Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !




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MessageSujet: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   11/4/2015, 20:13

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Fourrures et escarpins


Messages :
41
Féminin
Age du personnage :
La cinquantaine.
Pouvoirs / Particularités :
Passeur/Vole la jeunesse d'un baiser.
Origine :
Librement inspirée des 101 Dalmatiens.
Orientation sexuelle :
Ladies and gentlemen, come to me....
avatar
Cruella d'Enfer
Fourrures et escarpins
Tes seins, tu les as refait, non ?


Crève-la.
♦ Nom civil : Cruella d'Enfer.
♦ Age : Mon temps s'est arrêté à mes cinquante ans. Encore heureux, sinon, je serais encore plus ridée !
♦ Existe à Wonderland depuis :  Depuis ma mort prématurée dans l'Histoire.
♦ Orientation sexuelle : Homme ou femme. Mais attention, je suis très exigeante dans ce domaine. J'aime les jeunes vierges faciles à corrompre, comme j'aime les gentlemen de bon goût.
♦ Groupe : FFTWHAT.
♦ Race : Passeur.
♦ Origine : Librement inspirée des 101 Dalmatiens.
♦ Fonction : Passeur.
♦ Âme : Je l'ai revendu à un certain Chapelier.
♦ Particularité : Passeur.
♦ Pouvoir : Je « suce » la jeunesse. C'est aussi simple que ça. Si nous partageons un baiser, je volerais ta beauté ; mon corps reprendra ses formes, et les tiennes surtout, tandis que tu te rideras et maigriras. Et tu auras face à toi une personne te ressemblant, avec deux ou trois différences.
♦ Classe sociale : Mon cœur, ça se voit, non ?
♦ Participant au Game of Madness : Je risquerais de me casser un ongle !


I'm FABULOUS!


Avant j'étais très belle. Mais ça, c'était avant.

Lorsque j'étais plus jeune, je chouinais après ma taille quarante, et ma poitrine opulente. Désormais, je déplore de ne plus avoir assez de graisse dans le cul pour m'en servir, et augmenter la taille de mes seins d'un bonnet ou deux.

Sinon, à quoi je ressemble ? À une femme qui a dépassé la cinquantaine, je dirais. Les ravages de l'alcool et du tabac sont soigneusement cachés par un maquillage abondant. Si jamais tu dis que je suis tombé dans un pot de peinture, cha-t-on, crois-moi, je vais me faire un sac à main avec ta peau. J'ai un visage anguleux, les pommettes très hautes (et naturelles !), le menton pointu, et un regard qui ferait pâlir Satan en personne. Les sourcils fins et dessinés remontant vers mes tempes creuses, comme des accents circonflexes. Les paupières légèrement tombantes, mais rendues lumineuses par le fard à paupières vert dont je me tartine tous les matins. Une touche de crayon vient tracer le contour de mes yeux, les rendant plus profonds, moins petits. Je n'illumine pas mon teint d'un fard à joues, et je le laisse aussi blanc que de la craie ; je suis blanche, en réalité... au naturel (chose que tu ne verras jamais, chérie), je suis même plutôt grise. Mes lèvres sont fines, mais grâce à la magie du rouge à lèvres, je leur donne un aspect plus charnu. Rouge comme le sang, elles ne donnent pas envie d'être embrassées ; au contraire, je suis une vamp' mon coeur, je mords.

Je suis une femme plutôt grande, et maigre. Pas « mince », maigre. À une époque, je faisais une taille quarante, et je trouvais ça laid. Je passais mon temps à essayer de cacher ces petits morceaux de gourmandise. Désormais, je songe que ce n'était pas plus mal, et que derrière ce gras, on ne sentait pas mes os ; on voit les pointes de mes hanches à travers mes robes. De même que j'ai déjà blessé un homme à cause de mon épaule trop pointue. Mes clavicules roulent sous ma peau fine, mais au moins, je pense avoir de jolies jambes. Mes pieds fins sont serrés dans de jolies chaussures à talons rouges. Je porte des bas opaques pour cacher les diverses veines apparaissant sur mes pieds. Mon corps a vieilli, et je le ressens à présent. Des rides apparaissent au coin de mes lèvres et de mes yeux, malgré mes efforts à les masquer avec de la poudre.

De loin, on pourrait me prendre pour un squelette recouvert d'un épais manteau de fourrure. Parce que mon ange, j'aime la fourrure. J'aime le luxe.

Mes cheveux m'arrivent à peine aux épaules. Ils camouflent une paire de boucles d'oreille en or qu'un joli garçon m'a un jour offertes. Un côté est noir, l'autre est blanc. Ils sont faciles à manier, alors je me permets tout un tas de choses. Ah... si tu te poses la question cha-t-on, le garçon je l'ai jeté après qu'il m'ait appelé « Maman ». Rousseau, je crois qu'il s'appelait. Non mais ! Pour peu, il m'aurait demandé le sein.


Notez que nous nous autorisons le droit de vous demander de rajouter des éléments si votre présentation ne donne pas suffisamment d'informations sur le personnage.




Je suis fou, et vous?


 
Blasée.

C'est le seul mot permettant de me décrire. Blasée et cynique.

Oh ne me regarde pas ainsi ma chérie. Je ne fais que te juger en permanence du haut de mon mètre soixante-seize, et de mes cinquante kilos. Tu ne peux pas te défaire de mon regard pénétrant ma belle, tout ce que tu essayes de me cacher, je le vois. Et aussitôt, tu te sens mal de t'être goinfré de ce délicieux macaron à la framboise pour le dessert. Mais ce n'est pas grave, dis-toi qu'avec toute cette graisse, on pourra nourrir un régiment entier de rats. Tu sauveras des vies, en coupant tes bourrelets d'amour, et tu seras une nouvelle effigie. Quoi ? Je devrais me regarder dans un miroir avant de juger les autres ? Ce n'est pas moi, cha-t-on, qui tente de lutter contre la gourmandise. Petit sourire suffisant.

J'ai fait mon temps, voilà tout. J'étais une très belle femme, même la plus belle — selon l'ouvrage dont je suis issu. Et ma vie de décadence a terni cette beauté. Oh... il en reste des simulacres dans ma pupille perçante entre autres, et dans le sourire enjôleur que j'accorde à mes interlocuteurs. Toutefois, je tiens à signaler que je ne suis pas devenue aigrie à cause de ma beauté morte. Oh non ! C'était dans ma nature. Tu vois mon coeur, je suis née cynique, cruelle, et méchante. À quoi servirait mon prénom sinon à le montrer ? Mais dis-toi qu'au moins, toute cette méchanceté est gratuite ; je ne suis pas vache au point de te faire payer mes sarcasmes. Tiens-toi droite ! Quelle cruche, vraiment. Tu devrais essayer la sodomie, ça te rendrait moins coincée, et ta démarche moins serrée. Je sais de quoi je parle.

L'âge m'a donné une certaine sagesse, et quelques regrets. Si j'avais pu être aussi intelligente à dix-sept ans que maintenant, je me serais épargnée bien des douleurs. Tout d'abord, j'aurais appris à retenir ma langue un peu plus souvent, mais encore maintenant, elle sort de ma bouche sans que je puisse la commander. Elle claque sur les faces effarées mes piques, comme un fouet, lacérant le peu de confiance que peuvent posséder mes victimes. C'est mon petit plaisir quotidien de rabaisser les autres. Après tout, je peux me le permettre. Si je ne faisais pas ça, j'irais brûler ton bras avec des cigarettes. Tu es jeune, tu n'es pas extraordinairement jolie, mais tu es jeune, avec de jolies formes. Je ne le reconnaitrais jamais, mais je te l'envie.

Blasée, cynique, et orgueilleuse.

La seule chose que je regrette, c'est cette époque où je me plaignais d'être trop grosse. Depuis que j'entends mes côtes claquées si fort que je pourrais faire de la musique avec, je songe à quel point j'ai été une petite idiote. Lorsque je parle, j'allonge volontairement certaines syllabes ; ça me donne un style, tu vois ? Oh chérie... j'adoooore tes chaussures, et les petits pieds qui vont avec. Petit sourire amical. J'espère que tu m'en voudras pas de te les prendre ?

Ne te méprends pas, j'aime la jeunesse. Et ce que je préfère avec elle, c'est toute la naïveté qui lui est liée. Il est si facile de tromper une jeune personne ! Si facile d'exploser dans l'oeuf ses espoirs, et de la voir sombrer peu à peu. Je suis certaine qu'avec un peu d'entrainement, tu pourras ressembler à quelque chose, toi aussi. Commence par avoir du style, c'est le plus important en ce bas monde. Et surtout : tiens-toi droite, rentre-moi ce ventre, et va prendre des cachetons pour maigrir. Avec un peu de chance, et de travail, tu prétendras être une femme. Une vraie.






Il était une fois...


Avant tout, laisse-moi te parler d'une pauvre idiote : Tallulah.

Tu vois, chérie, Tallulah avait tout pour réussir, car elle combinait les trois choses les plus importantes en ce monde : le style, la jeunesse, et l'intelligence. Non pas la « beauté », mais bien le style. Lorsque tu sais t'habiller ma douce, et te maquiller, tu sais tout faire. Tallulah n'était pas simplement « jolie », elle était bien plus que ça : elle avait du chien. Plus important que la beauté, le charisme, c'est ce qui te permet de te faire des relations sans te faire bouffer par des requins. Tallulah avait un grand front, un regard désabusé, des sourcils fins, et la mâchoire carrée ; elle ne répondait en rien à ce qu'on attend d'une jolie fille. Et pourtant ! À l'époque, Tallulah avait tous les hommes à ses pieds. C'était Elle qui charmait, c'était ce qui transpirait sous sa peau, c'était son oeil transperçant.

Mais qui était Tallulah ? Ce n'était qu'une prolétaire, et même pire : une campagnarde. Des rêves pleins à la tête, elle était venue en ville en espérant devenir chanteuse. Malheureusement, sa voix n'avait rien de particulier lorsqu'elle chantait, elle était trop chaude et plaintive pour plaire. La ville lui fit connaître tous les délices de la vie : l'alcool et le tabac. Au début, elle ne fit pas l'erreur de tomber amoureuse, et elle se laissait transporter par la vie, ballotée dans ses désirs de grandeur. Toutefois, on n'abandonne pas une fille avec autant de chien. Tallulah en avait conscience, et ambitieuse, elle devint danseuse à défaut de chanteuse. Sur scène, c'était plus ou moins la même chose au final. Ce qui intéressait Tallulah, ce n'était pas de transmettre ses émotions avec sa voix, c'était avoir de l'attention. Et elle y parvenait. C'était même la meilleure pour ça.

Les talons claquaient sur le plancher de la scène, tandis que les musiciens derrière elle entamaient un air sensuel. Le violoncelle grondait dans ses oreilles, et lorsque l'archet glissa sur sa corde, émettant un chant lascif, Tallulah tira sur le lacet de son serre-taille. Elle ne voyait pas son public, mais elle sentait sur ses épaules et sa taille sa pupille rouge de passion. Elle se lécha la lèvre inférieure, transportée par le plaisir que tout ça lui procurait. Elle était née pour être admirée, tu vois. Tallulah roula des hanches, tandis que le lacet grandissait jusqu'à ses doigts, desserrant son dos comprimé par les armatures. Cet instant, où ses muscles se relâchaient, libéré de leur prison, Tallulah s'en grisait. Ses doigts tirèrent les cordes de sa cage de tissus et de fer, puis elle se tourna sur le côté. Sa chevelure noire tombait sur le côté gauche de son corps, alors que son regard sombre dardait d'arrogance les hommes présents dans la salle. Un voile de fumée formait une barrière entre eux, s'échappant depuis leurs cigares, alors que leurs visages s'illuminaient. Tallulah fit un pas sur la scène, son sein tressauta, comprimé par le soutien-gorge d'une taille en dessous qu'elle supportait. Ses ongles griffèrent le serre-taille pour remonter vers sa poitrine, avant de redescendre sur son ventre. Elle jouait avec leurs attentes. Ces bêtes affamées de son corps, affamées de sa beauté. Tallulah était la plus belle femme au monde ; elle en était persuadée. Et même son gros cul plaisait ! Elle se cambra pour défaire encore les lacets, fermant les yeux en entrouvrant une bouche rouge comme le sang. Tallulah mordait, mon ange, et sa morsure était un véritable poison. Ses doigts revinrent sur les serrures de sa prison, et une à une, elle les ouvrit. Un ventre ferme se dévoila alors, marqué par les armatures, blanc comme de la craie. Des sifflements passèrent parmi le public. Tallulah retint un sourire, et avant de se délivrer définitivement de son serre-taille, elle se retourna. Sa peau paraissait briller sous la lumière tamisée du cabaret, tandis que ses hanches bougeaient d'un côté comme de l'autre, hypnotisant ses amants. Elle ouvrit sa prison, et elle la jeta plus loin.

C'est ça, une femme, cha-t-on. Une vraie. D'un battement de cil, d'un mouvement de hanche, ça opère un charme sur les hommes. Ça les rend fous, jusqu'à les pousser à la bagarre. Et c'était ce que Tallulah faisait ; elle ne se promettait pas, elle attendait que le plus déterminé gagne. Et si par malheureux il était laid, elle se contentait de prendre son argent avant de s'éclipser. À l'époque, on n'osait pas encore la traiter de salope. Les épouses trompées n'avaient pas connaissance de ses crimes, à peine savaient-elles que tous les soirs, au lieu d'aller jouer aux cartes avec des amis, leurs maris allaient se branler sur le corps magnifique d'une putain. Ils furent nombreux, ces imbéciles qui tentèrent de la posséder. Mais Tallulah savait que c'était impossible ; elle était libre comme l'air. Et si l'un d'entre eux était suffisamment con pour tomber amoureux d'elle, lui assurant une vie paisible et de luxe, elle le dévorait jusqu'à la moelle, avant de le jeter avec les autres ordures. Ce qui faisait ce que Tallulah était ce qu'elle était, c'était les hommes. C'était sa nourriture, sa boisson ; sa clope et sa bouteille de Gin. Tu vois mon ange ? C'est ça, une fille avec du chien.

Mais Tallulah était jeune, tu vois ? Elle fit la plus grosse erreur de sa vie. Un joli garçon, diplômé, et dont la vie s'ouvrait devant lui. Un beau blond avec l'oeil pétillant, le sourire charmant, et les pommettes saillantes. Un peu plus jeune que lui, qu'importe ! L'amour, ça lui est tombé dessus, comme une pierre sur le pied. C'était un de ces nombreux soirs où la foule s'agglutinait devant sa loge, hurlant qu'elle lui accorde un battement de cil, même une parole méprisante suffisait ! Tallulah entendait leurs cris à travers sa porte, elle se réjouissait de la folie qu'elle créait dans leurs coeurs. Allait-elle se montrer tout de suite ? Ou bien attendrait-elle encore ? Savourant ce déchainement de plaisir, elle fit un « o » avec sa bouche, et elle fit glisser un rouge à lèvres vif sur ses lèvres. Il avait la couleur du sang, et ça la fit sourire. Elle remonta sa chevelure noire en un chignon, où elle glissa une broche qu'on lui avait récemment offerte. Puis, Tallulah se releva, la robe glissait le long de sa cuisse ; elle vérifia l'attache de son porte-jarretelle, puis en pivotant, elle posa sa main gantée sur la poignée de la porte. La jeune femme prit une grande inspiration, puis elle l'ouvrit sur des visages rouges d'amour. Un sourire. Lorsque son talon frappa le sol, les hommes s'écartèrent aussitôt, le silence s'était abattu telle une bourrasque. En roulant des hanches, son petit sac à main posée contre son ventre, elle avança jusqu'à la sortie. Et ce fut là que l'amour lui rentra dedans en plein fouet, avec autant de subtilité qu'un camion. La jeune femme manqua de tomber en arrière, mais on lui attrapa le bras. Furieuse — on s'était permis ça ! —, elle releva son regard d'ébène sur ce sale con. Elle alla lui cracher qu'il n'était qu'un rat dégoûtant, mais elle se ravisa. Confus, il la regardait, paralysé de la tenir ainsi contre lui. Puis, gêné, il lui offrit un sourire.

« Pardonnez-moi, je ne vous avais pas vu ! »

Comment ça ? Il ne l'avait pas vu ? Était-il aveugle ? On voyait Tallulah à chaque moment de son existence. Elle brillait tant qu'il était impossible de ne pas la voir. La danseuse se redressa, elle replaça une mèche de cheveux noirs derrière son oreille, et sur un ton condescendant — il ne fallait pas rire non plus ! —, elle fit :

« Ce n'est rien. »

S'il avait été moche, elle lui aurait arraché les yeux. Il continua de lui sourire, et il se présenta poliment. Richard qu'il s'appelait. Et toi, ma Tallulah, t'en étais tombée amoureuse du premier regard. Tu ne sus pas pourquoi en plus ; il ne te traitait pas avec la même admiration que les autres. Richard, c'était un nom moche en plus ! Et pourtant, les jours qui suivirent votre rencontre, tu te répétas ce nom. Richard. Richard. Jusqu'à sentir le manque. Droguée de lui que tu étais ! Richard. Évidemment, Tallulah l'invita à se faire pardonner, il l'avait insulté en prétextant ne pas l'avoir vu, et lui, il lui avait promis de revenir la voir dans deux jours pour l'emmener dans le plus beau restaurant de la ville. Dommage qu'il ne savait pas que la nourriture et elle, c'était un couple houleux, se détestant... et s'aimant à la fois.

Richard était tout ce que tu souhaitais d'un homme : il t'aimait, du moins, il semblait être fou de toi. Il t'accompagnait à la moindre de tes sorties, et il était prêt à t'offrir tout ce que tu désirais. Il te combla d'un bonheur superficiel, dont tu te nourris comme un charognard. Le luxe ! Qu'est-ce que tu demandais de plus ? Le luxe d'être aimée, le luxe d'être comblée. Toutes ces connes un peu grasses t'enviaient tant que de ça aussi, tu t'en repaissais. Tu comprends quelle personne était Tallulah ?

La narratrice s'arrête l'espèce de quelques secondes, posant son regard d'aigle sur sa jeune invitée. Devant la fenêtre, elle se tient droite, et embrasse sa cigarette. Elle se retourne vers la demoiselle, elle la toise de haut en bas, et elle remue les épaules. Elle se rend jusqu'à la table, où la fille est assise. Elle saupoudre de la cendre au-dessus de son verre vide. Puis, elle reprend de sa voix rauque :

Tallulah pensait être heureuse ; ce qui est très différent de l'être. Elle se complaisait dans sa petite vie, décidant de quitter le monde du spectacle pour Richard. Elle connaissait des nuits chaudes à ses côtés, elle s'abreuvait de lui, assoiffée de son amour. Peut-être qu'au fond, elle n'était pas si amoureuse de lui, et qu'elle vivait à travers l'amour de ce pauvre type. Tu vois ? Tallulah, elle était simple et complexe à la fois. Avare, elle n'avait jamais assez de passion pour Richard. Elle aimait le faux.

Peu à peu, Tallulah commença à passer des nuits seules. Richard travaillait, et il rentrait tard, un tableau qu'elle ne connaissait que trop bien. Vite, la peur s'insinua dans son cerveau, et le fragile équilibre de son existence se brisait sous la plante de ses pieds. Évidemment qu'elle se doutait de quelque chose, mais son orgueil ne pouvait pas l'admettre. On ne la trompait pas avec une autre, on lui dédiait des temples de désir et d'amour, mais... on ne la trompait pas avec une autre. Celles qui n'étaient pas elle étaient fades en comparaison, elles étaient grosses, avec des seins flasques ! Elle était la plus belle. Peu à peu, elle perdit confiance, et s'accrochait à son miroir en se plaignant qu'on lui volait. Elle lui demandait qui était la plus belle, la plus magnifique, qui méritait d'être heureuse. Son reflet ne lui répondait jamais. Il ne faisait que lui renvoyer son angoisse. Et devant Richard, elle faisait comme si tout allait bien. Elle souriait.

Un soir, ce sourire disparut.

Richard était rentré tard, comme d'habitude, mais elle l'avait attendu cette fois-ci. Assise sur le fauteuil, un verre de Gin à la main, et une cigarette en bouche, elle l'observa allumer la lampe. Il sursauta en croisant son regard d'aigle. Elle ne s'était pas défaite de son maquillage et de ses vêtements. Après un moment où son visage marqua la surprise, la peur, puis la douceur, Richard salua Tallulah. Il évitait ses yeux, comme s'il savait qu'elle pourrait le tuer d'un simple battement de cil. Parce que la morsure de Tallulah était un véritable poison. La jeune femme se releva, elle remarqua qu'à cet instant, il plaqua le col de sa chemise contre son cou. D'un mouvement de hanche, elle se posta devant lui, et lui cracha la fumée de sa cigarette. Elle but une gorgée de Gin, puis en coinçant son bâton de nicotine entre ses dents, elle examina la trace de rouge à lèvres qu'il tentait de lui dissimuler.

Ainsi se termina l'histoire de Tallulah. La dernière chose qu'elle apprit avant de disparaître, c'était qu'un mégot de cigarette brûlait méchamment la peau, et que ça laissait des cicatrices affreuses. Tant pis pour ce connard. Il l'avait mérité.

Je vais maintenant te raconter l'histoire de Morticia.

Morticia avait vingt-cinq ans, lorsqu'elle est brusquement devenue veuve. Son mari l'avait abandonnée pour la mort, et elle s'était retrouvée seule dans un immense manoir. Morticia... adorait le noir. Le noir, ça faisait partie d'elle, de la même manière que sa peau. Elle était blanche comme de la craie, elle avait le front haut et les sourcils en forme d'accent circonflexe. Mais elle était toujours habillée de noir. Elle ne se sentait sereine que dans cette couleur, portant le deuil de son amour perdu. Avec l'âge, elle avait arrêté de faire confiance aux autres, et c'était pour cette raison qu'elle maniait la langue du serpent. Morticia était vive et aigrie, s'enfermant dans ce petit univers morbide. Elle ne supportait pas la compagnie, et elle passait le plus clair de son temps à s'occuper en dessinant. C'était une grande femme, dans les deux sens du terme : juchée sur de hauts talons noirs, elle relevait toujours le menton pour examiner les insectes rampant à ses pieds. Elle ne se donnait pas. Plusieurs hommes venaient lui rendre visite dans la semaine, mais à chaque fois, Morticia leur offrait que son mépris. Le tout lorsqu'on est méchante avec autrui, ma chérie, c'est de le faire avec classe, vois-tu. Et Morticia avait de la classe. Un minuscule sourire au coin, un (très) léger haussement de sourcil, et un petit sarcasme jeté sur le ton de la plaisanterie. Morticia éloignait les autres d'elle, touchant directement leurs points faibles. La solitude lui avait appris à regarder dans le coeur des hommes, et ce qu'elle y voyait la dégoûtait tant qu'elle les piétinait.

Morticia, c'était la veuve en Noir. Une tarentule au teint blafard qui attendait le bon moment pour sauter sur sa proie. Et sa proie favorite, c'était les jeunes filles en fleur, encore naïves, et rêvant au Prince Charmant. Tous les vendredis, elle les recevait chez elle, et elle se transformait en confidente. Elle tenait un petit salon de dessin, où elle observait le talent des unes, et la fadeur des autres. Mais Morticia était une femme très exigeante, méprisant la médiocrité, et plus d'une fois, elle avait mis dehors une élève trop empotée. C'était les seuls instants où elle acceptait la présence des autres, et passivement, elle se nourrissait de la beauté de ses jeunes amies. Elle leur enviait toutes cette fraîcheur, ces rêves et ces illusions ; elle prenait son pied en les détruisant. Cha-t-on, Morticia aurait été une mère affreuse, et c'était une chose qui avait failli arriver. Mais pour rien au monde Morticia aurait accepté de prendre des kilos en trop pour porter un chiard, qui ferait que chialer et chier à longueur de temps. Elle l'avait crevé dans son ventre, directement dans l'oeuf, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Et pourtant ! Ces petites idiotes se réunissant dans sa toile, elle les aimait. Elle les aimait parce qu'elle les détruisait.

Morticia lécha sa lèvre inférieure, ses longs cheveux noirs glissaient sur ses épaules, et une mèche s'était glissée entre le creux de sa poitrine. Elle était penchée derrière l'épaule d'une jolie adolescente. Elle était d'ailleurs son opposée. Dans son petit salon, elle était une tache colorée de bonheur et de simplicité. Elle était blonde, et elle portait du blanc. Morticia était dans son ombre, tel un rapace, elle observait sa nuque vierge de toutes marques, et elle se redressa légèrement pour contempler le coin de ses yeux sans rides. Lorsque la douce enfant la regarda, la femme sourit, et elle planta férocement son ongle sur sa feuille. Sa proie sursauta, mais elle n'osa pas lui dire que sa présence l'écrasait. C'était dû en partie à son parfum ; les peaux de brune, ça boit facilement les fragrances, alors elle en mettait à outrance. L'odeur de Morticia était si singulière qu'elle pouvait écoeurer ; elle était forte. L'enfant éternua, Morticia s'écarta en lui accordant un haussement de sourcil condescendant. Elle s'éloigna alors pour se diriger vers une autre proie. Un bras sous la poitrine, elle soutenait son coude avec sa main ;  coincée entre son index et son majeur, sa cigarette fumait. Droite, elle regarda son petit monde de vierges. Son ventre était trop creux, et sans hanches trop larges ; Morticia n'était pas parfaite, et c'était ce qui l'énervait le plus. Surtout lorsqu'elle observait des enfants pareilles, figées dans leurs innocentes beautés. Elle luttait pour ne pas les briser trop vite. Morticia était cruelle, mon coeur, si cruelle qu'elle allait mourir seule dans son manoir. Elle se mentait souvent, aussi, persuadée qu'une fin comme ça lui suffirait. Même si ce n'était pas « elle ». Morticia comptait entraîner avec elle toutes ces jeunes putes. Ces salopes qui n'avaient pas de rides, et qui attisaient le désir des hommes. Elle allait profaner leurs corps. C'est ça une veuve noire, cha-t-on.

« Que pensez-vous de ça... Dame Morticia ? »

L'ange blond lui offrit un doux sourire. Morticia résista à l'envie de lui enfoncer sa cigarette dans l'oeil. Elle prit le dessin qu'elle lui tendit, puis elle l'inspecta longuement en silence. Les proportions étaient bonnes, le choix des ombres aussi... mais... Morticia souffla du nez, elle posa le dessin sur la table, et elle se pencha. Sa taille était marquée, comme si elle était une femme-sablier aux hanches trop larges. Elle prit sa cigarette, et elle écrasa son mégot sur la feuille. Son ange poussa une exclamation de surprise. Morticia lui accorda un regard crédule, avant de redevenir aussi froide que de la pierre.Je te l'ai ma belle, heureusement que cette femme avait avorté, c'était un monstre d'orgueil. Elle prit soin de laisser de grosses traces grises sur la feuille, se réjouissant même de la voir brûler, et elle la rendit à ce petit ange infect. Elle remit sa cigarette en bouche, puis elle pivota en faisant rouler ses fesses.

« Pourquoi avez-vous fait ça ? »

Morticia pouvait compter le nombre de fois, où on avait osé hausser la voix sur elle. Elles étaient seules ; les autres étaient rentrées chez elle, fuyant le regard mauvais de la veuve noire. Morticia se contenta de hausser les sourcils — c'était la seule expression avec laquelle on la connaissait —, et elle attendit la suite. Elle était ravie de voir cet ange blond courroucée, révoltée par son mépris. Bientôt, Morticia se débrouillerait pour la dégoûter d'elle-même. C'était simple : en l'étudiant assez bien, elle était persuadée de lui trouver des défauts. Déjà... elle n'avait pas de jolis seins. Du moins, c'était ce qu'elle songeait ; une petite poitrine était pour elle le comble d'une fille sans atouts ! Les seins, c'est ce qui plait le plus aux mecs, darling. Si t'en as pas, essaye de foutre tes bourrelets dans ton bonnet de soutien-gorge, et vois si tu ressembles à quelque chose. C'était à ça que Morticia pensait, cherchant tout un tas de sarcasmes qu'elle pourrait lui jeter. Mais en attendant, elle se contenait d'un faible sourire.

« C'était méchant.
— En effet, répondit-elle. »

Parce que Morticia assumait tout ce qu'elle était. Elle affirmait haut et fort qu'elle était une vamp' aigrie, violente, et mauvaise. Il n'y avait pas de réelle hypocrisie dans son coeur, peut-être un peu... mais ce qu'elle ne pouvait pas reconnaître, elle le cachait profondément. Elle l'enviait pour ses cheveux blonds qu'elle rêvait de lui arracher, pour sa fraîcheur... elle frotta ses mains, et elle continua de toiser sa fragile créature. Cette dernière mouilla ses lèvres, avec un peu de chance... Morticia parviendrait à la faire pleurer !

« Vous êtes une femme détestable, et vous finirez seule.
— Ah oui ? Au moins, je ne finirais pas grosse, avec des chiards pleins les bras, et du gras au menton. Ma belle. »

L'enfant s'offusqua ; son sourire s'agrandit, un peu. Morticia n'était pas l'être le plus expressif au monde. T'étais même une vraie tombe, l'araignée. Un sourire, c'était la seule chose qu'on parvenait à te faire décrocher. Un sourire suffisant, suivi d'un battement de cil. Mais t'avais toujours été comme ça. Cacher ses émotions, ça t'était devenu si naturel que t'avais oublié que derrière la colère et la haine, il y avait des trucs chouettes. Blesser cette pauvre conne en faisait partie. Et plus les secondes passaient, plus t'avais envie de lui arracher ses petits yeux. Elle avait tout ! Toi, ta jeunesse s'était fait mal, et tu devenais vieille. Des rides apparaissaient autour de tes lèvres, tes dents étaient devenues jaunes. Tu fumais pour oublier, tu fumais parce que sentir la crasse noircir tes poumons te donnait l'impression d'exister. La jeunesse des autres, c'était ton cancer. Alors que leurs formes s'épanouissaient, toi, tu perdais du poids, et malgré tout, ton cul était toujours aussi gros ! Ouais, Morticia était malheureuse.

Nouvelle pause. Elle soupire profondément, le regard voilé d'un souvenir pénible. Elle ne pleure pas, ce n'était pas pour elle, et puis... ça risquerait de faire couler son maquillage. Elle s'assit face à son invitée, et elle croise les jambes. Elle lui accorde un sourire complice, la peine semble avoir disparu de ses traits. Elle remonte son gant jusqu'au coude, et elle reprend :

Morticia aurait adoré être admirée par une si jolie fille. D'une certaine façon, ce qu'elle voyait, c'était elle à son âge. Et ça la mettait mal à l'aise. Elle avait un caractère fort, elle supportait mal la faiblesse. Que ce fut chez elle ou les autres. Elle était cruelle, parce qu'elle ne comprenait pas la douleur de l'adolescente. Elle pouvait concevoir qu'elle l'avait blessé, mais elle songeait que ce n'était pas si grave. Au moins, la colère lui donnait un joli teint, ça faisait rougir ses joues, et lui donnait un oeil pétillant. Elle était jolie de la sorte. Elle mordait sa lèvre inférieure. Avant ça, Morticia n'avait jamais accordé aux femmes de l'attention ; elle les avait toujours considérés comme des êtres inférieurs, trop médiocres pour qu'elle puisse leur témoigner de l'amour. Et pourtant, dans cette gamine, elle ressentait un fort désir lui brûler les tripes. Parce que c'était elle. Une autre facette d'elle-même. D'abord, elle refusa ce sentiment. Haïssant ressentir du désir pour une personne du même sexe. Ridicule. Elle ne s'abaisserait pas ça ! Son esprit nageait en pleine confusion. Elle devait l'éliminer. Cette môme. Morticia avala une bouffée de fumée qu'elle lui recracha au visage.

« Je vous déteste.
— Merci, mon ange. »

Morticia se pencha vers les lèvres de son ange, elle posa ses doigts sur sa gorge immaculée, et elle la serra doucement. Sa peau était douce, elle sentait sa chaleur sous son pouce. Le noir se fondit dans le blanc. La morsure de Morticia était un véritable poison, et elle écrasa dans ses serres cette jeune beauté encore fraîche. Sa cigarette laissait échapper une épaisse fumée grise au-dessus d'elles, tandis que son corps écrabouillait le sien. Son parfum était suffocant, même pour elle. Elle n'en ferait qu'une bouchée. Tant pis pour cette sombre idiote, elle allait la faire sienne. Elle allait lui voler sa beauté, et s'en nourrir. Peut-être reprendrait-elle ses formes de vingt ans ?

Voici la fin de Morticia. Elle comprit qu'il n'y avait pas de remède pour la beauté ; le temps faisait son travail, et elle ne pouvait pas se dérober à sa force. C'était un poison, la dévorant depuis l'intérieur. Les vierges étaient sa tumeur, et face à ça, elle dut accepter qu'elle ne pourrait rien faire. Maintenant, je vais parler de...

Cruella soupire. Elle s'arrête encore une fois, et elle se replace sur sa chaise. Elle observe la gamine face à elle, sans mépris, sans admiration, elle juge plutôt la façon dont elle s'habille. Elle semble hésiter, comme si une part d'elle voulait garder prisonnière l'histoire qu'elle s'apprête à raconter. Et pourtant, il le faut. Elle a un faible sourire.

Celle-là... longtemps l'on l'a nommée « Crève-la ». Cette femme, c'était un véritable enfer pour les autres. Le diable dans le corps, l'âme au bord des lèvres qu'elle voulait vomir, comme elle se faisait vomir ses repas. Du genre grande et très mince, avec des hanches en forme de X, capable de percer la poitrine d'un type comme la lame d'un poignard. Même Satan avait peur d'elle, tant elle était féroce, débauchée, vieille. Crève-là était haïe par son entourage, car elle crachait tout haut ce qu'on préférait se cacher. Elle avalait cachetons sur cachetons, espérant ne plus ressembler à un thon avec ça. À force, elle se transforma en sardine, et elle puait l'alcool et le tabac. Crève-la, c'était un peu... toutes les femmes d'une époque, un squelette de vamp' et de vierge. Ché-rie... ne me regarde pas de la sorte. Je ne sais pas si Crève-là a déjà été heureuse dans sa vie, mais elle tentait de l'être. Elle s'entourait de personnes talentueuses, frottait son corps maigre contre des épaisses fourrures qu'elle arrachait à des espèces en voie de disparition. Crève-là avait du goût, elle prévoyait ce que la mode serait. Un mot de sa part, on l'employait comme nouvelle formule. Même « merde » ça sonnait chic dans sa bouche, c'est pour dire. Il restait sur sa face poudrée et froissée le simulacre de sa jeunesse, un sourire carnassier et enjôleur. Elle adorait les jolies filles, elle adorait les habiller, et au fond, elle était triste de ne plus porter ce qu'elle choisissait pour elle. Un petit haut laissant voir son nombril, ça n'était pas pour son âge. Crève-là avait quarante-cinq ans. Quarante-cinq ans passés à attendre, à voir sa beauté dépérir de jour en jour. Elle ne supportait pas qu'on lui rappelle.

Crève-là... c'était un cerveau. Une ruche de pensées, toujours avant-gardiste, lisant l'avenir dans les tissus, et dans les doigts piqués par une aiguille. Elle était la tête d'une entreprise qu'elle maniait d'une main de fer rangée dans un gant de velours rouge. Elle adorait le noir et le carmin. Le blanc aussi... elle trouvait que ça ajoutait du chien à son style. Des cheveux blancs, et noirs, caressant sa mâchoire carrée, et mettant en valeur son oeil transperçant. Crève-là... c'était une créature des enfers. Une Éve brune bien habillée, toujours classe, et ne faisant jamais de compliment. On la détestait, mais on était obligé de la suivre ; c'était elle, qui créait la place dans le monde. Son entreprise c'était la mode, et elle habillait les réputations de jolis mots ou de condescendance. Difficile de rentrer dans son cercle, difficile d'en sortir. Mais une fois qu'elle avait posé sa griffe sur une épaule, elle l'a marqué de son seau ; on appartenait à Crève-là jusqu'à la mort. T'imagines ce que ça fait d'obéir à un démon pareil ? Ça te promet des heures de souffrances, une voix rauque mettant en valeur tout ce que tu as de plus honteux. Rentre-moi ce ventre ! Ce n'est pas comme ça que se porte un corset. Crève-là était riche, Crève-là avait un superbe bureau, mais Crève-là avait toujours froid. C'était pour cette raison qu'elle s'enroulait dans des épaisses fourrures. Si on avait une jolie peau, un poil soyeux et épais... on devenait la victime de ses excentricités, et on se retrouvait en train de recouvrir son corps anguleux. Alors Crève-là soupirait d'aise en remuant le bassin, et en croisant les jambes.

« Anita, chérie... fais-moi voir ce que tu es en train de faire...
— Mais... je... »

Crève-là offrit un sourire doux à la jeune femme, avant de lui arracher des mains le croquis. Elle haussa ses fins sourcils noirs, elle engouffra sa cigarette dans la bouche, et elle se retourna vers une table. Son regard parcourra les courbes de la robe, dans laquelle Anita l'avait choisie. Une robe mouchetée, élégante, serrant son ventre creux, et rembourrant sa poitrine flasque. Le coin supérieur de sa lèvre se retroussa, elle retira son bâton de nicotine, et elle papillonna des paupières. Elle épousseta les cendres au-dessus du verre d'Anita, puis elle se permit de prendre un crayon. Elle fourra dans la main de son employée la cigarette, et elle se mit à faire des changements. Elle ajouta un manteau à la robe, tombant sur le sol qu'elle noircit. Du blanc et du noir. Elle prit un crayon rouge, elle intensifia la couleur sur sa bouche, et se redressa. Un long silence s'installa, tandis qu'Anita comparait son ancien dessin à ce que Crève-là en avait fait. Avec sourire, sa patronne reprit sa cigarette, et fixa la photo d'un chiot blanc moucheté de noir posé à côté de la boîte à crayon. Elle comprenait mieux l'inspiration de son petit ange blond.

« Parfait chérie. »

Crève-là se retourna alors d'un balancement de hanche, et elle disparut derrière la porte. Dans l'atelier, on ne pouvait entendre que ses talons claquer sur le sol, comme un glas sonnant la mort. Elle adorait le rouge, le noir, et le blanc. Et elle avait trouvé là quelque chose de particulièrement excitant : une tenue donnant les trois. Blanc et noir se fonderaient sur son corps décharné, accompagné du sang de ses pauvres victimes. Elle n'avait pas de morale ; la culpabilité, ce n'était pas pour elle. Une vamp', cette Crève-là. Une vamp' froide et seule. Mais qui s'en soucierait ? Elle était seule ici bas. Toujours seule. Toujours déçurent des autres, mais elle espérait qu'Anita ne la quitterait pas. C'était une tendre enfant, si pure et si simple ! Personne n'avait intérêt à la lui arracher.

Mais comme tu t'y attends mon coeur, le destin se moqua de ses désirs. Le destin, c'est une plaisanterie derrière laquelle les humains se cachent. Ils sont incapables d'avouer qui leur ait tombé dessus, parce qu'ils n'ont rien fait pour l'empêcher de faire ça. C'est ce qui arriva à Crève-là. Elle aurait aimé protéger Anita, l'enfermer dans une cage, et la surveille pour que personne ne vienne la lui voler. Mais un seul petit con arriviste perturba leur avenir. À elles. À toutes les deux. Mariée, enceinte, Anita se déroba de son emprise. Esseulée, Crève la rentra dans une rage folle. On venait de lui arracher un trésor ! Un bijou qui parfois, lui donnait un peu de chaleur. Les hommes lui prenaient tout. Furieuse, elle se promit de tout détruire, de faire de la peau de cet homme un magnifique sac à main. Anita n'était pas assez jolie pour qu'elle lui envie sa jeunesse, mais Anita avait un véritable talent que ce petit con allait maculer. Ses mains se refermèrnt en poing, la bouteille de Gin vola contre le mur en se brisant. Un voile de tabac l'entourait, tandis qu'elle observait le paysage derrière la vitre de son bureau. Sans Anita, Crève-là perdait son inspiration. Elle ne serait plus la voyante de la mode.

Cruella s'arrête encore. Elle souffle la fumée sur le visage de son interlocutrice. Les coudes sur la table, elle lui grogne :

« Tu devrais ramener ces mèches qui pendouillent, elles sont abîmées, et ça cache ton visage. Je n'aime pas les sac à patates. »

Son invitée s'exécute, maladroitement. Cruella soupire, elle écrase sa cigarette dans le cendrier, et elle se faufile derrière elle. Elle l'oblige à basculer la tête en arrière, et s'occupe de ses cheveux. Sans douceur, fermement, en lui tapotant la joue si elle se plaint. Tout en exécutant son travail, elle poursuit :


Aah... Crève-là... jamais tu ne pourras reconnaître que t'étais tombée amoureuse de cette gamine. L'autre con te l'a volé. Les hommes t'ont toujours tout volé. Lorsqu'elle t'avait annoncé qu'elle était enceinte, tu avais souri, et tu avais lâché « toutes mes condoléances », avant de lui tourner le dos. Si elle s'éloignait de toi, tu allais lui prendre ce qu'elle avait de plus précieux. Pas l'enfant ! Tu détestais les enfants. Ces petites choses... t'avais juste envie de leur écraser leurs têtes bombées contre le mur, jusqu'à ce qu'ils cessent de pleurer. La peau de bébé était certes si douce... si douce... que parfois, tu te surprenais à imaginer te confectionner un nouveau visage avec. Quelle femme pitoyable, tu ne trouves pas ?

Mais... le public n'apprécie pas les histoires se finissant mal. Du moins, il préfère qu'on lui mente mon chaton. Crève-là devint obsédée par une seule idée : à défaut de posséder Anita, elle lui arracherait les chiots que sa chienne portait, et elle s'en couvrirait le dos avec. Une entreprise ardue, mais elle se pouvait le permettre ; elle avait l'argent pour ça. Dans un état de fièvre, poussée par son excentricité, elle mit son plan en place. Impatiente, elle se regardait tous les jours dans le miroir, inspectant ses rides apparentes, ses hanches minces, et sa petite poitrine. Décoré de noir et de blanc, son corps redeviendrait magnifique. Elle était lasse d'offrir à ses protégées des tenues incroyables, lasse d'insuffler à leur beauté un souffle nouveau et plus puissant. Elle voulait redevenir jeune, elle voulait avoir chaud, et s'entourer d'un nouveau genre. La fourrure ne serait bientôt plus de mode, tant pis ! Elle allait se débrouiller pour que ça revienne. Après tout, ce qu'on portait, ce qu'on disait, c'était elle qui le décidait. Crève-là parvint à ses fins. Évidemment ma belle ! Tu crois qu'on arrête une femme pareille ? Ne me fais pas rire ! Rien ne pouvait l'arrêter dans son ambition. Mais pour faire plaisir au public, pour ne pas heurter les bonnes moeurs, on gribouilla une fin différente, plus plaisante... où la méchante ne gagnait pas à la fin. Dans ce superbe manteau, Crève-là s'aimait. Elle remuait les épaules, appréciant sentir la fourrure caresser sa peau. Qu'elle était magnifique dedans ! Ses formes paraissaient plus pleines, sa peau moins grise, et ridée. C'était ça la beauté du blanc et du noir ! Le rouge n'était là que pour supporter tout ceci... comblant ses veines de chaleur, remuant son coeur, et se déversant en elle comme un délicieux breuvage. Qu'ils tentent de l'arrêter ! Elle était puissante. Et le diable en personne la craignait.

« Mais Crève-là ! Merde ! Qu'est-ce que t'attends ? »

Crève la sourit. Les bras croisés sur son buste, elle observa les deux hommes la menaçant. Les hommes, ça faisait longtemps qu'elle ne les craignait plus. Jasper pointait sur elle un revolver, la main tremblante, et le regard humide. Un môme ! On aurait dit qu'il était sur le point de chialer. Si drôle. La cigarette en bouche, Crève-là se servit un verre de Gin, et elle les ignora. De quoi aurait-il peur ? De rien. Jasper ne lui ferait rien. Personne n'avait assez de pouvoir pour l'entraver. Elle but une gorgée de Gin, elle s'avança alors vers les deux hommes. Jasper puait la peur, elle espérait qu'il n'avait pas taché son plancher avec sa pisse. Quand elle arriva à leur hauteur, Jasper lui attrapa les épaules, et lorsque Crève-là se retourna, elle lui balança :

« Ne me touche pas.
— Vous êtes une criminelle. Madame.
— Je t'ai payé, tu n'es pas mieux que moi.
— Mais je regrette à présent. »

Crève-là éclata d'un grand rire. Il résonna contre les murs, vrilla les tympans de ces deux agresseurs. Elle lècha sa lèvre inférieure, et elle se dirigea vers la porte.

Un coup de feu retentit. On entendit une bouteille se briser, et un cri.

Soupire.

Cruella retient un bâillement. Elle essuie le dessous de son oeil avec son pouce, et elle inspecte son gant rouge taché de vert. Elle a terminé de coiffer son invitée, et elle pense être arrivée à quelque chose de correct. La fille n'est pas jolie, elle ne peut pas arriver à un véritable miracle, mais elle peut l'imiter. La femme reprend sa place, et les coudes sur la table, elle pose son menton sur le dos de ses mains reliées. Elle juge la jeune fille de son oeil perçant, puis elle fait :

« Voilà, c'est tout.
— C'est tout ? Murmure son interlocutrice.
— Chérie, qu'est-ce que voudrais savoir de plus ? Ces femmes... elles se sont perdues toutes seules, sans l'aide de personne. Mais c'étaient des vraies femmes. Avec une personnalité, et de l'ardeur. Ce que tu ne seras jamais. Tu vois ? Tu es toute fade, tu manques de caractère.
— Vous êtes cruelle ! Se défend-elle.
— Oh... mon coeur, as-tu oublié comment je m'appelle ? »

Sa jeune invitée hausse les épaules. Cruella se relève, elle prend une tasse de thé entre ses serres, et en avale une gorgée.

« C'est fini, je n'ai plus rien à dire. Tout ce que tu vois ici est issu de ces histoires. »

Elle désigne ses créations, diverses robes qu'habillent des mannequins, de superbes chapeaux... mais dans tout ça, il y a une touche d'originalité. Ce n'est pas « juste beau », c'est marquant, inoubliable. Comme la grande femme dressée sur ses talons hauts. Elle est unique, et elle le sait.

« Et comment avez-vous... fini par devenir passeur ? »

Cruella hausse les épaules. Elle observe une poussière sur sa robe qu'elle dégage d'un brusque geste de la main. Elle se cale dans son manteau de fourrure ; pour rien au monde, elle ne s'en séparerait. Elle continua de toiser la jeune fille, elle devina la taille de ses seins, ainsi que celle de ses chaussures. Pensive, elle prend une feuille et un crayon, elle commence à gribouiller l'idée d'une robe. Elle s'inspire de la demoiselle, elle la fixe, et tout en continuant, elle ajoute :

« C'est une bête histoire. »

Une bête histoire ? Pas réellement. Elle mouille ses lèvres, puis un nouveau récit commence :


Eh bien... ma chérie. Je pourrais continuer longtemps. Mais les souvenirs sont un peu troubles. Je suis sortie de l'histoire. J'en ai été éjectée sans pouvoir faire quelque chose, car j'avais fini le rôle qu'on m'y avait donné. Tu vois, ce n'est pas plus compliqué que ça. Tu crois que j'ai un peu plus de consistances que ça ? Regarde un peu ! Je n'ai plus de graisse, plus assez pour avoir un joli corps. Ne rêve pas trop, ma grande, je suis telle que je l'apparais. Mais ce n'est pas grave, tu vas me donner ta force. Tu seras ravie, j'en suis certaine. Mais je vais te faire plaisir, je vais poursuivre cette histoire, et ne t'en fais pas, tu verras la fin.

Je suis une créature de Wonderland. C'est aussi simple que ça. Pendant un moment, j'ai erré dans ces contrées. Ce monde est tellement absurde que ça me fait rire. J'ai vu pas mal de choses, et j'ai rencontré un certain nombre de cons. Quoi ? Je juge en permanence ? Et alors ? Grâce à ça, je ne suis pas une personne fade. Et puis, reconnais qu'on est tous un jour ou l'autre tentés d'être une langue de vipère. Moi, je l'assume, et c'est tout. Je suis donc sortie de l'Histoire. Mon manteau de fourrure sur le dos, mes chaussures à talons à la main, et ma cigarette en bouche. J'ai été triste de rencontrer cet univers ; le mien venait de brusquement me fermer les portes. Je ne parlerais pas de mon créateur, car si je le croise, crois-moi... je vais lui faire passer un mauvais moment. Et de toute façon, je suis naturellement indépendante. Je ne cherche pas de raison à mon existence, je contente de la vivre, et c'est tout. Tout mon passé me manquait, tu vois ? Adieu la mode, adieu les parfums hors de prix, et bonjour les senteurs de thé ! J'ai erré avec mon âme en poche, brûlant d'un mégot de cigarette les abrutis tentant de me rallier à leur cause. On ne donne pas d'ordre à Cruella, chérie, c'est Cruella qui donne les ordres.

Comment j'ai rencontré le Chapelier ? Tu parles duquel ? Oh... qu'importe. Je ne sais plus lequel m'a invité à entrer dans sa maison. Je ne sais même plus si ce n'est pas moi, qui m'y suis invité. Je m'y suis retrouvé, dans cet endroit puant le mauvais goût — non mais... tu as vu comme il s'habille celui-là ? — et le thé. Le thé... disons que j'ai commencé à y prendre goût lorsque j'y versais un peu de Gin dedans, ça l'épice... si tu veux mon avis. Je me suis faite à cet endroit, je m'y suis même plu au final, et c'est pour cette unique raison que je suis ici. Oui, mes propos sont totalement confus ; mes souvenirs se perdent, je me fais vieille. La Victime de la Mode Endommagée m'a alors proposé d'être... Passeur. Un stupide concours de circonstances. J'ai dit que je m'ennuyais et qu'ici, je n'avais rien à faire, alors il m'a lancé que j'avais la tête de la mort. À cause de mes pommettes saillantes, je crois, de mes joues creuses, et de mes côtes apparentes. Je lui ai ri au nez, mais j'ai accepté. Passeur ? Ça consiste en quoi ? J'accompagne les minables morts, et je les emmène dans ce Royaume de taré pour en faire des esclaves ? Quoi ? C'est injuste de dire ça ? Eh ! Si tu savais ce que j'ai pu voir... des morts stupides, des suicides, des âmes en peine. « Oulala... papa me violait, je suis une pauvre chose triste ! » Eh mon grand, dis-toi qu'au moins, ton père, il t'a aimé, et que des petits garçons t'envient pour ça. Tellement ennuyeux ! Mais au moins, je peux critiquer tout ce que je vois. Il y a tellement d'humains pathétiques...

Qu'ils cessent de pleurer, voyons, ça abîme leurs yeux ! Enfin... de toute façon, ils sont déjà assez laids. Ce n'est pas ça qui les rendra plus beaux.

Wonderland, c'est mon nouveau terrain de jeu. Ah ! Mon pouvoir... un pouvoir délicieux, vrai-ment. Je m'en suis servis sur un joli garçon qui se faisait appeler Rousseau. Tu sais... le genre d'amant timide, qui t'écris poème sur poème, qui croit crever lorsque tu l'abandonner deux minutes pour aller faire pipi. Il était amusant, il me vénérait comme il devait me vénérer. J'ai passé de bons moments avec lui, jusqu'au jour où ce con a osé m'appeler « Maman ». Merde quoi ! « Maman » ! J'ai l'air si vieille que ça ? Tu aurais dû le voir, ce pauvre type. Il est tellement pitoyable ! Comme si moi... je pouvais être mère. Ça fait un moment que j'ai passé l'âge. Rousseau, c'est moi qui l'ai trouvé dans les limbes, c'est moi qui ai récupéré son âme pour cet endroit. Je suis apparue tel un ange pour lui. Un ange qu'il osait nommer « Maman ». J'ai volé sa jeunesse, et je m'en suis allée. Sache que mon pouvoir n'est pas illimité. Il se consume, et la personne finit par reprendre sa forme d'avant. Mais pour Rousseau... disons que ç’a été long, très long. J'ai appris qu'il avait eu une fille, d'ailleurs, Émeline. Pauvre fille. J'espère qu'elle, il évitera de l'appeler « Maman ».

Tu crois que j'allais me satisfaire d'être un simple Passeur ? Le masque est trop laid à porter. Alors j'ai poursuivi ce que j'ai été. Tu te trouves en ce moment même dans le lieu de mon entreprise. Une boutique de vêtements, que je confectionne avec mes petites mains... bon... avec celles des autres, payées avec des sacs de riz, et alors quoi ? Ce n'est pas très moral ? Ma chérie, tais-toi. Je suis une femme de pouvoir, et le pouvoir... j'aime ça. Je veux retrouver mon petit univers de fourrure, de tabac, et d'alcool. Pardonne-moi de vouloir rêver un peu. Tu regrettes tes paroles désormais ? Pfff ! Tu es pitoyable. J'ai créé cette marque : De Vil. Une marque de renom. Personne ne dira le contraire. Et toi, tu vas être une pièce de plus.

Cruella se dirige vers l'invitée. Elle se penche vers elle, lui prend le menton entre ses longs doigts minces. Un sourire se cueille sur ses lèvres de pourpre ; elle ressemble à un rapace.

« Souviens-toi de moi pour toujours chérie. Je suis Cruella. Cruella d'Enfer. »

Ses lèvres se posent sur celle de sa victime.

L'espace d'un baiser, Cruella redevient Tallulah. Et Tallulah se transforme en Morticia qui... se fond dans le visage de Crève-là.

« N'oublie aucune d'entre elles. »







♦ Pseudo HRP? :Comment doit-on t'appeler?
♦ Parles nous de toi : J'aime les chatons. Sinon, voici deux chansons collant à Cruella. rigolote et l'autre plus triste
♦  Comment es-tu arrivé ici? : Je me suis perdue ._.
♦ Quelque chose à nous dire? :C'est trop bô !
♦  Avatar : Cruella par Jessica Brando
♦  Rang désiré : Fourrures et escarpins.


Dernière édition par Cruella d'Enfer le 13/4/2015, 00:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   11/4/2015, 20:19

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The immortal


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Wolverine
The immortal
Bienvenue à toi! C'est un joli début de fiche, bon courage pour la suite! J'ai hâte de découvrir son histoire!
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MessageSujet: Re: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   11/4/2015, 22:21

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Ombre


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Tout pareil, évitant le copy paste, je me contenterais de dire que ça m'intrigue et j'ai hâte de satisfaire ma curiosité !

Un gros bienvenue parmi nous !


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MessageSujet: Re: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   12/4/2015, 14:30

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Fourrures et escarpins


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Pouvoirs / Particularités :
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Origine :
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Orientation sexuelle :
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Cruella d'Enfer
Fourrures et escarpins
Merci bien, j'espère que je ne vous décevrais pas ^^'
Petite question : être passeur, c'est un pouvoir ? Une particularité ?



       
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MessageSujet: Re: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   13/4/2015, 01:35

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The immortal


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Wolverine
The immortal
C'est une race et le don du passeur est une particularité o/

Edit Ta fiche est vraiment super, j'adore l'ambiance, et ce que tu as fait du personnage il est juste magnifique! Et bon, ta plume... Elle est superbe *w*
Amuses toi bien avec ton perso!



Tu es validé!

Hell'come, te voilà officiellement membre du forum! Désormais tu ne pourras plus partir.... MUAHAHAHA!
Maintenant que tu es ici chez toi penses à recenser ton avatar et ton personnage, ton pouvoir. Aussi, tu pourras demander une maison, ou encore chercher des copains pour RP.
Et puis c'est tout, j'espère que tu te plairas parmi nous, n'hésites pas à voter sur les top-sites et à nous faire de la pub autour de toi!
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MessageSujet: Re: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   13/4/2015, 01:36

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Fourrures et escarpins


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Cruella d'Enfer
Fourrures et escarpins
Merci beaucoup <3

C'est la première fois que je joue une femme ^^' Donc on verra bien =D



       
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MessageSujet: Re: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   13/4/2015, 01:38

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The immortal


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Wolverine
The immortal
Hahaha... Comme je te comprends, j'espère que tu t'amuseras avec (en tous cas la façon dont tu l'as décrite dans l'histoire était géniale)
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MessageSujet: Re: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   13/4/2015, 10:06

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Démon primordial


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Léah
Démon primordial
Superbe fiche, je ne saurais mieux dire que Wolvi mais je pense tout pareil ! =D


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MessageSujet: Re: Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !   



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Cruella d'Enfer ou Crève-la, bon sang de bon soir !

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