruti crétin qui me volerait ma sœur ? Me pleurait-elle encore ? M'en voulait-elle encore ? Ou dormait-elle tranquillement ? Ou cauchemardait-elle ? Tant de questions qui n'avaient pas de réponses.. Qui continuaient de m'attacher à ce monde où j'avais été le vieux sang. Tant de questions qui me tenant attaché à lui. Quant à mes hommes.. Est ce que ma mort les affectait encore ? Pensaient-ils à moi ? Quelle image avaient-ils gardé de moi ? Riaient-ils aussi de moi, se rappelaient-ils de l'époque de mes inventions farfelues, quand ce monde n'était pas prêt à les accepter ? Mais pour eux, les réponses étaient plus évidentes.. S'il y avait une Congrégation, encore, ils avaient déjà tournés la page et continuaient de vivre. Il ne fallait pas leur en vouloir. C'était normal. Aucun chef n'était éternel ni irremplaçable. C'était d'ailleurs marqué sur mon contrat de travail quand j'acceptai le poste. Et puis de toute manière je n'avais aucun droit de reproche sur eux Ni sur ma sœur quoi qu'il lui soit advenu. C'était moi qui les avaient abandonné, après tout. Ma main se crispa au niveau de mon cœur. Ce cœur qui brûlait, criait et tressaillait, ce cœur qui gémissait et hurlait sa douleur, ses questions sans réponse, dès que je relâchais un peu mon attention, dès que j'oubliais ce monde auquel j'étais lié, à présent. Ce cœur qui mourrait d'envie de leur crier ses excuses, d'implorer leur pardon et le recevoir, le recevoir juste.. Mais qui n'aurait rien, rien que le silence et le néant. En juste châtiment. Je ne l'avais pas volé, après tout.

Je chassais mon regard de l'astre lunaire. Trop dangereux, celui-ci, surtout quand un astre ressemblait trop à celui qu'on avait connu. Et j'avais des choses plus urgentes à faire. D'autant qu'au même moment un sifflement se fit entendre non loin. La bouilloire  que j'avais emmené avec moi dans mes laboratoires m'annonçant que l'eau était chaude. Avec un soupir j'allais la chercher, avant de verser l'eau chaude dans l'infusion qui m'attendait, bien sage, disposée dans une tasse. Ce n'était pas ma préférée, loin de là, je préférais largement le café, mais pour lutter contre la fumée de Poneyville, il n'y avait jamais eu que le thé d'efficace. Et ma tisane thé au goût de café aussi. Mon sublime bijou, qui mêlait les vertus thérapeutiques du thé  et le goût du divin sublime merveilleux mirobolant précieux café... Mais le café pur restait bien meilleur... J'eus un sourire extatique, me promettant après le traitement nécessaire une bonne tasse de ce divin breuvage  avant de porter la tasse à mes lèvres et boire (comme si j'allais prendre du thé, non mais.... et puis, j'avais essayé une fois les fumées de Poneyyville, avec le secret espoir qu'elle doperait mes capacités de création ; ah pour sûr ça avait marché, mais pas vraiment dans le sens que je l'attendais... ) Et je préférais mais VRAIMENT oublier ce fait.  . Ne pas répéter l'expérience non plus. Alors valait mieux prévenir que guérir.

Le goût du café se répandit en moi mais tellement affadi par l'omniprésent THE que je faillis en vomir de dégoût. Et dire, dire que je devais boire CA pour échapper au reste.... M'enfin, un jour, oui un jour, je réussirai sûrement à élaborer un café ayant les vertus du thé. Il ne fallait pas perdre espoir. Tout était une question de réglage et de dosage. Mais en attendant... A votre santé ô habitants de Wonderland et d'ailleurs. Je reposai ensuite la tasse vide pour reporter mon regard sur la potion en cours. Pendant mon temps de rêverie, le marron ambré comme de ces vieux meubles d'antan  du mélange s'était formé et semblait presque uni mis à part ce précipité qui refusaient de se mélanger.  Mais le monde avait globalement gagné. L'inhabituel était devenu habituel. Et bientôt contribuerait à gêner très légèrement de manière presque imperceptible la croissance des plantes qui avaient du se faire un peu trop envahissantes rapidement chez ma cliente qui devait apprécier sûrement de les voir grandir plus doucement voire pas du tout. Enfin, c'est ce que j'en déduisais. Je ne demandais jamais d’explications. Ce n'était pas mon rôle. Si on voulait m'en donner, soit, mais sinon ça ne me regardait pas. Le client était roi, cela était mon mot d'ordre depuis toujours. Et plus encore face à l'abandon que j'avais fait subir à ma pauvre sœur. Comme si je pouvais le réitérer... Bien sûr que non.

Mais les précipités trop légers devaient à leur tour disparaître pour respecter l'union commise. C'était la règle, la règle du marché. Il fallait les évaporer. Je transférais le produit dans une sublime ampoule à décanter déposant sous elle un flacon destiné à recueillir le précipité avant d'ouvrir la légère vanne qui retenait le liquide en suspension, comme hésitant entre deux mondes, ne sachant trancher avant d'observer minutieusement l'écoulement du poison qui ruinait la solution  et rejoindre le flacon dessous. Ce petit précipité qui n'avait rien de mortel, qui ne faisait rien de mal mais qui n'avait pas sa place ici. Ne l'aurait jamais. Resterait détaché à jamais de la solution, ne pouvant s'y marier et au pire des cas la corrompant à flotter ainsi. Oui au pire des cas. Mais il n'en était pas de même des humains rendus hétérogènes. Personne ne pouvait effacer les douleurs et les regrets. Personne ne pouvait effacer ce qui avait été. Toujours ils surnageaient au dessus de nous. Et c'était mieux,ainsi. On n'oubliait pas d'où l'on venait. Ni les crimes commis. C'était mieux, bien mieux ainsi. Une juste peine. Oh que oui.. Mais qui me distrayait de mon but premier. Aussi reportai-je mon regard sur la solution, guettant comme un prédateur le moment où sa proie serait totalement livrée et exposée, guettant le lent écoulement et amenuisement du précipité. Qui s'annonçait de secondes en secondes alors que le liquide s'évanouissait de la surface comme du sable descendant dans un sablier retourné, comme un temps révolu s'évanouissant sans retour Et de ce fait, bientôt il ne me resta qu'à refermer la vanne, isolant les deux composants à présent totalement séparés. La potion cherchée et le précipité inutile. Et qui de suite passa en se mélangeant à l'eau que je lui donnais avant de rejeter dans son évier. Comme on balaye un insecte. Mais je ne devais guère songer cela. Cela valait mieux... Cette humeur mélancolique était dangereuse. Un peu trop. Et sûrement pas le moment pour aller se coucher. Sauf si je voulais me condamner aux cauchemars. Ce que je ne voulais pas.

Surtout que venait le moment crucial. Le test final, celui qui montrerait combien mon génie avait raison de croire en cette petite chérie de potion... Et mon cobaye attendait juste derrière de recevoir sa dose. Une mauvaise herbe trouvée que j'avais rempotée, laissée tranquille dans le seul but de l'user comme sujet test. Car il était hors de question que je laissât sortir de ma boutique quelque chose de manqué. Je ne voulais que l'excellence, et mes clients me connaissaient pour cela. Je ne ferais rien pour démentir cette rumeur. C'était hors de question... Je disposais donc sous l'ampoule un nouveau récipient et prélevais un peu de la solution avant de rejoindre mon cobaye du jour et verser la solution. Je savais que le résultat  ne serait pas immédiat mais j'aurai sûrement toute la journée pour admirer celui-ci.. La journée qui s'annonçait semblait être d'une tranquillité affriolante sans aucune événement intéressant... Une journée banale dans un monde tout sauf banal...Cette pensée fit naître un sourire à mes lèvres. Mes lèvres qui avaient tendance à oublier un détail crucial. Mais je n'arrivais plus à me rappeler de quoi... Bah, avait-ce la moindre importance ? La moindre quand le premier sourire de la nuit me venait ? Non,non.... Aucune quand ma conscience retombait dans le mélange réussi. Peut être pourrai-je d'ailleurs envisager de prendre du repos.... Avant que je n'écartât cette idée de mon esprit. Encore trop risqué.... Et puis autour de moi, il y avait comme des ustensiles qui me jetaient des regards noirs semblant appeler une jolie vaisselle. Nécessaire si je voulais récréer. J'eus un soupir. Cela allait être long, encore très long....Pff.. Et j'avais déjà la flemme de commencer.... Ah là là.... Pourquoi je ne pouvais pas tout laisser en désordre, et tout retrouver en état propre le lendemain hein ? Ce serait tellement plus simple....Ben non, fallait nettoyer.... Remarque, j'avais rien de mieux à faire, vu qu'en ce moment je ne croulais pas sous les demandes. Mais quand même....Je soupirai avant de faire couler l'eau et m'emparer des éléments que je devais nettoyer. Ça allait prendre un moment.... Et une ampoule à décanter une fois vidée et le mélange transféré dans un tube à essais que je devrais nettoyer par après coup.. Super. M'enfin pas songer au travail qui m'attendait pour plus tard. C'était déjà assez dur comme cela...Un récipient  ayant contenu des composants de la potion. Oh un autre. Encore un autre. Et encore un autre. Oh tiens, le premier tube à essais. Oh tiens, le second. Oh tiens le troisième... Oh regarde dehors, la lune va sur son déclin et l'aube paraît enfin... Non non.. Vaisselle.. Mais. Vai-sselle. Et café ? Après. Oh...........Et si j'allais cueillir des plantes.. Bon, cinq minutes mais après vaisselle....

Le soleil offrant ses rayons sans se disputer à la nuit me trouva achevant ma vaisselle enfin. ENFIN. Enfin il n'y avait plus rien qui fut sale. Tout était prêt à être réutilisé ~ A laisser ma créativité et mon génie s'exprimer à nouveau......Cela laissait songeur.. Oh comment serait ma prochaine commande, mon prochain client ? D'où viendrait-il, que voudrait-il ?A quoi ressemblerait-il ? Serait-il déjà venu ou un total inconnu ? Ah tant de possibilité, tant de rêves, tant de lumière, tant de demandes....Ah là là ~Mais d'abord avant de songer à tout cela, un petit coup d'oeil à ma jolie future mauvaise herbe morte.... Qui étrangement avait l'air.... de reluire un peu ? Comme si ses feuilles avaient gagné en beauté.... Oui, comme si elle s'était parée d'une légère brillance très jolie...... J'avais toujours su que ma potion serait un succès, et bien voilà, ça y était. Mon bébé, mon sublime bébé....Donnait à voir ses plus beaux fruits, transcendant la matière, la sublimant et qui sait peut être aidant à améliorer sa croissance qui savait....L'émotion étreignit mon cœur tant et si bien que je ne pus m'empêcher de verser une petite larme.. C'était si émouvant de voir quelque chose venant de ses mains étendre son influence.... Si mignon, si génial, si merveilleux, si splendide.. Que cela ne pouvait que se fêter. D'autant que mon café je ne l'avais pas volé (traîné ? Non, je n'avais pas traîné, j'avais fait ma vaisselle de bout en bout non mais ! ) .. Et quoi de mieux que ma muse, mon soutien éternel, ce qui me donnait l'énergie d'avancer pour fêter cela dignement ??? Non rien de mieux... Je me dirigeais vers la cafetière qui se trouvait dans mes laboratoires et l'allumai après avoir rajouté la substance précieuse issue directement de mes plantations et qui bientôt coulerait dans ma orge, imprégnant mon palais, chassant un froid  qui n'existait pas ici... Mhhhhh.. J'en rêvais déjà.. M'enfin, j'avais quand même un peu de temps avant que ma réserve de café ne soit prête. L'occasion de me rendre plus présentable...

Je quittai donc la partie réservée à mes expériences et remontais vers le coin  boutique avant de passer derrière mon comptoir et ouvrir la porte dérobée  entre deux étagères qui s'y trouvait et menait à l'étage. Étage que je gagnai et qui me vit entrer dans ma chambre, prendre quelques affaires puis me diriger vers la salle de bains où j'entrepris d'effacer la nuit précédente pour commencer cette nouvelle journée du meilleur pied. Et tout s'annonçait bien.. Le soleil brillait, ma potion marchait, je ne me sentais pas fatigué malgré ma nuit blanche, n'avait pas spécialement enfin de ne rien faire.. Non rien de mauvais ne s'annonçait et en plus j'allais avoir mon café ~  Tout était bien dans le meilleur des mondes....~ Non rien de mauvais, et il y avait peu de chance que cela se détériorât...Je souris aux alentours en descendant les escaliers, regagnant le coin boutique avant d'aller chercher ma divine géniale, réserve de café... Ce que je fis avec bonheur, rentrant dans la pièce pour la sentir chargée de la douce, subtile et merveilleuse odeur du divin café.... Je fermai les yeux et inspirait profondément avec délice comme l'on révère un dieu, résolu à en profiter encore quelques instants. Puis j'allais récupérer la tasse propre qui traînait par là  et que j'emportais toujours avec moi où que j'aille dans la maison et embarquais la réserve de café avec moi pour les emmener vers mon comptoir. J'avais pris l'habitude de me servir du café en travaillant à mon comptoir. Et j'escomptais bien le faire en peaufinant le prochain projet que je devais mettre en place.... Telles étaient mes pensées en me dirigeant vers puis déposant la réserve et ma tasse sur le comptoir sans aller vérifier si la porte était ouverte ou non. Je savais bien qu'elle l'était. Je ne fermai après tout ma porte que lorsque j'allais me coucher et même là on pouvait encore entrer en contact avec moi. Après tout les blessures pouvaient arriver à n'importe quel moment et je refusais qu'une personne puisse souffrir voire mourir parce que je dormais où que la porte était fermée... Ce n'était pas dans mes principes. Et ne l'avait jamais été. Et je n'avais pas pour intention que cela le devienne un jour.. Plutôt mourir que refuser d'aider quelqu'un, plutôt...

J'en étais à ses pensées lorsque un tintement emplit la boutique. Un tintement que je connaissais bien. Celui de la clochette qui annonçait l'ouverture de la porte de mon échoppe. Je retins de justesse un frisson d'excitation. Un client... Qui aurait une demande spéciale à me faire faire et que je pourrais aider.. Quelqu'un que mon génie pourrait intéresser et aider....J'avais déjà hâte....Je redressai mon regard que j'avais baissé et souris de mon air le plus chaleureux que j'avais. Histoire de faire le meilleur accueil possible et que ce nouveau client ne crut pas être importun quand c'était exactement l'inverse. Et mon regard m'offrit la vision d'un homme de plutôt haute taille, fin mais musclé  à la peau d'un doux brun chocolat, aux yeux d'un noir étrangement doux avec un visage d'une douceur inhabituelle comme si la personne en question respirait la bonté même encadrée par des boucles brunes désordonnées mais qui en un sens se mariaient plutôt harmonieusement avec son visage. Cette personne qui venait vers moi avec douceur comme avec l'étrange crainte de me dérangeait ne m'était pas connue et rien n'indiquait d'où elle venait mais en tous les cas il y avait quelque chose chez cette personne qui faisait que quoi qu'il arrivait, même si ça relevait d'une étrange intuition irrationnelle, on n'avait pas l'impression qu'elle puisse vous faire le moindre mal Comme si elle était la bonté même. Impression qui ne disparut pas quand le jeune homme m'apostropha avec douceur et avec l'air de redouter de me déranger :
« -Bonjour... Vous êtes monsieur Lee ? »

Je lui souris en retour de l'air le plus chaleureux que je possédais. Non seulement parce qu'un bon commerçant devait être le plus chaleureux possible avec ses clients mais aussi et surtout avec le secret espoir que par ce sourire il comprit qu'il était loin d'être importun à mes yeux. En fait, il était la première personne vivante que je voyais depuis ce matin, alors il était encore moins importun qu'il ne le pensait. Surtout qu'il m'amenait sûrement un rêve que pour lui je pourrais réaliser et cela n'avait pas de prix. Non vraiment. Aussi lui répondis-je d'un ton tout aussi chaleureux :
« Bonjour ! Et oui, je suis Monsieur Lee... Mais vous pouvez m'appeler par mon prénom. A savoir Komui. »
Détruire la distance. De suite. L'effacer, lui faire comprendre que je ne lui était ni différent, ni supérieur. Et surtout, surtout, ne plus jamais retrouver cette politesse étriquée et dépourvue d'humanité. Je ne voulais plus de titre, plus de monsieur. Juste mon prénom. Mon prénom qui seul restait entier et porteur de sens en ce monde. Après si c'était ce qu'il voulait... Aussi rajoutais-je avec ce sourire que je ne voulais pas bannir de mes lèvres :
« Enfin,après, c'est à vous de voir comment vous vous voulez m'appeler. »
Mais tout cela nous éloignait du sujet certainement. Revenons au centre du sujet. Il n'aurait pas été de  bon goût de faire perdre trop de temps à cet homme qui n'avait sûrement pas que cela à faire. Aussi repris-je avec un sourire s'atténuant dans la bienveillance :
« Et donc bienvenue à l'Umbra Lee. Que puis-je pour vous ? »
Je lui souriais à présent doucement, gentiment. Histoire de lui montrer que quoi qu'il demandât, je ferais mon possible pour le réaliser. Du moment que j'avais mon café. Café que je n'avais toujours pas bu d'ailleurs, misère de misère. Café que j'avais alors que je recevais quelqu'un même épisodiquement à qui je n'en ai proposait même pas.. Impoli.... En manquant une occasion de peut être faire découvrir et apprécier le café à une nouvelle personne.. Quel nigaud je faisais... M'enfin, il était toujours temps de rattraper. Aussi m'exclamai-je avec douceur :
« Et d'ailleurs, si jamais vous voulez du café, n'hésitez pas à en demander. Je pourrais toujours en refaire si nécessaire. »
A présent je contemplai mon interlocuteur du jour sans aucune animosité ni jugement préconçu. N'attendant que l'énonciation de son rêve pour lui donner corps et lui rendre. L'aider un temps avant  que nos routes s’éloignent et se séparent probablement ou se recroisent si d'autres rêves naissaient avant que le scientifique ne redevienne qu'un précipité qu'on oubliera plus tard suivant l'ordre normale des choses comme on sépare ce précipité du mélange obtenu.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   12/4/2015, 17:42

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La première chose qu'avait remarqué Ank en entrant dans la boutique, c'était l'odeur étrange qui y flottait, mélange de senteurs que son nez ne connaissait pas, ne reconnaissant qu'un très vague arôme de thé, arôme bien vite supplanté par tout une farandole d'odeurs lui étant totalement inconnue dont une, plus forte que les autres, qui semblait émaner de la tasse que tenait l'homme aux traits asiatiques qui se tenait derrière le comptoir et vers lequel il se dirigeait avec timidité, observant avec curiosité le bric à brac présent entre les quatre murs, étrange méli-mélo de textures et d'objets plus incongrus les uns que les autres. L'odeur de la tasse piquait sa curiosité aussi sûrement qu'un aimant attirait le fer, lui faisant se demander quel goût cela pouvait avoir. Il faut dire que la curiosité du réparateur était à la hauteur de sa gentillesse : immense, sans limite. À force de ne voir que les murs de sa boutique, il en venait à se questionner énormément sur ce qu'il y avait au dehors, loin, là où il ne pourrait sans doute jamais aller du fait de son travail et de son corps, ce dernier n'aimant guère le voir sortir de chez lui, alors aller au-delà de la ville moelleuse, n'en parlons pas... Cela équivaudrait sans doute à un suicide pur et simple...

Ank chassa ses pensées, évacuant la tristesse qui avait serré son cœur à ce simple constat, souriant doucement à l'homme aux cheveux noirs et aux lunettes simple qui l'accueillait avec un sourire chaleureux qui lui fit du bien. Le sourire était pour Heart' la plus belle des choses sur le visage d'une personne, surtout les sourires sincères qui réchauffaient les sentiments des personnes en face. C'était aussi pour cela qu'il souriait le plus souvent possible, comme s'il n'avait que faire de la peine que son corps pouvait ressentir lorsqu'il devait s'arracher des morceaux de lui-même pour réparer les autres. C'était son travail à peine arrivé dans ce monde, il l'avait accepté, et il était hors de question qu'il arrête. C'était toujours l'épuisement et la douleur qui le stoppait dans ses réparations, l'assommant sur sa table de travail où réussissant à le mettre dans son lit où il s'endormait d'un sommeil si lourd que bien des personnes auraient pu croire qu'il s'éteignait à petit feu, rongé par cette charge de travail qu'il se donnait à lui même, se consumant pour les autres, pour leur bonheur, se sentant renaître à chacun de leurs sourires et de leurs remerciements. Lui, il passait toujours au second, voire au dernier plan, s'oubliant toujours, de plus en plus même au fil des ans qui s'écoulaient, ignorant sa propre mécanique qui peut être un jour finira par véritablement le lâcher, le laissant sur le carreau, et sans doute avec personne pour le pleurer.

Car il savait aussi que ses clients, une fois leur cœur réparé et la porte de sa boutique franchie, l'oubliait vite, très vite. Il n'était qu'une étape dans leur vie, qu'une silhouette au sourire doux et honnête offrant son aide le temps d'une escale avant de les laisser repartir faire leur vie. Jamais il ne leur en voulait, jamais il ne se plaignait, se croyant heureux de les voir reprendre une vie grâce à lui, à ses doigts usés et perclus de cicatrices, à la peau calleuse et douce qui serrait la main avec une infinie tendresse avant de vous laisser repartir, oiseau de passage, ailleurs, là où il n'existera bientôt plus de votre mémoire.

Son cœur délaissé savait reconnaître, presque instinctivement, ceux des autres, ressentant leurs peines et leurs détresses, un peu comme s'ils communiquaient leur besoin de chaleur, s'appelant mutuellement pour panser leurs plaies.

Et l'homme en face de lui en avait un, de cœur blessé. Ank pouvait presque voir le réceptacle pleurer de manière lointaine, regrettant des actes, un événement, des promesses non tenues. Instinctivement, cela lui donna envie d'en savoir davantage, de se rapprocher de cet homme si grand, au sourire si chaleureux et à la boutique si étrange. Ank se fichait de savoir le pourquoi du comment, lui, il voulait juste aider. C'était si gravé dans sa chair que cela aurait pu passer pour une maladie incurable et mortelle le rongeant lui, ses forces et sa vie, de plus en plus, le poussant à s'arracher tout ce qui le caractérisait. Il était né d'un vœux tellement désespéré qu'il continuait encore et toujours à y obéir, véritable aubaine pour certains qui en profitaient sans une once de gentillesse. Par chance, ce genre de client s'était fait rare, sans qu'il ne sache réellement pourquoi, mais cela était heureux. Ne pouvant faire du mal aux autres, il s'était retrouvé plusieurs fois dans des situations délicates qui auraient pu avoir eues raison de sa vie. Mais il était toujours là, comme si une bonne étoile le protégeait envers et contre tout. Et c'était heureux.

La voix de l'homme en face de lui le ramena à la réalité, sourire éclatant et tasse fumante à la main. Il attendait certainement la raison de sa visite, voyant sans doute en lui un client venu présenter son souhait et lui donner matière à travailler. Se rapprochant du comptoir, le réparateur sourit chaleureusement, ses yeux noir pétillants de gentillesse :

- Enchanté Komui... En fait, je ne venais pas pour vous demander un service, mais juste pour faire connaissance... J'ai une boutique non loin de la votre...

Heartsmith ne pouvait s'empêcher de laisser apparaître une certaine timidité. Il faut dire que d'ordinaire, c'était les clients qui venaient à lui et non lui qui les rencontrait de prime abord. Ils connaissaient donc déjà son nom lorsqu'ils venaient le voir, et cela le dispensait généralement de se présenter lui-même... Mais aujourd'hui, ce n'était pas le cas

- Je m'appelle Ank Bastet... Mais la plupart des gens m'appelle Heart'...

Le sourire tendre apposé sur ses lèvres fines mais craquelées légèrement ne s'était pas atténué sur ses traits, éclairant son visage doux et avenant alors qu'une légère rougeur s'était apposée sur ses joues. Il ne savait pas vraiment comment continuer la conversation, mais sauta sur la proposition du gérant qui lui proposait de goûter ce curieux breuvage qui sentait si bon.

- C'est vrai ? Si cela ne vous dérange pas... J'aimerai bien y goûter
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   13/4/2015, 18:22

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Mais pour l'heure, tout ne faisait que s'esquisser. Le rêve commençant, allant être tracé dans les secondes à venir. Je me pris à essayer d'imaginer ce qu'il pouvait vouloir. Quel souhait pouvait émaner d'un homme aussi doux, au sourire si empli de gentillesse, que pouvait pour lui mes talents et mon génie ? Que souhaitait-il ? Quel désir lacérait son cœur ? Etait-ce quelque chose de visible, de aisément devinable ? Ou quelque chose de complètement surprenant ? Que pouvait bien vouloir quelqu'un qui transpirait la gentillesse ? Il y avait peu de chance en ce monde et surtout en ce royaume que ce genre de chose puisse le rendre malheureux.. Il y avait de grandes chances qu'au contraire, il soit heureux et avait peu de chances d'en être rendu malheureux... Enfin, enfin.. Il ne fallait pas non plus se fier aux apparences... Si j'avais bien appris une chose, durant ma vie, c'était bien cela... Les apparences étaient toujours trompeuses.... Il pouvait très bien me demander quelque chose d'incongru et semblant totalement inutile pour lui alors qu'en réalité c'était essentiel.. Je ne savais rien de lui, rien à part des apparences et cela n'informait jamais totalement.. Il me suffisait d'attendre voire d'imaginer légèrement...Comme cela.. Je ne faisais aucun mal et cela exaltait mon imagination, ce dont j'aurai besoin, sûrement dans peu de temps...Très peu de temps, alors qu'il se rapprochait timidement, qu'il prit l'inspiration caractéristique d'une personne qui allait parler et que je me tendis, comme un coureur prêt à s'élancer dans la course de la vie, la course qui lierait le client et le commerçant, l'éternelle danse de l'offre et la demande où les deux doivent s'accorder sous peine de n'arriver à rien...Attendant alors que les quelques secondes de silence s'écoulaient avant d'être brisé par les sons qui se combinaient, traçant ces mots dans l'air invisible:

-Enchanté Komui... En fait, je ne venais pas pour vous demander un service, mais juste pour faire connaissance... J'ai une boutique non loin de la votre...
Alors ça, pour  être surprenant, c'était surprenant... Moi qui m'attendait à de l'inattendu, n'avait pas prévu ce cas de figure...Et bien la première fois que cela arrivait. Les personnes qui venaient ici n'avaient que faire de faire ma connaissance, du moins au début. Cela se faisait par la force des choses, parfois... Mais souvent ce n'était que des passages, des sourires et des remerciements. C'était la règle du jeu et je l'avais accepté. Tous étaient menés par un but précis, avoir un service rendu.. Enfin mis à part les quelques amis que je m'étais fait, comme ceux qui m'avaient accueilli à Wonderland, mais ils étaient fort peu nombreux....Et c'était encore plus surprenant de la part d'un de mes collègues, du coup je supposais... Bien la première fois que j'avais des visites de ce genre....Bien la première fois.. Et c'était loin d’être désagréable. Comme si mon existence existait pour elle-même et ne se réduisait pas à mon esprit pour d'autres inconnus, même si ce constat n'avait rien d'amer, mais relevait du pur constat, ou à savoir qu'un autre commerçant existait dans le coin. Je lui souris d'autant plus à ce constat.  Et puis entendre prononcer ce prénom faisait du bien.. Effaçait ses lointains titres....Et c'était une excellente chose....Je ne voulais plus rien à voir avec tout cela....Oublier ce titre, cette formalité.. J'avais bien vu ce que cela donnait à long terme....Mais il n'était pas temps de rêvasser alors que mon interlocuteur reprenait la parole avec un air légèrement intimidé comme si pour lui aussi la situation avait quelque chose de nouveau, ce qui ne serait après tout pas étonnant....

Je m'appelle Ank Bastet... Mais la plupart des gens m'appelle Heart'...
Ank Bastet.. Abrégé en Heart ? En « cœur »? Étrange...Néanmoins je fis en sorte de ne guère trop montrer ma surprise. Ce n'eut pas été poli,enfin.... Mais qu'est ce qu'il avait bien pu se passer dans la tête des gens pour l'abréger en cela.. ? Je savais que la folie était monnaie courante, mais là quand même... Et charcuter un aussi joli nom.. ? C'était presque un crime.. Comme si on lui refusait ce joli nom.. Pourtant, c'était injuste... Ce jeune homme (enfin, son âge m'était étrangement difficilement déterminable et puis, avec ce que je savais de Wonderland et ses âges s'arrêtant, même si je faisais une estimation, il était fort probable que je me trompe ) avait parfaitement le droit d'avoir son nom pleinement prononcé. Surtout quand il lui allait si bien.. Quand son sourire avait l'air aussi chaleureux que la joie du foyer de la divinité égyptienne du foyer dont il portait le nom... Un véritable gâchis.. Et la plupart des gens... Alors il pouvait être SUR ET CERTAIN que je n'allais pas l'appeler comme ça... Un peu d'originalité, que diable ! Et puis en plus, quand on avait un aussi joli nom, c'était vraiment trop stupide....Il pouvait être sûr que j'allais donner du Ank, ou Mr Bastet.... Là, cela dépendait de lui et il faudrait que je m'assure que cela ne le gênât pas....Mais certainement pas du Heart, même s'il n'en manquait sûrement pas, pour être allé jusqu'à se déplacer chez moi alors qu'il devait avoir du travail... Et que c'était aussi un surnom peut être bien trouvé pour cette raison...Va savoir.. Ça aussi, j'allais l'interroger là dessus... Et puis, comme cela j'apprendrais à le connaître, surtout qu'il y avait quelque chose de fascinant chez lui.. La première personne ici qui venait me voir d'elle-même sans rien attendre de moi et qui ne cherche pas spécialement à m'aider et venait dans ce but.. Juste à vouloir faire connaissance...Depuis quand ce genre de chose ne m'était plus arrivé ? Si longtemps.. L'époque de mon adolescences, sûrement....
Sans compter qu'il y avait quelque chose, chez lui, quelque chose d'étrangement captivant qui donnait envie de faire sa connaissance et bien plus que de quelques secondes, bien loin du rapport commerçant client...Beaucoup plus dans de l'amitié... Mais cela tenait peut être aussi au simple fait que j'avais toujours été très curieux....Cela devait avoir un certain rapport, aussi...Aussi... M'enfin...
Tout cela m'entraînait loin et c'était visiblement dangereux, alors qu'il reprenait la parole en s'exclamant :

-C'est vrai ? Si cela ne vous dérange pas... J'aimerai bien y goûter..
Me déranger ? Me déranger ? ME DERANGER ? Il était SERIEUX ? Je ne savais quelle tête je tirai, mais assurément ma surprise devait être extrêmement visible. ME DERANGER ? ALORS QUE QUELQU UN VOULAIT DEGUSTER DU CAFE ET PAS DU THE,  PAS DE L INSIPIDE THE ? Que quelqu'un voulait goûter du café, du divin café, de ma muse, de ma beauté, de ma merveille, de mon trésor, mon compagnon aux plus belles et aux plus laides heures, mon compagnon d'infortunes et de bonheurs, mon compagnon de jours et de nuits ? Et en plus il ne connaissait pas ? Alors, alors, c'était l'occasion rêvée pour lui faire goûter ? Peut être apprécier, même , Et d'ailleurs, il était trop amer, ou non, je ne savais plus.. Si c'était trop amer, ça pourrait lui déplaire et j'aurai manqué mon sublime plan de montrer les bienfaits du café.... Mais j'avais du sucre, étais-je bête ! Bon, je n'en mettais jamais qu'un seul dans le mien, parce que je l'aimais comme cela mais quand on était pas habitué, ça pouvait être problématique.. Et faire descendre le café, le sublime café dans l'estime du néophyte qu'il était.. Sans compter que je ne voulais pas lui offrir quelque chose qui lui déplût.. Et que j'étais en train d'oublier mon invité, puisque, c'est ce que l'on pouvait considérer qu'il était.. Honte à moi franchement.... Aussi eus-je un sourire légèrement désolé, en vertu de la petite absence que je venais d'avoir avant de reprendre :
« Mais non au contraire, ça ne me dérange pas. Sinon je ne vous l'aurait pas proposé. Et puis, les gens qui veulent goûter du café plutôt que du...thé sont trop rares ici bas pour que ce soit vraiment dérangeant. Et j'en ai encore, vous en faites pas pour ça..... Ank, c'est bien cela ? M'enfin si vous me permettez de vous appeler par votre prénom, hein...»

Le plus important pour était et restât qu'il comprit qu'il ne me dérangeait pas. Qu'au contraire, ce simple fait me rendait heureux. Aussi lui souris-je avec le plus de chaleur que possible. Avant de songer que pour qu'il soit le mieux possible, il fallait que j'aille chercher une autre chaise, une autre tasse, plus de sucre....Ce serait plus simple, beaucoup plus simple...Aussi m'exclamai-je
« Attendez moi deux minutes ici, le temps que j'aille chercher de quoi mieux s'installer plutôt qu'un debout, l'autre assis.. Et n'hésitez pas à prendre ma chaise, hein.... »
Avant de filer aussi rapidement que possible, retenant à grand peine ma démarche sautillante et dont l'annonce de vouloir toucher au café, au sublime café avait été la cerise sur le gâteau de ma joie. Je m'emparais à la hâte d'une seconde chaise, d'une tasse propre, rescapée de la nuit dernière et ramenée à la vie  et des joies du lavage et de la boîte à sucre avant de ramener le tout (un peu moins rapidement du coup ). Je déposais la chaise puis le sucre avant de me saisir du contenant du café toujours posé sur mon bureau, presque révérencieusement (il fallait bien traiter le café et en particulier le rituel de servir le café, non mais, c'était tout un art, enfin ! Même qu'au Japon ils avaient des rituels et .. Ah non. POUR CE CONNARD DE THE. T T  mais le café était très précieux, et une découverte fondamentale lors des grandes découvertes ! Voilà ! Alors que le thé on ne le connaissait depuis toujours, nah ! Enfin..... je crois... Bref...) et en servait une tasse avant d'ouvrir la boîte à sucre, histoire de lui montrer qu'elle était à disposition avant de m'exclamer d'un air presque extatique :
« Et voilà ~ Et désolé pour l'attente, mais je n''allais tout de même pas vous accueillir sans un minimum de confort, quoi. »

Puis je m’emparai de ma tasse enfin, savourant sa chaleur au creux de ma main. Ah le café, le divin café qui bientôt serait en moi et me réchaufferait... J'en salivais déjà d'avance. Mais ce n'était ni ce qui répondrait à mes questions ni très civilisé de rester dans ses sensations... Aussi m'exclamai-je en lui souriant :
« Et du coup, je suis tout aussi enchanté de faire votre connaissance, Mr Bastet. Et pardonnez moi, mais je déteste faire comme les autres.. Alors si vous n'y voyez aucun inconvénient je préférais soit employer votre prénom, soit votre nom de famille. Ils sont trop jolis, je trouve pour en faire autrement.. Même si j'avoue que le fait que le surnom que l'on vous donne soit Heart m'intrigue énormément.... De même que le fait qu'on n'emploie pas votre nom....»
….. Et mince. Me semblait pas avoir eu l'intention de dire que je trouvais son nom joli.... Bah, ce qui tait fait était fait hein... M'enfin... Pour reprendre contenance, je me tus avant de porter ma tasse de café à mes lèvres,laissant s'exhaler une délicate gorgée de cet or noir. Laissant son amertume venir titiller et sublimer mon palais, venant le toucher te le caresser de la plus sublime des manières. Mais je regardais toujours mon interlocuteur avec gentillesse et chaleur, tout en espérant ne pas relever de l'impolitesse. Mais sûrement me le dirait-il....Quoique.. Non. Il avait l'air un peu trop gentil pour. Il valait mieux, peut être le préciser.
« M'enfin, si vous trouvez que je vais trop loin, hésitez pas à me le dire. Je suis assez curieux par nature, alors voilà....Parfois, je ne sais pas m'arrêter. »
J'eus un léger rire nerveux en ébouriffant mes cheveux à ses mots. Espérant en effet ne pas être allé trop loin ni l'avoir embarrassé. Surtout que j'avais laissé glisser par inadvertance le fait que je trouvais son nom joli.....
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   14/4/2015, 18:49

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Heart avait remarqué la surprise de son interlocuteur lorsque sa première phrase s'était échappée de ses lèvres, venant répondre à la question du pourquoi il était entré dans cette boutique qui semblait aussi loufoque que le gérant debout derrière le comptoir et dont les yeux noirs et profonds semblaient briller de malice. Il faut dire que cela pouvait effectivement sembler étonnant, d'autant qu'il y allait de son propre gré et pas parce que quelqu'un s'amusait à l'y pousser avec la délicatesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, alors que généralement, personne ne cherchait trop à se lier avec les vendeur ou les commerçants de la ville. On entrait, leur demandait un service, parfois avec le sourire, parfois sans, attendait que ça se fasse et une fois la marchandise en main, on partait sans se retourner. Le réparateur en avait vu des clients, mais aucun n'était revenu dans sa modeste boutique, preuve qu'il était compétent ou alors qu'ils étaient tout simplement mort. Ce devait être le cas d'une partie d'entre eux, Heart pouvait réparer les cœurs mais il ne pouvait pas changer la personnalité de quelqu'un. C'était une chose qui lui était impossible, quand bien même on viendrait le supplier à genoux de réaliser ce miracle, lui lacérant la poitrine au passage devant son inutilité face à cette détresse pour laquelle il ne peut rien.

Son nom semblait d'ailleurs l'avoir entraîné dans les méandres de ses pensées, faisant légèrement pencher la tête au petit réparateur qui se questionna sur ces dernières. Il ne savait rien des pensées qui agitaient Komui, mais cela ne l'empêchait pas, bien au contraire, de se poser des questions, son sourire éclatant toujours accroché à ses lèvres et à son visage chaleureux. Il se sentait bien dans cette boutique, oubliant un instant son travail, sachant très bien que son corps le laissera en paix un certain temps avant de tirer la première sonnette d'alarme lui intimant de rentrer dans sa boutique afin de s'y ressourcer... L'obligeant ainsi à ne pas franchir une certaine distance, l'enchaînant à ce quartier qu'il aimait beaucoup mais dont les barreaux invisibles lui coupaient les ailes et l'écrasaient à terre.

Sa dernière phrase sembla figer l'homme aux lunettes derrière son comptoir, tasse à la main, expression figée dans un étonnement profond. Durant un court instant, le temps que le gérant de la boutique revienne à la réalité en fait, Heart se prit à se demander s'il n'avait pas dit une bêtise, le faisant se mordiller la lèvre et essayer de trouver une échappatoire. Las, sa langue refusait de bouger et sa bouche n'articulait que du vent, le rendant rouge de gêne face à son impossibilité de réparer ce qu'il considérait comme étant une erreur de sa part.

Mais les mots de Komui le tirèrent de cette gêne, le détendant quasiment instantanément bien qu'il n'ait guère eu le temps d'en placer une, se contentant d'hocher la tête à sa question, le regardant avec incrédulité et une certaine pointe d'amusement en voyant son interlocuteur si prolixe en parole qui ne tarda pas à le laisser afin de chercher, d'après ce qu'il avait compris, une nouvelle chaise et de quoi lui faire goûter ce qu'il appelait du "café".

Il ne tarda pas à revenir, réussissant à ne rien faire tomber et à tout poser sans l'aide d'Ank qui s'apprêtait à la lui proposer, gêné de ne rien faire. Finalement, ses mains finirent par prendre la tasse de café, manquant de se brûler contre la céramique brûlante, chauffant sa peau et les légères cicatrices parcourant ses doigts, remerciant Komui doucement, laissant son nez humer les effluves qui s'échappaient du récipient contenant le liquide fumant.

« Et du coup, je suis tout aussi enchanté de faire votre connaissance, Mr Bastet. Et pardonnez moi, mais je déteste faire comme les autres.. Alors si vous n'y voyez aucun inconvénient je préférais soit employer votre prénom, soit votre nom de famille. Ils sont trop jolis, je trouve pour en faire autrement.. Même si j'avoue que le fait que le surnom que l'on vous donne soit Heart m'intrigue énormément.... De même que le fait qu'on n'emploie pas votre nom....»

L'intéressé ne put s'empêcher de rougir aussitôt, colorant ses pommettes caramel d'une jolie teinte coquelicot qui réchauffa son visage. C'était bien la première fois que l'on trouvait son nom joli... Même s'il est vrai que la plupart du temps, personne ne se souciait de son identité civile, lui préférant le surnom donné par le nom de sa boutique... Aux yeux de tous, il était "Heartsmith" et avait appris à s'effacer devant cette identité imposée qui reniait son individualité, sa personnalité, le plaquant contre son utilité, son travail.
Et cela lui faisait du bien, oui beaucoup de bien de voir finalement quelqu'un qui refusait de l'appeler par son pseudonyme et qui utilisait l'identité qui était la sienne, bien qu'il ne savait pas quelle était sa signification ni pourquoi il l'avait. Il s'était réveillé avec ces mots, sans se souvenir de rien, rencontrant probablement sa créatrice, cette petite fille demandant un cœur, un seul, à corps et à cris

- Merci... Et non, ça ne me dérange absolument pas...

Sa voix était douce, chaude, autant que la boisson qu'il porta à ses lèvres, laissant le liquide glisser sur sa langue et son palais. La saveur était particulière, assez forte, mais il l'aimait bien.

- Quand à mon surnom... Les gens me l'ont donné à cause de mon travail. Je suis réparateur des cœurs, Heartsmith, ils ont juste abrégé le nom de ma boutique pour cela je suppose.

Le ton était doux, aucune animosité ne transparaissait dans ses yeux bruns qu'il plissa en souriant doucement. Il s'y était fait depuis le temps, et ne s'était de toute manière jamais rebellé contre ce surnom qui lui collait désormais à la peau. Prenant tranquillement une nouvelle gorgée de café, il continua

- En tout cas, je suis content de vous rencontrer... Et votre café est très bon

Il ne savait pas comment rebondir, un peu naïf dans les relations avec autrui. Il le savait, mais n'avait jamais essayé de changer cette donne. Pour quoi faire après tout ? Il se pensait heureux ainsi malgré les crises de larmes et de tristesse qui pouvaient saisir son cœur d'un moment à un autre, sans préambule, sans annonce, reflétant la profonde détresse qu'il avait enfermé sous clef au plus profond de lui-même.
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   15/4/2015, 16:55

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Ses joues avaient pris une étrange mais très jolie teinte cerise mariée au caramel de sa peau.. Une conséquence, sûrement de mon débordement de compliment... Ah bah bravo, tu l'as fait rougir.. Génial... M'enfin, ce qui était fait, était fait... Et tant pis si j'avais l'étrange impression en voyant cela que mes joues avaient un tout petit chauffé....  De toute façon les mots de Ank vinrent me trouver bien avant que la rougeur ne s'étende sûrement :
- Merci... Et non, ça ne me dérange absolument pas...
Merci.. Merci pourquoi ? Pour être humain et user de son nom plutôt que son surnom encore inexpliqué ? Fallait pas me remercier pour ça, enfin.... J'esquissais un léger sourire à cette pensée triste. Humain....Je l'avais toujours été, au fond de moi.. Je commençais à peine à le laisser entrevoir et c'était encore si compliqué.....Il y avait encore tant à faire.. J'avais encore tant de mal à laisser s'exprimer ce que je ressentais. Ma glace était tenace.... La preuve qu'à l'époque, quand j'en avais besoin, elle était fiable....J'avais encore du mal... Simuler était encore si facile... Si torturant mais si facile.. Ne pas dire ce que l'on pensait quand on souffrait,encore trop présent... Mais cet aspect là, ne devait pas bouger. Par contre, plus rien ne m'empêchait de dire à quel point je tenais à quelqu'un....Plus rien, et ce n'était pas encore facile....M'enfin,avec le temps, ça devait venir....Enfin, ce n'était pas le sujet.. User de son nom ne le gênait donc pas.. Parfait. Parfait. Alors à présent, il serait pour mon esprit et dans mes mots, Ank. Heart pouvait aller se cacher, je n'en avais rien à faire de ce nom. Hors de question de l'user....Hors de question. On aurait pu me supplier à genoux que j'aurai ri et envoyé voir ailleurs. Non mais. Néanmoins demeurait le mystère de son surnom.... Étrange, inhabituel. Mais peut être allait-il trouver un sens dans les mots suivants de mon interlocuteur, enfin lorsque il aurait fini de déguster son caf... Ouh .. Attendez. Mais oui ! Mais oui ! Il était en train de porter la tasse à ses lèvres et allait goûter ! Oh oh ! Et sans sucre alors ? Et ben ben.... Qui sait, il allait peut aimer, adorer, raffoler....Peut être qu'il allait en revouloir, peut être que cela lui plairait.. Quel moment ! Quel sublime moment ! Que ce genre de moment était précieux quand quelqu'un découvrait le café, le sublime café, le divin et le merveilleux breuvage ! Quel moment émouvant, sublime, grandiloquent, superbe, merveilleux,admirable, surpassant tout le reste,mirobolant,immense... ! Et au moins, il était bon, il n'allait pas descendre l'honneur du café ? Remarque, je l'avais goûté il y avait peu de temps et il était excellent et vu que c'était le même.. Tout ne pourrait aller que pour le mieux... Et si, si... Et si j'arrêtais de fixer son visage comme un désespéré guettant des signes positifs ? C'était inconvenant. A se demander où j'avais laissé mes bonnes manières.En Angleterre ? Ha ha..  Très drôle.....

Prenant conscience de ce fait, je sentis mes joues recommencer leur danse de chaleur et entreprit de regarder un point  moins dangereux et moins impoli : ma propre tasse de café. J''étais bon pour présenter des excuses après coup...Mais visiblement quelqu'un dut avoir pitié de ma gêne car Ank reprit, peu de temps après :
- Quand à mon surnom... Les gens me l'ont donné à cause de mon travail. Je suis réparateur des cœurs, Heartsmith, ils ont juste abrégé le nom de ma boutique pour cela je suppose.
A ces mots je relevais spontanément mon regard de mon café avec l'envie de lui étreindre l'épaule. C'était si triste... Si triste.... Comment.. Comment pouvait-on faire ça à quelqu'un ? C'était si horrible.. Le réduire à son travail... Comme s'il n'y avait que cela qui comptait, qui faisait le sel de la vie.....C'était horrible.. Comment, comment à Ftwhat pouvait-on faire cela ? A FTWhat, en plus ! Le pays des gens enjoués et doux.. Comment pouvait-on ? C'était injuste, si injuste.... Ma main se crispa sur ma tasse à ces pensées. Comment, comment pouvait-on faire cela à quelqu'un ? Quelqu'un qui respirait la gentillesse, qui avait l'air si doux, si gentil ? Comment ? Comment ? Un tremblement me parcourut tout entier, un tressaillement de douleur s'empara de mon cœur pour lui et je fis un pas vers lui pour étreindre son épaule. Non vraiment c'était triste au possible.. Passe encore que nous soyons des commerçants, notre rôle n'est que d'être de passage... Oui, c'est normal... Mais de là à effacer l'identité de son gérant.. Non, c'était cruel, trop cruel. Et comment pouvait-il énoncer ce fait avec ce sourire, cet air doux ? Comment , comment ? Comment pouvait-il présenter ce fait si triste ainsi ? Comment ? A moins.... QU IL N EN SOUFFRIT PAS. Qu à force il n'en ressentit plus rien. Que cela était devenu sa réalité. L'évidence me frappa et me figea subitement dans mon mouvement.

C'était plus terrible, encore plus terrible que tout. Tellement donner que se voir réduire à cette fonction sans plus jamais recevoir en retour un moyen de savoir qu'on existait. Soi, et pas ce qu'on faisait. C'était....inhumain. Effrayant. Horrible. Et rendait ma douleur parfaitement injustifiée. Pour lui, sûrement que tout ceci n'avait pas de sens et il avait plus de chance de me regarder étonné et ne pas comprendre ma réaction que de comprendre pourquoi je réagissais de la sorte. C'était sa réalité, son évidence. Alors ma douleur n'avait pas de sens, du moins à ses yeux. Il fallait qu'elle s'efface. Disparaisse. Trouve un autre moyen de s'exorciser. Comme je savais si bien le faire. Il ne fallait pas le plonger dans des ténèbres. Non, refouler. Comme je savais si bien le faire. Je reculais et me forçai à reprendre mon sourire. Ce sourire menteur, ce sourire derrière lequel je me dissimulais depuis des années. Ce sourire qui me servait à dissimuler ma peine. Ce sourire qui accompagnait le pire comme le meilleur, ce sourire qui cachait un être qui hurlait. Ce sourire de miroir. Il fallait que je reste de cette même glace et ce même tenant. Il le fallait. Je ne voulais pas le blesser, ni même le déranger, ni même l'embarasser. Il avait l'air d'en avoir déjà eu assez, voire plus que son compte, rien qu'avec ce fait.... Et il y avait une chose avec laquelle je savais jouer. Et c'était me dissimuler. Maître dans cet art, m'accrochant à la moindre occasion pour. Et sûrement, oui sûrement qu'il y en aurait une.. Il me suffisait de la trouver.. Oui, la trouver....

- En tout cas, je suis content de vous rencontrer... Et votre café est très bon
Et en plus Ank avait l'extrême amabilité de me la fournir.. Merci, merci.... Et encore plus de mercis face aux compliments.....CAR IL AVAIT TROUVE LE CAFE BON ! O JOIE, O REVES ACCOMPLIS , O MIRACLES DE LA VIE, O BONHEURS INACHEVES JUSQU'ALORS ! J'avais réussi ! J'avais réussi ! J'avais réussi !... Et cette joie fortuite me permettait, en plus d'effacer ma précédente douleur... Ça n'avait pas de prix.. Me donnait aussi envie de lui sauter au cou, m'enfin, c'était pas très poli, alors je m'en abstiendrais....Je me contentais de lui sourire le plus chaleureusement possible, de l'air le plus extatique que j'avais avant de m'exclamer :
« Tant mieux ! Et si jamais vous en revoulez, n'hésitez pas, hein.. ! D'ailleurs, si même vous en voulez pour déguster chez vous, je peux vous en donner sans soucis ! J'en ai fait planter exprès pour toujours en avoir, alors hein.... »
Du café, ça ne t'intéresse pas ? Du café, du sublime café, tu ne veux jamais qu'en déguster une fois ? Dis moi, dis moi....M'enfin, m'enfin, j'allais pas non plus recommencer à le fixer, hein.. J'avais fait la bêtises une fois, pas deux.. D'ailleurs je m'étais toujours pas excusé, pour ça.... C'était le moment.... Aussi pris-je un petit sourire gêné avant de m'exclamer :
« Et désolé, pour tout à l'heure....Je suis quelqu'un qui apprécie vraiment beaucoup le café et qui se sent parfois un peu seul à l'aimer dans un pays qui adore le thé....D'où ma réaction....  »

Bon.. Contente, conscience ?  Apparemment oui... C'était déjà ça....Et maintenant.. Tout entier à  ma douleur, j'avais oublié deux éléments importants.. le réparateur de cœur... A quoi donc tout cela pouvait-il bien renvoyer ? Sans compter que j'avais des années de ténèbres et d'oublis à combattre en quelques instants... Et encore, pas pour les annihiler, il ne fallait pas rêver.. Mais peut être apporter une légère lumière dedans...Jouer le rôle de l'exception.... La main qui se tend au delà des ténèbres.. Sans laisser paraître la douleur que l'on peut éprouver en voyant cela.. Un rôle que je pouvais tenir....Et pour cela, il me suffisait d'être moi même. Tout simplement. La réponse était en fait,si évidente.... Je m'avançais jusqu'à  lui et lui assénai gentiment une pichenette au front avant de m'exclamer en lui souriant le plus que je pouvais:
« Et pour ce surnom.. Raison de plus pour que je vous nomme par votre nom... Ank. Et puis, c'est un plaisir réciproque, de vous rencontrer... d'ailleurs, on est même pas obligé de se vouvoyer, si ?
Avant de reprendre :
« Après tout, on doit avoir un peu près le même âge,non ? Bon, avec Wonderland, y a des différences parfois de plusieurs centaines d'années, mais qui s'en soucie ?
Je lui adressais un clin d'oeil complice et amusé avant de me reculer un peu, histoire de le laisser avoir de nouveau son espace vital. Puis je pris ma tasse, l'avançai vers lui avant de la porter à mes lèvres. Comme un toast en son honneur. Comme pour reconnaître une dernière fois son existence. M'enfin, tout cela ne répondait pas à la question que je me posais. Offrait de la chaleur simplement. Et qui fit que je m'exclamai :
 « Réparateur de cœur ? Ça consiste en quoi, au juste ? »
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   16/4/2015, 18:59

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Ank avait senti le regard de son interlocuteur alors qu’il approchait la tasse de ses lèvres, n’ayant pas eu l’idée de rajouter du sucre dans la boisson fumante qui l’attirait de par sa curiosité et l’odeur délicieuse qui s’en échappait, arôme corsé qu’il n’avait jamais goûté mais dont l’odeur lui donnait l’impression de se faire enlacer par des bras chaleureux, apaisant un instant les vieilles blessures parsemant son cœur fragile de réparateur, petit être tellement sacrifié à l’autel du bien-être d’autrui qu’il ressentait à peine un frémissement lorsqu’il s’arrachait le réceptacle afin d’en tirer des pièces uniques parfois bien trop manquantes à ses clients, qui ignoraient tout de cela. Pour sûr, certains n’en auraient peut-être rien eu à faire mais… Il sentait que quelque part, il gênerait ceux que cela pouvait choquer, aussi restait-il muet, se contentant de sourire comme jamais, dévoilant ses dents blanches, se composant un énième masque hypocrite indécelable aux yeux des autres. Ses larmes ne coulaient que dans l’ombre, dans un coin de son atelier où les perles venaient couler sur ses joues avant de tomber au sol dans un bruit cristallin, comme si la pluie tombait chez lui, alors qu’il ne pleuvait pas, se contentant de billes de nacres inutiles mais dont la valeur lui permettait de survivre lorsqu’il n’avait plus de sous.

Et il ne se plaignait pas, jamais. À quoi bon ? Est-ce que cela changerait quoi que ce soit à son quotidien de plus en plus étouffant ? Non, cela ne changerait rien, et le trou dans son cœur s’agrandissait chaque jour un peu plus, l’obligeant à passer des heures à travailler afin de ce repentir de cet état. Mais de quoi voudrais-tu te repentir Heart’ ? Tu ne savais pas, tu ne savais plus n’est-ce pas ? Et pourtant, il continuait, il se tuait à la tâche, à la seule tâche qui semblait avoir été faite pour lui dans ce monde de fou, ce monde qui était cantonné à cette ville magnifique et joyeuse pour ses yeux noirs comme le café qui brûlait sa gorge et le réchauffait doucement, s’insinuant dans ses membres, venant caresser avec chaleur ses doigts et ses nerfs, envoyant une sensation de plaisir grisant avant qu’il ne réponde à son interlocuteur, calmement, comme si cela n’était rien, comme si cela ne le déchirait pas de l’intérieur chaque jour un peu plus.

Il ne remarqua pas le mouvement esquissé de Komui, fermant les yeux pour reprendre une nouvelle gorgée du liquide brûlant, se surprenant à vouloir tout abandonner un court instant, toutes ces simagrées, tous ces masques hideux qu’il se forçait à porter pour n’ennuyer personne. Tout lâcher, un instant, quelques secondes, abandonner le costume de gentil réparateur pour laisser entrapercevoir toutes les cicatrices qui marquaient sa chair au fer rouge, son cœur à l’or blanc. Un soubresaut de ce dernier dans sa poitrine lui fit légèrement crisper les doigts sur la tasse en porcelaine qu’il tendait jusqu’à ses lèvres. Il le voulait tellement, infiniment. Il léger frisson lécha sa colonne vertébrale avant de s’enfuir aussi vite qu’elle était apparue, réprimé par une volonté farouche et malsaine. De quel droit pouvait-il importuner l’homme qui lui offrait un peu de son temps et de son hospitalité ? Il n’avait pas le droit de flancher, il ne voulait inquiéter personne après tout, pas vrai ?

Masque recomposé, Ank releva la tête, souriant doucement afin de remercier son interlocuteur pour la boisson chaude, repoussant la douleur de son réceptacle, de ses sentiments qui voulaient en finir avec cette mascarade grotesque. Au fond de lui, il sentait qu’il pouvait se confier à cet homme étrange qui lui avait offert un peu de son temps mais… La crainte d’être indésirable et de gêner était là, vivace, occultant cette douleur poignante par une angoisse plus profonde, plus sournoise. Il n’était que de passage, il ne voulait pas gêner qui que ce soit, s’effaçant de plus en plus, se transformant en une fonction que tout le monde pouvait oublier en un claquement de doigt. C’était le destin qu’il s’était choisi, les fils dans lesquels il s’était emmêlé. Et pourtant… Pourtant il voulait cesser d’être une simple marionnette sans désirs et sans attaches, il voulait se lier aux autres, rester avec eux…

Le sourire de Komui lui donna envie de continuer, mais sa voix l’arrêta sans le vouloir, alors que rien sur son visage ne montrait ses tourments les plus poignants. Quand cesseras-tu de jouer la comédie Ank ? Quand ?

Un sourire étira ses lèvres légèrement abîmées, seules miroirs d’une partie de ses plaies, alors qu’il répondait doucement, timidement, voix profonde et chaude qui rappelait le café qu’il tenait dans ses paumes.

-C’est vrai, je peux ? Merci c’est très gentil… Et ne vous inquiétez pas, je comprends parfaitement

Oh que oui il le comprenait, peut-être même plus que ne l’imaginait son interlocuteur. Après tout, il faisait de même lorsqu’il rendait leur cœur et qu’il attendait que ses clients le réintègre dans leur poitrine restée béante, guettant la moindre de leur réaction, ne se détendant qu’en voyant la joie et l’apaisement se peindre sur leurs traits…

Le mouvement de son interlocuteur lui fit pencher la tête, se demandant pourquoi il venait vers lui, rapprochant leurs corps. La pichenette l’étonna encore davantage alors qu’il plongea ses yeux noirs dans ceux, cachés derrière les verres de ses lunettes de l’asiatique qui lui souriait doucement.
Ses paroles le firent rougir un peu plus alors que la chaleur qu’il ressentait glissa sur la gangue de glace entourant ses sentiments prisonniers, allant doucement mais sûrement vers le cadenas gelé qui les maintenait enfermé au plus profond de son inconscient, y glissant une clef qui pulsait doucement, attendant un simple geste pour se déverrouiller alors qu’un sourire gêné et reconnaissant s’étirait sur les lèvres du jeune homme qui hocha la tête. Oui, ils devaient avoir à peu près le même âge… Du moins il le croyait. Il n’avait jamais compté les années, laissant le temps passer sur lui et éroder peu à peu sa personnalité.

Et puis vint la question, troublante d’honnêteté qui le fit doucement sourire, ses yeux se ternissant de manière infime, invisible.

-Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer… J’ai le pouvoir de matérialiser les sentiments des personnes sous la forme d’un cœur plus ou moins abîmé… À partir de ce réceptacle, je peux les réparer avec mes dix doigts… Cela peut être long et fastidieux, mais c’est gratifiant de voir que l’on a réussi à redonner le sourire à quelqu’un une fois la réparation finie…

Doucement, Ank venait de reposer la tasse sur le comptoir, un grand sourire étirant ses traits chaleureux alors que deux petites perles se coincèrent au coin de ses yeux. Cela faisait longtemps qu’une crise de larmes n’avait pas pointé le bout de son nez… Tu le sais et pourtant tu n’avais pas pu t’empêcher de sortir voir cet homme. Nul doute que si vous vous étiez contentés des salutations, tu serais retourné chez toi afin de replonger dans cette souffrance amère aux senteurs lourdes de regret. Mais tu étais resté, essayant vainement de contenir ce poids qui pesait sur ta poitrine, gardant ce masque hypocrite de plus en plus difficile à tenir…


Dernière édition par Heartsmith le 17/4/2015, 11:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   17/4/2015, 02:35

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La surprise imprégnait encore son visage. Tout comme ses yeux d'un noir d'encre profond plongés dans les miens. Ainsi que la lueur écarlate revenue sur ses joues.. C'est sûr, c'est sûr, mes fantaisies avaient toujours don d'étonner le monde....Cela ne m'étonnait pas, ne m'étonnait pas du tout....Me fit sourire. Si on l'avait prévenu de mon excentricité, on ne l'avait pas prévenu que de tels gestes pouvaient me venir.. En particulier quand cette personne semblait si remplie de douceur.. Et si gentille....Quand je ne pouvais pas supporter qu'elle s'efface à ce point.. Et cela, même si je ne la connaissais pas depuis très longtemps, était son cas... «Ank » m'avait l'air mille fois plus intéressant que « Heartsmith » quoi qu'il fisse comme travail...N'en déplaise aux gens du commun....Et pour moi, effacer une personne de la sorte était juste intolérable. Inadmissible. Et je refusais d'en arborer ce même voile qui enlaçait tous les autres. Non, derrière le sourire du commerçant, il y avait une vie, un être.... Et avec tout cela, il y avait fort à parier que cette vie soit piétinée, oubliée, déracinée. Et ça, c'était au dessus de mes forces de faire comme les autres. Qu'importait le temps que durait notre rencontre,qu'importait le moment, qu'importait si ce n'était qu'un passage,qu'importait le fait que peut être plus tard il ne reviendrait plus ici....Non,non, je ne pouvais que lui tendre ma main. Encore et encore. Être là, s'il avait besoin. Je ne voulais pas l'abandonner... Je ne le pouvais pas. Je ne le VOULAIS pas. Je le refusai du plus profond de mon âme.

Ce constat s'imposa à mon âme avec la clarté de l'acier d'une lampe tranchant les ténèbres. Je n'étais pas prêt à laisser faire cela. Je ne pouvais que donner. Une manière, d'aider, une manière de refuser d'abandonner. Sans passer par mes mains. Juste par mon âme. Juste par quelque chose venant de mon âme. Refusant d'oublier ,d'effacer et détourner le regard. Voulant s'agenouiller à ses côtés et rester là. Oui rester là. Me soucier de sa vie, si les autres l'avaient oublié. Même si ce n'était qu'une brève étincelle dans une nuit noire.Même si tout prendrait fin, peut être....Même si... Tout pouvait s'effacer. Même si il pouvait tourner les talons et prendre la fuite. Et si c'était le cas, et bien soit. Au moins, un jour quelqu'un l'aurait reconnu pour un être vivant. Et je ne demandai pas mieux, pour lui. Il le méritait..De ce que je voyais et entrevoyait, il le méritait. Ma lumière était faible et douce. Mais peut être serait-elle aussi chaleureuse qu'un foyer, un instant pour la joie du foyer qu'il représentait.Ou plus, cela je l'ignorai.Tout comme j'ignorai où tout cela menait. Un instant un vertige me prit.Qu'étais-je en train de faire ?

Avant de balayer cette question. Ce que je faisais... ? Donner un peu de chaleur, de reconnaissance et de témoignage.....d'amitié ? Oui cela en prenait de plus en plus la couleur. Doucement mais sûrement, il prenait d'autres couleurs, d'autres acceptions. Et ce titre, je pouvais bien lui concéder. Puisque j'agissais avec lui comme s'il s'agissait d'un ami. Et que ce que j'entrevoyais me donnait plus envie encore d'en connaître plus sur lui. Même si cela ne pouvait être que quelque secondes ou quelques minutes, ou pour toujours....Avait-ce la moindre importance ? Non aucune. J'avais juste la volonté de lui donner un peu de chaleur humaine. Simplement. En ne montrant pas ma douleur pour lui dont il n'avait pas besoin. En refoulant ce que je ressentais. L'éternel soutien qui ne dit rien. Ce rôle m'avait toujours collé à la peau. Il pouvait bien encore le suivre, s'il pouvait le sauver même une fois...Sauver les autres de manière indirecte et discrète... Depuis quand était-ce mon leitmotiv ? Toujours.. Être l'ombre qui guérit, était ce qui me comblait. La lumière n'était pas pour moi. Je m'y sentais mal et je m'en  cachais de suite. Je n'avais rien d'un héros ni d'un sauveur. Je ne pouvais jamais grand chose, ne pouvait qu'aider un peu ou réparer mes dégâts.... Je n'avais aucun pouvoir, aucun don....Je ne méritais pas la lumière d'ailleurs, pas après Lenalee. J'étais fier, oui fier de mon génie mais je n'étais pas fier de moi.Il suffisait de fermer les yeux pour me rappeler de toutes ses impuissances, tout ce que mes mains avaient manqué, tous ses êtres que j'avais envoyé mourir sans rien pouvoir faire pour eux, tous ceux que j'avais abandonné...Tout cela me rappelait  à quel point mon moi était impuissant et méprisable en lumière. A toujours attendre un idéal qu'il ne pouvait toucher. A toujours guérir les autres sans rien dire de ses tourments. Car personne ne pouvait les guérir. Personne ne pouvait les comprendre. Parce que personne n'avait besoin de mon humanité. Parce que je faisais toujours semblant d'aller bien et me dissimuler. Que diriger les autres n'appelait pas d'humanité, pas de sentiments. Juste d'être l'espoir. Je pouvais souffrir tout ce que je voulais, rien ne devait quitter ma glace. A la fois pour ne pas gêner, pour me donner le droit légitime et la reconnaissance comme chef mais et surtout pour ne pas entraîner les autres dans mes ténèbres. Et Ank n'avait pas besoin de ses gouffres. Comme mes Exorcistes, autrefois. Comme mes hommes autrefois. Il avait besoin de mon humanité, c'était la seule différence.Pas d'un pilier trop froid et inhumain.Il avait besoin d'un aspect de moi. Alors je pouvais lui donner. Refouler ne m'était plus étranger depuis si longtemps....

Et puis le sourire naquit, fleurissant comme une rose au printemps. Un sourire gêné, reconnaissant. Mais il ne me devait rien. Il ne me devait rien. Je n'étais pas un sauveur. Juste un humain qui ne pouvait supporter d'en voir un autre détruit. Ce sourire, je ne le méritais pas. Je ne méritais rien. Je ne voulais que donner. Et n'attendais rien en retour. Donner mon amitié, ma chaleur, apaiser, même un instant son cœur. Le guérir ? Je n'y songeais pas. Je n'en avais probablement pas la force, comme à chaque fois....L'impuissance me réduirait à néant contre un ennemi que je ne pouvais battre. Et qu'étais-je ? Un minuscule grain de poussière aux mains tachées de sang. Comment un être aussi pathétique aurait-il pu endiguer de telles choses ? Je ne voulais qu'aider. Je le pouvais, je le faisais. Endiguer ces ténèbres?A moi seul ? En un instant qui pouvait durer comme s'effacer ? Non,non... Il faudrait vivre, fort probablement avec ce nouvel échec....

Et puis ses lèvres tracèrent la douce ligne d'un sourire en s'exclamant :
-Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer… J’ai le pouvoir de matérialiser les sentiments des personnes sous la forme d’un cœur plus ou moins abîmé… À partir de ce réceptacle, je peux les réparer avec mes dix doigts… Cela peut être long et fastidieux, mais c’est gratifiant de voir que l’on a réussi à redonner le sourire à quelqu’un une fois la réparation finie…
C'était un don intéressant et étrange... Un écho de ses cicatrices qu'avaient ses mains aussi... Un témoignage d'un sentiment que je connaissais aussi... Le bonheur de voir que ce que l'on a fait peut être utile à quelqu'un.. Combien de fois m'avait-il bercé le cœur ce doux sentiment ? Tant et tant de fois.. C'était mon chant de sirène non illusoire...Je ne le vivais pas de la même manière que lui, mais je le vivais. Je ne le comprenais que trop bien.... Tout comme une partie de moi se réjouissait au plus haut point à l'idée de savoir qu'à présent, je n'étais plus le seul à aimer le café... Que je pourrais le partager avec quelqu'un....Et pourtant, pourtant... Quelque chose n'allait pas. Si ses mots traçaient quelques lignes de bonheur, si ses lèvres traçaient un sourire, pourquoi ses yeux semblaient comme éloignés ? Et qu'étais-ce, là, ce qui se formait au coin de ses yeux ?Qu'était-ce ? On aurait dit des perles... Des perles naissant au creux de ses yeux... Un peu comme des larmes.... Des larmes.. Avec un sourire.. Mais que....

« Tout va bien Grand Intendant ?
Tu pleures, mais tu souris. Personne ne verra rien. Personne non ne verra rien. Tu tournes ce visage riant vers les autres.Elles dansent au coin de tes yeux mais personne ne le verra. Et si on les voit, la gentille poussière dans l'oeil sera ton excuse. Et tu lèveras tes mains pour dire que ce n'est rien. Pas la peine d’inquiéter les autres. Souris, réponds, sois un masque.....

Elle résonna subitement. Se fit entendre bruyamment. La fissure d'un miroir d'ignorance..La fissure qui précipita ce miroir à l'envers, détruisant le décor, le faux décor offert... Ank.. Ank était en train de faire la chose que je faisais depuis des années....Ce sourire qui venait à ses lèvres.. Ses larmes perles étranges qui scintillaient et qu'on voulait dissimuler.. Ne pas gêner, ne pas embêter, ne pas en parler....Ne pas gêner,ne pas embêter.. Tout va bien , tout va très très très bien, tout va très bien.. Ne t'inquiètes pas.. Mais c'était faux.... Si faux totalement faux..... Et personne,non personne ne vous offrait un endroit où s'échouait.. Personne non personne à vous ne s'offrait....Personne non personne, car personne n'entendait, personne ne voyait,personne ne comprenait..Tout le monde se laissait prendre, tout le monde, tout le monde..Alors on était seul, si seul,si terriblement seul, replié sur soi, hurlant dans ses chaînes appelant les autres sans pouvoir s'y mêler. Quel droit avait-on ? On était pas fait pour ça... Et ce que je contemplai, en Ank, c'était cela. Le double de ses pensées tant exprimées. Le miroir, le sosie, le sosie qui attendait quelqu'un, qui le voulait mais n'avait pas le droit d'appeler.

Quelque chose se brisa en moi. Cette souffrance.. Cette souffrance, je la connaissais trop. J'avais tant rêvé qu'un jour quelqu'un la vit et la ressentit.. Que quelqu'un un jour me tendit la main, me prit dans ses bras... Même si j'aurai lutté contre elle un instant, même si j'aurai souffert puis me serait abandonné puis repris en m'excusant.Même si.. Et elle était là,devant moi à nouveau plus profonde,plus horrible. Plus intolérable que tout. Je ne pouvais pas, je ne pouvais pas....Pas face à moi, pas sans rien faire.... Non je ne pouvais pas, c'était au dessus de mes forces....
Je l'attirai brusquement contre moi. Aucun mot. Pas besoin.  Pas de « je suis là » ou «pleure tout ton saoul  ». Je ne voulais pas entériner ce sentiment qui viendrait après ; la culpabilité de s'être effondré. Je le connaissais aussi, si bien, je l'avais tant imaginé.... Tant vécu aussi en me disant que j'étais faible  chaque fois que mon cœur lâchait...  Non. Je lui offrais mon épaule pour se cacher de ce monde dont il voulait tant se cacher. .Je lui offrais mes bras pour chasser sa solitude. Je lui donnais ce qu'on ne m'avait jamais donné. Je lui offrais cette amitié. Sans mots,sans rien d'autres. Pas d'inutile.Il n'en avait pas besoin. Il était comme je l'avais été. L'était toujours, au fond. Un mot, un seul de ce genre et il prendrait conscience de la vérité, s'excuserait de me déranger quand je donnais cela de mon plein gré.

Que m'importait que je sentis mon visage chauffer. Que m'importait que ma raison criait en moi que cela ne se faisait pas, était inconvenant. Était-ce vraiment inconvenant de réagir à cette saleté de douleur que je connaissais si bien ? Était-ce inconvenant d'entourer quelqu'un de cette affection, que je savais seul remède ? Bien sûr que non. Et cela ne révélait rien de moi. Si ce n'était que je comprenais cette douleur, l'avais déjà ressentie au fond de moi. Que je pouvais le comprendre, et porter cette douleur. Je la portais déjà depuis longtemps en mon sein... J'en connaissais par cœur la chanson... J'en connaissais le moindre accord. Et savait presque sans me tromper comment il réagirait.. Et je savais aussi que je ne devais pas laisser s'installer cela...Pas le laisser s'excuser ni croire qu'il me dérangeait. Faire comme si tout était normal.... Histoire de l'emprisonner dans une toile de banalité,comme si tout était normal, que je ne venais pas de l'attirer contre moi, comme s'il ne pleurait pas. Presque faire semblant que je n'entenderais pas ses pleurs. Et j'avais de quoi faire.. Parler de ce qu'il venait de me dire. Tout en écoutant ses pleurs, en secret.
« Pour le café, j'irai en chercher tout à l'heure...Si tu veux, tu pourras même venir....J'en ai fait planter, exprès... Et ça doit être intéressant comme don et travail, dis donc.. Ça n'a pas l'air évident, non plus d'ailleurs.. Mais c'est un joli don ...Et je comprends parfaitement la satisfaction que tu ressens... C'est toujours magique de voir cette joie imprégner le visage de quelqu'un.. Cela n'a aucun prix.... »

Comme cela n'aurait aucun prix qu'il puisse pleurer en paix. Comme cela n'aurait aucun prix qu'il puisse comprendre que quelqu'un comprenait sa peine. Comme cela n'aurait aucun prix qu'il puisse comprendre que quelqu'un, au moins une fois, l'acceptait dans son humanité. Accueillait Ank comme on accueille un ami. L'appréciait comme. Et mes sentiments personnels n'entraient pas en ligne de compte. Il n'y avait que lui d'important. Ank Bastet. Pas Heart, pas Heartsmith .Juste Ank. Ank et la vie derrière, Ank et ce masque que je connaissais trop bien. Ank et ce masque, auquel pour la première fois on pouvait répondre. Masque qui entrait en lumière mais qu'on couvrait pour le menacer tant l'on savait que sa caresse était cruelle pour les initiés.


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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   17/4/2015, 14:08

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Ce qui venait de se passer… Ank n’arrivait pas à le comprendre, n’arrivait pas à réaliser. Ses yeux d’une profondeur abyssale s’étaient agrandis de surprise lorsque Komui l’avait attiré contre son torse, collant leur corps alors que ses bras venaient l’entourer, frôlant les chaînes invisibles qui emprisonnaient son corps, ce corps pourtant droit et souriant dont les ailes arrachées gouttaient d’un sang hurlant et tourmenté. La clef dans la serrure du cadenas vibra alors qu’il essaya de réaliser ce qui venait de se passer, trop hébété pour tenter de se dégager en rougissant, trop perdu pour comprendre ce qui se passait. Ah Heart, Heart… Depuis combien de temps n’avais-tu pas ressentis des bras venir t’enlacer dans le but de recueillir tes éclats d’âmes, ces billes de nacres noires qui menaçaient de couler le long de tes joues hâlées ? Tu ne sais plus… As-tu seulement ressenti une telle chaleur à ton encontre ? Non peut être, sûrement, tu oubliais de toute manière les gestes que l’on faisait à ton égard. Ils étaient si rares… Pourquoi les oubliais-tu ? Pour ne pas souffrir lorsque ces personnes finissaient par disparaître, par t’oublier ? Peut-être… Mais là, ce n’était pas le même contexte, tu n’étais pas dans ta boutique, il n’était pas un client. Vous n’étiez que deux êtres brisés et remplis de douleurs invisibles. Ton cœur battant dans ta poitrine le sait, reconnaissant un ami, un miroir renvoyant tant de souffrances connues et inconnues, cœurs transpercés par des silences et des remords impossibles à défaire.

Dans le silence abasourdi, les larmes du réparateur tombèrent au sol, deux minuscules perles noires d’un brillant tranchant, billes de ténèbres produisant un bruit mat en touchant le plancher, premières spectatrices de l’embrassade entre les deux hommes, l’un trop ébranlé pour parler, l’autre trop connaisseur de cette mascarade grotesque pour le laisser filer.

Et pourtant Ank tenta vaguement de se libérer de cette étreinte. Instinctivement, son corps ne voulait pas déranger, tout mais pas ça, tout plutôt que de montrer ses faiblesses, somme toute humaines, à une personne qui ne méritait pas ça, qui ne méritait pas de devoir consoler une personne à peine rencontrée et déjà sur le point de craquer, oppressée par ce besoin si vital et si vicié de parler, de se laisser aller. Mais rien n’y fit, ses doigts s’accrochèrent à la veste de l’homme dont les yeux sombres renfermaient autant de cris muets que le réceptacle du réparateur contenait de cicatrices invisibles. La douleur qui le traversa le fit baisser les yeux, tout sourire ayant disparu de son visage chaleureux, douleur qui n’était pas physique, juste morale, douleur que tu laissas enfin sortir, que tu écoutas enfin alors que les chaînes gelées se brisèrent, t’engloutissant d’un mal que tu ne connaissais plus, que tu refusais d’affronter. Tu as peur et mal, cocktail dangereux faisant naître de nouvelles perles tissées de tes regrets, de tes peines et de tes remords. Oui, cela faisait mal, très mal, sans doute trop pour ton réceptacle de guimauve rouge, tant de fois mutilé pour les autres. Tu avais tant de fois arraché les mécanismes de ton cœur que tu peinais à en retrouver les pièces. Tu avais peur de tout perdre en faisant cela une fois de trop. Paradoxe du réparateur, tu voulais vivre pour toi, mais tu refusais de laisser tes clients plus blessés que toi. Alors tu t’immolais à leur autel, tu t’arrachais ces rouages couverts de sang afin de leur donner le mécanisme parfait, afin de les sauver. Mais tu te perdais toi-même à ce jeu stupide, tu t’oubliais bien trop, et tu en craignais les conséquences.

C’est en silence que le déjant’hé crispa un peu plus ses doigts contre l’homme qui le tenait contre lui, étreinte consolatrice venant calmer ce palpitant erratique et paniqué. Tout sentir, d’un coup, cela était sans doute trop. Et les perles de glisser comme autant de fragments de détresses venus se fracasser à terre dans un bruit digne du tonnerre. En cet instant, le réparateur s’était endormi, laissant l’enfant égaré, l’adulte déglingué, reprendre ses droits, reprendre les rênes de ce corps se cachant du monde contre le marchand aux yeux sombres. L’absence de liens se faisait tellement sentir en cet instant que sa gorge se noua d’un étau de fer, refusant de le laisser respirer convenablement, le faisant gémir faiblement, souffle échappé de ses lèvres abimées, les ouvrant au passage, laissant le goût du sang glisser dans sa bouche et embrasser sa langue d’un goût puissant de fer, provoquant un haut le cœur bien vite réprimé. Toute cette débauche de laisser aller lui était insupportable, et malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à récupérer le masque tombé à terre. À quoi bon tenter de le récupérer Heart ? Vois, ce masque que tu refusais de quitter, vois-le ainsi, fracassé à terre par cette main tendue qui te maintenait dans une étreinte si douce. Tu l’as tant attendue Heart, pourquoi vouloir la rejeter, pourquoi vouloir toujours être souriant et ne rien laisser voir ? Ce n’était pas ton rôle, tu étais né d’un souhait, d’un souhait si désespéré qu’il en était devenu réalité au sein de Wonderland. Mais jamais ta créatrice ne t’a empêché de pleurer, de chercher de la compagnie, de te lier aux autres. Tu t’es enfermé seul dans ces chaînes épineuses, dans cette prison de verre. Tu n’avais pas de Viviane pour t’enlever au monde, tu avais juste ta bonté, ta trop forte bonté, et ton altruisme. Cela suffisait pour te couper des joies simples de l’amitié. Tu n’avais personne sur qui compter jusqu’à maintenant, et ça te pesait. Non, n’essaie pas de le renier, cela te pesait. Pourquoi crois-tu que ton corps se détruisait dans des crises de larmes qui te laissaient étendu à terre, les bras serrés autour de ton torse dans le vain espoir de te réchauffer, de calmer cette souffrance qui te brisait petit à petit ? Corps plus honnête que ton cœur, un comble pour toi non ? Mais on disait bien que les cordonniers étaient les moins bien chaussés, alors que tu sois celui qui prenait le moins soin de ton réceptacle n’était pas si étonnant. C’était cruel, absurde, mais guère étonnant.

Mais il tremblait, oiseau effrayé par un orage auquel il ne comprenait rien, effrayé par cette tempête destructrice qui venait voler ses forces, laissant un froid traître prendre place dans ses membres. Comme un enfant, il se raccrocha désespérément aux paroles de Komui. Tu étais sensé être le plus vieux Heart, le plus sensé d’après une idée reçue communément admise. Alors pourquoi étais-tu aussi effrayé ? Il ne savait pas, trop perdu pour comprendre, sentant la fatigue poser un voile sur ses iris sombres. La voix de son interlocuteur lui semblait lointaine et rassurante, venant bercer le réceptacle blessé avec une douceur prudente et gentille. Ses doigts se détendirent, ses larmes se firent un peu plus claires, moins désespérées. Il avait tant pleuré que de nombreuses billes noires nacrées parsemaient le sol à leur pied, reflétant la lumière du soleil qui caressait les deux hommes enlacés dans une étreinte chaleureuse.

Doucement, Ank ferma les yeux, laissant le calme envahir son corps, recomposant faiblement un masque. Mais à peine fini, il lui glissa entre les doigts et se brisa une nouvelle fois à terre dans un bruit de cristal fracassé. Inutile Ank, c’était inutile. À quoi cela servait de porter un masque face à une personne qui de toute manière avait percé votre jeu de miroir, ce jeu menteur qui t’avait perdu dans les limbes de son labyrinthe ? À rien, et tu l’oubliais trop souvent. Après tout, Komui devait être le premier à avoir percé ces faux-semblants qui te collaient à la peau, au point que c’en était devenu presque naturel. Trop naturel. C’était dangereux de laisser un masque prendre le dessus sur ce qu’on était réellement, sur ce que nos sentiments voulaient faire apparaître. On finissait par se perdre, par se délaisser. Et le point de chute n’en était que plus violent, plus fort, plus destructeur, brisant le masque et la chair cachée derrière, plantant une lame brûlante dans ce cœur qui implosait, n’en pouvant plus, écharpant l’esprit l’ayant condamné à se taire et à souffrir en silence, faisant naître une douleur infernale qui pouvait conduire au bord de la folie. Pas de cette folie douce qui habitait les clients qui venaient le voir, non, c’était plus atroce, plus déstabilisant… Plus mortel…

Le réparateur abandonna, rouvrant les yeux, son corps ayant cessé de tremblé, le laissant apaisé mais épuisé, s’accrochant à son interlocuteur pour ne pas s’effondrer alors que sa tête tournait légèrement, faisant tanguer le décor où ils jouaient une pièce inconnue et pourtant banale. Une légère pâleur venait ternir le caramel de sa peau. Tu étais fragile Heart, malgré tes sourires et tes bravades innocentes lancées à une entité invisible dont les ciseaux s’approchaient trop près des rares attaches restant à la raison qui menaçait de s’effondrer derrière la façade que tu entretenais désespérément. Tu n’étais qu’un gamin forcé à grandir trop vite, un gamin innocent et cruel envers lui-même, môme dépassé se raccrochant à la seule personne qui avait réussi à dépasser la façade pour entrer dans la maison désespérément vide que tu occupais, prostré dans un coin, serrant contre ton torse une clef dont les rouages maculés de sang se rouillaient de plus en plus, attendant désespérément une main pour arrêter son processus de destruction, l’arrêter avant que la rouille ne la transforme en une poussière dorée, scellant le destin que tu t’étais choisi inconsciemment et que ton corps et ton cœur refusaient en poussant des cris sauvage et désorganisés.

Doucement, Ank releva les yeux vers le visage de Komui, plongeant dans les iris couleur de café qui le couvaient du regard. Une profonde gratitude l’envahit, chassant doucement le froid qui saisissait ses membres, chape de glace qui avait laissé sa peau se recouvrir de chair de poule durant un court instant. La crise était terminée. Il ne savait pas combien de temps elle avait durée, ni combien de perles noires s’étaient échouées à terre, vague de billes ténébreuses mouillant leurs pieds, spectatrices silencieuses de cette pièce étrange qui se déroulaient devant leurs yeux noirs, aussi noirs que leurs iris à eux.

Et tu t’y accrochais, à ces iris cachés par des lunettes fines dont les verres brillaient sous la caresse d’un rayon solaire, venant couper légèrement le lien que tu tentais de garder, clignant des yeux, essayant de revenir à la réalité sans t’effondrer une nouvelle fois, sans laisser tes jambes te trahir. Les dernières nuits blanches que tu venais d’enchaîner ne devait guère aider cela, mais tu y tenais, dernier rempart obtus contre cette fatigue qui profitait de ce court répit pour te sauter dessus. Tu n’es pas un surhomme, tu n’as jamais prétendu l’être, alors pourquoi ne voulais-tu pas arrêter de jouer la comédie, cette comédie désaccordée qui te faisais plus de mal que de bien ?
Une simple fierté mal placée, une simple terreur d’être de trop, de gêner. Litanie assourdissante qui t’enlevait toute jugeote. L’homme en face de toi a compris qui tu étais, peut-être même ressent-il la même chose. Ce n’est que lorsqu’on joue la comédie qu’on reconnait ceux qui font de même n’est-ce pas ? Ton cœur le sait, lui, il le sait et tente de te le faire comprendre, tente d’appeler ce jumeau coincé dans cette poitrine contre laquelle tu es blotti, petit chat perdu réclamant de l’attention, des caresses et de la chaleur.

Ank esquissa un sourire gêné et désolé. Il détestait perdre le contrôle et se laisser aller… Mais l’étreinte avait été plus forte que son entêtement, plus forte que le masque gisant, en miette, à ses pieds, laissant voir les marques de fatigue et de peine creusant de fines rides au coin de ses yeux, caressant les cernes devenues apparentes, cernes que son sourire essaya, en vain, de camoufler derrière l’éclat de ses dents blanches. Tu n’es qu’un idiot Heart, tu le sais ?

Le réparateur laissa ses lèvres bouger, articuler un simple mot, un mot sincère et poignant qui pourtant avait tant de mal à sortir. Etait-ce à cause de l’étau qui serrait encore sa gorge ? Peut-être, il ne savait pas réellement pourquoi cette boule dans la gorge refusait de partir. Il fallait plus qu’une simple crise pour régler ses démons, mais il l’ignorait, il préférait l’ignorer, repoussant cela à plus tard, toujours à plus tard. Après tout, il avait le temps non ? Non Heart, tu n’avais pas le Temps. Le temps qui s’écoule ne te laissera pas t’en tirer à si bon compte, empoisonnant tes démons, ta peine et ta douleur, les faisant grossir. Veux-tu vraiment finir par mourir de désespoir ? Non.

-Merci…

Sa voix résonna entre eux, vibrante mais étouffée. Ses doigts n’avaient pas quittés le vêtement de son interlocuteur qui le dépassait, l’entourant toujours de ses bras, l’accueillant dans une étreinte protectrice où tout semblait être permis et où seuls les masques étaient interdits. Ce qui n’était pas plus mal, ainsi tu avais pu pleurer, faire couler une infime part de cette peine qui tel un acide venait te détruire peu à peu de l’intérieur, agrandissant un trou immense sans que tu ne puisses rien y faire, y plongeant même tes doigts afin d’accélérer le processus, afin de te perdre chaque seconde davantage. Petit réparateur des cœurs… Il était temps que tu arrêtes cette folie, que tu arrêtes de ne boire que la lie du vin… Tes yeux se voilèrent un peu plus alors que tes jambes manquèrent de te lâcher. Tu avais la tête lourde, si lourde… Tes paupières se refermaient alors que ta respiration s’assourdissait, se faisant plus lente. Morphée venait emporter ton âme. Le temps pour toi de récupérer un peu, de te reposer en paix. Tes battements de cœur s’apaisèrent alors que tu t’effondras dans les bras de ton interlocuteur, poupée désarticulée dont des fragments de larmes restaient accrochés à tes cils aussi noirs que la nuit…
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   17/4/2015, 19:25

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If we could start again, Would it change the end?


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Komui Lee
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Autrefois... Dans des ténèbres qui enserraient le monde, j'écoutais une voix. Elle apportait de la lumière et de l'espoir. J'écoutais ses chansons et l'apprenait. Alors elle venait me voir et me tendait ses bras blessés. Je prenais les ténèbres qui s'étaient incrustées en elle et elle retournait en ce monde illuminer celui-ci avant de revenir comme les relents éternels d'une mer. Je n'étais que celui qui chassait ses ténèbres. Qu'un grain de poussière. N'importe qui aurait pu prendre ma place. Je ne changeais pas radicalement le monde. Ce n'était pas mon but, pas mon existence. Je n'étais que l'ombre rassurante, le fourreau de l'épée qui changeait le monde. Le fourreau infaillible. Qui n'avait pas le droit de l'être. Alors, à force, j'en étais venu à penser que je ne faisais rien d'important. Que je ne changeais rien, ne pouvait rien. Alors de plus grand espoirs naquirent au bout de mes doigts et se tracèrent. Mais toujours ils heurtaient les rochers. Et mon cœur hurlait, hurlait de cette impuissance à seconder l'épée. Je n'étais que le fourreau après tout.  Mais je refusai de n'être que cela. Comme je refusais de réduire l'épée à une épée et cherchait à en admirer les moindres particularités. A en graver chaque contribution,chaque sourire,chaque pleur en mon esprit. Et puis la cendre était venue et m'avait emporté ici. Dans un monde qui ne me demandait rien, qui m’accueillait, que je prenais comme une punition qui semblait douce mais se retirerait, étant une punition. Mais le monde était resté. Sa chaleur avait commencé à imprégner ma chair gelée, et petit à petit j'ai voulu l'aider à luire. Sans voir ce que je pouvais lui apporter, trop entravé de mes précédents échecs. Cherchant à tâtons ce que je pouvais pour lui. Mais conscient déjà de ne pas le changer radicalement. De ne pas le pouvoir. Trop conscient. La lumière de la Congrégation m'avait trop appris cette leçon. Un être de poussière sans rien ne change pas grand chose. Je m'étais résigné à cela. Mon sort.Mais pas une résignation complète et totale. Combien de fois mon cœur avait-il hurlé de mon impuissance ? Tant et tant de fois.... Si innombrables, comme l'eau qui file...Et puis j'avais trouvé ma place, ce que je pouvais faire pour aider, expier un peu mon crime. Mais je savais très bien,depuis toujours que je ne pouvais rien changer, rien n'annihiler. Que ma présence en ce monde comme en tout autre ne changerait pas grandement la donne.

Et pourtant, en cet instant..Ank,rien qu'en étant là, venait ébranler la moindre de ses tours fièrement arrimées.Comme si, un simple geste, pouvait quelque chose. Comme si je pouvais être utile à une personne, l'aider à ne plus être menée par des ténèbres puissantes...Comme si ce que je faisais ne durait pas un instant, transcenderait le temps et resterait en lui. Comme si à mon tour j'avais été une épée. Comme si, vraiment je pouvais l'aider, plus que quelques instants..
Autour de moi résonna un son. Un son mat. Le son de perles qui tombaient. Mais je m'en moquais. Tous les trésors du monde ne valait pas une humanité.Rien ne valait, que cette peine qui se libérait. Qui se débattit faiblement contre moi, luttant contre un reste de gêne, un reste de volonté de ne pas embêter, pas déranger.. Un reste de volonté de se dégager, me sourire une dernière fois, mentir. Mais c'était inutile. Inutile, Ank. Ce masque que tu avais, je le connaissais trop bien. Il ne me tromperait plus jamais, à présent. Et tu ne le voulais pas, au fond de toi.Et comme de juste,ta main se crispa sur ma veste. Ma veste d'Intendant. Tu l'ignorai, sans doute. Contre le symbole du fourreau tu t' agrippais. Comme si j'étais la seule chose qui te rattachait à ce cruel monde. La seule chose qui s'offrait à toi. Comme si l'ombre avait seule importance.Comme si seule l'ombre pouvait t'aider. Tu t'y agrippais plus fort, la douleur redoublant,enlaçant, perforant ton cœur, peut être même ton univers tout entier.

Et je ne bougeais pas. J'écoutais les sanglots de douleur en parlant. Qu'est ce que je racontais ? Je n'en savais rien. Des banalités. Des banalités affligeantes sûrement. Comment luisait le soleil, comment pleurait les cieux. Des idioties amusantes aussi, des souvenirs amusants d'ici.... L'essentiel était de parler. Parler, ne pas laisser ni le silence et la gêne s'installer. Ne pas laisser venir les mots vains qui n'entraîneraient que culpabilité, et que l'on ne percevrait pas. Pourtant ils brûlaient mes lèvres. J'aurai voulu les dire. Mais je savais que cela ne mènerait à rien. Rien qu'un de ses discours vides de sens pour des personnes comme nous. Même si chacun de ses mots étaient les perles de mon propre cœur. Mais, tant vidées de sens à force d'avoir été prononcées par d'autres qu'elle n'avaient pas la moindre valeur. Comme ses perles n'en avaient pas la moindre à mes yeux.
Perles qui tombaient en fracas comme autant d'éclat de miroirs qui tombait au sol, se brisaient, se démultipliaient,se réduisaient en poussière, grandissaient. Comme les échos d'un lointain miroir qui se brisait laissant face à une dure réalité. Une dure réalité contre laquelle, cette fois, je ne pouvais rien à nouveau. A part me poser là. M'offrir,rester là. Une vérité qui le fit gémir contre moi. Me donna envie, un instant de caresser ses cheveux en compassion. Mais il n'en avait pas besoin. Ce simple geste, incongru en plus de tout ne ferait que lui nuire. Il était comme mes mots, un parasite.Dénué de sens. Je ne pouvais que le garder contre moi, alors que son monde se détruisait. Son monde fait d'apparences. Peut être de tentatives de se croire simple altruiste, en oubliant toute sa propre vie. N'être qu'un outil. Oublié de tous. Peut être en réalisant la profonde solitude où le mettait tout cela. Peut être au fond que son masque employé à tromper les autres avait aussi servi à le tromper, lui. Si c'était le cas, la douleur devait être incommensurable. Pire que je ne l'imaginais. D'instinct, je resserrais ma prise sur lui.Même s'il ne le sentait pas. Continuait à tracer de mes mots des silhouettes voulues apaisantes. Des silhouettes riantes. Des ombres chinoises sur un mur oublié.

Il tremblait contre moi, tremblait de cette douleur contenue qui s'exhalait,adulte pris dans une tempête qui le dépassait. Et moi, je restais là au creux des flammèches, le serrant contre moi, comme si une étreinte pouvait sauver quelqu'un. Lui donner un peu de lumière. Et c'était bien ce qu'il m'enseignait. Qu'un simple geste pouvait peut être aider.... Peut être que mon geste s'inscrivait dans un temps plutôt qu'un instant.. Peut être, peut être.. J'avais envie d'espérer au milieu de ses ténèbres. J'en avais envie et cela n'avait rien de coupable. Non rien. Rien du tout.
Et contre moi ses tremblements s’apaisaient, les larmes cessaient de remplir la pièce de leur éclat tonitruant, prenant le son d'une légère bruine qui caresse les vitres. Contre moi des yeux se fermèrent. Mais des mains se raccrochaient. Se raccrochaient pour ne pas tomber dans le néant. Mais ne pas trop regarder, ne pas trop y faire attention.Ne pas faire en sorte de l’embarrasser, ne pas lui laisser l'occasion de reformer un masque digne de ce nom. Car assurément il se préparait à en récréer un. Je voyais les symptômes se dessiner sur sa peau. La respiration qu'on force à calmer, le moment que l'on prend pour se détacher. Mais avant que je ne fisse quoi que ce soit...Le masque s'écroula de lui-même. Il avait été trop porté et trop affaibli, beaucoup trop, face à moi pour qu'il eut du sens, sûrement. Face à moi qui en connaissait les échos. J'admirai ses restes rejoindre les perles. Les aurait foulé au pied, si on me laissait faire.

Contre moi, le masque écarté, les tremblements s'apaisèrent.Ses mains s'agrippant à moi pour ne pas tomber dans le gouffre laissé béant à la place de ce théâtre de mensonge de ce masque tant arboré pour les autres et qui face à mes yeux n'avait pas le droit de se tenir. Cesser d'être écarté, cesser de devoir simuler, se rendre compte que cela se dissimule aussi, était loin d'être évident...Cela prendrait du temps.... Probablement autant que cela m'aurait pris, si j'avais pu le faire....Mais il ne fallait pas y penser, jamais personne ne viendrait....Mon masque trop parfait éloignait et je ne pouvais que briser certains aspects de celui-ci. Avec un peu de temps, un peu de patience, je serais capable de dire à quelqu'un que je l'apprécie à la hauteur de mes sentiments pour lui, serait capable de le soutenir entièrement... Mais le reste, ne n'atteindrait pas. Ces douleurs je les avais trop bien mérité. Personne non personne ne pouvait entendre ces appels et rien faire pour moi. Et je ne voulais pas appeler, pas déranger.. Exactement comme lui. Ni montrer mon impuissance, ni montrer ma douleur, ni montrer mes fautes. Peut être par peur absurde de casser une image. Mais lui n'avait rien fait de mal. Moi, j'avais abandonné tous les gens que j'aimais. Lui avait peut être eu des personnes auxquelles se raccrocher, mais jamais il ne les avait abandonné. Oh non, il les avait sûrement accompagné jusqu'à ce que leurs routes se séparent. Pas comme moi....Sûrement pas comme moi.. Ma chair était marquée de ces cicatrices, invisibles différentes des siennes mais saignant tout autant.

Et ma chair putréfiée de l'intérieur corrompue et dévastée, se fit attraper par un regard d'iris aussi noires que les miennes. Un regard empli d'une gratitude injustifiée. Comme si je n'étais qu'un héros... Comme s'il me devait d'être redevable... Alors que ce n'était rien, rien du tout.. Un simple geste....Quelque chose de naturel... Comme si mon geste était exceptionnel.. Ce n'était rien....Un rien, un rien de plus venant de mon âme, mais s'il t'aidait, Ank, alors soit. Il s'y accrochait comme si mon regard était une pierre aussi précieuse que ses larmes, comme si la seule chose qui pouvait le sauver était mon regard. Comme si j’étais le seul lien à la vérité, à la réalité. Tout en laissant entrevoir ses jolis et tristes symptômes des nuits blanches. J'en avais trop essuyé pour ne pas les voir. Mais qui était le signe que pour moi il ne se cachait plus. Mais soit. Si cela te faisait du bien... Mais il n'y avait pas que cela dans son regard... Il y avait comme un... appel. Comme s'il appelait quelque chose au fond de moi. Comme s'il l'appelait désespérément. Comme s'il avait besoin de cette chose enfouie au fond de moi.Comme si du fond de son propre corps il tendait la main et appelai cette chose de toute ses forces. Ce qu'il pouvait bien vouloir me restait encore interdit de sens, mais si je pouvais lui donner et l'aider, alors je le ferai en temps venu...En attendant, je le gardai auprès de moi, autant de temps qu'il le faudrait. Qu'il le voudrait même. Et si ce temps s'étirait,soit. On s'habituait à cette chaleur douce, cette odeur délicate de vanille et de cannelle. Ce n’était pas désagréable. Ne l'avait jamais été. Mes joues ne brûlaient plus. Comme si la gêne avait rompue elle-même les armes. Comme si la gêne avait accepté de s'en aller. Comme si la gêne avait compris qu'il n'était pas inconvenant de serrer quelqu'un contre soi en soutien. Quelqu'un qui n'était pas de sa famille.

Et puis, la voilà, se dessinant, se montrant. La gêne, le regret de s'être laissé aller. J'avais su qu'elles reviendrait. Même si l'espace d'un instant, j'avais espéré... Mais oh qu'elle est belle ton impuissance, Komui.. Sublime, merveilleuse....Et lui était un vendeur de rêve.. Il avait, bien inconsciemment, fait espérer une autre issue pour lui. Mais elle était de retour, de retour à nouveau. Tu vois, tu n'es pas une épée. Tu n'es et demeure que le fourreau. Mais peut être ce fourreau, à force de rester et s'accrocher pouvait quelque chose... Encore eut-il fallu, mon pauvre ami, qu'on te laissât faire.... Il n'aurait bientôt que deux choix. T'effacer à tout jamais ou rester. Fuir ce danger qui mettait en péril son masque ou bien le rechercher pour à force l'annihiler au moins pour un être. La fin ou le début. La fin prévisible, le début inconnu vers quelque chose d'étrange, aux profondeurs insondables et incertaines. Traçant quelques esquisses mais rien de bien sûr ni solide. Étrange, mystérieux et à l'issue incertaine. Si incertaine....Et il y avait tant à parier qu'il reprendrait sa route en t'effaçant. Comme l'ombre que tu étais, et restais....  Tu n'aurais été qu'une étoile filante dans un ciel noir. Et pourtant, tu le savais dès le début, tu le savais.. Et pourtant, au fond, tout au fond cette possibilité crispe ton cœur. Pourquoi ? Oui pourquoi ?

Probablement parce que tu ne veux pas qu'il souffre. Et il souffrira, encore et encore pétri dans sa gangue de glace. Il souffrira, tu le sais bien. Il souffrira, tu le sais, le verra et à nouveau pour lui ne pourra plus rien. Quelle est belle ton impuissance, Komui.... Elle est sublime. Peut-on la voir, peut-on la deviner derrière tes apparences, tes pitoyables apparences qui ne méritent pas ce merci qui vient aux lèvres de Ank avant qu'il  se laisse doucement emmener par les bras de Morphée entre tes bras en totale confiance ? Peut-on la lire ?  Peut-on la deviner, peut-on la sentir ? Non, il ne voit que le soutien, le soutien viable. Les cris et les coups de ton toi méprisable sont dissimulés dans les plis de ta veste-fourreau. Et c'est bien ainsi....Bien mieux... Je songeais cela dans la boutique devenu champs de perles noires avec entre mes bras Ank assoupi. A l'air étrangement fragile,affaibli. Comme une de ses poupées que l'on chérit d'emblée. Une de ses poupées d'argile comme le chantait cette chanson de mon enfance.. Ces poupées qui n'avaient rien, ne pouvant parler, ni membre pour les apprécier, rien pour les protéger....Face à un monde cruel et triste pour eux.... Et qui donnait envie de les protéger contre. Comme dans cette chanson. Et comme si mes bras pouvaient le protéger, je l'enserrais un peu plus fort.C'était illusoire, c'était faux. Mais, c'était là. Irrationnel. Gênant. Mais quel mal avait-on à vouloir protéger quelqu'un qu'on commençait à apprécier ? Pourtant la gêne étendait encore plus ses ailes en moi face à ce geste.  Cette envie. Comme l'était ce merci.. Ce merci qui me fit chuchoter doucement :

« Pas la peine de me remercier.....Ce n'est pas grand chose.... »
Mais bien sûr, il ne m'entendait pas. Il écoutait les chansons de Morphée,entre mes bras. Ce ne devait pas être du plus grand confort....Non,non... Je l'écartais doucement de moi,entourai ses épaules d'un de mes bras, puis passai en douceur le second bras sous ses jambes, avant de le ramener contre moi, puis me redresser doucement de toute ma hauteur, le tenant entre mes bras comme on tient un objet cher au milieu du champs de perles noires. Faisant face au soleil qui luisait par la fenêtre comme s'il se voulait porteur de beaux présages. Mais il ne fallait pas s'y fier ; il mentait souvent. Je portais mon regard vers mon laboratoire et ce que je savais m'y attendre derrière. L'infirmerie... Mais je ne pouvais lui infliger cela. D'abord à cause des murs absolument odieux aux couleurs de Wonderland qu'un petit malin c'était amusé à me laisser....Et ensuite car ce serait le réduire à un client alors que ce n'était pas le cas... Et tant de gens pouvaient arriver et le voir dans cet état.. Et je savais qu'il ne voulait pas que ce monde le vit....Il y avait un autre endroit, un endroit où le monde ne viendrait pas le chercher. L'antre de l'ombre.Mon antre....Mais d'abord, il allait falloir m'assurer du silence de cette clochette.. Je m'approchai de la porte et y retournai un écriteau indiquant avant la mention « Ouvert », sachant que les requêtes qu'on serait venu m'adresser seraient déposées dans une boite laissé à cet effet sur le pas de la porte.A présent, avec la plus grande douceur, j'entrepris de gagner l'espace derrière mon bureau, espérant ne pas le déranger dans son sommeil avant d'entreprendre avec douceur la montée de l'escalier qui menait à mes appartements, débouchant finalement au milieu de mon grand  salon cuisine (presque inutile ), cœur de la maison autour duquel gravitaient toutes les pièces de la maison et qui comme de juste était encombré d'une tonne de papiers,de livres, de notes que la pièce où reposait mon bureau où j'entreposais certaines choses ne pouvait contenir. Mais je ne leur accordais pas la moindre importance. Je me dirigeais vers la porte de ma chambre que je poussais en douceur du coude, laissant paraître ses murs verdâtres et ses accumulations de livre et de paperasse, de différentes choses accrochées aux murs, d'objets divers et variés mais dont je m'étais entouré pour un de leur côté, tantôt l'aspect, tantôt l'histoire de l'objet, laissant difficilement place au bois d'une armoire d'une commode et d'une table de nuit.

Et avec douceur, je le déposai sur mon lit. Presque révérencieusement. Comme craignant de le blesser. Puis avec autant de douceur je le couvrais, prenant au hasard une des couvertures qui traînaient par là, celles que je prenais quand j'avais réussi à me traîner au lit mais pas à me déshabiller et me coucher dans mon lit. Je le couvrais du mieux que je pus, avant de m'asseoir au bord du lit, se voulant gardien de son sommeil, gardien invisible mais là. Résolu à le protéger contre un monde dont il ne voulait être vu. Mais dont il était coupé, en cet instant...Peut être même cauchemarderait-il, avec toute ses horreurs.....Je ne pouvais être trop à ses côtés, pas le droit, ne risquait pas d'être compris, mais je pouvais l'accompagner doucement, gentiment. Peut être chasser les éventuelles horreurs qui pourraient venir le briser.... Comme on me le faisait,autrefois... J'attrapais machinalement un objet sur ma table de nuit. Elle m'avait tout de suite plu au marché où je l'avais trouvé. Elle semblait simple d'apparence, une petite boîte ronde vernie et brune, mais quand on l'ouvrait, se déversait toute la beauté d'un monde de vie en une douce mélodie et une petite danseuse qui tournoyait sur elle-même. Je destinai ses premières notes à ma Lenalee, pour ses si nombreuses fois où des cauchemars viendraient la prendre après de telles horreurs....Mais, là,ce chant que je n'avais entendu qu'une fois, je voulais qu'il puisse chasser d'autres ténèbres.. Et je savais que ce n'était pas Lenalee qui me tiendrait rigueur de ce fait.... Elle avait toujours été la gentillesse et l'amour incarné.. Je me pris à songer en souriant, remontant la boîte à musique  avant de laisser le son venir en l'air doucement à la réaction  qu'elle aurait eu si elle avait rencontré Ank... Oh, sûrement qu'elle aurait agi en plein lumière, l'aurait sauvé avec plus d’éclat.. Mais j'étais l'ombre,le gardien et agir dedans, ne m'allait que trop bien.


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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   18/4/2015, 04:03

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Cœur tendre


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réparation des coeurs/larmes de perles
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Webcomic de Miyuli "Hearts for sale"
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Cœur tendre
Le petit réparateur avait finalement sombré, les yeux clos, dans ces bras couleur de cendres qui venaient le bercer tendrement, doucement, caressant ses traits, les détendant sous ses doigts agiles et fins, recueillant les derniers fragments de ses pleurs du bout des ongles, les échangeant contre cette poudre qui vint sceller ses paupières, clef d’argent ouvrant la grande porte des rêves. Il la laissait toujours aux dormeurs, s’amusant à changer le matériau, l’alliage discret de la clef ouvragée où se perdaient rouages et mécanismes invisibles. De cela dépendait les rêves ou les cauchemars.

Le corps du réparateur s’était détendu, se laissant porter par Komui, poids léger en comparaison de sa carrure. Comme s’il n’était lui-même fait que de rêves et de souhaits légers, aériens, venant effacer son humanité, ses muscles et ses os, simple enveloppe de papier menaçant de partir en fumée au moindre mouvement brusque. Son esprit s’élevait, gravissant des marches invisibles et nuageuses, montant vers les étoiles des constellations qui dansaient en une ronde douce et détraquée. Il avait-il déjà eu autre chose que de la folie en Wonderland pour guider ces terres ? Peut-être… Ou peut-être pas, ce n’était pas à lui de s’en souvenir…

« Pas la peine de me remercier.....Ce n'est pas grand-chose.... »

La voix fit vibrer tes oreilles, mais ne te parvint pas, trop lointaine, trop douce pour traverser les limbes de ce sommeil t’emportant inexorablement loin de ce monde que tu aimais tant, le temps de quelques petites heures, heures arrachées à ta conscience, heure de repos trop rarement prises. Car si c’était le cas, nul doute que tu aurais fait un effort pour revenir, même un court instant, le détromper. Ce qu’il avait fait, c’était bien plus qu’il ne l’imaginait. Ton cœur se serra légèrement, battant un peu plus fort pour envoyer de la chaleur dans la poitrine de cet homme qui te portait. Personne n’avait su te prendre dans ses bras depuis que la petite fille aux cheveux roux s’était, de bonheur, jeté sur toi, te remerciant au travers de ses larmes qui se mélangeaient avec les tiennes. À cette époque tu pouvais encore faire glisser de vraies larmes sur ta peau couleur de caramel. De vos larmes étaient nées ta particularité, ces perles qui te sauvaient plus d’une fois la mise, transformant tes peines en nacre noire, tes joies en nacres blanches. Pas de gris, d'or, de rose ou de bleu. Cela était peut-être mieux ainsi.

Alors oui, le geste de Komui avait été comme une main de lumière venant caresser ta joue et défaire les attaches de ce visage blanc de pierrot qui n’était pas le tien, le faisant glisser à terre, le brisant dans un bruit lointain et sourd, recueillant la glace qui coulait de ton cœur pour la transformer en neige. La neige que tu ne connaissais qu’en rêve. Ces flocons blancs qui dansaient une ronde enfantine fondirent dans cette main, redevenant une eau pure et lumineuse qui glissa entre ses doigts, tombant dans une chute aux couleurs de cristal, chapelet de perles argentées venant se briser dans un tintement clair dans les ténèbres t’entourant, devenant autant d’étoiles chaleureuses t’entourant de leurs bras, venant te murmurer des paroles rassurantes à l’oreille. Alors oui, peut-être que pour lui ce n’était rien, mais pour toi, oui pour toi, cela n’était rien d’autre qu’un lien le rattrapant et le tirant hors de ce gouffre sans fin vers lequel tu plongeais sans rien pouvoir y faire, laissant ton cœur se faire arracher lentement tout ce qui constituait ses sentiments, même les plus désespérés, même les plus beaux. Tu n’étais qu’un astre en chute libre, une comète à la chevelure étourdissante de chaleur et de lumière qui n’avait nulle part où se poser, nulle part où s’arrêter un court instant ou pour le reste de votre longue vie. Maintenant, tu savais que quelqu’un pouvait ouvrir ses bras pour t’y enlacer, te laissant redevenir un enfant, celui que tu n’as jamais été, que tu n’as jamais pu être… C’était peut-être pour cela que tu avais tout d’un enfant, avec le côté pragmatique et adulte qui t’empêchait de tout laisser en plan afin d’aller jouer dehors. Tu tenais à tes clients, trop, beaucoup trop pas vrai ? C’était bien pour cela que tu n’abandonnais jamais ton poste, tout comme le capitaine est le dernier, logiquement, à quitter le navire. Tu préfèrerais mourir plutôt que d’abandonner la réparation d’un de ces petits réceptacles qui te suppliaient de les réparer… Et tu te tuais. Réellement. Ce n’était pas ton corps qui perdait son sang, ce n’était pas ton enveloppe qui s’écartelait sans s’arrêter, dans un bruit atroce d’os qui craquaient et de tendons qui cédaient. Ce que tu t’arrachais à cœur ouvert ce n’était rien d’autre, juste rien d’autre que tes rouages sentimentaux. Et le bruit était encore pire, bien plus horrible, faisant trembler les étoiles du ciel et la lune, qui souvent, étaient les seuls témoins des affres que tu te faisais subir à toi-même. Plus d’une fois tu aurais voulu t’arrêter, cesser ce carnage infini. Tu n’étais pas Prométhée, tu ne pouvais pas régénérer à l’infini. Mais ils t’appelaient, ces cœurs, ils t’appelaient tant et tant que tu finissais par commettre de nouveau ce crime dont tu étais la victime et l’assassin. Triste cycle perpétuel que tu n’arrivais pas à stopper et qui te laissais, à chaque fois, plus près de la dernière ligne droite, plus près de tout ce dont tu avais peur. Peur de perdre ce don, qui te rongeait mais qui sauvais les autres, peur de ne plus avoir assez de sentiments pour les sacrifier aux autres. Et même si cela advenait, que ferais-tu à part donner, encore et encore, processus d’autodestruction que tu ne cessais d’alimenter. Et un jour, il n’y aurait eu plus rien, et tu en serais mort de chagrin…

Ank resta profondément ancré dans le monde des rêves lorsque Komui finit par le poser sur son lit, étendant une couverture sur son corps, couverture dans laquelle Heart s’enroula instinctivement, se mettant en boule comme le chaton qu’il était, ses mèches bouclées venant s’étaler sur son front et ses paupières closes. Tu avais tout l’air d’être un enfant Heart, un enfant trouvant refuge dans ses rêves, dans ce monde irréel étrange où tout semblait trop fou pour vouloir te faire le moindre mal, à ceci près que la limite entre rêve et cauchemar était bien trop infime pour ne pas se balancer de l’un à l’autre, n’est-ce pas ?

La respiration d’Ank était calme et régulière alors qu’il plongeait dans un monde où la neige qui tombait le rassurait, l’assurait d’un instant de calme, façonnant tant de marches et d’ailes blanches qu’il s’y perdait. En haut ou en bas, la mer devenant le ciel, et vice versa, il s’y perdait avec la joie d’un enfant enfin débarrassé de ses contraintes, de ses peines, de ses remords, les déposants dans un coin d’écume, dans un coquillage entrouvert afin de se mettre à danser et à voler, innocence du jeu qui prenait une nouvelle forme. Heart ne pouvait pas voler dans sa réalité. Alors il le faisait ici, un doux sourire étirant ses lèvres alors que son corps ne bougeait pas. Le corps humain était fort malin n’est-ce pas ?
Les pas de danse s’accordaient aux notes de la boîte à musique qui chantait une douce mélopée en arrière-fond, venant nourrir cette impression de douceur et de sécurité qui entourait tout son être comme une étreinte chaude et maternelle, une étreinte caressante et tendre qui ne demandait rien d’autre que de venir l’aider à s’élever, encore et encore. C’était presque comme si la petite danseuse venait te rejoindre pour t’entraîner, ses longs cheveux noirs retenus en deux couettes virevoltant autour de son visage qui te rappelait étrangement celui de l’homme dans les bras duquel tu t’étais endormi dans un petit soupir d’abandon. La ligne mélodique forma une piste de danse souple et légère que vos pas venaient faire vibrer, faisant surgir clefs de sol et clefs de fa qui vinrent former ceintures et broderies de vos vêtements bleutés, extraits de ciel pur et d’écume rassurante venus vous envelopper comme un souffle d’air chaleureux. Les fils argentés tressaient ses cheveux de filaments argentés, faisant naître autant d’étoiles filantes dans ses yeux de nuit que d’infimes éclats de poussières solaires dans les tiens

Le petit réparateur rêva, rêva… Puis finit par perdre ses ailes, plongeant dans l’eau de ses rêves, eau qui n’était plus si limpide, qui n’avait plus rien d’une mer tranquille. C’était bien une tempête qui venait de se lever, immense, déchaînée, te faisant te recroqueviller sous la couette que tu serras maladroitement en geignant. D’un espace clair et accueillant, te voilà passé à une salle où tout ce que tu avais abandonné dans un instant illusoire venait de grandir, de se déformer, devenant des ombres plus malsaines encore qu’avant, raclant le sol de leurs doigts filandreux et gluant, un son de ferraille tordu venant vriller tes oreilles, t’obligeant à te les boucher dans un geste instinctif, oubliant l’ouverture que tu leur laissais, à ces monstres sans visage, au masque blanc dont les yeux cernés de noir pleuraient des rivières de sang. Etait-ce les fragments du masque que tu n’avais pu refaire, le laissant glisser de tes doigts gourds et se fracasser au sol dans un bruit de tonnerre et de rage inaudible ? Tu n’en savais rien, te tendant alors qu’une lance noire te perfora le torse, s’avançant dans ta chair afin d’en arracher ton cœur rougeoyant, te faisant gémir de douleur avant de crier de peine lorsque les attaches de chair finirent par céder.

Le spectacle en lui-même était absurdement malsain. Seul point rouge pulsant en un rythme régulier, le réceptacle semblait bien fragile et bien faible face à ces monstres d’ombres et de déchets qui le fixaient de leurs yeux sanglants, des lames rouillées apparaissant dans leur gueule, au bout de leurs bras de gélatine moisie qu’il tendaient vers le petit cœur affolé criant de détresse sous les yeux impuissant de son possesseur qui cria en sentant la première lame le transpercer, se mettant à pleurer de douleur avant de se stopper, le souffle court, en sentant les autres barres de rouille crever son réceptacle sans plus de mise en garde, le réduisant en miette, maintenant Ank contre une paroi où il avait l’impression de mourir à petit feu. Cela lui sembla durer une éternité, sentant ses sentiments se faire réduire en bouillie, faisant couler ses larmes de douleur au point de le faire chouiner sous la couette, le visage marqué par une terreur et une douleur sans nom. Oui, ça faisait mal, bien trop mal…

Et puis vint la chute, une chute sans fin où il rejoignait les fragments de son cœur, tendant les doigts vers eux, les serrant contre lui, recroquevillé, blessé au plus profond de sa chair, ignorant le sang qui teintait ses doigts. Ses larmes formaient des lances d’eau qui se fichaient dans les ombres, essayant de les chasser, de le protéger d’elle. Mais c’était peine perdu, et elles se faisaient souiller de noir et de haine, s’évaporant dans un cri de souffrance poignardant tes tympans, venant pervertir la mécanique de ton souffle, de tes veines et de ton corps, dessinant sur ta peau des arabesques noires de tourments trop longtemps enfouis, tourments qui te bâillonnèrent, plongeant dans le trou béant de ta poitrine et y déversant tout ce que tu oubliais, tout ce que tu ne voulais plus voir, te donnant envie de vomir, une envie si forte qu’elle arqua ton corps et manqua de faire sortir cette bile sombre dans un cri de souffrance pure. Et des voix de venir te hanter, tourbillon hurlant de haine, de terreurs et de peine, oiseaux de mauvais augure tournoyant autour de toi dans une cacophonie déglinguée, brouhaha insoutenable empêchant ta raison de se réveiller, d’entendre quoi que ce soit, l’enfonçant dans un océan de larmes rouillées et craquelées qui le saisirent à la gorge, finissant de le noyer dans cette souffrance infinie. Ses vêtements n’étaient plus que noirceur et tâches de crasse, de sang ayant tourné comme le mauvais lait, débris de tissus avilis par cette lie dont tu ne pouvais t’échapper seul. Ton cœur pleura, pleura de désespoir. Les cauchemars sont si réels en toi petit réparateur, un peu comme si tu vivais ceux des autres, comme si tu prenais en charge une nouvelle fois un fardeau trop lourd pour tes épaules qui ne pouvaient pas le faire, t’entraînant dans une chute vers ce sol si atroce que t’y laisser pourrait être considéré comme un crime.

Tes yeux se rouvrirent un court instant, un faible instant, terreur de Morphée qui te réveillait en sursaut et en sueur avant de te réentraîner dans les limbes de ton sommeil, loin, très loin, là où plus rien ne pouvait t’atteindre, cris, drames, rêves ou cauchemars. Tu sentis à peines les quelques perles noires qui glissèrent sur tes joues, billes de nacres affreusement sombres, trop sombres pour refléter la lumières, semblant la pervertir, l’avilir, l’engloutir dans un râle atroce et désespéré, un râle de mourant tentant de s’accrocher à cette vie qui s’enfuit, qui file entre les doigts comme l’eau ne peut se faire emprisonner par l’épiderme protégeant tes membres, peau marquée par ton travail d’orfèvre et par les crises que tu traversais. Mais tes yeux se ferment et tu ne m’entends plus, reparti au loin, serrant la couette, recroquevillé dessous comme si tu craignais qu’un monstre vienne et t’emporte à jamais dans ces enfers entraperçus. Tu n’étais qu’un enfant ayant besoin de tendresse, de barrières contre ces cauchemars si puissants, si troublants… Si vrais.

La musique de la boîte à musique pourtant arrêtée non loin du lit t’accompagna de nouveau, venant essuyer tes larmes, venant te serrer contre cette danseuse trop chaleureuse pour n’être qu’une habile poupée de porcelaine, pour n’être qu’un simple automate monté sur ressort. Elle semblait être faite de chair et d’os, ses grands yeux sombres plongeant dans les siens avec une chaleur qui dispersa sa terreur avec justesse, l’aidant à réparer son cœur durant le trajet de son esprit dans les limbes. Il ne l’entendait pas, sa voix ne parvenait pas jusqu’à lui malgré ses lèvres qui bougeaient, malgré son sourire adorable mais rempli de blessures invisibles, intimes. Il la comprenait faiblement, lui souriait en remerciement alors qu’il réintégrait faiblement son réceptacle dans sa poitrine, grimaçant de douleur avant qu’il ne se remette à pulser, emplissant sa cage thoracique d’une lueur rouge reprenant un rythme doux, calme, se remettant doucement de cette illusion s’effaçant au fil des secondes qui, eau purificatrice, emportait toutes les ténèbres et tout le sang qui avait séché sur sa peau, lui rendant son teint hâlé d’origine.

Et puis la danseuse partit, sautant dans les nuages blancs qui vous entouraient, t’embrassant sur la joue avant de disparaître dans un bruit de clochettes invisibles. Et puis le brouillard t’enlaça, bras d’une blancheur douce et neutre venant t’allonger contre elle, contre ses nuages de cotons qui caressèrent ton épiderme, t’englobant de chaleur et de sécurité, te murmurant des berceuses inconnues et pourtant si belles, si familières, mélodie lancinante effleurant tes paupières afin de les inciter à s’abandonner au sommeil profond, à ce sommeil si lourd que rien ne pouvait atteindre ton esprit, petit chat marron aux yeux noirs se cachant dans cette masse moelleuse t’offrant un refuge purifiant, effaçant de ta mémoire tes rêves et tes cauchemars, calmant tes angoisses, embrassant tes plaies et tes cicatrices afin de mieux les guérir. Déjà tu oubliais, tes membres se détendant sous tant de douceur, tes arabesques noires disparaissant des pigments de ta peau, te laissant une nouvelle fois respirer en paix, la boule dans ta gorge se détruisant d’elle-même, se liquéfiant avant de s’enfuir, papillon noir sortant de tes lèvres, un noir qui s’évanouit au contact de la brume, se transformant en des ailes plus blanches que la neige qui tombait dans ta mémoire, linceul amical de tous ces cadavres puants de cauchemars et de ressentis.

Tu ignoreras sûrement le temps que Morphée a pris à ta vie, roulant ces minutes et ces heures perdues dans une bille d’argent qu’il arracha à ton corps. C’était indolore, tu ne risquais rien. Ta jeunesse ne pouvait t’être prise par cet homme qui caressa ta joue avant de partir prendre le temps des autres rêveurs, afin de se nourrir. Il était Morphée après tout, les rêves le divertissaient, mais seul le Temps, farouche, immuable, pouvait le nourrir convenablement. Ce fut son souffle lointain qui insuffla la clef défaisant les liens du sommeil, liens de bronze, d’or et de lierre qui te maintenaient dans ce monde à part, dans cette brume où les étages s’emmêlaient, passant du rêve au cauchemar, du cauchemar aux rêves, tout ceci se diluant dans ces nuages doux et tendre qui apaisaient les tourments extrêmes comme les joies trop fortes.

Doucement, le chaton s’extrayait de son refuge, se transformant en Ank, le petit réparateur des cœurs au sourire trop gentil et au cœur trop bon, descendant les marches avec une légèreté accordée par un long et profond sommeil. Il suivit la lumière avec tranquillité, attrapant la main tendue qui le ramena dans son corps, toujours recroquevillé sous la couverture, couché sur le côté droit, les bras repliés contre son torse. La lumière s’infiltrait sous ses paupières, l’accueillant avec un amusement non dissimulé en voyant les difficultés qu’il avait à chasser les dernières brides de sommeil qui collaient au coin de ses yeux, pikouz gênants qu’il chassa en se frottant les yeux de ses doigts fins. L’environnement inconnu ne l’aidait pas vraiment à retrouver ses marques, mais il ne tarda pas à se rappeler de ce qui s’était passé.

Le rouge ne tarda pas à lui monter aux joues alors qu’il se traitait mentalement d’idiot, se sentant affreusement bête, ses mains rencontrant les perles noires que sa souffrance avait généré lors de son sommeil. Il leur jeta un regard surpris, frissonnant presque en les voyant… Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus fait de telles perles désespérées, perles vorace d’espoir et de lumières. Il avait l’impression de les maudire en les créant, que tout cela finirait par se libérer et par faire du mal autour des personnes qui le connaissaient. C’était l’une des raisons pour lesquelles il n’usait de ces perles qu’en dernier recours pour manger ou s’habiller. Il avait si peu de ce qu’il pouvait faire de mal, même involontairement, qu’il essayait de réparer tout cela avant même que cette souffrance n’apparaisse. C’était idiot, totalement idiot. Tu parvenais à craindre ce qui s’échappait de tes paupières, alors qu’il n’y en avait nul besoin. Ce ne sont que des perles de nacre Heart, pas des malédictions que tu aurais jeté à la face du monde pour une vengeance que tu refusais de créer. Ton corps était honnête, mais ton âme était transie de peur. La preuve en était de tes doigts serrant la couette, comme si elle pouvait te protéger, toi et les autres, de ces billes noires immobiles au sol. Allons, cesse donc d’avoir peur de ton ombre, la tienne n’a jamais essayé de s’enfuir non ?

De toute manière, tu n’étais plus si seul maintenant, si tu en croyais les pas qui se rapprochaient. Tes yeux se relevèrent vers la porte, attendant de voir probablement Komui rentrer. Tu lui souriras, sans aucun doute, mais tu risquais fort de le remercier encore une fois et de t’excuser… Après, voudras-tu rester près de lui. Oui, sans doute, d’autant que tu avais ressenti l’appel qui émanait de lui. Un appel distant et douloureux, mais un appel… Et ce n’était pas ton genre de les refuser…
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   19/4/2015, 18:29

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Komui Lee
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Lenalee...
Les larmes coulent sur mes joues et je tend la main vers elle.. Ses mots que j'ai tant rêvé de prononcer viennent sur mes lèvres. Enfin, après tout ce temps....
« Pardon..Pardon...
Mais elle me sourit de toute sa tendresse et tout son amour. Puis m'ouvre ses bras. Et je m'y jette. Comme un enfant. Comme l'enfant que je n'ai jamais cessé d'être. Comme l'enfant qui vit toujours en moi. Comme l'enfant qui geint et vit en moi. Qui ne me quitte jamais et rêve pour moi.Cette part de vie qu'à chaque adulte en soi, celle qui a la force de tracer pour vous les futures arabesques de vie. Celle qui referme les bras sur moi murmurant :
« Je suis de retour, Grand Frère.... »
Mais ce n'est qu'un rêve, un cruel rêve...
Car tu n'y es pas.


Bien sûr que non tu n'y étais pas..... Comme pourrais-tu être là ?  J'étais à Wonderland et toi encore en Angleterre.. Pourtant, tu étais là, présence invisible et douce.. Réveillée par une douce mélodie....Tu tourbillonnai dans la pièce, prenais les mains de mon esprit endolori, le faisait tournoyer  puis s'éloignait s'approchant d'Ank comme voulant l'emporter lui aussi dans ta danse de vie. Mais fais, fais oh ma belle.. Tu sauras mieux le sauver que moi, assurément....Emmène le dans tes cieux, là où je n'ai jamais eu accès. Emmène le dans ta lumière. Illumine un bref instant... Ce doux animal fragile au cœur plus fragile que du papier.. Qui luit comme le mien d'une même souffrance.. S'est replié dans les plis de sa couverture, comme un chat. Qui donne envie de l'attirer contre soi et l'y garder à jamais. Le protéger contre ce monde extérieur, dangereux qui pourrait lui brûler les ailes.. Mais quelles irrationnelles pensées.. Elles n'apporteraient que gêne et embarras... Reste là où tu es mon grand. Tu n'en as pas le droit.Admire le, mais ne fais rien... De toute manière tu ne saurais pas.. La lumière, veiller sur les autres en lumière, tu n'as jamais su faire....Ce n'est pas que tu ne le veux pas, tu le veux de toutes tes forces. C'est que tu ne le pouvais pas... La seule personne dont tu pouvais apaiser les tourments directement était Lenalee... C'était ta sœur, après tout..... Et qu'est-il pour toi ?

Une personne que tu veux protéger, oui, tu sais bien... Quelqu'un qui a quelque chose en lui qui pousse à vouloir le connaître, se rapprocher encore et encore.. Peut être au risque de se brûler les ailes et les yeux, comme Icare s'approchant trop du soleil....Peut être....Quelqu'un que tu ne voudrais plus voir effacé par le monde, à qui tu tiens, pour qui tu as de l'amitié... Ton jumeau de masque qui peut être ne le sait.... L'abandonner ? Oh non, comment le pourrais tu ? Et tu ne le voudrais pas... Tu voudrais que cet instant dure, dure, mais au réveil, sûrement il te rejettera....C'est ainsi prépare toi à l'accepter. Pourtant, pourtant....Tu ne voudrais pas que cela arrive,n'est ce pas ? Pourtant ce serait logique....Tu es un danger, Komui, tu as toujours été un danger. L'ombre n'est pas la lumière, mon cher. Seule la lumière est chère. L'ombre tremblote et puis s'en va. Et c'est de l'ombre que tu es né. C'est l'ombre ta mère. Mais lui aussi.... Lui aussi.....
Je sursautai à cette pensée. Oui, lui aussi était de l'ombre... A veiller sur les cœurs des autres puis les rendre.....Mais, cela ne fait rien. Les faits sont là... Tu ne peux pas grand chose pour lui.

Je soupirai dans cette pièce remplie de silence auquel je venais encore nuire. Si seulement j'avais pu me pencher sur lui et chasse toute éventualité de cauchemar.. Si je pouvais bercer son âme comme on pouvait bercer les corps.. Si je pouvais quelque chose.... Mais que ton impuissance est encore immense.. Tu ne peux rien, dans ce pays qui lui appartient.. Rien qu'espérer que la musique saura l'accompagner et le bercer....Rien de plus... Et  là assoupi,endormi, il avait l'air si calme, si apaisé.. Sa respiration si régulière... Un ange endormi. Et quelle place a l'ombre face aux lumières des anges ? Rien que le soutien silencieux... Ma place était à côté de lui... Pas plus, c'était ainsi... Un nouveau soupir me vint. En même temps qu'un gémissement lui vint. Avec un visage se crispant, anéantissant mes espoirs de songe tranquille. Tu vois, même tes rêves sont cruels et irréalisables. Et il donnait envie de chasser de la main ses mauvais songes.
Mais je ne pouvais rien. Que pouvais-je pour lui ? Je ne pouvais, rien, rien... Rien que des gestes vains et qui pourtant naquirent, revenus d'autrefois....Une caresse se voulant apaisante sur ses cheveux, ses mots apaisants que l'on murmure à un enfant endormi cauchemardant. Mais rien n'y fit,les ténèbres ne défirent par leur emprise... Elles restèrent s'accrochèrent, se cristallisèrent en ses larmes perles noirs coulant. Que je regardais, maudissant. Elles symptôme de cette souffrance contre laquelle je ne pouvais rien. Et pourtant avec l'étrange impression que certains geste, certaines choses l'auraient sauvé.. Mais je ne les avait pas eu alors par ma faute, il souffrait... Il souffrait puisque je n'étais pas capable de le protéger même un instant....Voilà ta faiblesse.. Tu ne ne pouvais rien pour lui.. Et tu voulais veiller sur lui.. Pathétique mon pauvre ami, pathétique....Admire ta faiblesse.. Tu ne sais rien faire, tu n'es qu'une ombre, Komui, une ombre.... Une ombre pitoyable, pathétique, endormie et faible.. Tu ne sais rien, rien.... La musique plus loin s'était arrêté. Le temps n'avait aucune importance et je l'ignorai. Sous mes doigts la sueur paraissait. Et je ne savais visiblement faire qu'une chose : la chasser et veiller dans l'ombre. Je devais avoir des ambitions trop hautes.. Il était légitime au vu des conditions qu'il m'abandonnerait.

Et je la sentit glisser le long de ma joue, cascadait, perler puis s'échouer, solitaire sur la couverture qui le couvrait. Et je savais que d'autres la rejoindraient. Il était temps de s'éloigner. S'éloigner avant que le bateau d'impuissance montre ses trésors d'épaves. De toute manière, tout ce que je faisais ne rimait à rien... Comme toujours....Quelle cruelle illusion qui m'avait prise en un instant.. Comme si ce que je faisais avait du sens... Il aidait, aidait mais cela ne changeait rien et ne mènerait à rien, ce fragile cœur... Je me raccrochai sûrement encore à un vain espoir. De toute manière il te rejetterai à peine réveillé.Et ce n'est pas grave si cette étrange et terrible douleur se noue avec ton impuissance.... Alors, hein....Je me levai, mes pas aussi pesants que du métal. Comme répugnant à m'éloigner. Mais il le fallait. La sueur ne disparaîtrait pas tout seule. Et tes larmes couleraient. D'ailleurs elles brouillaient déjà ton regard. Traçant une bruine devant le miroir de tes yeux. Fuis avant qu'elle ne vienne torrent. Fuis, éloigne toi. Tiens, prend cette bassine qui te suit toujours dans ta nuit de cauchemars. Elle contient encore l'eau froide des derniers jours et de cette plante rajoutée dont tu as découverte les vertus apaisantes en cherchant de quoi te rebooster. Elle n'a plus rien d’apaisant. Réchauffe là et ramène là. Comme tu sais si bien le faire.

Je gagnais la cuisine, tremblant de tous mes membres, l'eau de mes yeux laissant de petite traces sur le sol comme les chaînes me reliant à cette souffrance au fond de moi, cette souffrance qui attachait mon miroir et le maintenait, cette souffrance qui me lacérait sous des apparences d'aller bien. Je vidais d'un mouvement sec l'eau, ouvrant le robinet, laissant couler de l'eau dans la bassine. Avant d'en récupérer entre mes mains et la jeter sur ma figure, pour noyer mes larmes dans l'eau, qu'elles se noient et s'effacent, se perdant parmi l'eau, alors que de mes mains je m'agrippais au plan de travail, le visage penché, laissant couler l'eau le long de mon visage, yeux fermés,coeur tremblant, se déchiquetant secrètement,tendrement, en silence.. Je m'étais si entraîné à pleurer en silence...Une fois de plus....Une fois de plus, cela arrivait... Mais c'était ainsi, puisque j'étais faible malgré mes dehors fort.C'était ainsi....
Enfin après un temps qui me sembla infini, je sentis de l'eau couler sur mes pieds. Sursautant, je relevais mon regard.. Pour voir l'eau déborder.... C'était malin, tiens.... J'esquissais un léger sourire en secouant la tête. C'était tout moi, ça.. Oublier l'essentiel. Et pendant ce temps Ank souffrait.. Abruti....Tu l'abandonnais.. Entoure le tant que tu peux, tant qu'il te laissera le faire.. De toute manière il te chassera bientôt....J'essuyai l'eau qui revint. Je n'en avais pas besoin. Reprend ton masque, reprends tes apparences. Même si si cette larme a quelque chose d'inexpliqué, cette fois....Et je souris à mon reflet dans le miroir de ma fenêtre. Il avait les yeux un peu rouges mais ce n'était rien. Rien de très visible. Et puis tant pis.... Et d'ailleurs quelle étrange pensée.... Bien sûr que c'était important.... M'enfin tant pis.... De toute manière je n'y pouvais pas grand chose à tout ça, et je n'allais pas rester enfermé dans la cuisine alors qu'il souffrait.... C'était ridicule....


Je m'emparai d'une serviette et en tamponnai mon visage, effaçant toute trace d'eau puis prit d'une main une petite fiole et y rajoutai quelque gouttes de cette solution que je savais avoir des vertus apaisantes. Si mon âme ne pouvait l'aider, peut être que mes mains, elles pourraient l'aider....Peut être, peut être il fallait l'espérer.. Un sourire vint fleurir mes lèvres alors que je repris la direction de ma chambre avec ma bassine,faisant attention à ne pas la renverser, ouvrant la porte doucement, puis la refermant avec la même douceur. Il ne fallait pas le réveiller. Puis je posais la bassine sur la table de nuit en ce geste habituel de quelqu'un qui sait où la poser au millimètre près, un millimètre mené par l'habitude. Puis m’agenouillai, ouvrant avec douceur des portes de ma table de nuit pour  prendre un fin linge que je plongeai avec douceur dans l'eau chaude. Puis je pris dans ma main le linge et me tournai vers Ank.. Pour rencontre un regard éveillé qui me regardait. Ne m'y attendait pas, j'eus un mouvement surpris en m'exclamant :
« Oh, tu es déjà réveillé ? »


Ah ben visiblement, il n'aurait pas besoin de toi, mon pauvre...Abruti tu avais pris trop de temps...Tu vois à force de souffrir, tu en perds tout....M'enfin, faisons comme si tu ne l'avais pas abandonné. Souris.. Chasse ta culpabilité... C'est comme ça.... Tu ne peux plus rien.. Et il va sûrement se poser des questions...Sur l'endroit où il est et tout ça.. Anticipe, trace les premiers pas de la danse de la reconnaissance.. Amorce la fin, amorce l'abandon... Lance le....Et si tu peux quelque chose dépose un peu de chaleur, amuse toi avec les étoiles, fais le rire, fais le sourire puis laisse le étendre à nouveau ses ailes puisque ce sera ce qu'il voudra.....Le rire sur ses lèvres devait être si beau.... Aussi souris-je en m'exclamant :
« Et au cas où tu te poserais la question, on est dans mes appartements. Je me suis dit que tu aurais moyennement apprécié que l'on te voit souffrir si je t'avais par exemple laissé dans la partie infirmerie de ma boutique.... Et personne, non personne irait te chercher dans l'antre d'une ombre....Remarque l'ombre est peut être pire, hein... Qui sait ce que je pourrais faire ~ »
Je mimai un mouvement de patte comme voulant griffer. Mais mon visage riait. Ce n'était qu'une plaisanterie. Un jeu. Je voulais juste faire naître sur ses lèvres qui avaient souffert un peu de lumière. L'entourer de chaleur avant que les ténèbres ne viennent.

Et mon jeu ne dura pas plus quelques secondes car mon rire suivit sur mes lèvres. Je n'étais pas capable de faire le moindre mal à Ank. Même si je l'avais voulu. J'avais juste envie de le protéger. L'aider, lui donner de l'humanité. Et je voulais juste qu'il le sut. Juste qu'il sut au fond de lui, que jamais, non jamais je ne le pourrais.. Et je savais comment.. Comment apporter de la chaleur, l'amuser aussi et continuer à lui montrer....Me montrer aussi fou que je l'étais. Un sourire vint danser sur mes lèvres fasse au coup qui était en train de naître sur mes lèvres. Qui illuminerait aussi mon âme avec cette plaisanterie, ce jeu...
« Après tout, l'ombre ne fait aucun mal aux autres... Elle tourbillonne, tremblote, suit les mouvements des vivants, danse,scintille, muse, s'amuse, sinue au milieu d'eux, aspire à la lumière..
Je laisse le mouvement gagner mon corps suivant mes mots. Un léger passage d'un pied sur l'autre dans un léger tourbillon, puis les bras qui suivent et tourbillonnent, battent en l'air en suivant les mouvements comme si je m'envolais, comme si mes bras devenaient mes ailes porté par le vent des mots, comme si mon esprit montait, s'amusait comme l'ombre dont je parlais, comme si l'euphorie me touchait, comme si mon esprit se vidait dans la lumière d'un soleil, comme si la gangue de mon cœur fondait doucement, laissant sortir un peu de chaleur, comme si mes cheveux enfermés se libéraient, comme si mon cœur s'exhalait un cours instant. Puis les tournoiements comme une valse invisible d'une joie appelée par des mouvements plus rapides jusqu'à en avoir la tête qui tourne, le vertige délicieux de l'oubli de la tristesse pour la changer en or qu'on lançait pour soigner deux cœurs. Jusqu'à se retrouvé crucifié, les bras tendus en appui sur un garde fou au milieu des rideaux blancs d'un balcon agité par une brise, le soleil dans le dos comme une auréole d'un ange que je n'étais pas....Le visage riant, les cheveux dénoués rabattus sur mon épaule par mes mouvements comme je le sentais à présent, le tournis d'une personne qui a trop tourné et qui essaie de reprendre pied. Essaie de reprendre pied au milieu des ténèbres, essaie de garder pied dans sa souffrance. Ecartélé entre Wonderland et l'Angleterre.. Attendant une personne qui ne vient pas. Voudrait protéger mais ne le pourra pas.... Souffre pour quelqu'un mais sait qu'il ne sera pas compris s'il en parle. Et à nouveau je la sentis glisser sur ma joue. Cette larme solitaire et douloureuse. Mais elle n'avait pas sa place. Et le jeu était en train de cesser d'être un jeu. Et d'ailleurs l'avait-il vraiment été ? Ces mots, qui étaient venus, à mes lèvres...N'avaient t-ils pas d'échos de souffrance, d'ailleurs... Si, si.. Mais dissipe ses dehors, va vers lui....Bondit, achève ton jeu. Je rouvris les yeux que j'avais fermé sans que je susse quand, comme pour retenir cette larme avant de bondir vers le lit, me laissant tomber au sol au pied du lit, réémergeant de suite finissant en équilibre sur mes coudes sur le bord du lit et achevant dans un grand sourire :
« Avant de disparaître et réapparaître quand on ne l'attend pas....
Puis je chassais ces débris de sourire et de douleur qui se mêlaient, se libéraient pour je ne savais quelle raison....Eux qui avaient toujours tenus le choc....J'avais plus important à penser. Comment allait-il ? Avait-il mal ? Souffrait-il encore ? C'était bien plus important.... Et comme un idiot, je l'avais oublié....Je tendis d'instinct une main vers lui en m'exclamant d'un air concerné et soucieux avant de me raviser pour ma main (comme si c'était normal ):
« Mais plus sérieusement, ça va mieux ? »
Avant de réaliser.... Abruti.... Il va s'excuser de t'avoir dérangé et te remercier.. Comme si tu en avais besoin, hein....Remarque, ça va marquer ton rejet.. Il va trouver une excuse, un prétexte et il fuira, tu es un danger ne l'oublie pas.... Alors laisse lui la chance de la faire.. Ne sois pas porté à prolonger l'instant.....

« Et si tu veux quelque chose, suffit de me demander. Ici, tu peux considérer que tu es comme chez toi. Bon par contre, me demande pas de cuisiner un truc, je risquerai plus de te tuer que te sustenter....Et surtout, surtout, me remercie pas....C'est tellement pas grand chose.... N'importe qui aurait pu le faire tu sais..... Et si tu le fais, je jure que je te dévore....
Bon.. J'avais dit ce que je voulais....Avec une voix riante et amusante.Des plaisanteries dans ma voix et dans mes mots. Mais aussi quelque chose que je ne voulais pas. Je ne devais pas le retenir, le laisser filer et qu'était ces mots qui étaient venu ? Ils n'avaient rien à faire là....Je ne les méritais pas. Ne les méritait pas. Il était libre. Et toi tu n'étais qu'un étoile filante, c'est tout.... Et il va te le dire, très vite, très vite.... Regarde le, regarde cela naître dans ses yeux et repends toi de ses mots....Tu ne pourras rien faire de mieux....[/color]


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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   26/4/2015, 17:11

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Cœur tendre


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Cœur tendre
Les perles noires échouées sur les draps blancs s’échappèrent, glissant le long du tissu immaculé avant de rouler à terre, bille de ténèbres insolubles se détachant du bois de par leur sombre beauté, rappelant les iris de leur créateur, petit réparateur qui enlevait du coin de ses yeux les derniers fragments de nacres de nuit brillant contre sa peau mate. Ank regarda un court instant ces fragments, derniers vestiges éphémères de ses cauchemars, cauchemars dont il ne se souvenait plus, ressentant juste une lointaine douleur, comme si une main griffée s’était amusée à venir rayer le fragile métal du réceptacle battant au cœur de sa poitrine, y laissant des traces brûlantes, marquées au fer blancs, éclairs pulsant d’un blanc fiévreux sur le fond rouge sang tapissant les sentiments qui animaient son corps, façade souriante cachant tout aux regards non-initiés, paravent de fumée essayant, vainement, d’apporter durant quelques seconde un apaisement factice faisant grincer la mécanique amochée du réparateur, menaçant de le faire exploser au moindre faux mouvement, laissant des marques grises aux coins de ses lèvres, de ses paupières.

La porte s’ouvrit doucement, laissant passer Komui qui, silencieusement, avec mille et une précautions, déposa la bassine d’eau qu’il tenait entre ses mains sur la table de nuit sous le regard étonné du réparateur qui ne comprenait pas vraiment où l’homme près de lui voulait en venir. Ce ne fut que lorsqu’il le vit prendre un linge dans cette même table de nuit qu’il comprit. Le gérant de la boutique avait sans doute dans l’idée de lui rafraîchir les tempes. Il s’était juste réveillé avant qu’il n’ait pu le faire.
Leurs yeux se croisèrent une nouvelle fois, se reconnaissant. L’homme face à Ank se recula légèrement, surpris sans doute de le voir éveillé. Un sourire étira les lèvres du petit réparateur, éclairant son visage reposé. Ils se connaissaient peu, quelques heures tout au plus, et pourtant, pour le pleureur aux perles noires, le pierrot démasqué par les mains de l’asiatique au cœur tourmenté, cela semblait faire depuis plus longtemps que cela. Comme si leurs pas étaient destinés à se croiser, par il ne savait quelle main malicieuse jouant sur les fils les reliant à Wonderland. Doucement, il hocha la tête à la question somme toute rhétorique de son interlocuteur. Les faits étaient là, ils ne nécessitaient pas de réponse, mais, inconsciemment, il continuait à adouber l’évidence, comme s’il voulait l’accaparer, la marquer…

La voix de Komui le fit cligner des yeux, faisant monter le rouge à ses joues avant de le regarder avec étonnement. Il ne le côtoyait que depuis quelques heures, mais il le savait bien incapable de faire du mal à qui que ce soit. Ses bras, dans leur précédente étreinte, n’avaient laissés entendre que douceur et chaleur, un cocon aussi réconfortant qu’une berceuse chantonnée à l’oreille, de celle qui faisait naître un doux murmure de marée au creux des lèvres, flux et reflux apaisant venant caresser les soucis et les problèmes, les adoucissant avant de les emporter loin, très loin, recueillant les larmes du bout des doigts. Ses mimiques le firent sourire, son rire l’entraîna, enlevant les derniers restes de soucis qui ternissaient sa peau et l’éclat profond de ses yeux. Ses fragments de joie s’élevèrent dans les airs, tourbillonnant et dansant quelques secondes avant de s’effacer, réécoutant la voix de l’asiatique qui continua avant de s’élancer.

Il s’était redressé devant toi, se mettant à danser, ses cheveux noirs virevoltant au rythme de ses pas devenus fou, de cette folie douce et tendre qui vous faisait sourire. Et pourtant… Il y avait quelque chose d’incroyablement triste, telle une peine immense, si immense qu’elle en devenait sublime, habillant la danse éphémère de couleurs de larmes, de cristaux salés venant se coller à ses vêtements, aux coins de ses yeux profond, miroirs cachés par ces verres, écran glacés tentant de camoufler un mal être, une souffrance que son cœur tentait de combattre. En vain. Et toi, tu l’entendais. Oui, tu entendais cet appel à l’aide, cette voix étouffée sous les sanglots de fer, sous ces cicatrices qui le faisait saigner sans interruption, mortelles amantes, mortels éclats de lames fichés dans la chair. Tu ne parvenais juste pas à mettre le doigt dessus, mais tu avais envie de l’aider. D’offrir à ton tour tes bras. Après tout, il en avait besoin autant que toi. Oui, il avait lui aussi besoin d’une étreinte amicale, désintéressée, un refuge dans lequel se délester un instant de ces chaînes que tu croyais entrevoir. C’est drôle. Ironiquement drôle. Tu voyais les chaînes des autres, ces liens trop lourds à supporter, mais les tiennes, celles qui t’enchaînaient à ta boutique, qui te coupaient le souffle et qui te jetaient à terre en te lacérant la poitrine sans aucune forme de pitié, tu ne les voyais pas. Tu ne les voyais jamais, trop grosses et lourdes pour te laisser indemnes. Trop meurtrière pour te laisser partir.

Mais le voilà qui venait de bondir, réapparaissant au pied du lit en souriant. Ce masque, Ank le reconnu et voulu en détacher les liens du bout des ongles, le faire tomber à terre alors qu’il ignorait que le sien se reformait déjà, cachant l’éclat lointain que la souffrance laissait au creux de ses orbes trop profondes, gommant les traces de détresses qui dessinaient sur son corps des arabesques empoisonnées qui le laissaient, le souffle court et le cœur brisé, à terre, recroquevillé sur lui-même, au creux des perles qui menaçaient de l’engloutir, au sein du sang invisible qui s’écoulaient de ses plaies.
Pourtant, il ne le put pas. Pas pour le moment du moins, se faisant envoûter par la voix de son interlocuteur, ne pouvant une nouvelle fois qu’hocher la tête à sa question en souriant doucement, toujours allongé sur le lit, redressé sur ses bras tendus, rougissant doucement, apposant le couleur des coquelicots sur ses pommettes. Le sourire de Komui lui réchauffait le cœur, mais sans savoir pourquoi, il avait l’impression que ce n’était qu’une façade. Un de ces sourire sincères mais pourtant si hypocrites, un sourire qui servait à n’inquiéter personne. Tout va bien n’est-ce pas ? Ne t’inquiète pas, ce n’est rien, rien qu’un mauvais souvenir, rien qu’une poussière dans l’œil, et si mes mains tremblent, ce n’est pas parce que j’ai mal à en crever, juste parce que je suis un peu fatigué… Oui, fatigué…

Ank sourit doucement, presque tendrement. Cette fatigue, il ne pensait pas la connaître. Et pourtant si petit réparateur, tu la connais. C’est elle qui te poussait à t’oublier dans ton travail, à t’y plonger de tout ton corps pour t’oublier de tout ton cœur. Combien de cicatrices tes doigts ont-ils reçus à cause d’elle ? Trop, beaucoup trop, laissant dans ta chair ces traces blanchâtres qui contrastaient avec ton teint de caramel, véritables fils blancs venus te couper la peau dans un froissement de pure souffrance, laissant des gouttes de sang tâcher ton établi, pervertir tes outils. L’odeur de fer t’était devenue familière, tout comme l’odeur et la couleur si particulière du sang, tellement que tu n’y faisais même plus attention. Tout pour les autres, mais rien pour toi… Rien que les crises de panique, de larme et de souffrance qui te déchiraient, te mettaient en pièce lorsque ce poids devenait trop lourd, te prenant à la gorge avant de te projeter à terre, t’y laissant sans aucun sentiment, chape de ténèbres étendant leur influence, leur sceau, sur ta peau devenant pâle et froide. Tu croyais mourir pour finalement vivre, tant et tant que tu ne savais plus à qui ou à quoi te tenir, sombrant dans une mer de larmes qui t’étouffait.

Les lèvres du réparateur bougèrent une seconde sans produire de son avant de s’arrêter, le laissant rougissant et souriant. Il voulait faire une chose totalement insensée. Tellement insensée qu’elle était tentante. Bien trop sans doute.

Doucement, Ank caressa la joue de Komui avant de déposer ses lèvres sur son front. Ce n’avait guère duré plus longtemps qu’un battement de cil, et ce n’avait pas été plus lourd qu’un frôlement d’aile de papillon, mais il l’avait fait, rougissant encore plus lorsqu’il finit par réaliser ce qu’il venait de faire. Il ne savait plus où se mettre désormais, et ne rêvait que d’une chose : se transformer en chat afin de pouvoir filer sans coup férir, histoire de ne pas rendre les comptes de son action. Mais Heart, tu ne possédais pas ce pouvoir. Alors tu allais devoir assumer ce geste peut-être idiot mais terriblement sincère. Tu n’étais qu’un enfant, et bien loin d’avoir la même maturité que ton interlocuteur tu avais cependant une sincérité véritable dans tes gestes. Les personnes que tu appréciais vraiment étaient toujours plus sujettes à se retrouver au centre d’une petite attention que les autres, même si tu ne négligeais personne. C’était humain, terriblement humain, et il serait tellement dommage que tu perdes cet aspect de ta personnalité, qui ne la rendait que plus douce encore. Le cœur dans ta poitrine battait de joie, essayant de toucher son jumeau de souffrance dans ses vibrations chaleureuses, te poussant à faire plus, à étreindre cet homme aux lunettes menteuses, à l’attirer dans un câlin innocent, naïf et réconfortant. Mais tu n’osais pas, balbutiant des syllabes qui n’avaient aucun sens, comme si cette petite folie t’avait privé de la parole. Et puis tu craignais un peu d’être allé trop loin, de l’avoir étonné, peut-être effrayé. C’était stupide, mais tu n’y connaissais tellement rien que tu ne pouvais t’empêcher de faire ces hypothèses décousues, tirées par les cheveux, prenant garde à ne pas le regarder dans les yeux. Tu te sentais bien avec lui, tellement que tu en oubliais presque ta réserve naturelle et ton penchant plus sombre qui tentait de ne pas se mêler aux autres, de peur de les perdre, de peur de les ennuyer et de les voir te tourner le dos.

Mais en même temps, c’était de sa faute non ? Si tu n’avais pas le droit de dire merci, alors tu utilisais d’autres moyens, plus direct, et étrangement plus chaleureux, même si tu ne t’en sentais pas le droit, t’enfonçant dans un embarras de plus en plus visible, osant relever les yeux vers Komui, un sourire hésitant aux lèvres, et une interrogation muette dans les billes noires qui te servaient d’orbes fascinantes, avant de parler, ta voix s’étant faite timide, comme si tu venais de faire une bêtise

- Désolé… C’est juste que… Comme tu m’as interdit de te dire merci… Et que tu avais l’air triste…

Tes joues te brûlaient, peintes d’un rouge vif qui s’alliait assez bien avec ton teint de caramel. Tu avais l’air de n’être qu’un grand chaton attendant avec quelques hésitations la suite des évènements. Tu ne voulais pas que ça s’arrête si vite, mais ta raison te poussait à rentrer et à ne plus l’ennuyer davantage. Esprit de contradiction qui te faisait légèrement tanguer de gauche à droite sur le lit. Restait à voir la direction qu’allait prendre votre pièce improvisée à présent…
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   28/4/2015, 18:31

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Non tu ne pourras rien faire de mieux.. Ça va naître, ça va grandir, et ce sera normal... Et il te laissera.. C'est normal, tu n'es qu'une étoile filante.... Tu ne peux pas le sauver, tu n'en as pas la force, tu n'es rien.. Rien qu'un peu de  poussière qui joue à la lumière. Qui joue à l'ange alors que tu es souillé.....S'il y a un ange, il est là, allongé... Toi tu n'es rien.. Tu ne pourras rien....
Regarde…..Regarde cela va fleurir et s’étendre dans son regard…. Il ne sera pas violent, pas mauvais….Ça semble tant exclu de lui….Il a tout, à bien y penser de l’ange torturé….La même douceur, le même abandon, la même tendresse,la même altérité, la même tendance à s’effacer, la même solitude. Il n’est que pureté et douceur. Il n’est que lumière. Lumière dans l’ombre. Et toi, tu es la boue fangeuse de l’ombre. Tu ne vaux pas mieux qu’un assassin. Le sang de tes victimes macule encore tes mains. Les pleurs de ceux qui te regrettent maculent encore ton propre océan de souffrance. Tu l’entends encore, l’archer qui torture le cœur de ta Lenalee…Ou est-ce le tien ? On ne s’entend pas entre deux mondes. Il y a comme un filtre, comme des parasites...Et tu bascules, tout doucement, tout doucement mais sûrement… Tu sombres, t’enfonces jour après jour...Te noies dans une mer de sang,de regrets et de douleurs. En souriant, riant,musant….Sublimons la douleur. Pas un mot. Cette douleur, c’est ton expiation. Tu l’as bien cherché. Regarde ton impuissance grandir, croître comme cette mauvaise herbe que ta merveilleuse potion a sublimé tout à l’heure….Mais toi, personne ne viendra te sublimer...De quel droit ? De toute façon, personne n’entendra le concert secret d’un cœur qu’on torture. Et tu n’arracheras personne à la lumière pour.
Tu n’en vaux pas la peine. Que l’on t’oublie, là, c’est bien.

Et pourtant en même temps, tu ne le voudrais pas. Sinon pourquoi ton cœur hurlerait ? Pourquoi crierait-il ? Pourquoi chercherais-tu le pardon ? Parce que c’est bien ce que tu fais, tu le sais bien….Lenalee.. Tu ne rêves que d’une chose: son pardon. De tes hommes tu le veux aussi. Tu ne supportes ses douleurs sans les abandonner que pour expier. Expier, quoi, qui ?  Tes crimes ? Quels sont-ils ?  Oui, quels sont-ils….La question me frappa subitement alors que son regard étrangement restait doux et tendre...Pourtant il devait me rejeter….Pas me regarde de la sorte, moi qui ne le méritait pas….A moins qu’il se préparait à le faire, doucement,replaçant son masque….Oui,regarde...Des relents remontaient doucement,insidieusement….Tu vois, tu n’es et sera qu’une étoile filante. Et à nouveau mon cœur se crispa. Un nouvel échec. Encore. Toujours. Et tu ne pourras pas le sauver. Tu ne le pourras pas….Ank...Pardonne moi….Et revoilà ce mot….Ce mot qui te hante….Le pardon… Le rachat de quelque chose...Mais de quoi ? Ton âme ? Tu ne l’as plus. Elle est plus utile ailleurs. Ton cœur ? Il n’est pas impur. Tu n’as jamais souffert que pour les autres. Comme lui. Exactement comme lui. Alors quoi ? Ton esprit, peut être? Tes moyens limités...Ta propre humanité.

La réponse me frappa comme une lance tranche le cœur de son opposant. Mon tort était ma propre existence,ma propre existence même. L’infinie limite de l’homme était ma douleur et ma croix. L’idéal me tuait. Mon impuissance me liait et me tuait plus que tout. Pourtant, pourtant, je les appelais toujours. Elles étaient ma vie, la seule compagnie que j’avais laissé approcher assez près pour. La seule chose qui m’avait relié à mon humanité. La perdre,c’était devenir fou,inhumain. Parce  qu’elle seule me rappelait ce qu’était qu’être humain. Elle seule entretenait l’humanité. Elle était mon feu contre la glace des Luberrier. Elle rappelait l’écart entre ce qui devait être fait et ce qui était fait. Empêchait d’oublier l’horreur. Mais ici, il n’y avait plus d’horreur….
L’espace d’un instant, je me pris à me demander ce que serait vivre en sachant qu’on change légèrement les choses.. Oh ça devait être une douce vie….Un sourire fleurit sur mes lèvres. Puis il se fana….Comme si j’en avais le droit...Et puis, de toute manière, personne n’attend rien de toi….Personne, tu n’as personne pour te voir tel que tu es et te rappeler ton humanité. Alors tu n’as pas d’autre choix. Continue de garder tes liens sanglants si tu ne veux pas basculer...Et n’attends rien d’Ank. Tu n’as pas le droit, infâme. Ne l’entraîne pas avec toi dans ta chute. Ce serait l’attacher, lui couper les ailes. Et puis de toute manière ce pardon que tu cherches, personne ne te le donnera..Encore un idéal. Alors ne le retiens pas….

Imprègne toi de ce regard. Il ne t'entend pas. Personne ne peut rien pour toi. Et tu ne peux rien pour les autres. Tu voudrais le retenir ? Pourquoi au fond ? Tu ne peux rien pour lui...Cette étrange attirance qui te pousse à vouloir te rapprocher n'est que l'attraction éternelle de la lumière sur l'ombre...Tu t'y consumeras dans de nouvelles douleurs....Le protéger, tu le veux de toute tes forces mais tu n'y parviendras pas. Trop faible. Et si ton masque permet de le comprendre, il ne pourra pas le détruire... L'humanité sous l'a ébranlé mais elle n'est pas assez puissante pour tout changer. Poussière, tu retourneras à la poussière, mon enfant.
Et mon regard en ultime faiblesse ne put plus le regarder. Craignant d'y voir ce maudit rejet. Faible. Faible. Faible qui ne veut pas être rejeté. Abruti. Abruti qui s'accroche, on ne sait pourquoi....
Et puis subitement.. Ce fut comme une flamme embrasant mon âme glacée malgré mes efforts.Comme si le monde un instant desserrait mes chaînes. Comme si un instant, rien qu'un instant on m'offrait un peu d'absolution. Comme si je m'effaçais tout en demeurant. Comme si un instant on me laissait entrevoir une autre porte....Une autre lumière.. Une autre solution....Comme si un instant, un cœur venait bercer le mien.....

Dans ma stupeur, j'écarquillais les yeux sentant mes joues retrouver un air chaud. Mais ce n'était rien par rapport à cette flamme née de ses doigts qui me touchaient, moi qui ne la méritait pas. Un affront.. Un affront...J'allais le chasser des anges... Ne me touche pas, je vais t'entraîner dans l'humanité...Tu vas t'y tuer....Ou par pitié, reste là. Avec moi. La pensée traversa mon esprit, fulgurante, puis s'effaça. Quand ses lèvres touchèrent mon front. Comme pour effacer tout ce sang, ces pleurs, m'absoudre. La chaleur augmenta,gagna en intensité, effaça tout. Et le masque, la gêne succombèrent. Dans cette chaleur je reposais. Comme si là était ma place. Comme si je n'avais vécu  que pour ce moment. Comme si.. Et mon monde s'effrita un instant et je fermai les yeux pour ne plus le voir. Mai déjà la chaleur s'en retira et ma chair putréfiée reprit ses droits. La gêne aussi alors que je réalisai que pour la première fois de ma vie, quelqu'un qui n'était pas de ma famille m'avait touché.Et pas n'importe quelle personne. Mon ange masque. Mon ami mi-ombre mi-lumière. Et que je réalisais que  pour la première fois de ma vie j'étais complètement dépassé. Face à des forces que je ne comprenais pas. Et qui me semblait encore en moi. Rappelaient même.
Et lui, lui qui bredouillait avec un air de se demander s'il avait fait une bêtise. Aussi gêné que je
l'étais. Attendrissant,écarlate... Il donnait envie de le protéger.. Être son épée...Pourtant, pourtant, il posait une question essentielle....

Une bêtise ? En était-ce une ? Non, non hurlait mon cœur....Un acte plein de conséquences murmurait effrayé mon masque comme s'il craignait pour sa vie. Rien d'étonnant à ce fait. C'était un acte spontané, à son opposé.. Le pendant de mon miroir.... Mais d'un doux instinct,comme réveillé. Un acte de conséquences mais surtout une suite, un enchaînement.. Une réponse.... Plus...concrète et plus spontanée. Mais une réponse. Si bêtise il y avait, il n'en était pas l'investigateur. Oh non. La faute était mienne. J'avais négligé certains facteurs.Si on prenait cela comme une expérience, elle m'échappait totalement. Parce que j'avais oubli plusieurs paramètres essentiels. Les conséquences d'un tel réveil de l'humanité. Ma propre impuissance à l'aider. Oh non, tout était ma faute et j'allais pour t'en assurer lorsque :

- Désolé… C’est juste que… Comme tu m’as interdit de te dire merci… Et que tu avais l’air triste…
Tu vois...Tu le savais...C’était une réponse...Une suite. Logique. Un sourire vint nimber mes lèvres. C’était bien de retrouver un instant la logique dans un monde qui tangue...Et d’une certaine manière c’était encore un remerciement.. Oh, il allait le sentir passer….Le sourire étira plus mes lèvres avant que je ne susurre, amusé :
« Donc ça reste une forme de remerciement huhu ? ~ Alors la sanction s’appliquera...»
Et je savais très bien comment faire...Un simple jeu...Qui repousserait encore les ténèbres alentour. Les siennes comme les miennes. Encore présentes, tenaces, s’accrochant,contre lesquelles je devais lutter. Les tuer, ne pas l’embêter avec ça, ne pas….
Mais c’est trop tard. Subitement la pensée fendit mon esprit comme un éclair fend un arbre….C’est trop tard.Tes airs te trahissent. Il te voit. Tu peux sortir tous les masques que tu veux, il te verra. Il te devine. Il te sent. Il voit le masque et voit en dessous. Et mon souffle s’étrangla comme un sang noir qui se noie et coagule dans une gorge.
Me cacher, je devais me cacher...Il ne devait pas approcher, il ne devait pas….
La panique s’empara de mon âme. Non...Ce n’était pas possible….Comment ? Pourquoi ? Tu avais un bon masque pourtant...Pourtant…
Et en fait… C’était logique, encore une fois logique. Après tout un comédien en reconnaît toujours un…. Et puis cette douleur...Tu n’avais pas su la taire….Assez du masque ? Ou peut être, que tu voulais au fond, tout au fond, être trouvé…

Mais non, non, non, non,tu n’en avais pas le droit, pas le droit ! Pas le droit..Recule, fuis et cache-toi ! Cache-toi comme une vierge effarouchée….Cache-toi...Mon regard courut dans la pièce cherchant de quoi se cacher ou au moins essayer de trouver quelque chose à faire pour reprendre contenance, quelque chose à quoi se raccrocher,quelque chose pour se calmer.  Mais, rien, rien mis à part le lien qui servait d’attache à mes cheveux il y avait encore peu de temps. Et dont je m’emparais fébrilement, rattachant mes cheveux à la hâte.
Respire. Respire. Ce n’est rien. Il voit en toi, et ? Il ne peut pas savoir quelles infamies sont les tiennes.Il ne tournera donc pas talons. Pas encore.
D’ailleurs, il n’avait pas l’air de le vouloir...Étrangement. Au contraire, il avait l’air….De vouloir rester...Mais pourquoi ?
« Parce qu’il ne veut pas partir...Chuchota une intuition soudaine. Parce qu’il appelle autre chose.. Parce qu’il veut autre chose...Ce que tu caches depuis des années. »

Et subitement, l’appel qu’il m’avait lancé, reparut. Mais cette fois-ci, le sens me transperça comme une seconde lance dans mon cœur. Ma panique mourut instantanément et je restai sans souffle,étranglé.
Car ce qu’il appelait en moi….Ce qu’il n’avait de cesse d’appeler...C’était ce moi pathétique et minable qui se terrait sous des couches de silence,sous des masques de sourire... C’était cet être faible mais vivant...Cet être évoluant dans son cercle bigarré de couleurs comme un vitrail...Parfois déplié, marchant sans jamais quitter son cercle chéri bardé de chaînes comme les épines gardant le château de la Belle au Bois Dormant. Souvent replié sur lui-même,silencieux. Ou griffant les chaînes de sa prison en hurlant.C’était lui qu’on appelait pour la première fois depuis six ans qu’il se terrait….
Et une nouvelle fissure vint craqueler une part de mon miroir. Une fêlure parût sur une des chaînes et mon moi intérieur releva la tête, intrigué.

Ce n’était jamais arrivé. Personne ne s’était jamais approché si près. Personne ne l’avait jamais cherché...Et là...Là...La chaleur revint à mon âme et je sentis venir de très loin quelques étincelles d’eau...Pourquoi ? Pourquoi aujourd’hui ? Cet espoir, je l’avais abandonné depuis si longtemps...Cet espoir, je n’y croyais plus...Je le croyais mort...Et il venait éclairer mon âme. Illuminer le ciel sombre...La chaleur s’intensifia, monta. Mon moi intérieur se rapprocha, timidement. Pouvait-il vraiment répondre ? En avait-il le droit ? Il avait été enfermé et solitaire si longtemps...Il ne savait presque plus rien de la spontanéité, réagissant de temps à autre,revenant doucement avec Wonderland...Le pouvait-il vraiment ? Ne le gênerait-il pas ? N’était ce que temporaire ? Est ce que cela durerait ? Est ce que je pouvais ? Ma main se tendit, mal assurée. Comme pour chercher la sienne.Comme cherchant un soutien. Moi moi intérieur se rapprocha encore et une nouvelle fissure se fit entendre au sol venant fissurer le cercle sous ses pieds comme venant défier les frontières d’un monde jusqu’alors défini. Comme si une autre possibilité se formait. Mais le pouvais-je ? Oh que c’était tentant...Sa chaleur m’en réchauffait,me faisait miroiter autre chose...D’autres possibilités infinies...Et pour une fois l’infini ne m’effrayait pas...Au contraire, il était doux comme une berceuse et caressant comme une brise….

...Mais illusoire, abruti. Et le mouvement de ma main se figea, s’effaça. Mes joues reprirent leurs couleurs écarlates et mon regard devint fuyant. Qu’étais-je en train de faire ? Céder ? Mais non, non, tu n’avais pas le droit ! Pire, tu le voulais..Céder...Mais non. Sois une gentille ombre, soigne puis efface-toi. Tu n’as pas le droit à plus. Éteins toi dans la nuit...Là est ta place. Tu ne le mérites pas. Dois-je te rappeler ceux qui ont souffert par ta faute ? Dois-je le faire ? Alors, tais-toi, mon cœur. Tais-toi, ne fais pas plus de dégâts...Et d’ailleurs tu l’as déjà blessé, excuses- toi.
« Pardon..Pardon de t’avoir inquiété mais je vais...»
Menteur. Ces mots te brûlent tes lèvres. Ils te les empoisonnent et tu rougis plus encore de les professer. Comment oses-tu ? Comment oses-tu ? Tu veux le rejeter ? Non ! Alors, arrête, cède, de toute manière il te voit...Cède, laisse-moi sortir et me reposer…
Un tremblement parcourut mon corps oscillant entre passions humaines qui s’élançait contre mes chaînes avec une violence inouïe, pour la première fois de ma vie, en réclamant liberté alors qu’il y avait quelqu’un, justement parce qu’il y avait quelqu’un et ma raison qui savait ne pas devoir céder. Je ne devais pas, je ne devais pas...Qu'importe la morsure de la tentation,je ne devais pas. Ce serait injuste, si injuste,si souillant pour lui....Je ne pouvais pas.. Les larmes revinrent mais, cette fois, elles n'avaient aucune lumière. Venues du tréfonds d'un être, elles n'étaient rien. Et je devais les effacer. Leur donner de la lumière pour les noyer...Le seul moyen....
Je me ruais alors vers Ank avec l'intention de reprendre ce jeu premièrement esquissé, ce jeu sanction sous forme de chatouillis.
Mais ce jeu n'en était pas un. C'était une lutte,un combat,une valse de mort entre deux entités que Ank entrevoyait. Celle qui bridait l'autre et l'autre qui doucement se laissait percevoir, à mon insu sans que je ne sus l'arrêter. Faisant de moi un arc en ciel. Riant et pleurant à la fois.Mélange improbable de masques qui luttent et essayent d'effacer l'autre, face à un être qui tremble, a l'impression que son monde implose et ne sait plus ce qu'il a le droit ou non...Enfant sans repère, en cherchant... Ne trouvant plus rien, plus que des variables , plus de constante.... Et la voulant ardemment....

Au fond, tout au fond, des larmes vinrent percer le sol. Des mains saignantes se tendirent doucement vers une fissure. Deux mots.
« Aide moi. »


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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   24/5/2015, 16:54

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Cœur tendre
Il l’avait senti… Cette hésitation, cet étonnement qui avait saisi Komui lorsqu’il avait posé ses doigts sur sa peau, y dispersant sa chaleur, tentant de le rassurer, de lui envoyer de la tendresse avant que ses lèvres ne se posent sur ce front ainsi offert. Instinctivement, il avait fermé les yeux, laissant ses cils effleurer la peau du chinois qui avait fait de même après cet instant de gêne et de stupeur. Vous étiez adorables ainsi, incrusté dans ce drôle de tableau qui semblait vouloir s’éterniser. Les rayons du soleil caressaient votre peau d’une caresse légère, chaleureuse et timide, rehaussant de ses ombres d’or vos épidermes qui se contrastaient l’un l’autre, caressant vos cheveux, vous découpant hors de la chambre, vous emprisonnant dans un autre espace-temps, qui, infini, vous isolait de tout le reste, durant le temps figé de ce baiser aux couleurs d’ailes des rêves et de murmure de papillon. Vos deux cœurs se cherchaient, assoiffés de se connaître l’un l’autre, désireux de se réconforter, de s’épauler…

Mais tout cela n’avait qu’un temps, un temps vite arrêté par cette roue qui, nonobstant vos désirs, continuait, inlassablement de tourner. Seule votre perception avait été touchée par ce court vol d’éternité, elle seule. Le monde lui continuait d’avancer, sans vous, vous laissant avec un infime retard que jamais vous ne pourrez combler. La gêne avait pris le pas sur l’apaisement, vos joues étaient rouges, vos cœurs étonnés, frappés de stupeur face à ces gestes si spontanés qu’ils semblaient avoir perdu toute logique, tout lien avec votre réalité…

Ank avait essayé de s’expliquer, malhabilement, se perdant dans ses mots, buttant sur les syllabes qui s’échappaient de ses lèvres, manquant de s’effondrer dans un océan de gêne au moindre faux pas. Ses joues le brûlaient, son cœur apeuré battait la chamade au creux de ses côtes alors qu’il ne pouvait dévier son regard de Komui. Comme s’il sentait que s’il le faisait, ce dernier risquait de s’envoler, de s’évanouir loin, très loin de lui, là où ses mots et ses doigts ne pourraient pas l’atteindre, trop loin pour se laisser toucher, trop loin pour le laisser l’aider. Car oui, il voulait l’aider, désespérément, viscéralement, comme si sa propre vie était en jeu. Mais Ank, Ank, petit réparateur, pourquoi donc penses-tu cela ? Serait-ce parce qu’inconsciemment tu te retrouves dans les tourments qui déchirent son âme meurtrie ? Parce que ces hurlements de peines qui tourbillonnent dans ses yeux aussi noirs que l’encre de chine ne sont rien d’autre que les jumeaux de ceux qui fracassent ton réceptacle contre le plancher de ta boutique ? Parce que ces larmes qu’il te cache, maladroitement, malhabilement, sont les jumelles de celles qui gisent, en ce moment, à vos pieds, formant une mer de nacre si sombre qu’elle semble absorber en son sein la vie même du soleil ? Peut-être… Sans doute même. Oui, sans doute que tu ne voulais pas le laisser dépérir de désespoir, refusant de le voir souffrir de cette même souffrance qui t’arrachait chaque jour un peu plus de ton âme, de ta raison, de ton souffle. Tu ne connaissais que trop bien cet engrenage mortel, si bien que tu ne voulais absolument pas voir quelqu’un souffrir ces maux que tu endurais vaille que vaille, plus têtu qu’une mule et plus naïf qu’un tout jeune enfant. Demain, oui demain, tout ira mieux, les chaînes disparaîtront, je trouverai quelqu’un avec qui me lier, mettant un terme à cette vie de solitude que je ne supporte plus… Ah petit réparateur, que ces pensées sont fragiles face à cette réalité cruelle qui vous fait face. Tu ne le sais que trop bien, que tes désirs ne sont que de vains espoirs destinés à disparaître dans un tourbillon de fumée grise et argentée, débris de rêves déçus qui préfèrent s’enfuir plutôt que de rester plus longtemps à tes côtés. Tu le sais, et pourtant tu continues de t’y emberlificoter, comme l’enfant qu’on entoure de langes, à ceci près que c’est toi qui t’y attache, qui t’y emmêle au point de te noyer dans les vagues de tes songes. Et tu ne voyais pas où était le mal. Après tout, tout le monde avait le droit de rêver au point de se détruire à petit feu non ?

C’est vrai petit réparateur, petit chat, c’est vrai… Mais également terriblement faux. Ça aussi tu le sais. Après tout, tu veux empêcher Komui de se retrouver dans le même état que toi non ? Ne le nie pas, tu refuses de le voir sombrer jusqu’aux profondeurs où ton corps, étendu sur le sable des tréfonds des abysses, ne cesse pas de se noyer dans les larmes acides et amères de tes remords et de tes regrets. Tu veux le sortir de cette prison meurtrière que tu ressens plus que tu ne vois s’agiter autour de lui, entaillant sa chair et faisant couler ce sang invisible qui s’écoule de vos plaies intimes. Vous êtes perdus et vous hurlez à l’aide sans même le savoir. On dit qu’il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir. Dans votre cas, vous ressemblez à cette figure de Merlin enfermé de son plein gré par la fée Viviane. Il aurait pu échapper à ce destin, après tout, il voyait l’avenir. Mais la prison de son amante s’est tout de même emparée de son âme, l’endormant profondément jusqu’à ce que les temps passent et que ses chaînes ne le libèrent…

Mais ce n’est guère le moment de penser à cela, et déjà Ank regarde Komui s’agiter, semblant se figer à chaque infime seconde, hésitant, paniquant, ne sachant plus que faire, comprenant, tentant de se dérober, avant de s’arrêter, étourdi, perdu, sentant ses miroirs et ses faux semblants se fendiller autours de lui dans un fracas digne de la fin d’un monde. Digne de la fin de son monde, de ce monde qu’il s’était construit autour de son cœur, de ce cœur si fragile et si malmené que le moindre battement, aux oreilles entraînées du réparateur, sonnaient comme un glas désespéré hurlant à l’aide.
Son masque pourtant s’était recomposé alors qu’il avait enclenché une nouvelle danse où cette fois tu allais prendre, malgré toi, une place à part entière. Une bagarre de chatouille. Comme si vous n’étiez que des enfants.

Et vous n’étiez que cela pas vrai ? Vous n’êtes que deux enfants cherchant à se connaître sans s’inquiéter, tentant de jouer à cache-cache. Sauf que ce n’est pas votre corps, votre frêle enveloppe corporelle que vous tentez de masquer aux regards de l’autre, mais bien vos peines, vos larmes, vos cris et vos blessures d’où s’écoulent, lentement, autant de gouttes de sang poignantes de détresse que de gouttes de pluie lors d’un orage aussi violent que soudain. Oui, vous n’êtes que deux enfants… Deux enfants perdus dans un corps d’adulte trop vite grandis, trop vite amenés à porter des responsabilités qui vous écrasent de leur lourd fardeau d’amertume et de cendre. C’est invisible, infime, et pourtant les maigres cendres qui virevoltent sur vos épaules ne cessent de peser chaque jour, chaque heure, chaque minute, un peu plus lourd, faisant ployer votre échine dans une courbe de plus en plus cassée, de plus en plus inquiétante. Un jour vous finirez par tomber, par vous fracasser le nez au sol dans un dernier cri de douleur. Et alors, ce sera fini, et vos yeux se fermeront à jamais, laissant tout ce poids s’envoler loin, très loin, laissant vos membres disloqués sur les pavés de cette route escarpée que vous avez empruntés depuis le début de votre vie, ou de celles d’avant. Qu’importe après tout, à cet instant seul comptera cette fatigue et ce soulagement malsain qui vous feront fermer les paupières, vous murmurant que ce ne sera pas long, juste le temps de reprendre votre souffle, juste le temps de vous reposer… Avant de vous arracher à jamais à ces terres et à vous emporter loin, très loin, dans un autre univers, dans une autre dimension, là où personne n’est allé avant son dernier souffle et dont personne ne revient…

« Pardon… Pardon de t’avoir inquiété mais je vais...»

Ank regardait toujours Komui, sentant son cœur gémir face à ces mots qui tremblaient dans l’air devenu soudainement si silencieux, comme s’il souhaitait rehausser le fracas de toute cette destruction interne qui prenait place entre eux, devant eux. Il ne voulait pas le laisser seul, il voulait rester. Mais il lui serait impossible de refuser de partir si son interlocuteur le voulait, combien même cela lui ferait mal. Il voulait tant aider qu’il se fichait de recevoir des blessures. Il pardonnait toujours le mal qu’on pouvait lui faire, ou l’oubliait, tout simplement, faisant comme si tout ceci n’avait jamais existé. C’était douloureux, mais il pensait bien faire en faisant ainsi, ignorant que ces actes ne faisaient que l’empoisonner chaque jour un peu plus, faisant peser sur ses sentiments une apathie de plus en plus menaçante.

Devant lui, le gérant de la boutique trembla, faisant légèrement se redresser le petit réparateur qui, inquiet, se demandait ce qui se passait. Il n’eut que le temps d’entrevoir un éclat d’eau avant de se faire sauter dessus par l’asiatique dont le rire et les larmes se mêlaient dans une détresse et une volonté farouche explosive, chacune tentant de reprendre le contrôle de ce corps qui lui chatouillait les côtes, faisant naître sur ses lèvres un rire instinctif, physique qui le fit se tortiller afin d’échapper à ces mains qui l’empêchaient de se concentrer sur le déroulement des événements qui se déroulaient entre eux, sur ce lit qui grinçait sous leur poids.

Cette situation était étrange, presque irréelle alors que le soleil faisait resplendir les larmes qui coulaient le long des joues de l’inventeur, laissant l’air chaud faire vibrer son rire où l’on entrevoyait les sanglots torturés, touches de détresses qui rendait le tout aussi mélancolique qu’une berceuse échappée d’une boîte à musique.

Cette guerre enfantine ne dura pas très longtemps, tous deux s’épuisant dans ce combat grotesque. Déjà, les doigts de Komui perdaient leur force, laissant au petit réparateur une chance, une ouverture. Ank ne se posa pas une seule seconde la question, entourant Komui de ses bras afin de l’attirer contre lui dans une étreinte dont il sentait qu’il avait viscéralement besoin. Ça avait été fait simplement, sincèrement, sans arrière-pensée et sans gestes annonciateurs.

Il avait été doux dans ses gestes, mais se refusait de le voir s’échapper, s’enfuir, voulant l’empêcher de se faire mal alors que ses paumes commencèrent à lui masser timidement le dos. Il ne savait pas quoi dire, un peu perdu par cette situation qu’il n’avait jamais connu, se mettant timidement à chantonner afin de calmer l’homme qu’il tenait contre son torse. Il avait déjà entendu quelque part que la musique parvenait à calmer les personnes qui souffraient. Il espérait que c’était vrai, il espérait que la fragile mélodie qui s’échappait de ses lèvres puisse étreindre plus doucement encore l’esprit de celui qu’il tenait contre lui.

Vous êtes mignons ainsi enlacés, vraiment. Tu n’as aucunement conscience qu’à partir de maintenant, rien ne sera plus pareil, pour toi comme pour lui sans doute. Vous vous étiez enfin trouvés, vous les deux êtres solitaires dont le silence environnant vos existences ne cessait de vous faire souffrir par l’absence qu’il vous imposait. Ni l’un ni l’autre vous ne méritez de souffrir jusqu’à la fin des temps n’est-ce pas ? Oh vous pouvez me contredire, mais les faits sont là. Priver quelqu’un de compagnie et de soutien est l’une des choses les plus terribles qui soit. Être seul, rester seul, est tellement douloureux qu’on s’étonne de vous voir rester ainsi, vous dont le cœur trop tendre n’est pas fait pour ces masques et ces simagrées. Vous avez trop souffert pour daigner rester de marbre lorsqu’on vous laissait la possibilité de pleurer pas vrai ? Tu avais lâché le premier ce masque d’arlequin qui te collait à la peau, le laissant se fracasser à terre, il était logique que ton interlocuteur fasse de même, qu’il secoue enfin ses chaînes dans ton étreinte désintéressée…

Du moins, c’est ce que tu espérais de tout ton corps, de toute ton âme, continuant de faire glisser tes doigts sur son dos dans une danse légère, traçant contre sa veste de doux cercles qui tentaient de l’apaiser, de lui souffler ce qu’il t’avait soufflé en premier dans sa boutique… Je suis là, pleure et laisse-toi aller, je ne partirai pas, je reste alors pleure, pleure dans mes bras et n’en sois pas gêné… Pleure toute cette souffrance que je crois apercevoir dans ton cœur, pleure ces chaînes qui te nouent la gorge et t’empêchent de respirer, qui ne cessent de te faire mal… Pleure, je t’en conjure, pleure, je ne te jugerai pas, jamais, je veux t’aider alors pleure, que je puisse le faire…

C’était nouveau pour toi, cette volonté, ces mots qui dansaient dans ta tête mais que tu n’osais pas prononcer, de peur de briser l’étreinte et l’instant, de peur de le voir se ressaisir et te demander de partir… Tu resserras davantage tes bras autour de lui, fermant les yeux un court instant alors que tu chassais cette possibilité, que tu chassais ce frisson de peur qui te léchait l’échine, faisant naître un froid étrange dans ton corps et dans ta poitrine. Tout cela était si étrange, si nouveau. Pour la première fois tu voulais véritablement te lier à quelqu’un, passer au-delà de la relation client/vendeur. Jamais tu n’aurais cru qu’aller vers les autres pouvait t’apporter autant de chamboulements. Ton cœur battit plus fort, faisant naître une vague douleur dans ta poitrine. Tes sentiments s’agitaient, s’aiguisaient, renaissaient, faisant revivre les mécanismes de ton réceptacles, ceux-là même qui menaçaient de tomber en poussière à force d’être arrachés de ton palpitant rouge sang. Alors forcément, cela faisait mal. Cela faisait mal mais tu t’en fichais. Tu t’en fichais éperdument, d’ailleurs, cette douleur ne tarda pas à se faire plus douce, moins mordante, venant réchauffer tes joues et ton souffle dans un baiser timide de reconnaissance avant de te laisser, se fondant dans ton cœur afin de mieux le faire battre au creux de ta poitrine.

Tu rouvris les yeux, plongeant ton regard sombre dans celui de Komui, esquissant un doux sourire avant de poser une nouvelle fois tes lèvres contre son front, y déposant une marque de tendresse. Tu avais cru comprendre qu’il s’était détendu la première fois que tu avais fait ce geste qui paraissait pourtant si anodin… Si anodin peut être pour les autres, mais pas pour vous deux. Certainement pas pour vous deux. Si c’était pour lui la première fois que quelqu’un le touchait depuis son arrivée en Wonderland, c’était la première fois que, de ton côté, tu te laissais aller à exprimer de telles marques de tendresse, la première fois que tu posais tes lèvres sur le front de quelqu’un.

Et tu gardas le silence, brisant le contact de tes lèvres contre son front, sans pour autant desserrer ton étreinte. Tu te sentais vivant avec lui, vivant et entier, alors non, tu ne voulais pas que ça se finisse si rapidement. Tu ignorais que ton cœur demandait plus, bien plus, faisant germer tranquillement un nouveau sentiment dans ta poitrine. Tu mettras du temps à t’en rendre compte, laissant croître cette plante au fil de vos rencontres, de vos retrouvailles. Mais déjà, tu sentais quelque chose d’étrange se tisser entre vous, entre vos âmes brisées qui se reconnaissaient enfin après une trop longue période de solitude. Ce n’était qu’une vague intuition, mais de toute manière, vous était-il possible de vous séparer si brusquement après tout ce qui venait de se passer ? Non, bien sûr que non pas vrai ? Timidement, tu desserras tes bras de son corps, lui caressant la joue du bout des doigts, allongé sur le matelas du lit, attendant la suite avec appréhension et curiosité…
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   26/5/2015, 20:05

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Ils luttaient, éperdus. Une danse de mort et de vie. L'un hurlait tandis que l'autre approchait sa lame. Sa lame acérée.... De quel droit te manifestes-tu.. ? Disparais.. Ne l'embête pas, pas avec ça...
Ce n'est pas toi qu'il veut, il ne veut pas de ton masque, ton stupide masque, c'est moi qu'il appelle, moi.... Cessons, cessons cette comédie, Komui....Cessons. Le moindre mouvement nous blesse, ça ne sert plus à rien, à rien.... Ne fais pas la sourde oreille.. Arrête, arrête.. Plus tu te débats, plus nous mourrons... Nous ne somme qu'un seul être, tu le sais bien.. Deux entités, deux êtres pour un homme. Une raison, froide méthodique, un masque, un miroir qui efface ton humanité, la fait danser dans les cieux, fait chercher une perfection que tu n'atteins pas, qui n'existe pas, te fait chercher à l'infini un pardon, ne te permet pas la chute, la refuse, la rejette.. Tu expies ta propre existence, cause de tant de larmes, tant de gens que tu n'as pu sauver, à commencer par toi même.... Tu ne veux pas déranger, tu ne veux pas emmener les autres dans la douleur, mais tu crèves, oui tu crèves d'être seul.... Ne sais-tu donc pas que la solitude est la folie de l'homme ? Pas cette folie douce et tendre d'ici, mis celle qui brise l'esprit.....Celle qui te torture, te lacère et te déforme.. Le désespoir le plus pur et le plus mauvais.... Celui qui t'éloigne à jamais de toute trace d'humanité. Oui le danger est en nous, Komui.. Plus tu nous tais, plus tu te rapproches de ces griffes libidineuses. Elles rêvent de te dévorer, t'effacer, que plus jamais on ne puissent te retrouver sous la surface de ta boue....Plus jamais.. Que tu disparaisses, vraiment. Comme tu le veux. Mais en même temps tu ne le souhaites, ne l'as jamais voulu.... Tu ne le veux pas.. Puisque ce que je veux, ce que j'appelle de toutes mes forces, c'est quelqu'un. Quelqu'un pour m'entendre, pour s'approcher, pour m'accepter tel que je suis.. Voir l'ensemble.. Ne pas me mépriser et me sourire, me tendre les bras et deviner mes douleurs même sans rien dire....

Le constat me frappa de plein fouet. Et j'en redoublais ma lutte, attaquait de plus belle. Tais toi, cœur immonde.. Tu n'as pas le droit de le couler.. Laisse le voguer vers le ciel.. C'est égoïste, si égoïste... Rappelles toi du sang qui imprègne tes doigts.. Tu le vois, tu le vois.... ? Et lui ne peut pas vouloir de telles chaînes.. Ce seront des liens indestructibles si tu les forges. Tu l'enfermeras au lieu de le rendre au monde.. Tu ne peux pas lui demander, ça, c'est une aberration, un crime, une ignominie....Tu ne peux pas.. Alors meurs, sentiment infâme, meurs....
Mais si je meurs, oh mon pauvre, que te restera t-il ?  Tu seras toujours seul, toujours enfermé, toujours à sourire.. Tu le rejetteras, l'enverra au loin et le blessera. Tu le couleras plus bas que terre après lui avoir offert tes bras et ton âme. Tu le chasseras du Paradis, le renverra dans sa douleur et son rejet de l'humanité.. Et toi, tu reprendras ta place dans ce cycle infini.. Tu souriras, tu cauchemarderas, tu pleureras, tu souffriras.... Tu continueras de crier pardon.. Mais tu ne l'entendras jamais, ton pardon. D'abord parce qu'ils ne sont pas là. Parce qu'ensuite, tu ne te laissera pas l'écouter. Ce pardon que tu cherches est vain car en fait..... Même si on te le donnait, tu n'y croirai pas et continuerait de t'en vouloir. Preuve en est... Ta sublime Lenalee ne t'en a jamais voulu d'avoir mis trois ans à la rejoindre.. Mais toi, toi tu as toujours gardé de la culpabilité à ce fait.. Toujours.. Tu ne te l'ai jamais pardonné alors que personne ne t'en veux... Tous savent bien que tu as fait ce que tu pouvais à ce propos....
Non, il n'est pas vain.. Et je saurai l'écouter....
Ah oui ?  Et tu cesseras de t'en vouloir ? Jamais. Tu réclames quelque chose que tu ne te donneras pas. Car tout ce que tu veux, veux vraiment, tu l'étouffes et le rejettes.. Ce pardon , tu le veux, mais ne le prendra pas, même si on te le donnait.. Tu ne supportes pas tes erreurs, tes faux pas, tes doutes.. Tu ne veux plus les voir, tu les effaces, les oublies, les fait disparaître, les annihile et en garde la souffrance.... Tu veux être un masque parfait. Tu joues à l'ange évanescent qui n'a besoin de personne. Et tu joues si bien que tous te croient au dessus d'eux.... Pour cela que personne ne t'a jamais approché. Personne n'a jamais vu que tu tentes de te cacher. Personne.... Personne avant lui. Lui, il te voyait, t'entrevoyait, t'appelait....
Il ne sait rien, il ne sait rien... Il me rejettera quand il saura....
Il ne le fera pas. Tu sais pourquoi ? Le passé est le passé.....Il ne sait rien, justement.. Et peut être même que ce que tu vois comme des fautes n'en sont même pas....


Si pourtant, si pourtant.....
Laisse toi aller.. Ça fait onze ans, onze ans... Onze ans que tu as effacé le mot « autres ». Que tu te planques en toi même et te tue. Neuf ans que tu joues les être encore plus narcissique que les autres  en refusant l'altérité.... Tu refuses d'être humain, tu refuses le tout... Tu trembles au fond.. Tu refuses de le reconnaître....Tu refuses d'être faible, tu me nies, tu m'attaches, tu me tortures.. Mais je suis là, toujours. Tu as besoin de moi comme j'ai besoin de toi pour exister. Je suis ce qui te rend capable de ressentir. Si je mourrais, tu n'aurais plus de sens. Tu l'as toujours su. C'est pour ça que tu ne m'as jamais tué. Je suis celui de qui naît, paradoxalement ta souffrance.. Tu les as gardé, les a lié autour de toi pour ne pas oublier que tu existais et vivais, que tu étais vivant... Tu n'avais pas le choix.. Sinon tu n'aurais plus rien ressenti. Mais tu ne pouvais pas exprimer tes doutes et ta souffrance....Pas d'humanité, tu étais l'espoir, si tu t'effondrais, tu aurais entraîné les autres avec toi dans les ténèbres et vous seriez tous morts.... Mais ici... Ici... Tu n'as plus de raison de faire cela. Tu n'es plus dirigeant. Tu n'as plus de pouvoir. Plus de rôle à jouer.. Tu peux être toi. Tu peux être nous. Tu ne le vois pas ?
Et comment j'expierai, alors ? Et je ne peux pas lui infliger cela.. C'est injuste.. Je ne peux pas lui demander cela.. Je ne peux pas l'attacher à moi.. Je n'ai pas le droit...
Pourquoi tu n'aurais pas le droit de vivre et te lier aux autres Komui ? Pourquoi ?
Parce que j'ai tué les autres, parce que j'ai abandonné ma sœur....
Et aucun d'eux ne voudrait que tu souffres....
Oh tais-toi, tais-toi....Tais toi, tais-toi, arrête de chanter, arrête.... Arrête....
Pourquoi ? Je ne fais que dire la vérité. NOTRE vérité. Komui.
Je sais, bon dieu, je sais.... mais....
Tu ne veux pas l'entendre.....
NON !

Et j'attaquais plus fort les flancs d'Ank comme voulant attaquer plus fort ce cœur qui hurlait, voulait se dégager.. Je voulais tellement rire que je m'en effacerai, oublierait tout.. Je voulais m'accrocher au rire qui naissait aux lèvres d'Ank qui tentait de me fuir, s'échapper.. Je voulais épuiser ce cœur qui hurlait, voulait l'endormir....Je voulais juste qu'il s'efface, reprenne la place qui lui était allouée, derrière.. Caché.. Qu'il disparaisse, cesse de l’inquiéter, cesse de l'importuner....Cesse de se manifester, que le rire s'empare complètement de moi et m'emporte au loin.. Mais elles coulaient toujours venant brouiller ma vision.. Mon rire ne restait qu'un pitoyable déguisement derrière lequel je tentais de me cacher. Il ne me convainquait pas, il ne convainquait pas non plus Ank.. Il ne convainquait personne. Ce n'était qu'un pitoyable masque. Qu'un pitoyable masque qui ne servait à rien.. Et mon rire muta. Muta en quelque chose de sombre, désespéré. Je pouvais faire tout ce que je voulais, ça ne servait à rien, à rien.. Je pouvais rire, attaquer autant que je voulais, rien n'y servait.. J'étais perdu, jeté dans la fosse aux lions, et je serai dévoré par mon être intérieur... Mais je n'avais pas le droit, je devais fuir, fuir....Je ne  pouvais, je ne devais pas lui infliger c'était trop cruel.. je devais fuir, et puis de quel droit.. Je ne pouvais pas, je n'avais pas le droit, je ne pouvais pas... Mes larmes redoublèrent et mes attaques faiblirent.. Ça ne servait à rien, je ne pouvais rien, plus rien, je ne contrôlais plus rien. Je n'étais plus que l'objet de sentiments trop longtemps contenus.. La seule chose que je pouvais faire c'était fuir.. Fuir au loin. En trouver la force mais je ne le voulais pas....Non, je ne voulais pas m'éloigner.. Pas l'abandonner... Car c'était ce que cela signifierait... Je voulais, oui, je voulais.... tomber le masque. Rêve ignoble, affreux. Mais je ne pouvais pas.. De quel droit.. Je ne pouvais pas. Et comment... Comment....Mes larmes me brouillèrent entièrement le monde et mes attaques cessèrent subitement. De toute manière , je n'en pouvais plus de gesticuler dans le vide. Tout était vain, tout était vain.. Et mon rire redoubla, empli de noirceur, commençant à attaquer les frontières de mon esprit.. Tout était vain.. Tout était vain.. Et rien ne pourrait me sauver.. Rien, rien, rien de rien.. Tout s'effondrait, tout. Ne me restait que ses sentiments contradictoires.. Mais je ne pouvais pas, je n'avais pas le droit....Et je ne pouvais pas l'abandonner.. Je voulais le protéger et l'aider.... Moi, un minable.. Un sourire vint tordre mes lèvres. J'étais si pitoyable.. Je ne méritais que de tomber et que personne ne se soucie de moi. Laisse moi tomber, Ank....Je ne mérite pas que tu te soucies de moi. Voilà la vérité. Je mérite ce qui m'arrive. C'est ça la triste vérité. MA vérité.

Et je lui souris de cet air tordu, les larmes coulant de mon visage. Je ne pouvais rien, je ne pouvais rien.. C'était ainsi.. Lamentable....Plus rien ne pouvait me sauver....Ou plutôt qu'une seule chose, en vérité...Mais aucun droit de la demander. Injustice totale et anormale.... Et je ne savais pas la demander.. Incapable de fuir, incapable de s'approcher....Au silence et l'impuissance pure j'étais condamné... Pathétique....Et pourtant ce geste... Se traça en l'air naturellement. Il se glissa en ce monde avec une telle facilité.... Comme si le monde l'avait su. Comme si Ank en avait eu les mots et suivi les échos.. En un instant, un pur instant..... J'échouai contre lui attiré par un bras comme la lumière attire les papillons avant qu'ils ne se brûlent.. Mais non, non,non, je ne devais pas l'embêter, pas avec ça.... Je me débattis légèrement, les mots d'excuses se pressant déjà sur mes lèvres. Je ne devais pas, je n'avais pas le droit, rien qu'être là je le salissais.... Non... Et puis sa main trouva le chemin de mon dos le massant avec douceur, la timidité de quelqu'un qui ne l'a jamais fait imprégnant ses moindres gestes avant qu'une musique ne naisse à ses lèvres et qu'il lui donne corps.. La chaleur revint et m'entoura, m'offrant un écrin, un vallon me tendant les bras, m'appelant....Me chuchotant d'abandonner cette lutte où je ne faisais que m'épuiser, où je luttais en vain.....Les visages de tout ceux qui avaient souffert par ma faute se rapprochèrent de moi, timidement, me tendant les mains, appelant mes souvenirs d'eux, appelant ses liens que j'endormais pour tout Wonderland....A quoi servait de lutter, à quoi servait.. De rejeter la chaleur... ? Non, je la voulais de toutes mes forces, de toute façon... Plus que tout....Et puis j'en avais assez.. J'étais fatigué.... Assez de mentir, assez de de me dissimuler..Assez de rejeter mon cœur qui voulait juste parler.. Qui le pouvait, qu'on appelait.... Qu'on voulait, plus que tout.. Juste sombrer, oublier ses limites.... Et ma main se crispa sur son tee shirt et je me blottis contre lui, fuyant le monde alentour, refusant qu'il me voit sombrer, n'acceptant que lui pour écrin.

Et puis je les laissais approcher, m'enlacer, m'entourer. Me sourire avec leurs visages pleins de douleur réveillée, mes souvenirs.... Laisser leurs danses revenir en ma mémoire...
Les cheveux blonds d'une jeune Exorciste revinrent danser dans ma mémoire.. Son rire revint... Son cadavre aussi, sans blessures, un organe manquant....
Puis des cheveux blancs, une cicatrice rouge, un sourire éternel.. Un adolescent hanté par un Noé poursuivi par une Congrégation que je menais....
Puis un adolescent irascible aux longs cheveux noirs.. Dont l' administration Centrale avait osé récupéré sa mémoire, la tordre, la changer pour en fait un nouvel Exorciste de seconde génération....
Puis une bande d'enfants allemands tous réunis, tous changés en guerriers, en corbeaux, les trois quart finissant en akumas parce qu'on avait joué avec leur vie pour gagner la guerre....Les troisièmes générations.
Puis un jeune aveugle dont la voix repoussait les monstres.. Mais forcé de combattre....
Puis un jeune homme qui me souriait du haut de ses 19 ans m'affirmant qu'il serait le meilleur des Exorcistes avant d'attaquer son plat avec entrain.. Sortant d'une vie de mépris à cause de ce qu'il avait dans les mains et ses origines....
Puis une jeune femme aux cheveux d'un bleu lumineux pointant son arme sur des akumas sans hésiter un instant. Cachant en son sein le fait qu'elle même était un de ses akumas contre lequel elle luttait tous les jours....
Puis une jeune femme maladroite qui toute sa vie avait été considérée comme une moins que rien...
Puis un homme avec une mèche blanche parmi ses cheveux noirs qui toute sa vie avait été mal vu et dont l'arme avait fait croire qu'il était un vampire et l'avait fait rejeter....
Puis des hommes et des femmes, tous différents, tous voyant le monde à leur manière.. Certains voyant leurs disciples comme ceux qui payeraient leurs dettes mais les aimait, à leur manière, d'autres les voyant comme leurs enfants, d'autres s'en moquant, d'autres les pleurant et les entourant de sévérité.
Puis des hommes et des femmes à l'air constamment fatigués vêtus de leurs blouses souriant derrière leurs papiers innombrables et leurs expériences, tentant de toujours plus protéger avec toujours un sourire pour celui qui arrivait, qu'importait le nombre de nuits blanches et de cafés avalés.
Puis un homme blond décoiffé m'attrapant, me ramenant de force dans mon bureau quand je me faisais la malle, fuyant mon travail mais toujours très gentil, trop gentil, toujours très soucieux des autres qui s'était juré de m'aider quoi qu'il arrivait....
Puis des hommes et des femmes.. Discrets, effacés, regrettant parfois de ne pouvoir que collecter des informations.. Les premiers à mourir, les rares civils sans pouvoir envoyés au combat.
Puis des hommes et des femmes chargées de diverses tâches qu'on oublie aisément mais qui veillent, continuent d'agir dans l'indifférence presque totale.
Puis des hommes et des femmes revenant éternellement sur nos blessures, nous tirant l'oreille pour se négliger et détruire leur travail et leurs soins constants.
Puis des hommes et des femmes nous apportant leur soutien d'à travers le monde et souvent en payant le prix.
Puis un homme dont la froideur était de mise et connue de tous. Un homme haï, qui blessait... Un homme qui voyait les autres comme des pions.. Qui me regardait, me jugeait, me disait « vous nous avez abandonné Monsieur Lee... »
Chassé vite, très vite par un sourire amical d'un Indien qui me demanda si je voulais encore un peu de café, qui me racontait les derniers potins qu'il avait entendu, suivi de très près par une femme aux cheveux courts et l'air un peu sec me rappelant que cela faisait huit minutes que je parlais avec cet individu....
Puis un homme plus petit et du même âge que j'asticote souvent me tapote l'épaule, attirant mon attention sur son génie, faisant tomber une photographie de ma précieuse Lenalee qui lui vaut mon nouveau Komulin dernier cri avant qu'une rousse, un esprit tutélaire vienne lui rappeler qu'il n'est qu'un génie de seconde classe par un redoutable coup de pied dans le visage alors qu'un homme âgé décoiffé panique de voir encore son maître rabroué de la sorte alors qu'autour des hommes en blouses comptent les points où s'extasient sur des Exorcistes rencontrés avant....
Puis des noms, des listes de noms mémorisés sur un siècle. Parfois doté d'un visage, parfois doté d'un souvenirs lié à eux, parfois juste un écho de nom, parfois juste un gisant...
Puis des milliers de cadavres d'anonymes.... Ceux que je n'ai pas pu protéger, ceux victimes des dégâts collatéraux des batailles... Tous en cendres, bien comme il faut....Tous tendant leurs mains vers moi. Regarde- nous, tu es le responsable de nos misères.. Tu nous as abandonné....
Et leur reine apparaît.. Elle a ton visage de princesse.. Tes longs cheveux noirs dansant sur tes épaules et dans ton dos, tes yeux violets fixés dans les miens, ton sourire aux lèvres.. Celui sublime que tu donnes à tout le monde.. Que tu me donnais aussi avant et me donne encore en ironie.. Et je te vois petite fille me souriant, m'offrant ton nouveau dessin.. Je te vois riant et t'amusant dans les champs courant après les papillons sous nos yeux. Je te vois te retourner vers moi, faisant tournoyer tes cheveux en me souriant pour me laisser admirer ton uniforme....Je revois ton visage en larme alors que tu attrapes ma manche pour cacher ton visage en larmes heureuses de me revoir après trois ans.. Je sens à nouveau ton petit doigt autour du mien.. Je sens à nouveau les mots te promettant d'être toujours avec toi glisser sur ma langue et s'échapper de mes lèvres.. Et puis tes yeux pleins de larmes criant à l'abandon et la colère.... Tu m'as abandonné.. Tu m'as abandonné.. Et derrière ils tendent leurs mains vers moi leurs regards criant :  Tu nous a abandonné.. Tu nous as abandonné.... Tu nous as abandonné.....

Alentour,des fissures s'étendent, partout ,traçant des sillons profonds sous l'être assis par terre... Elles s'étendent partout, fendillent le carrelage de vitrail représentant chaque être auquel est lié celui qu'il enferme.. Elles s'étendent, grandissent, touchent les chaînes autour et... Un bris de glace se fait entendre. Suivi d'un autre, puis un autre, puis un autre.. Tout se fend, tout se détruit, tout s''écroule.. Le miroir s'affaisse sur lui même.... Et la douleur coule librement sans chercher à se retenir. Un curieux sourire sur les lèvres de l'être qui souffre alors qu'il lève les yeux vers ce ciel noir. Libre. A quel prix ? L'afflux de sa douleur que rien ne peut stopper....Tout n'a pas de fin... Qu'est ce qui restera de lui après... Est-il mort, est-il en train de s'effondrer ? Questions du masque ça.... Lui ne sait rien.. Entend juste les bris de glace et sent la souffrance. Il les a abandonné.. Mérite t-il de vivre ? Mérite la paix.. Non.. Alors pleure, pleure.. Pleure chaque miette de bonheur qu'ils n'auront pas.. Pleure.. Pleure ta trahison, en veux-toi, que le cœur et le masque s'unissent à nouveau, comme autrefois....Tu t'en veux et ne te pardonnera jamais, jamais... Autrefois c'était ton masque mais aussi ton cœur.. Vous n'avez jamais été qu'un.. Un être d'une étrange splendeur, d'une tristesse infinie.... Qui pleure face à un monde qui se libère et l'entoure, vient lacérer ses vêtements chuchotant ce qu'il sait bien.... Abandonnés, coupable, meurtrier.....Meurs avec nous, disparais.....Hurle, agrippe-toi ça ne changera rien.. Tu nous as lâché alors qu'on avait besoin de toi....Tu ne sais rien faire, tu ne sais rien......Rien.. Tu n'es que poussière. Les couleurs se ternissent et s'éteignent une à une. Tout prend la couleur de la cendre. Normal, tout est en train de brûler.. Il ne restera que toi et ta peine... Toi et ta peine....

Et puis subitement un feu venu de très loin. L'homme écarquille les yeux dans son cercle cendré. Et tout alentour se stoppe et écoute. Tout s'arrête, tout se fige.. Comme sentant l'âme en son cercle, l'a chaleur l'enlace, l'entoure comme venant lui dire qu'elle sait.. Qu'elle sait qu'il n'a jamais voulu de mal à quiconque, qu'il ne ne voulait pas les abandonner.. Qu'elle sait tout et l'accepte comme il est.. Que lui aussi a le droit d'être pardonné, qu'elle lui pardonne....Que l'on sait qui tu es, là où toi ne le sait pas... Que peut être il y a un peu de salut pour toi.... Les larmes coulent à nouveau sur son visage mais elles sont de lumières cette fois... L'homme titube et se redresse tant bien que mal et étend les bras  pour étreindre la chaleur, la faire sienne, la retenir, l'effacer à jamais de cette souffrance.. Et la lumière transcende tout, entoure tout, chasse le gris de la cendre.. Tout reprend sa  couleur alors que l'on s'agrippe plus fort quelque part là haut pour retenir ce salut tant cherché.... Que peut être en fait tu pourrais accepter.... S'il venait de lui peut être....Oui peut être.... Mais c'est stupide enfin.. Tu ne peux pas lui demander ça.. C'est injuste, injuste, injuste.. Et tu échoues à nouveau dans ta peau, à nouveau humain, sentant tes joues brûler comme ton âme.

Que viens-je de faire ? Je viens de.. Je viens de.. Pleurer sur lui.... Je l'ai trempé.... je le sens bien....Abruti, imbécile.. Pourquoi tu as lâché ? Tu devais tenir, pas t'effondrer....TE-NIR. Comme tu fais depuis onze ans... Comment veux-tu l'aider si tu n'arrives même pas à être stable toi-même ? Enfin, abruti... Tu as l'air malin maintenant......Tu as l'air si malin.. A nouveau un reste d'eau remonte en même temps que je sentais mes joues brûler et Ank me lâcher.. J'étais bon pour m'excuser.. Et l'aider surtout.. J'allais pas le laisser comme ça, surtout que c'était ma faute....Je me redressai rougissant, m'exclamant :
« Par..Pardon de..de t'avoir mouillé.. At.Attends je vais te chercher des vêtements secs.. On..On doit faire à peu..à peu près la même taille hein hahahahah ?
Même ma voix tremblait.. J'étais ridicule, ridicule, si ridicule, si pathétique.....Je ne savais plus où me mettre ni comment me positionner.. Du calme, j'avais besoin de calme. Et une activité pour me recentrer.....Chercher des vêtements secs s'imposait.. Je bondis vers mon armoire et arrachait vivement un tee shirt au hasard.. Mais tout était trop rapide, ça ne servait à rien.. Vite, très vite je restai avec mon tee shirt dans les mains l'air rougissant et gauche, complètement perdu, ne sachant rien.. Et qu'est ce que signifiait tout cela, d'ailleurs ? Pourquoi je n'arrivais pas à avoir l'air à peu près normal ? Parce que tu es gêné. Oui, mais encore.. Parce que ton masque est écroulé.. Non, non,non... Ben si.... Mais non, mais....Si. Et tu n'arrives pas à bien le remettre. Et ça te perturbe.
Aussi. Mais.. mais... Et auu fait, ce tee shirt, tu compte le tenir encore longtemps ? C'est pas pour toi que je sache, empoté.. Et je tendis vivement le tee shirt en m'exclamant
« A...Ah oui tiens.... Si..Si ça te va pas. Je peux..Je peux en changer.. hein..
C'est tout, tout ce que tu  trouves à dire ? Bon sang, t'es pire que pathétique... Tu es ridicule, risible, stupide.. Et comme de juste un rire naquit sur mes lèvres. D'abord timide puis plus grand. Et embrassé je rejetai les mèches qui s'étaient sauvé de ma queue de cheval derrière mes oreilles, cherchant une contenance avant de lui sourire d'un air un peu embrassé..
« Désolé, je m'emmêle un peu les pinceaux, hahahah...
Voilà. Ta voix tremble moins. Déjà un bon début. Le rire nerveux en moins, ce serait génial....Et si en plus t'oubliais pas ce que tu lui devais lui dire.... Comme des excuses et un merci... Ce serait sublime.. Empoté. Et je tressaillis, allant pour m'exclamer :
« Et.. euh merci ? Et désolé, aussi ? Je suis.. Je suis pas comme ça d'habitude, je sais pas ce qui...
Trop long, trop long.. Et je me perds dans mes propres mots et ma voix meure.. Et en plus, il y avait des chances qu'il ne veuille pas entendre merci, comme tu ne voulais pas l'entendre... A quoi tu t'exposes comme châtiment hein... Je tressaillis plus fort en réalisant. Crap. Crap...
Et avec tout cela le véritable sens de tes mots s'effondre.. Il va croire que tu veux le fuir et le rejeter.. Alors que pas du tout, pas du tout pas du tout... C'est resté. C'est très fort, c'est toujours là... Tu veux rester.. Tu veux l'aider.... Peut être....... aussi t'aider toi même ? MAIS CA VA PAS DE PENSER A UN TRUC PAREIL ABRUTI ? Reste à ta place..... Mais comment.. Tu ne peux pas l'attacher à toi, c'est trop injuste, trop stupide, trop tout. Et t'as pas le droit de te lier aux autres, pas toi... Ou alors... Un de ses liens pas si puissants que ça qui parfois se rompt.. Oui, l'idée est tentante.. L'idée est très tentante.. Sublime, merveilleuse.....Et en plus, tu sais que ça peut cohabiter avec ton masque sans aucun soucis.... Voilà. Parfait.. On demande maintenant.. Mais mais.. Ça se demande comme ça , un lien ? Ben oui.. enfin ? Mais il faut dire quoi, il faut faire quoi ? T'as jamais depuis onze ans tissé une amitié sans l'exprimé très clairement....  Comment ? Et si Ank m'envoyait bouler ? Il aurait raison, je suis pas terrible comme ami....Regarde les amis que tu as abandonné... Crap. Pas le moment de penser à ça.. Je décrispai de force mes épaules. Allez du nerf, soldat, on s'empare de son courage et on y va !
« Euh....Est..Est ce que tu voudrais qu'on puisse se considérer comme amis ? Euh non .. je veux dire.. Est ce qu'on peut être amis ? »
Mon dieu, ce que ça sonne mal.... C'était mieux sous forme d'embryon.... Si je me voyais, je rirai et me retournerait pas sur un ami minable comme ça.... Oh que non.... Il a toutes les chances de me refuser... Et puis de toute manière, tu n'es qu'une étoile, tu le sais bien.. Je crispai les épaules et baissai le regard ne pouvant plus le regarder sentant encore un peu mes joues cuire..... Dans quelle honte je m'étais jeté....

Au fond, tout au fond, un être sourit. Certaines chaînes ne sont plus que des débris qu'il repousse négligemment.. Si pour le monde il est toujours enfermé, toujours silencieux, pour le nouveau visage apparu dans la mosaïque, il est libre à présent.... Il sourit et lui sourit.. Il essaye de se mentir à soi même, comme d'habitude.. Un jour où l'autre, il ne pourra plus.. Ce n'est pas grave, il veillera.. Il a tout son temps.... Il n'y a plus qu'à attendre que le papillon attiré par la lumière se rapproche encore et encore... Puis que la vérité l'enlace et l'entoure... Puis que toutes les chaînes brûlent et que ce cœur enfermé à nouveau s'exalte en l'air... Ce n'est pas grave, il a tout son temps.. C'est le premier pas qui coûte le plus, paraît-il....


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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   30/5/2015, 22:36

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Cœur tendre


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Webcomic de Miyuli "Hearts for sale"
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Cœur tendre
Ce rire… Ce rire sombre, cassé, ce rire qui tentait d’être l’expression d’une joie sincère mais qui ne l’était pas, ce rire noir et sinistre résonnait comme autant de notes désaccordées aux oreilles du petit réparateur de cœurs qui ne put s’empêcher de frissonner, son réceptacle rouge sang se serrant douloureusement d’angoisses et d’inquiétudes projetées sur la toile amoindrie d’un futur incertain. Il connaissait ce rire, ce rire qui tentait de masquer les fêlures qui, trop nombreuses, s’étendaient sur l’âme du rieur, creusant les crevasses sur le monde interne que son enveloppe charnelle tentait de cacher, tentait de protéger. Les larmes, comme autant de gouttes d’acides, traçaient sur ses joues des lignes rougies qui brûlaient sa peau, l’asséchaient afin de mieux laisser les attaques de l’extérieur se planter dans son organe trop endommagé pour tenter de se défendre correctement. Ank le sentait, l’entendait, lui qui avait vu tant de gens souffrir de ce mal et franchir la porte de son magasin, tanguant sur leurs jambes comme leur raison tanguait sur le fil du rasoir. Ça lui faisait mal à chaque fois, mal de voir que des personnes avaient été assez aveugles pour ne pas entendre les cris déchirant de leurs cœurs, mal de voir cette détresse qui emprisonnaient leur gorge lorsqu’ils le suppliaient de les aider, de leur redonner ce qu’ils avaient enfermés, par peur, par angoisse, par nécessité pour certains. Il ne les jugeait jamais, après tout ce n’était pas son rôle, mais il ne pouvait s’empêcher de les plaindre de toute son âme, se mettant immédiatement au travail afin de les sauver. Car c’est bien ça dont il est question dans ces moments de panique intense, dans ces moments où tout semble s’effondrer, s’écrouler sous leurs pas. Il est question de sauver leur vie, de leur redonner le sens qu’ils avaient perdu, de les empêcher de glisser dans le noir précipice qui leur tendait les bras, susurrant d’une voix implacable la promesse du repos éternel, du noir qui endort et qui absout. Et lui, simple réparateur des sentiments, il se refusait à les laisser se faire ensorceler par ces voix de sirènes mortifères, il le refusait mais il avait déjà essuyé tellement d’échec. Ses mains ne pouvaient pas toujours sauver les autres, quand bien même il s’arrachait les mécaniques hurlantes de son cœur pour retarder le tragique à venir. Dans ces moments là, ses larmes se faisaient encore plus noires, encore plus sombres, trahissant la peine horrible qui lui lacérait la poitrine, le faisant se recroqueviller sur lui-même alors que les sanglots l’étouffaient, obstruant sa gorge d’un tourbillon amer de regrets, de remords et de désespoir.

Un frisson parcouru sa nuque et son dos, glissant une langue gelée sur sa peau, la faisant frémir d’anticipation, cette anticipation qui lui serra encore plus violemment le cœur, le faisant faiblement gémir alors que des fragments noirs commencèrent à naître au coin de ses yeux. Il haïssait tellement ce rire, il le haïssait parce qu’il le craignait, parce qu’il ne savait pas comment l’arrêter totalement, comment l’empêcher de faire du mal à son porteur qui se perdait sans le voir, qui se noyait par aveuglement et par douleur, ses pas le menant vers l’océan de sentiments mortels qui l’attendait, qui le tuait. Les vagues étaient destructrices, mauvaises, fourbes, leur écume donnant une gifle au visage en pleur, épuisant ses maigres résistances afin de mieux le sacrifier à l’autel de leurs mirages. Il en voyait les prémices sur ce sourire qu’on lui tendait, ce sourire tordu qui tentait de rassurer mais qui ne faisait que le terrifier un peu plus. Car oui, il voyait ce qu’il y avait derrière, son cœur n’était pas dupe, pas après toutes ces années où il avait vu ses clients arriver avec le même sourire, le même rire, tanguer et mourir. Il avait trop vu de ces sourires qui tentaient de se substituer au néant qui grignotait leur âme, à ce néant qui les tuait de l’intérieur. Ce n’était qu’un paravent faussé, un de ceux qui ne pouvaient rien cacher, qui laissaient tout voir. Il n’y avait plus de miroirs, il n’y avait plus rien pour les empêcher de se reconnaitre, de se trouver. Une nouvelle bille noire glissa sur le visage d’Ank. Il ne voulait pas que Komui disparaisse. Il ne le voulait pas, il ne pensait pas pouvoir le supporter. Il était trop gentil pour mériter ça pas vrai ?

Oui Ank, il était trop gentil pour subir ce supplice éternel. Et tu es dans le même cas. Oui petit réparateur, ce que tu refuses aux autres, tu te le fais à toi-même, te tuant à petit feu, te dépossédant de tout ce qui t’aide à tenir, lentement, avec la même parcimonie que lorsque tu répares les réceptacles des autres. Ton cœur ne peut plus supporter tes tentatives de t’arracher chaque jour davantage des morceaux de mécaniques sentimentales, car à chaque fois, oui à chaque fois tu ne fais que te blesser encore plus profondément, encore plus viscéralement. Tu sais que cela est mal, que peut être ça ne servira à rien d’autre à part à te blesser encore un peu plus, t’écrasant au sol sous une douleur insupportable et destructrice. Mais ce que tu ne sais pas, c’est qu’il ne reste presque plus rien pour te sauver. Ton réceptacle à nu demande repos, aide et liens, tout ce que tu lui refuses pour le moment hélas, car il est au bout de ses capacités. Seule la mécanique principale résiste encore, protégeant le cristal de vie qui fait fonctionner ton enveloppe charnelle. Et tu es si près d’elle Ank, si près que tes doigts tremblent à l’idée de plonger une nouvelle fois dans ta poitrine, car eux ont bien compris que tu étais proche de la fois de trop, celle qui te tuera à jamais, faisant glisser ton corps sur le parquet, les yeux grand ouvert dans une expression de pure souffrance, laissant tes membres froids et crispés tomber au sol pour ne jamais s’en relever. Et qui pourra aider les autres après toi ? Qui pourra réparer les cœurs de ces innombrables clients qui viennent et qui repartent ? Personne Ank… Tu es le seul réparateur de ce genre à Wonderland, le seul à pouvoir les aider de ce côté.

Doucement, le réparateur tendit les bras vers Komui, profitant de l’arrêt de ses doigts sur ses flancs pour l’attirer jusqu’à lui, pour lui permettre de se blottir contre son torse où son cœur battait avec violence, cherchant à atteindre l’autre, à lui dire qu’il est là, qu’il ne le laissera pas, jamais, qu’il l’aidera, que demain ça ira mieux… Qu’il n’a pas à s’en faire… Et qu’il ne le jugera pas. L’asiatique tenta bien sûr de s’enfuir, de se défaire de cette étreinte, ses lèvres pressées de sortir des excuses, pressées de le libérer de cette obligation qu’elle croyait faire naître par sa faute. Si elle savait, peut-être qu’elle n’essaierait même pas… Mais elle ne le sait pas, et elle se tait, prenant conscience qu’il était trop tard et qu’il était hors de question qu’il le lâche. Il lui avait offert un lieu où se laisser aller, un endroit où se décharger de toutes ses peines de toutes ces douleurs qui le tuaient à petit feu, autant de remords mortels plongés dans son âme recroquevillée et cherchant désespérément de l’aide. Il la lui avait offerte sans chercher de compensations, sans chercher quoi que ce soit. De quel ordre n’aurait-il pas le droit de faire de même ? Il était le seul à l’appeler par son prénom, pas par le surnom qui lui collait à la peau depuis sa naissance, non son vrai nom, celui que sa créatrice lui avait donné, sans doute après avoir lu une encyclopédie sur la mythologie égyptienne.

Timidement, il avait placé ses mains dans le dos de l’inventeur, y faisant glisser de légers ronds. C’était comme ça qu’elle l’avait calmé la première fois, la petite fille aux cheveux roux aussi flamboyants que le feu et aux yeux aussi verts que l’émeraude la plus pure, l’étreignant dans la seule étreinte qui lui sera jamais accordée durant de longues, trop longues années. Elle avait fini par partir, rejoignant son monde après l’avoir embrassé sur le front, lui souhaitant bonne chance pour la suite de sa vie, s’en voulant sans doute de le laisser aussi seul et priant pour qu’il puisse se lier à d’autres. Elle avait connu la solitude, savait combien elle faisait mal. Alors pour l’être qu’elle avait créé, cet être si doux et si gentil, elle ne voulait pas qu’il souffre de ce mal informe et silencieux qu’était ce vide nous entourant.
Alors Ank rappelait ses souvenirs de sa seule entrevue avec elle, refaisant les mêmes gestes, chantant les mêmes notes qui s’étaient échappées de ses lèvres. Il ne connaissait pas cette mélodie, et elle ne lui avait rien dit dessus. Il ignorait qu’il chantait une berceuse, une de ces berceuses enfantines que les mères chantaient à leurs enfants pour les aider à s’endormir, les berçant doucement dans leurs bras alors que la mélodie tournoyait au-dessus de leurs têtes, chassant les mauvais rêves, n’appelant que leur tendresse pour les aider à voguer sur une mer tranquille et calme dans le monde de Morphée.

Sa voix était douce et timide, se courbant sous la mélodie qu’on lui avait laissée en héritage. Elle n’avait jamais mis les paroles dessus, juste un murmure doux et lancinant afin de calmer les âmes et les cœurs sur l’air d’une vieille chanson française. Ses doigts continuaient de faire de petits ronds dans le dos du scientifique qui s’était recroquevillé contre lui, sanglotant de désespoir, s’accrochant à son T-Shirt afin de ne pas sombrer, de ne pas se noyer sous la douleur qui l’envahissait telle un raz-de-marée puissant et destructeur. Ank ne savait ce qui se passait, mais son réceptacle sentait la détresse de son jumeau et tentait de l’aider, battant contre ses côtes sans se soucier de la douleur qu’il provoquait chez son porteur.

Car oui Ank, tu souffrais. Tu souffrais d’un mal qui t’était inconnu, toi qui avait tant et tant connu de douleurs diverses et variées, certains de tes clients n’ayant pas hésité à te frapper car tu étais trop gentil, trop doux. Tu ne t’en es jamais plaint, à quoi bon me diras-tu ils sont repartis avec ce qu’ils avaient demandés et ils s’étaient excusés. La douleur physique et les intimidations ne te faisaient strictement rien, comme si tu étais totalement détaché de ton enveloppe corporelle. Après tout, tu n’étais pas habitué à te lier aux autres, ayant bien compris que l’on t’évitait une fois la réparation finie. Tu n’étais pour eux qu’un marchand comme les autres, et pour certains, c’était la peur de se voir obligé de payer leur dû qui les faisait prendre un autre chemin. Comme si tu pouvais faire quelque chose contre eux. Oui, c’était totalement idiot te connaissant. Les rares clients avec qui tu t’entendais bien finissaient par disparaître ailleurs sans forcément le vouloir, ou bien t’oubliaient, tout simplement, sans pouvoir expliquer pourquoi. Tu n’étais qu’une ombre Ank, et ça te faisait mal, si mal que tu pleurais trop pour ton bien, te mourant dans la mer de perles que tu faisais naître, t’éteignant un peu plus à chaque crise qui te terrassait, prenant un peu de ton énergie vitale à chaque fois que tu te relevais, que tu t’extrayais de ce linceul noir qui coulait le long de ton corps avant de tinter à terre dans un bruit atroce et sinistre. On disait que le rire pouvait tuer. Dans ton cas, ce seront certainement tes larmes qui finiront par le faire et t’enlever à ce monde lorsque l’ultime goutte noire tombera de tes yeux, plus sombre que l’encre, plus froide que la nuit et plus désespérée que le néant, formant un cristal d’ébène qui, en se brisant à terre, produira un son si chargé de peine que ton cœur finira par se fendiller et se casser en autant de fragments que ceux répandus au sol, fermant tes yeux et enlevant de ton corps le dernier souffle caché dans ta poitrine.

Le petit réparateur continua doucement ses gestes, espérant aider Komui dans sa tentative de ne pas perdre pied, lui caressant les cheveux avant de poser ses lèvres sur son front, les reliant doucement dans un cocon qui se voulait chaleureux. Il ne pouvait pas savoir ce qu’il se passait, et ça le minait terriblement, l’angoisse se lovant dans ses côtes avant de s’en aller, mécontent, en sentant le scientifique se détendre légèrement et commencer à revenir.
Ses larmes, qui avaient imbibées le tissu de son T-Shirt noir, se faisaient moins violentes, plus calme. Comme s’il était arrivé à une certaine conclusion, comme s’il avait pu enfin trouver un compromis ou une raison de rester, de sortir la tête de cette mer de regrets et de remords. Ank sentit son cœur s’alléger alors qu’il desserra son étreinte, souriant timidement au scientifique en lui caressant le visage du bout des doigts, tentant d’effacer les rigoles rougeâtre laissées par la tristesse qui l’avait saisi durant un certain temps. Le silence qui les entourait était calme et doux, semblant venir leur caresser tendrement les cheveux, faisant vibrer les derniers rayons du soleil qui touchaient leur peau, en traçant les contours d’une lueur mordorée. Dehors, l’astre du jour glissa un dernier regard vers les deux hommes enlacés avant d’entreprendre sa course descendantes, se teintant peu à peu de rouge et sortant sa palette de couleurs. Il aimait tant dessiner sur la toile vierge du ciel et y aller par petites touches, jouant du pinceau afin d’y poser de l’orange, du jaune, du violet, du rose et du mauve entre deux points de ciel bleu, jouant sur les nuances et les mélanges comme un enfant, traçant des arabesques, venant bouger les nuages, les touchant par inadvertance et les teintant sans trop le vouloir. Ces boulles de laines ou de coton étaient habituées après tout, et cela leur donnait une nouvelle dimension, une nouvelle vie avant de sombrer dans les bras de la lune son amante qui s’en servira alors comme une traîne où viendront se piqueter les étoiles scintillantes, comme autant de diamant dans une parure bleue de nuit. Et qui sait, peut-être que ce soir il viendra l’embrasser, la retrouver dans une étreinte éphémère où il pourra la faire rougir. Il la trouvait tellement belle avec ses rougeurs que s’il le pouvait, il viendrait plus souvent. Malheureusement, le mécanicien des astres n’était pas d’accord. Après tout, c’est lui qui venait réparer leur orbite après, ce qui lui faisait un travail colossal en plus, et il détestait ça, quand bien même il s’attendait toujours de les voir désobéir. C’est que les astres sont si capricieux ici… Alors il les engueulait comme on engueule ses gosses, réparait leurs bêtises et s’en allait. Jusqu’à leurs prochaines trouvailles, jusqu’à ce qu’ils décident que c’est le temps d’entamer une valse, une ronde ou d’autres danses qu’il connaissait plus ou moins bien. Il savait que ça finirait ainsi. Il n’était pas le mécanicien de la voie lactée pour rien après tout…

Les derniers rayons de l’astre de feu caressèrent quelques secondes encore les deux hommes avant de s’effacer, de rejoindre la boule rouge qui s’enfonçait à l’horizon, non sans faire briller l’eau qui menaçait encore de tomber des yeux du scientifique qui venait de faire un retour au temps présent, à cette réalité absurde qui passait sans les attendre. Qu’elle passe donc me diras-tu, le temps vous marque, vos esprits n’en ont que faire. Reste à savoir si vous pourrez toujours vous le permettre petit réparateur. Après tout, qui sait ce que le Temps peut vous jouer comme tour hum ?

Mais ce n’était pas le moment de parler de ça. Un jour tu comprendras ces paroles, un jour, mais il n’est pas encore là, il ne frappe pas à la fenêtre de ta vie pour se rappeler à ton bon souvenir. Ce jour-là t’attend tranquillement, lui, mais on ne peut pas dire que ce soit le cas de ton interlocuteur qui vient subitement de se rendre compte de la situation dans laquelle vous êtes. Ce n’est qu’au moment où les mots franchissent la barrière de ses lèvres que tu te rends compte qu’effectivement, ton T-Shirt est trempé. Tu n’as pas le temps de faire un geste que l’inventeur se précipite vers une armoire, l’ouvre et en arrache presque un vêtement semblable au tient, avec une vigueur qui t’étonne et qui cache mal son malaise. Il s’en veut tellement de ne pas avoir su tenir, de s’être allé dans tes bras, d’avoir succombé sous le poids des larmes qui, en une longue litanie d’eau salée, s’étaient échouées sur le coton noir recouvrant ton torse et ton cœur, celui qui bat avec une chaleur nouvelle, une chaleur que tu ne connais pas et à laquelle tu ne penses pas. Plus tard, oui plus tard tu te poseras des questions. Pour le moment, tout va trop vite pour toi, bien trop vite, et tu voudrais arrêter Komui tellement tu as l’impression qu’il est une pile électrique, quand bien même il s’arrête vite, le rouge aux joues, ne sachant quoi faire face à toi qui ne sait comment réagir. La fatigue pèse encore sur toi, tu as encore trop enchaîné de nuits blanches pour qu’une simple sieste te soit à jamais bénéfique et répare en un claquement de doigts toutes ces heures qui manquaient à ton corps.

Ank écouta les paroles de Komui tranquillement, ne pouvant pas en placer une, l’asiatique ne pouvant s’empêcher de rebondir sur le moindre silence, comme pour masquer sa gêne ou pour s’empêcher de vaciller encore. Ce n’est vraiment pas facile de le suivre pour toi qui a l’habitude de la solitude et d’être sans cesse posé, comme si rien, au grand jamais rien ne pouvait te toucher. Et pourtant…

« Euh....Est… Est-ce que tu voudrais qu'on puisse se considérer comme amis ? Euh non... je veux dire... Est ce qu'on peut être amis ? »

Cette phrase… Le petit réparateur écarquilla les yeux de surprise. Avait-il bien entendu ? Oui, bien sûr que tu avais bien entendu, là n’était pas le problème mon cher Ank. Le problème c’était toi. Est-ce que tu allais accepter ? Est-ce que tu allais prendre cette main qui te suppliait de la prendre, qui t’appelait de toute son âme au point de te faire frissonner d’anticipation. Tu recherchais des liens, et on te l’offrait sur un plateau, quand bien même les formes pouvaient paraître incongrues pas vrai ? Tu ne pensais pas qu’il était si simple de demander à quelqu’un de bien vouloir entrer dans sa vie, tu ignorais tellement de choses à ce sujet… Et puis, tu te fichais pas mal des formes non ? Oui, tu t’en fichais comme de la première guigne, tu n’avais jamais été très au courant de tout ce protocole qui pouvait exister entre êtres humains. Un bonjour et un merci, accompagné d’un au revoir, voilà à peu près tout ce que tu savais. La simplicité à l’état brut, cela avait du bon, tu ne comprendrais pas qu’on puisse avoir un protocole si millimétré que le moindre manquement était considéré comme crime de lèse-majesté. Oui cela t’échapperait totalement…

Dans sa poitrine, son réceptacle fit un bond en avant, le faisant poser instinctivement une main à son emplacement. Qu’est-ce que… L’étrange chaleur se répandit dans ses veines, colorant doucement ses joues et rehaussant l’éclat de ses yeux si sombres. Un sourire timide étira ses lèvres craquelées, adoucissant les traits de son visage. Oui, ce sourire n’était pas feint, contrairement à ceux de tantôt. Ton masque, accroché à ta ceinture, frémit, voyant d’un mauvais œil ce début de relation s’instaurer. Mais il sait que tu auras toujours besoin de lui. Un comédien comme toi ne peut se passer de sa présence, et il existe des situations qui l’exigent. Tu ne le sais qu’instinctivement tout cela, mais tu le sais. Qu’importe que ce soit grâce à ta créatrice ou parce que tu avais appris à mûrir seul et à grandir, trop vite, bien trop vite, les faits étaient là.

Mais allons petit réparateur, petit chat, il te fallait répondre. Oser prononcer la phrase qui scellera ton destin et celui de ton interlocuteur. Tu relevas la tête, te redressant doucement, sans gestes brusques, te rapprochant timidement de lui, prenant le T-Shirt qu’il tenait toujours dans ses mains avec délicatesse. Tu ne savais pas quoi dire… Mais ton cœur oui, lui il savait les mots qu’il fallait prononcer.

Alors ses lèvres s’ouvrirent, laissant échapper sa voix, résonnant dans l’air tiède du soir qui tombait sur Wonderland et sur leurs échoppes, sous les volutes colorées laissées par le soleil qui désormais avait entièrement disparu, laissant ces traînes de mirages aux mains de sa maîtresse la lune, seuls présents qu’ils pouvaient lui laisser et qu’il ne se lassait jamais de faire. Seule la pluie pouvait se permettre de rafler les couleurs avant elle, la pluie et les nuages qu’elle traînait partout avec elle. Dans ces cas-là, la lune pleurait en silence, dépossédée de son bien, de ses cadeaux éternels.

- Oui… Bien sûr que oui… Komui…

Ça y est, tu avais osé le dire. Le prononcer. Votre lien venait soudainement de se renforcer, faisant tanguer ta psyché qui s’enivrait de ces nouvelles douceurs qui caressaient ton cœur. Ta voix était tendre et douce, et ton visage exprimait à lui seul la joie que tu éprouvais. Dans un élan si sincère qu’il en fit vibrer de rage ton masque, tu le repris dans tes bras, ravi, te retenant de ronronner alors que tu le remercias une nouvelle fois, peu importe le châtiment qui risquait de te tomber sur un coin de la figure pour avoir osé faire cela. Vous n’aviez pas besoin de vous remercier, et tu le savais, mais tu ne pouvais t’en empêcher, comme si au fond de toi, tu le remerciais de te tendre une main et de te sauver.

Car c’était bien ce dont il était question en ce moment. Te sauver. Tu l’avais sauvé, certes, mais il avait fait de même et t’assurait désormais un salut qui semblait bien parti pour durer. Le sourire éclatant posé sur tes lèvres te rendait adorable alors qu’une vague horloge détraquée vous indiqua le temps qui se mit à sonner, comme pour vous dire que l’instant de grâce était fini, et qu’il était temps d’enfin reprendre pied avec la réalité, cesser de la fuir et l’accepter ou la combattre jusqu’à ce que Morphée ne s’en mêle, venant vous enlever afin de vous bercer, encore et toujours, durant sa danse tendre et mauvaise.

Il était désormais temps de vous séparer. Un frisson parcouru ton dos lorsque tu y songeas. Tu ne voulais pas rentrer dans ta boutique, pas maintenant, mais déjà, la raison venait chasser l’euphorie de votre rencontre et de votre lien. Tu avais déjà passé trop de temps dehors, tu avais sans doute empêché un client de venir réclamer de l’aide auprès de tes mains. Et ton corps commençait déjà à vouloir retourner chez toi, là où il pourrait se ressourcer. Si tu ne lui obéissais pas, tu risquais encore de t’effondrer. Et tu ne voulais pas le faire une seconde fois devant Komui. Tu ne voulais pas lui faire porter ce poids sur ses épaules, d’autant qu’il n’y pourrait rien. Après tout, que diable pourrait-il faire face à ce mal étrange qui t’empêche de sortir de la ville au risque de t’évanouir au moindre pas. Tu sais Ank, cela ressemble beaucoup au supplice d’une certaine sirène dans les contes d’Andersen… Mais tu ignores de quoi je parle, d’ailleurs, ton calvaire est encore pire. Tu es à jamais enchaîné à ta boutique, tu ne pourras jamais partir, voyager au-delà des murailles qui vous protègent d’une chose que tu ignores. Tout comme tu ignores pourquoi tu ne peux aller trop loin des murs qui forment ton chez toi et ta prison. C’est ainsi et tu n’y peux rien, point final.

À regret, Ank s’écarta de Komui, enfilant rapidement le T-Shirt qu’il lui avait donné, sentant l’odeur de l’asiatique l’entourer. C’était étrangement réconfortant et doux, mais il se garda bien de le dire, ne voulant pas le gêner outre mesure et n’osant, de toute manière, pas faire cette remarque qui semblait si… personnelle. Il avait fait rapidement, pas assez cependant pour empêcher l’asiatique de voir les quelques bleus qui parsemaient ses côtes, derniers vestiges d’une chute qu’il y a une semaine, chute qu’il s’était fait dans sa boutique et dont il n’avait parlé à personne. Si les gens savaient qu’il avait des vertiges de temps à autres, nul doute que cela ferait fuir quelques personnes. Et il ne voulait pas que sa santé empiète sur son travail, se fichant pas mal d’elle à vrai dire, le bonheur et le sourire des autres passaient, encore et toujours, avant le sien.

Plongeant son regard dans celui de son nouvel ami, le réparateur hésita. Il se devait de partir, pour ne pas l’importuner, mais il ne savait plus quoi dire, un sourire timide aux lèvres. Tu étais mignon ainsi embarrassé. Mais il te fallait filer à présent.

- Je dois y aller... On se voit une prochaine fois ? Ma boutique est à deux pas de la tienne, n’hésite pas à venir me voir…

C’était si étrange pour lui… Donner rendez-vous à quelqu’un pour autre chose que son réceptacle. Juste pour parler, pour demander des nouvelles… Oui, tout cela était étrange.
Mais si gratifiant à la fois. Ah petit réparateur, petit chat, déjà tu avais hâte de le revoir, de lui parler et d’essayer de soigner son cœur, ce cœur qui t’avait appelé longtemps, qui n’avait pas cessé de le faire tout le temps où tu t’étais retrouvé face à lui.

Après un dernier sourire et quelques paroles, tu le laissas seul, sentant un pincement saisir ton réceptacle alors que tu quittais les lieux, posant tes pieds sur les pavés des ruelles toujours aussi animées, pleines de vies et de rires. Les ombres s’étaient faites cependant plus grandes, et les dernières couleurs fanées du crépuscule avaient finies de mourir depuis bien longtemps, laissant flotter dans l’air le parfum de leur décadence. Doucement, Ank jeta un dernier regard à la boutique avant de s’enfoncer dans les rues, nonchalamment, laissant ses pas le guider vers sa boutique. Elle était de toute manière facilement reconnaissable avec son enseigne. Et dire qu’il s’y était éveillé, ni plus ni moins, sans rien savoir à part son nom et son don. Et puis il y avait eu elle… Sa première cliente… Une petite fille aux cheveux roux et aux yeux verts, celle qui l’appelait, le suppliait de l’aider, de la sauver. Il entendait encore sa voix chargée de sanglots et d’espoirs lui demander de lui réparer son cœur, ce cœur pour lequel il ne pouvait rien, ou si peu. Alors il lui avait donné le sien il lui avait donné le reste d’une vie qu’elle voyait s’enfuir au loin. Sa joie avait été telle qu’elle lui avait sauté dans les bras, l’étreignant avant de le bercer et de le calmer. Car la douleur qu’il avait eue à ce moment-là avait été terrible, comme si des milliers de poignards l’avaient frappé en un instant, déchiquetant son corps et faisant jaillir ses larmes qui se transformèrent en perles noires. Il se souvenait encore de l’effroi qui l’avait saisi en voyant cela, effroi bien vite remplacé par l’épuisement et la peine malgré la berceuse de la demoiselle et ses mains qui tentaient de l’apaiser. Il ne lui en avait jamais voulu, après tout il avait fait ce qu’il avait à faire, et il lui était même reconnaissant, quelque part, de lui permettre d’aider et de sauver les autres.

Il ne tarda pas à rentrer dans sa boutique, fermant doucement la porte derrière lui avant de s’adosser contre le battant, un sourire aux lèvres, tête baissée, alors qu’une lueur rouge et chaude émana de sa poitrine. Instinctivement, Ank se détendit, fermant les yeux dans un soupir de bien être alors que les murs semblèrent vibrer et lui souhaiter un bon retour. L’odeur de vanille et de caramel ancré dans sa peau vint lui caresser les narines et le pousser à laisser là ses soucis et à se replonger dans cette étrange journée, commencée de manière assez banale avec cette cliente adorable qui lui avait apporté un peu d’affection et la curiosité qu’il fallait pour le pousser à sortir. Il connaissait toujours son nom, mais il ignorait où elle habitait. S’il l’avait su, nul doute qu’il serait allé la voir afin de la remercier pour lui avoir permis de rencontrer le gérant d’Umbra Lee. Peut-être qu’elle repassera à sa boutique, mais il n’en était pas sûr, comme si elle était déjà parti ailleurs, sorte de fée étrange qui venait pousser les gens vers une personne en particulier, pour les aider à se défaire de cette solitude qui leur était si pesante, comme si elle savait à l’avance qu’ils étaient fait pour s’entendre… Du moins c’était ce qu’il supposait. Il ne put s’empêcher de rire doucement. Ses idées devenaient de plus en plus farfelues, un peu comme le monde dans lequel il vivait, et il ne put réprimer un sourire amusé. Il n’empêche, ce rôle lui correspondait assez bien à cette douce grand-mère…

Montant au niveau de ses pièces à vivre, le réparateur se dirigea vers son lit en attrapant une pomme au passage, la mangeant rapidement avant de s’asseoir sur les draps, rêveur. Les images de sa journée avec Komui tournaient dans sa tête, le faisant parfois rougir alors qu’il ramena presque instinctivement le T-Shirt qu’il lui avait prêté à son visage, respirant l’odeur tenace de café qui y était resté. Il avait tout l’air d’être un gamin, mais même s’il trouvait cela idiot, il ne pouvait s’empêcher de se sentir rassuré et joyeux en le faisant. Son cœur vibra dans sa poitrine, diffusant une chaleur agréable dans son corps avant qu’il ne quitte à regret ses vêtements, se coulant sous son lit afin de s’endormir, se jurant de rendre son T-Shirt à l’inventeur le plus tôt possible, souriant doucement alors que Morphée kidnappait sa conscience pour l’entraîner dans ses mondes multiples et divers.
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MessageSujet: Re: Visite de courtoisie [PV Komui Lee]   7/6/2015, 19:10

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Komui Lee
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Un Arlequin.. Un Arlequin déglingué à force de gigoter au bout de ficelles, à jouer la gentille poupée de l'ombre en oubliant jusqu'au bonjour et formules simples.....Quel spectacle ridicule je devais offrir, là en cet instant....
Un enfant, un véritable gamin... Pire qu'un gamin même, le gamin sachant répondre... Je ne ressemblais à rien, à rien.. J'étais ridicule, si ridicule....
Et pourquoi demander une telle chose... ? De quel droit... Oui de quel droit....Je devais rester à ma place.. A la niche, le Koko.. Gentil chien, donne la papatte mais ne demande pas d'affection, pas de liens... Quand bien même tu le voudrais...  Tu n'es qu'une étoile, tu te rappelles ? Il n'y a aucune chance qu'il accepte le moindre lien avec toi.. Tu ne vois donc pas le risque... ?
Apprenti chien de cirque qui ne sait rien de rien, apprends donc, oui apprends donc que cela risque de le mettre en péril.... Comment ? Tu risque de faire imploser le masque, tout simplement..
Et il en a assurément conscience... Tu es un danger.... Un véritable danger....

Il ne voudra pas de toi. Il te le dira et tu le verras enfin, ce rejet que tu crois t'être du depuis tout à l'heure.. Pourquoi voudrait-il de toi pour ami ? Tu ne vaux rien, comme ami.. Tu as abandonné les tiens.... Tous les tiens, d'ami.. Tu ne vaux rien, rien, rien et tu le demandes quand même en ami... Tu as cru que c'était si simple ? Abruti, empoté qui ne sait rien, rien....Tu ne sais que présenter des tours que tu ne connais pas... Tu es comme un de ses apprentis qui étudient les mouvements des artistes, tentant vainement de les reproduire et n''offrant que des parodies de mouvements bien rodés....
Un Arlequin au masque brisé, écroulé et qui n'arrive plus à le remettre correctement, qui se raccroche à des miettes auxquelles il n'a d'ailleurs pas même le droit....
Un lien.. Pourquoi te donnerait-il un lien.... ? On ne donne un lien qu'aux experts....

Je frissonnais dans cette triste réalité. Je le savais bien, trop bien.. J'étais ridicule et.. vulnérable. Sachant que s'il me rejetait.. Tout se briserait. Tout retournerait comme avant et une part de moi, celle qui avait lutté, qui avait gagné la bataille un quart de seconde refuserait de revenir à la réalité. Refuserait de croire que cela n'avait été qu'un mirage.. Elle crierait en moi, l’appellerait... Aurait mal. Comme si un nouveau lien s'effondrait... Comme si on refusait que je puisse aider à mon tour.... Je ne voulais pas l'abandonner et je ne voulais pas effacer ce lien qui se traçait et que mes mots maladroits n'avaient que mis en lumière....
Peut être était-ce pour cela que c'était si maladroit.... Un homme de l'ombre, sentant se tisser comme de légers fils le reliant à un autre et les mettant subitement en lumière, tentant de leur donner un sens commun et connu....
Avant que je ne secoue la tête.. Oh non, le problème ne venait pas de là....
Le problème était autre.. Le problème était que je demandais un lien.. Moi qui ne demandait jamais rien aux autres, prenait ce qu'on me donnait.. Le problème était que c'était moi qui avait posé la première pierre d'un édifice dont je ne connaissais ni la taille ni les conséquences...
Un saut dans l'inconnu et le hors contrôle... Le danger aussi....

Le danger sublime.. C'était un risque.. Une ouverture vers le monde extérieur dont j'essayai de le protéger de moi.. Moi qui n'avait le droit à rien, qui avait les mains tâchées de sang....Une main tendue vers l'extérieur du cercle et qui se sentait ridicule à se tendre.. Une main qui se sentait faible et stupide....Faible à demander quelque chose à quelqu'un, faible, si faible....Trop faible, moi qui ne demandait jamais rien.....Trop faible pour demander quelque chose à quelqu'un.. Trop faible, trop faible, trop faible....
Vois comme tu es risible, oh mon enfant....Pathétique et minable.. Où est ta superbe, ton masque, tes grandioses apparitions ? Où est l'homme qui aurait pu enterrer sa sœur sans trop sourciller, où est l'homme qui retirait son couvre chef pour saluer la mort des autres, où est l'homme qui se cramponnait à son bureau en murmurant de ne penser qu'à la victoire ? Où est ta fierté, ta vanité, ta force? Envolée, envolée, partie en fumée comme ton corps.... Ne laissant que ce qu'il y a de méprisable en toi... De plus mauvais.. Pas étonnant qu'il te rejettera.. Tu es si.. humain. Oui, il n'y a pas d'autre mots... Humain. Un pathétique humain qui ne sait rien, rien de l'autre, ne peut pas sauver, n'est même pas à l'aise avec les autres sans son masque.....Que peux-tu lui offrir, hein que peux tu lui offrir ? Ton amitié, ta compassion, tes bras pour l'aider ? Mais ce n'est rien, rien de qualité... Ce n'est que poussière informe qui au lieu de l'aider va le couler, le salir....Tu n'as le droit  rien, en fait.. Rétractes toi et excuse toi.. MAINTENANT.

Comment ça tu n'en as pas envie ? Mais tu ne peux pas, pas te le permettre.....Tu n'as pas le droit de lui demander ça....Tu vas le salir et il ne veut pas de toi.... Et bien qu'il le dise comme ça tu seras fixé..... Et si tu laissais venir puisque tu ne peux rejeter ses pensées...? Bon plan... Laisse cette tristesse grandir, s'approcher puis tout détruire.. Tressaille et attends le coup mortel que tu as donné pour te battre une ultime fois....
Et je tressaillis plus encore guettant le coup qui allait venir.. Et qui ferait mal à n'en pas douter... J'allais souffrir, j'allais le payer.... Mon audace ne ferait que provoquer des ennuis.. Dans quoi je m'étais engagé ? Je m'étais condamné à souffrir seul, en minable pathétique....
Et mon visage se crispa, attendant le rejet....
Et je sentis pris de mes mains avec douceur le tee shirt dont j'avais oublié l'existence. Une telle douceur.. Et lui être lié, n'était pas une bonne chose à bien y penser....J'allais le briser, lui faire du mal alors que je voulais juste l'aider.. Mais je ne savais rien faire comme les autres, rien, rien de rien.... J'allais être une gêne, un problème, juste ça.. Et mon visage se crispa plus encore, mon esprit se tendant, guettant la réaction qui allait venir.... Tout en maudissant ses mots maudits qui m'étaient venus....

-Oui… Bien sûr que oui… Komui…
Que.. Il venait de... Mais.. Ce n'était pas logique.. Pas normal.. J'allais le blesser et il le savait.. Mais pourtant.. Il me voulait, moi comme ami.. Mais..Mais....Mais...
Et la douleur s'éteignit, reflua, disparut,s'effaça, laissant place à un feu de surprise.. Et mon regard interloqué se redressa et le contempla dans la nuit tombante que j'avais oublié existante. Il l'avait dit, il le voulait... Mais ce n'était que des mots....De la politesse, sûrement....
Et pourtant non.. Son visage resplendissait de joie, brillait comme un nouveau soleil au niveau de la nuit qui s'installait.. Sa voix était douce et lumineuse... Et ses mots... « Bien sûr que oui... »....
Bien sûr que oui.... Bien sûr que oui ? Sur que oui.... C'est gravé sur son visage.... Regarde e, admire le, regarde la chaleur dans son sourire qui ne peut signifier qu'une chose.. Sent la nouvelle pierre se poser sur ton ébauche de plan.. Admire là.... Admire là... Ta main tendue, quelqu'un l'a pris. Quelqu'un a vu ta silhouette dans l'ombre et pris la main qu'elle tendait.... A présent, tu gis en équilibre instable entre lumière et ombre, mal à l'aise en lumière mais en équilibre et non rejeté par la lumière qu'il est....Autorisé, comme la petite sirène venant de gagner des jambes après le sacrifice de sa voix à marcher sur le rivage mais au prix d'une grande douleur. Ici, mon sacrifice était la voix du masque et la douleur, les faux pas qui jalonneraient sûrement mon amitié..... Mais, ce n'était que de l'amitié au fond et mon masque avait bien tort, en fin de compte de ruer..... Un lien, certes, mais un doux et léger lien....

Et je sentis mes lèvres s'étirer en un léger sourire... Avant que Ank ne me reprenne dans ses bras, me faisant sursauter et rougir à nouveau... Puis le serrer contre moi maladroit,d'instinct, écoutant ses mots de remerciement qui ne venaient pas à mes lèvres. Qui étaient incapables de surgir, prises dans le chaos d'une lumière. Celle qui brûle les ailes d'un papillon, illumine le regard de l'enfant qui regarde trop longtemps le soleil....Celle là même. Mais mon étreinte à seule était un remerciement. Le sourire qui naquit sur mes lèvres, plus brillant que tout ce que j'avais pu donner jusqu'alors, plus pur que jamais, en ersatz du soleil qu'il était, criait au remerciement.
Je n'étais que remerciement  et affection.. Remerciant de permettre ces quelques pas dans le soleil. M''excusant par avance pour tous les faux pas qui viendraient, immanquablement. Au fond de moi le masque grogna. Ce n'était pas correct, tout ça.. Mais je l'envoyais voir ailleurs. Laisse moi tranquille, toi. Mon.. ami et moi n'avons pas besoin de toi. Pas ici. Tu le sais bien que tôt ou tard, je te remettrai....Et pourquoi tu grognes, d'ailleurs ? Ce n'est que de la chaleur et de l'affection... Je n'y ai pas le droit.. Faut croire que non puisqu'il me la donne.. Et tais toi, emmerdeur de première, pour une fois.... Je ne serai pas un ami fiable et il m'abandonnera quand il saura tout de moi..? Laissons le temps au temps. Profitons, profitons juste du lien qui se tisse.. Alors tais toi, laisse moi respirer, sourire et rire...Laisse moi vivre.

Et comme maudits par une sombre destinée, plus loin résonna le son d'une pendule, venant rappeler à Cendrillon la fin du bal de lumière.... Me faisant soupirer... M'enfin, je n'allais pas le retenir non plus.. Il se faisait tard, il devait fatiguer en plus... Et il avait l'air d'avoir enchaîné trop de nuits blanches pour qu'une simple sieste ne puisse lui être bénéfique....Alors soit. Cela ne me plaisait pas et me rendait triste de devoir déjà le laisser aller mais j'eus la triste satisfaction de remarquer que cela ne plaisait pas plus à Ank avec le regret, visible si visible qu'il eut à se détacher de moi. Le pendant de celui que j'avais à le lâcher, mais il le fallait... Et c'est avec un triste sourire que je le laissai se changer, évitant de trop le regarder pour ne pas le gêner... et ne pas me gêner moi-même, ayant l'étrange sentiment que le regarder ne ferait que le mettre dans l'embarras et moi avec...Pourtant, des étranges éclats de bleu attirèrent mon attention... Et me firent écarquiller les yeux, horrifié.. Non.. C'était.. Mais comment.. Mais avant que je ne puisse poser la moindre question, m’inquiéter les nuances bleues disparurent de ma vue, dissimulées par mes propres affaires. Comme un prêt de masque. Et qu'y pouvais-je, après tout ? Pas grand chose... Malheureusement et mon visage se crispa de douleur en réalisant à quel point à nouveau je ne pouvais rien.. Avant de réaliser que sur ce coup là je ne pouvais pas grand chose.. Mais que la fois suivante.. Il ne tenait qu'à moi de faire en sorte de veiller sur lui et comprendre.. Et je redressai à nouveau le regard déterminé, crispant les poings, offrant mon regard à ma plus vieille alliée la faisant témoin de ma promesse alors que subitement :

« Je dois y aller... On se voit une prochaine fois ? Ma boutique est à deux pas de la tienne, n’hésite pas à venir me voir…
Les mots conventionnels pour s'en retourner....Mais emplis d'une volonté.. « On se revoit une prochaine fois... » « N'hésite pas à venir me voir... ».. Une sorte d'appel.. Reviens. Viens à moi. Auquel je souris et m'exclamai :
« C'est noté ! ♫ Et je saurai m'en souvenir.. Mais ne te plains pas si j'arrive n'importe quand... A la prochaine ♫ »
Oh ça.. Si tu m'en donnais l'autorisation, je risquai de venir très très souvent... Peut être pas avec les mots qu'il faut... Mais je viendrai.. Ou j'hésiterai....Et puis je viendrais.... Et le sourire grandit sur mes lèvres et je tournoyais dans la pièce, puis passant d'une pièce à l'autre dans un jeu ridicule de veiller dans l'ombre sur ses pas le plus longtemps possible, jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'angle de la rue.... Ça m'allait si bien, le rôle de l'ombre qui veillait... Certes, je n'étais pas non plus un justicier et je ne pourrais pas grand chose pour lui, mais.. Je voulais de toutes mes forces veiller sur lui. A n'importe quel prix. Pour qu'il ne souffrît plus. Plus jamais. Que Ank vive plutôt que Heart. Et à nouveau je crispai mon poing et offrit mon regard déterminé à la lune. Qui me sourit de ses airs tendres de mère qui m'avait toujours accompagné jusqu'alors. Et qui continuait ici. Et auquel j'offris mon sourire et mes prières. Mère lune, mère lune, toi qui voit tout et sait tout.. Veille sur lui s'il te plaît.. Veille sur cet ange innocent qu'il est.. Préserve le, s'il te plaît....Comme tu m'as tant de fois sauvé....

Mais c'est inutile de te prier, Mère Lune. Tu le fais toujours, n'est ce pas ? Tu veilles sur nous autre pauvres enfants égarés et dont les yeux ne peuvent jamais regarder toutes les nuits et toute entière ta splendeur. Tu nous laisses t'admirer un temps puis berce nos yeux endormis qui ne peuvent plus te contempler. Tu existes, tu es belle mais personne ne te regarde jamais totalement entièrement. Condamnée à une éternelle solitude.. Peut être est-ce de cela que tu voulais me préserver, toutes ses années quand tu m'envoyais ta lumière pour m'éclairer quand je souffrai.. Alors peut être qu'aujourd'hui tu souris en nous voyant. J'espère ne pas te décevoir, Mère Lune. Comme j'espère ne pas décevoir Ank. Et pour cela, je serai le meilleur ami que cette terre aurait porté, voilà ! Et je levai déterminé le poing vers le ciel.. Avant qu'en bas j'entendis résonner une clochette. Ah quelqu'un était là ? Ank était revenu ? Oh, il ne fallait pas le faire attendre.. Et je bondis et dévalai les escaliers plus que je ne marchai et descendis les escaliers, ouvrant la porte à la volée et souriant à min interlocuteur... rice, visiblement. Ma cliente venue chercher sa potion, celle que je testai encore ce matin avant Ankie.... Ma joie se ternit un peu... Et le masque sourit, poussa mon cœur dans son cercle s'exclamant :
« Bonsoir !♫ »
Mais derrière, tenaces, restaient ces notes de joie et de symphonies lumineuses, peu résolues à mourir et qui continuaient à flamboyer dans un ciel  sombre.

« Tu lui mens.
-Oui.
-Pourquoi ?
-Parce que tu vas tout refouler, pardi...
-Tu ne gagnera pas, saleté de cœur, tu ne gagneras pas.. Nous n'avons pas le droit et il le sait...
-Pour le moment. Il le croit, mais ça changera....
Le masque poussa un cri de rage et se rua sur le cœur résolu à le faire taire. Et le cœur se laissa faire en souriant...Car il savait, oui il savait...
Qu'il aurait beau faire, c'était trop tard, tout venait de changer. Et le masque ne pourrait plus rien.
Encore moins quand régnait encore alentour une douce odeur de vanille et de cannelle.....


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Visite de courtoisie [PV Komui Lee]

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