Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ? [Reaper - 18 et +)




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MessageSujet: Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ? [Reaper - 18 et +)   17/6/2015, 14:42

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Isidore
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Isidore frémit. À nouveau, il avait la sensation qu'on lui avait éclaté le crâne avec un marteau, tant il avait mal, tant son esprit était confus. Il s'était relevé dans un endroit qu'il ne connaissait pas, le corps lourd telle une enclume. Ses mains étaient rouges et pleines de terre, ses vêtements crasseux, et ses genoux ensanglantés. Il s'était sûrement écroulé de fatigue, songea-t-il, à force de marcher dans cette contrée de perdition. Sa première pensée se concentra sur sa douce Alice, hélas ! Il ne savait pas quel chemin prendre pour la retrouver. Il se persuadait que leurs âmes étaient liées, et que sans elle, il lui serait impossible de trouver la rédemption. Alice. Toujours Alice. Il devait passer le reste de son existence à prendre soin d'elle. Il en avait besoin, prendre soin d'elle, c'était son moyen de se raccrocher à quelque chose. Que deviendrait-il sans elle ? Isidore ferma les yeux.

Lorsque le jeune homme les rouvrit, il était toujours dans la même posture. À genoux, les ongles encrassés de sang et de poussière, il puait... le fer ? Il palpa sa poitrine à la recherche de sa croix, et il se sentit rassuré de la retrouver. Il avait les cheveux sales, les yeux cernés, et il peinait à respirer correctement. C'était comme si à chaque fois qu'il inspirait, il sentait un couteau s'enfoncer dans sa poitrine. Peut-être qu'il était blessé ? Et que c'était la cause de tout ce sang ? Sa chemise blanche était maculée de ce liquide rouge vif, son pantalon déchiré au niveau de la cuisse, et de ses genoux. Pourtant, à part cette sensation désagréable dès qu'il respirait, il n'avait rien. Que s'était-il passé dernièrement ? Comment s'était-il retrouvé ici ? Dès qu'Isidore réfléchissait, son mal de crâne venait anéantir ses souvenirs. Il se força pourtant, il mordit sa lèvre inférieure.

Isidore plaqua sa main contre son front, il grimaça, et il émit un léger gémissement. Une femme... cela concernait une femme magnifique, presque nue, qu'il avait tenté de sauver. Et un homme mort à ses pieds... oh bon sang ! Qu'était-il arrivé à cette pauvre femme ? Il l'avait abandonné ? Non ? Il se souvenait de son regard, puis... plus rien. Il s'était réveillé dans cette forêt, près de ce lac. Pourquoi y avait-il dans son souvenir un si gros trou qu'il ne pouvait pas recoudre ? Et pourquoi tout ce sang sur lui ? Isidore grogna entre ses dents. Il toucha le tissu du bout des doigts, il souleva un peu sa chemise, afin de vérifier qu'il n'était pas blessé. Tout ce sang... n'était pas le sien.

Isidore en avait partout. Partout, partout, partout ! Sur sa potrine, sur les mains, derrière la nuque, partout. C'était comme s'il s'était baigné dans les tripes d'un cadavre ! Et plus il forçait ses souvenirs à revenir, moins il comprenait ce qu'il s'était passé « là-bas ». Il n'avait pas de chaussures, ses pieds étaient blessés, saignant, eux aussi, comme à ses genoux... mais c'était à lui, ce sang-là. Plus les secondes défilaient, plus Isidore songeait qu'il avait sans doute abandonné cette pauvre femme à ces fous, ou qu'il ne l'avait pas protégé. Il n'était jamais assez fort pour protéger les autres. Et Alice ? Non... son souffle erratique résonnait dans ses oreilles, son coeur battait vite, tandis que son esprit désespéré élaborait une théorie infâme. Isidore ferma les yeux.

Ce sang sur sa chemise et ses mains, ce n'était pas le sien. Il ne savait pas ce qui était arrivé à la femme... et si... et si... c'était lui qui l'avait tué ?

Dès que cette pensée s'imprima dans son cerveau, Isidore crut qu'un cheval dansait sur son crâne. Il poussa un ronflement de douleur, il se plia en deux. Il l'aurait tué ? Il avait déjà tué. Le Palais des Glaves le lui avait montré. Ses mains si pâles étaient celles d'un meurtrier, et d'un pêcheur. Plus son raisonnement avançait, plus il s'enfonçait dans l'illusion, et se persuadait de cette vérité. Il avait tué cette femme. Choqué, Isidore releva la tête, son regard gris et bleu s'était vidé, il était abandonné à l'horreur qu'il était. Il serra la mâchoire, il planta ses ongles dans ses tempes, et il les déchira. Il devait se punir de ce crime ! Avec son propre sang, avec sa propre chair, il ne méritait pas le Paradis ! Ses ongles creusèrent alors ses omoplates, sous sa chemise, son sang perla. Il rouvrit d'anciennes cicatrices, son dos boursouflé de plaies se tendait, tandis qu'il continuait. Des morceaux de peau sous ses ongles, Isidore apprécia cette souffrance, mais ce n'était pas assez !

Si seulement... il avait un objet tranchant sur lui. Même un morceau de bois pointu lui suffirait ! À la place, il prit un caillou aiguisé, et il cogna son flanc avec. Sa voix se déchira dans la douleur, il recommença, le sang coula sur son pantalon. Isidore refit le même geste, plusieurs fois, de plus en plus précisément. Il en fit de même sur ses bras, sur ses coudes, il égratigna tout ce qu'il pouvait égratigner. Il s'arrêta seulement, lorsqu'il sentit une présence derrière lui. Isidore lâcha la pierre, elle roula contre lui, il ne se retourna pas. Il était honteux qu'on l'ait surpris dans cet état, pourtant... poussé par un élan mystique, il souffla d'une voix enrouée :


« C'est Dieu qui vous amène sur mon chemin ? Vous êtes venu me juger ? »



« Une langue adulatrice est plus acharnée qu’une main meurtrière. »
Quand pourrais-je renaître ? ✻  Ce monde est rempli de souillure. Je suis la pire de toutes. Pardonnez-moi, Dieu, de ce que je suis. Un jour, je pourrais revenir vers vous.
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MessageSujet: Re: Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ? [Reaper - 18 et +)   29/6/2015, 11:18

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Déjan'thé


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Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ?
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Sous mes pas les feuilles se courbent, tremblent et s'enfoncent dans les entrailles du monde. Pas après pas, sur les décombres des existences éteintes mon errance je poursuis, la vie je détruis. Pas un regard pour ceux qui n'entendront plus le chant des oiseaux, pas un souffle pour les bercer. Je foule de mes semelles usées la vie, mais à chaque fois, elle se dérobe à mon toucher, de la Mort l'existence n'est qu'une éternelle errance. Muse noire qui pour une inspiration condamne les jours à l'extinction. Je suis le glas qui annonce l'hiver, le froid qui tranche, qui glace les cœurs, d'une douce horreur. Je reste pourtant l'un des plus grands damnés, obligé à observer la beauté sans jamais pouvoir la posséder, condamné à détruire tout ce que j'aurais l'audace de contempler de trop près.
Le bonheur m'échappe et pourtant sans moi il ne saurait exister... Sans cette épée maudite trônant au-dessus de leurs têtes, qui les accule et les pousse les uns vers les autres, les unissant dans leur mortalité, comment pourraient-ils se réjouir de chaque lendemain qui vient, sans jamais douter de sa venue ? Comment savourer la réussite lorsque personne n'échoue ? Je suis le mal indispensable ... Fidèle compagne et amante volage à la fois. Je suis le regard pesant sur le dos de l'humanité, celui qui fait oublier les futilités. Je suis la main aimante qui depuis la naissance apaise leurs tourments berçant leur existence de pensées nihilistes, celles qui dégourdissent l'esprit et les envies. Celui qui ne peut avoir ce qu'il veut.

Je suis le moteur du monde, le clown triste de ce cirque étrange qu'est l'existence... Je suis solitude. À être la seule valeur sûre dans un univers dément, on finit aigri et amer, on pourrit d'en dedans, on devient une gangrène et ça se finit en génocide, on chante le memento mori, le glas de la fin du monde. Un souffle blanc quitte mes lèvres, mon corps sans chaleur appelle celle du monde, la vole et la dévore, calme ses ardeurs. Les branches craquent, se flétrissent sur mon passage, les fleurs perdent leur couleur et les fruits, leur saveur, la nature se meurt sous mon pinceau, elle se fige dans une lente agonie. De mon passage ne reste qu'une traînée de cendres, simples souvenirs d'existences.
Je porte la croix la plus lourde qu'il soit, bouc émissaire d'un Seigneur qui ne peut être haït, l'enfant batârd de la vie, patricide malgré lui. Le vent souffle et mère nature pleure, malgré son indicible souffrance, je le sens, ça n'est pas pour elle qu'elle pleure, elle me plaint, comme tous ceux qui avant elle ont eut le malheur de croiser ma route. Je suis le briseur de sablier, le voleur de temps... Et pourtant celui passé à leurs côtés viendra toujours à me manquer. Le vent souffle et mère nature pleure, malgré son indicible souffrance, je le sens, ça n'est pas pour elle qu'elle pleure, elle me plaint, comme tous ceux qui avant elle ont eut le malheur de croiser ma route. De toutes mes vies, je n'ai jamais été rien de plus qu'un outil.

C'est un cri familier qui vient fendre la triste mascarade qui prend place sur le tapis noir qui se déroule sous mes pieds. La souffrance humaine, celle qui n'a pas son pareil, leur conscience en guise de sel sur leurs plaies. Les cordes vocales tremblent et me supplient de mettre fin à leur agonie, elles dévorent les autres sons, m'envahissent et bien vite, il ne reste plus que ce sont extatique et dément qui résonne dans ma boîte crânienne. D'un pas lent et maîtrisé, je me détourne du cycle éternel, pour rencontrer l'insolite humanité, celle qui me trouble et qui m'échappe toujours, celle qui m'aime et parfois me méprise, l'immonde inconstance qui n'est constante que dans la fatalité de nos rencontres, cette étrange amante qui n'est jamais tout à fait la même et qui se plaît à surprendre.
Ma faux posée sur mon épaule, mon bras à l'ossature noueuse s'y enroulant comme un serpent. Un pas après l'autre, mes pieds martèlent la vie de leur éreintante présence. C'est à quelques pas d'un dévot que la mort s'arrête, comme un démon en terre sainte, mais même le Seigneur ne saurait arrêter la machine qu'il a actionnée. La chaire se fend dans une culpabilité véhémente, se fait haillons et le voilà qui trace les sillons de son humanité distordue. J'observe fasciné cette toile dont je ne suis l'auteur, mais que je viendrais achever, je la découvre, la couvre d'intérêt, la couve d'un regard intrigué pour mieux la compléter dans son inexorable apothéose de chair qui se décompose, la fin d'une existence morose.

Le vent souffle doucement dans les feuillages, soulevant mes fils de soie blanchie, voile mortuaire annonciateur de la fin d'une vie. Des rais de lumière filtrent et dansent sur la silhouette du condamné baignant dans ses humeurs et celles d'une vie volée. Une toile immaculée souillée, un macabre baptême qui ne m'a pas attendu pour débuter. Sa cage d'os s'élève et s'abaisse dans la chaotique rythmique de l'agitation et il t'offre sa voix gorgée d'espoir mystique. Le voilà qui me parle du Divin, de la divine cruauté, celle qui juge sans pitié dans sa superbe. Dieu. Le Créateur sans bannière que les hommes n'ont de cesse de matérialiser dans l'espoir vain d'attirer ses faveurs. Celui auquel je ne peux te refuser, mon bourreau, ma raison d'exister, celle qui m'empêche d'accéder à la douce délivrance qu'il m'oblige à offrir et à contempler. Un large sourire vient fendre mon visage alors que tu t'avances qu'un pas feutré vers le tendre agneau s'offrant à l'échafaud.
Ma main meurtrière vient s'emparer de sa joue, la marquant de flétrissures, creusant sa peau de pourriture. L'astre divin vient embrasser ma faux, l'auréolant de lumière. Mon regard de sang caresse les sillons noircis se dessinant sous l'épiderme du jeune homme, comme une fleur qui s'épanouit. Pas un mot, pas un soupir, juste le souffle froid de la nature qui s'extasie à l'idée de retrouver ce qui est sien. Même les oiseaux n'osent chanter, pas un son, comme si la terre étouffait déjà les sens dans un funeste présage. Une toile immaculée souillée, un macabre baptême qui ne m'a pas attendu pour débuter. Juste mon obscurité qui déteint sur le plus jeune et s'écoule pernicieusement dans ses veines.

- Tu n'as point attendu le juge pour prononcer la sentence...

C'est un murmure, profond et rauque qui gronde dans ma gorge, une voix d'outre-tombe, de celles qui font frémir les os et qui glacent le sang. Ma main glisse le long de son cou jusqu'à la croix reposant sur le coeur du plus jeune.

- Tu portes son signe mais trahit son autorité... Tu t'agenouilles devant lui et manques à ton devoir... Dévot, te penses-tu digne de le ta croix ? A présent, confesse tes péchés pour que tu puisses être jugé.

C'est plus fort que moi, la culpabilité et la dévotion sont des choses inhérentes à l'humanité, fascinantes curiosités. Qu'elle absurde idée que celle de mériter un fardeau. C'est une alchimie si étrange et aux résultats si improbables que je me prend toujours au jeu, les marionnettes du très hauts sont des plus amusantes...


Désolé, c'est vraiment moisit, j'ai du mal à me remettre dans le bain x.X
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MessageSujet: Re: Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ? [Reaper - 18 et +)   8/7/2015, 18:34

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Isidore
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Isidore sentit le contact désagréable de l'homme — ? — face à lui. Un frisson traversa tout son corps, son regard se fixa dans le sien, il cherchait son aide. Et pourtant, ses doigts collés à sa joue, attaquant sa chair, l'écoeuraient. Le dévot avait toujours détesté le contact des autres, il craignait d'être sali davantage. Ou que sa propre pourriture ne les accable. Il ne savait pas exactement ce qu'était l'homme face à lui, s'il était vraiment un homme, ou s'il était une entité à part entière. Isidore effleura ses doigts, mais sa main retomba contre lui ; il tourna finalement la tête sur le côté. Non. Il détestait ça ! Il détestait être touché ! Le souvenir dans le Palais des Glaves lui revenait, violemment. Non ! Il était souillé... et sa caresse ne faisait qu'accentuer cela. Il était répugné. À la fois par l'entité, et par lui-même. Il se dégagea, apeuré, et il colla sa paume sur sa joue. Que lui arrivait-il ? Toutefois, Isidore se confondit en excuse ; la politesse toujours, ses manières de petit garçon sage et obéissant. Il plissa les yeux, il ravala l'écoeurement qui lui prenait la gorge. Il tremblait. Était-ce vraiment un envoyé de Dieu ? Ou encore une macabre machination de ce territoire ? Il ne savait plus. Il voulait voir Alice.

Isidore n'affronta pas le regard de Grim Reaper, il se sentait vidé de son énergie en sa présence. Le souffle court, il était effrayé par sa présence ; son jugement l'écrasait. Sa respiration était hachée, les mots peinaient à sortir. Il devait lui raconter la vérité. Lui expliquer qu'il était innocent... et pourtant, c'était du sang qu'il avait sur ses mains, et sur ses vêtements. À nouveau, il avait envie d'expier ses péchés dans la souffrance, et dans son sang. Qu'avait-il fait à cette pauvre femme ? L'avait-il tué ? Il ne pouvait pas répondre aux questions du Juge. Si... il le devait pourtant. Dieu voyait tout, il se devait d'être sincère ; Dieu détestait les menteurs. Isidore essuya sa joue, il ne saisissait pas ce qu'il arrivait. C'était comme si le contact de l'homme l'avait souillé, comme s'il avait révélé au grand jour son coeur pourri.


« Je ne l'ai pas trahi ! Se défendit-il alors d'une voix tremblante, angoissé par le jugement. Je l'ai toujours suivi. Chaque minute de ma vie, je lui ai donné. Je ne fais que le servir. »

Isidore attrapa nerveusement la croix pendant à son cou, comme s'il s'attendait à ce que Grim Reaper la lui arrache d'un moment à un autre. Elle le rassurait. Sa main était moite, elle s'accrochait fermement au symbole de sa foi. Toujours. Isidore avait toujours besoin de se tenir à quelque chose pour ne pas sombrer. Sa seule pensée était de retrouver Alice. Pourtant, il attendait le jugement. Il plongea brusquement sa tête entre ses mains, il reniflait. Le froid engourdissait ses membres, la sueur et le sang lui devenaient insupportables. Il mordit sa lèvre inférieure, il lâcha :

« Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Il y avait cet homme mort... qu'ils ont tué devant moi, et cette femme... nue... qui me demandait de l'aide. Mais... je ne me souviens de rien ! Je... je ne sais pas si je l'ai tué. Je ne sais pas si elle est encore en vie... »

Que pouvait-il dire d'autre ? C'était les seuls fragments qu'il pouvait raccrocher à sa mémoire.

« Je l'ai peut-être abandonnée... non... je... jamais je n'aurais fait une telle chose ! »

Le sang. Poisseux. Ça lui collait aux narines. Bon Dieu ! Pourquoi son âme s'égarait-elle à ce point ? Où se trouvait-il à présent ? Isidore releva fin son visage vers l'homme, ou l'entité. Le Juge était ce qui le convenait le mieux, mais il n'était pas aveugle, il avait remarqué la faux qu'il portait. La Mort ? Dans le purgatoire ? Il ne savait plus très bien. Il était embrouillé, il avançait à tâton dans le noir, et parfois, il rencontrait une substance gluante. Il ne pleurait pas, son regard était transcendé par la confusion. Il avala encore sa salive, sa poitrine était compressée par la culpabilité.

« Je... »

Sa lèvre tremblait, son coeur tambourinait trop fort dans sa poitrine ; il avait la sensation de l'entendre vriller dans ses tympans. Sa main se faufila dans son dos, il gratta l'une des cicatrices qu'il avait rouvertes en se punissant, cela le rassurait. À nouveau, il enfermait dans ses doigts la croix qu'il portait. Il repensait à ce que le Palais des Glaves lui avait révélé, cette femme, sa mère... devait-il confesser cela ? Même si cette vérité était inacceptable ? Dans un soupir, Isidore fit plus pour lui-même :

« Je suis un pêcheur, je mérite d'être puni. »

Puis, il regarda Grim Reaper :

« Ne m'enlevez pas la croix, je vous en prie... »


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MessageSujet: Re: Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ? [Reaper - 18 et +)   17/11/2015, 03:38

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Déjan'thé


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Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ?
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Je te sens te crisper sous mes mains, poor thing... C'est plus fort que moi, presque inconscient, ma prise se resserre sur ta peau blême de poupon qui s'imbibe lentement de mes vices, se gangrène et se décompose lentement. Je frémis alors que mes rubis explorent les sillons de ma démence et guettent le moindre signe de faiblesse dans tes traits. Oh, délicieux enfant... Ta mine tourmentée par l'incompréhension m'arrache un sourire fébrile. J'en veux plus, te tourmenter davantage que ce monde ne réagissant plus à l'horreur. Tu es si humain, si faible...
Je laisse te soustraire à mon emprise, mon sourire ne fendant que davantage mes lèvres alors que ma langue s'aventure sur l'émail de mes dents. Regarde-toi, un élan de volonté et te voilà qui t'écrases comme un insecte, te confondant en excuses dont nous n'avons que faire. Que les mortels sont étranges, à perdre leur temps alors que c'est le seul bien qu'ils aient, le seul attrait. Les moments passés, tout comme ceux qui ne viendront jamais, espoir. L'étrange paradoxe à mi-chemin entre rêve et réalité, l'irréelle fantaisie qui façonne le vrai.

Je t'écoute avec attention, savoure ton emportement comme le met le plus délicat. J'étudie tes mots, dissèque la moindre expression. Oh, te voilà qui t'accroches à ta croix comme à une ancre te tirant vers le bas! Si ça n'est pas adorable. J'ai l'étrange sensation de converser avec cocker, l'envie de t'arracher cette croix pour t'obliger à la reprendre est de plus en plus présente. Tu t'agites, mu par la peur du jugement divin. Quelle tristesse, je m'attendais à un échange plus palpitant, tu te contentes de baragouiner des excuses confuses, tu tentes de te disculper sans réellement savoir ce que tu as fait. Comment réagirais-tu s'il s'avérait que tu avais violé un commandement? T’ôterais-tu la vie? Me demanderais-tu de le faire? Ou te contenterais-tu de te punir comme tu le fais pour des erreurs moins répréhensibles? Je veux comprendre. Mes sourcils se froncent légèrement alors que ma voix tonne.

- Oserais-tu me contredire, limace?

Que ce terme te sied, ne trouves-tu pas? Une chose grotesque et inutile qui se contente de s'écraser et de ramper. Regarde-toi, voilà que tu me supplies... N'as-tu donc aucune dignité ? Enfin tu me regardes, mon sourire se fait plus large, s'étire jusqu'à mes oreilles alors que je m'accroupis pour m'abaisser à ton niveau. La vie quitte les environs, les fleurs brunissent et les quelques curieux oiseaux restés aux alentours tombent de leurs branches. Je ne leur adresse pas un regard, gardant mes billes d'Enfer plantées dans tes iris.

- Ainsi soit-il. Dans ce cas, tu devras renoncer à tout artifice... Montre-moi ta foi.

Je ne te laisse le temps de réagir, d'un geste brusque et méthodique, l’extrémité de ma faux vient se poser sur ta croix, un léger ricanement quitte mes lèvres tandis que mon regard ne quitte le tien. La lame quitte le métal pour le tissu sali de tes vêtements, une pression et elle s'enfonce entre les fils jusqu'à te déchirer la chair. Je veux voir la douleur déchirer cette mine pitoyable, la peur prendre le pas sur la dévotion, je veux te voir lutter pour toi et non pour un Dieu dont tu ignores tout. Un à un, les pans de tissus tombent sur l'herbe flétrie, te revoila tel que le très haut t'a fait, tes vices offerts aux yeux du monde. Que cherches-tu à cacher, petite chose? Ma lame vient se poser sur ta gorge, mes lèvres s'approchent de ton oreille alors que je te lance quelques mots sur un ton railleur.

- Ton Dieu t'aurait-il abandonné? Où penses-tu qu'il viendra te sauver?

J'entaille légèrement ta gorge, observant du coin de l’œil le liquide écarlate quitter ton enveloppe pour salir davantage cette peau trop blême. Que feras-tu à présent?


Désolée ;^; *s’aplatit comme Isi devant une croix*
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MessageSujet: Re: Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ? [Reaper - 18 et +)   23/11/2015, 01:33

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Isidore
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La lame froide caressant sa gorge. Un frisson de terreur dans son dos, et sa peau qui se dénude brusquement. Isidore plaque aussitôt ses bras contre lui, les cicatrices paraissaient luire dans la clarté de la lune. Le sang colorait la blancheur de sa peau d'un rouge vif, alors que ses marques se creusaient plus profondément. Il n'osait pas regarder l'homme directement en face, sa lèvre tremblait. Ses ongles se plantaient dans sa chair, alors que la croix menaçait de se faire trancher par la lame de la Grande Faucheuse. Limace ? L'insulte vrilla dans ses oreilles, il ne rétorqua pas. De toute façon, que pouvait-il faire de plus ? Il ne savait pas se défendre, et la Mort était prête à le baiser profondément. Il mordilla ses lèvres, le corps tordu pour essayer de se cacher au maximum. Le froid lui donnait des frissons, et son regard brillait, non plus de terreur, mais d'une violente tristesse. La croix était son souvenir. La croix symbolisait son Dieu.

« Qu'il me sauve s'il m'en juge digne. »

Souffla Isidore, les joues rosies par le froid. Il ramassa les lambeaux de ses vêtements, sa nudité le mettait mal à l'aise ; surtout face à un homme. Il se rappelait de cette nuit, où il s'était réveillé sans un seul habit dans les draps immaculés d'Alice. Ce moment où sa peau avait touché la sienne, et qu'il avait senti un tressaillement délicieux lui cambrer les reins. Ce seul instant lui avait fait perdre l'esprit, et il l'avait éloigné de sa foi. Les femmes avaient le corps mou et démoniaque ; leurs seins étaient des fruits interdits qu'il refusait de goûter, quand bien même leurs rondeurs étaient attrayantes. Isidore rougit. Il essaya d'effacer ce souvenir aussi vite. Devant l'homme, il ne savait pas comment se comporter.

« Ma vie est salie. Je suis sale. »

Se contenta-t-il d'ajouter dans un soupir.

Dieu l'avait abandonné dès que cette pensée perverse était venue courir dans son cerveau. Alice était un ange tentateur, et il lui avait cédé. Non pas en s'enfonçant dans sa chair, mais en se laissant posséder par sa présence. Maintenant qu'elle avait disparu, Isidore était accablé par le regret, et le chagrin. Il commençait à se demander si le sang sur ses vêtements n'était pas celui de son amie. Il regarda ses mains, les habits retombèrent, il était entièrement nu. Le vent passa dans ses cheveux, et lui arracha des frémissements.


« Peut-être est-ce mieux ainsi. »

Une larme coula sur sa joue.

« Dieu ne veut pas de monstre sur son Paradis. Je ne veux pas le souiller. »

Mais voulait-il mourir ? Non... il était déjà mort.

Isidore posa son regard dans celui de la Grande Faucheuse. La peur l'avait totalement quittée, maintenant qu'il acceptait son destin. Quelque part, il était fatigué. Si l'homme mettait fin à son existence, il pourrait enfin se reposer. Au revoir, Alice.


« Puis-je... savoir au moins qui j'ai été ? »

Une autre larme roula sur son visage, elle caressa sa mâchoire, et tomba sur le dos de sa main. Isidore l'essuya, perturbé par tout ce qu'il se passait. Il savait qu'il ne faisait pas partie de ce monde, et peut-être valait-il mieux le quitter maintenant. Il lécha sa lèvre inférieure, sa poitrine se souleva, et retomba dans un soupir pénible. Il était pathétique. Ce dont il avait besoin, c'était l'étreinte d'une mère. Et... le souvenir du Palais des Glaces lui arracha une expression effrayée.

« Au moins que je prenne conscience de tous mes crimes. »

Au moins qu'il sache qu'il avait tué.

Au revoir, Alice.

Au moins qu'il sache le monstre que la Grande Faucheuse allait pouvoir abattre. Au moins, connaître ce qu'il avait été, et arrêter de se chercher lui-même. Se perdre dans cet univers de démence. Mourir pour ne pas devenir fou. Mourir pour ne pas voir sa véritable nature.

Au revoir, Alice.

Le sang coulait sur sa gorge immaculée, c'était l'endroit qu'il avait épargné de ses scarifications. Isidore aurait pu être beau, s'il ne s'était pas acharné autant sur son corps. Il avait de jolis traits, il était délicat. Il était un gentil garçon.

Il posa les doigts sur la lame de la Grande Faucheuse, mais il n'y trouva pas la moindre chaleur. Aucune. Pas comme Alice serrée contre lui, nue et blanche dans les draps. Un ange qu'il avait peut-être tué. Un ange qu'il avait peut-être souillé de sa semence ensanglantée. Isidore laissa sa main retomber au sol, il avait terriblement froid.

« Laissez-moi... voir... ce que je suis... comme être humain. »

Au revoir, Alice.

Une feuille se fait emporter par le vent. Isidore la contempla jusqu'à ce qu'elle disparaisse du paysage.


« Une langue adulatrice est plus acharnée qu’une main meurtrière. »
Quand pourrais-je renaître ? ✻  Ce monde est rempli de souillure. Je suis la pire de toutes. Pardonnez-moi, Dieu, de ce que je suis. Un jour, je pourrais revenir vers vous.
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MessageSujet: Re: Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ? [Reaper - 18 et +)   15/6/2016, 04:51

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Déjan'thé


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Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ?
Ft. Isidore (+18)

Tes yeux brillent d'une lueur démente, les flammes d'un enfer qui ne t'es que trop familier s'y agitent, dictent tes gestes et tes paroles. L'envie de détruire cette figure qui ne te rappelle que trop bien la tienne dans une autre vie. La dévotion aveugle accordée à un homme qui n'en a que faire, le feu ardent de l'adulation qui ne rencontrera qu'un cœur de pierre gelée. Tous ces efforts et ces années partis en fumée. Tu te crispes venant pourrir davantage les tissus du garçon. Tu questionnes et tu méprises davantage ce que tu as été que ce qu'il est. Il n'est qu'une interface entre deux époques qui se sont perdues, deux existences qui ne se croisent plus et qui n'ont plus de sens l'une à côté de l'autre. Ce gamin, il te fait clairement chier. Il n'a aucun répondant, se contentant de subir, le regard perdu vers un ailleurs dans l'espoir d'y trouver une quelconque salvation. Ya pas de salvation, encore moins de rédemption, dans ce monde de merde tu vis seul et crève seul, souvent la gueule ouverte et la carcasse éventré par les vautours qui t'attrapent et te tirent vers le bas. Sa foi, elle t'emmerde par ce qu'elle fait écho à quelque chose dont tu ne veux plus, un vieil éclat d'absurdité enterré dans les tréfonds de ton être. Tu veux plus jouer. Il est chiant le môme avec ses airs de larve, son renoncement. Tu te demandes pourquoi toi tu respires encore, même après tout ça, quand t'aurais dû crever, on t'a pas laissé faire. Un nouveau faux dieu a pris les ficelles de ta pauvre enveloppe de marionnette et te voilà à répéter les mêmes schémas oubliant ton humanité pour t'oublier dans la violence sur commande.

Le gosse tente de récupérer ses fringues réduites en lambeaux et couvertes de sang. Il couvre son corps à la peau blême et encore tendre, encore pure de toute souillure; en apparence. Lentement ta pourriture le gagne, trace ses sillons sur cette innocence pour ramener à la surface ses vices, même lui il le dit, il est sale. Tu étales ses vices aux yeux d'un monde qui se meurt des soupirs que tu lui ôtes. La végétation continue de flétrir autour de vous, les plumes des oiseaux tombés se perdent dans le vent. Il n'y a plus le moindre signe de vie alentours, juste vos souffles insolents dans ce paysage de mort délavé de ses couleurs par l'enfer qui te hante. T'es qu'une âme en peine qui erre sans conviction, collectionne les addictions pour oublier ses afflictions. Tu combles ta vacuité de ces mêmes cauchemars que tu fuis, te gaves d'horreur jusqu'à l'implosion de l'être. L'âme en miettes sur un chemin de Petit Poucet, celui qui mène à sa perte, celui de l'ogre. T'es l'exemple à ne pas suivre. Tu t'évertues à l'être et putain, faut dire que t'es plutôt doué. Un sourire amer te fend les lèvres. Vous êtes sales. Personne ne veut de vous, ni au Paradis, ni ailleurs. La marque s'étend sur le torse du plus jeune ses chaires dégageant désormais une odeur infecte, celle que tu ne connais que trop bien, qui est trop familière pour ne pas te fasciner. Tes billes de braise se perdent sur les tissus qui se détendent et s'assombrissent dans un entrelac de traces obscures.          

Ouais. Peut-être que le monde serait meilleur. Sans lui. Sans toi. Sans personne d'ailleurs. Ouais. Il devait être bien mieux qu'un dieu abruti ne décide que le jour serait et qu'il devrait subir les horreurs que toutes les aubes dévoileraient. Mais t'as pas envie de crever. Puis ça serait con que la mort se crève elle-même, ceci dit avec la petite mort, une branlette et c'est parti. Stop. Tu scrutes le visage du plus jeune, de cet être misérable abandonné par sa seule raison d'exister. Pitoyable. La lame s'enfonce davantage dans la chair pourrie de son cou libérant les sucs épais d'une vie qui s'éteint. Personne ne veut jamais crever, même dans ce monde éternel ils te craignent, toi, le bourreau, fléau. Même si les Merveilles seraient plus éclatantes loin de l'ombre de nos existences, on lutte, on les souille, les laisse s'enfoncer dans les ténèbres pour ne pas disparaître. L'être humain est vil. Pathétique. Et sale, comme dirait probablement le gosse. Peut-être que c'est pour ça que t'existes, révéler le pire, faire remonter l'horreur à la surface, libérer le monde d'un trop plein de connards masqués sous une innocente indécence. Tu cherches un sens à tout ça, mais toute explication te laisse un sentiment de pas assez écorchant ta langue. Il te demande qui il a été. T'en sais rien. Tu sais même pas qui t'es. La mort teintée sur le visage du nom-mort, un zombie, une infamie née dans l'esprit sale de la pensée commune, de l'homme. Des rejets, des regrets, des moments égarés, tes journées son rythmées par ces sombres mélodies. Les soupirs se perdent sur le rivage de tes jours alors que ton cœur vacille. Tu n'es rien qu'une ombre perdue dans le néant.

Alors comment tu pourrais, toi qui n'es rien, lui dire qui il est ? Tu l'observes sans ciller, froid, ton regard suivant la langue qui se glisse sur la chair pulpeuse de ses lèvres. Son regard se voile, tu vois la crainte s'y nicher, celles des diables inconnus cachés dans le brouillard de souvenirs effacés. Tu ne dis rien, tu l'écoutes, tes doigts caressant sa peau, interrompant un instant la course de la gangrène. Pendant un instant il te fait penser à ton enfant. Ce gamin trop triste et trop seul, abandonné dans les bras d'un faux prophète. Ton cœur rate un battement. Quelle idée de te poser une telle question. Tu n'es pas juge, tu n'es que bourreau, la guillotine qui s'abat sans qu'on ne lui demande son avis, un triste outil dans les mains du destin. Tes ficelles te semblent soudain bien serrées. Il veut comprendre, mais il n'y a pas de raison, juste la logique erratique d'un monde qui vous empoigne et vous torture comme une poupée de chiffon, rapièce votre être avec d'autres plus déments, troque votre camisole contre une couronne. Il s'accroche un instant avant d'abandonner, laisser retomber sa main sur un parterre de fleurs fanées. Ça n'a vraiment aucun intérêt, tu pourrais trancher sec, laisser sa tête rouler d'un coup de main digne de la Reine Rouge, tu pourrais même en rire. Mais ce rire serait acerbe, le renoncement t'ôtant tout plaisir. Puis ce gamin il fend un peu ton cœur de pierre. Pas au point de lui rendre service, de le délivrer d'une existence si misérable. Cette compagne qui se dérobe toujours à tes emprises te semble souvent bien plus cruelle que toi, te faisant parfois ressembler à un doux agneau. Tu soupires, venant délivrer le plus jeune de la morsure de la faux, l'étirant en laissant sur sa gorge une longue trace écarlate.  

- Tu trouves que j'ai une gueule d'archive ? - T'affiches une mine blasée alors que tu passes ta faux par dessus ton épaule. - Puis sérieusement, qu'est c'qu'on s'en fou ? T'as ptête juste eu tes règles... Ou crevé tout un village de nains.

Ok, un peu abondantes les règles, de quoi faire plaisir aux fans de Twilight. Tu sais pas trop c'que t'es en train de foutre, il t'as juste cassé son délire. Tu lui mettrais bien ton poing dans la tronche, mais ça risquerait de lui faire plaisir. Ça reviendra, tu n'as aucun doute sur le sujet, mais t'auras d'autres occases. Tu poses ta faux le temps de retirer ton blouson en cuir et de le balancer sur la tronche du mioche.

- Magne-toi, j'ai pas que ça à faire.

Tu observes la pourriture sur son corps, elle s'étend du cou à son bras droit en couvrant une grande partie du torse, certains organes sont probablement déjà bien entamés... T'es même pas sûr qu'il puisse survivre à ça, il est peut être déjà foutu. C'est d'autant plus salaud comme façon de le crever.

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MessageSujet: Re: Au bout de chemin, trouverons-nous la croix ? [Reaper - 18 et +)   18/6/2016, 04:06

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Dévot dégradé


Messages :
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Masculin
Age du personnage :
19 ans.
Pouvoirs / Particularités :
Peut transmettre ses émotions à autrui.
Origine :
France du XVIe siècle.
Orientation sexuelle :
Indéfinie.
Habitation :
Difficile.
Fiche de personnage :
Je suis sale
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Isidore
Dévot dégradé
Une gueule d'archive ? Le jeune homme fronça les sourcils, un peu perdu. C'était difficile de raisonner convenablement, lorsqu'on sentait ses organes et sa peau pourrir. La gangrène bouffait sa chair, ses tripes, dans une morsure lente, et violente. Isidore était persuadé qu'il allait se transformer en cendre, si cela continuait ainsi ; il n'avait pas l'espoir de survivre. Il était persuadé que l'homme à la faux lui donnerait ce qu'il désirait : un chemin vers le Paradis. Toutefois, il ne partageait pas de compassion, ou du moins, il entretenait avec le dévot une relation particulière. Isidore ne savait pas quoi, exactement, et puis dans cet univers tordu, il était toujours persuadé de purger sa peine.

Au revoir, Alice ?

Le dévot effleura sa joue, répugné profondément par ce qui lui arrivait, toujours en restant le spectateur passif de son existence. Il imposait la vue de son corps scarifié et pourri, devant la Grande Faucheuse, qui comme lassé du spectacle qu'il offrait, lui remit une étoffe de cuir. Isidore garda le silence, il enroula le blouson autour de ses épaules, sans savoir ce que c'était exactement. Il reconnut la matière, mais le monde d'où il venait ne lui avait pas donné le souvenir d'un tel habit. C'était lourd, sur son corps en train de crever, mais ce n'était pas sans chaleur. Dieu était-il curieux de ce qu'il ferait de sa chance ? Était-ce à nouveau une épreuve divine ? Ou bien... cet univers n'aurait pas de sens, jusqu'à la fin ; il ne ferait que perdre son temps à le chercher. Lentement, épuisé, Isidore se redressa, sentant ses nerfs se détacher peu à peu ; il craignait de tomber en lambeaux.


« Où m'emmenez-vous ? »

Osa-t-il, au bout d'un moment, suivant la Grande Faucheuse. De toute façon, Isidore n'avait rien à perdre ; sa foi était le prix de son âme, sa foi était profondément enracinée dans sa poitrine. Rien ne pourrait l'en détourner, se persuadait-il. Pas même Alice. Mais où était Alice ? Isidore voulait la retrouver, et continuer à veiller sur elle avec... sa bonne volonté d'enfant. Il grattait la chair de son bras, sa peau devenant rouge et noire, tandis que ses ongles l'arrachaient. Son souffle lui manquait, son coeur pesait une tonne dans sa poitrine, et la Grande Faucheuse lui donnait l'espoir d'un salut. Isidore était prêt à accepter son destin. Même s'il... s'il ne tenait que sur le pari de la créature à la gigantesque faux ?

Au revoir, Alice ?

Finalement, Isidore n'obtiendrait jamais les réponses qu'il espérait. Sur lui-même, sur ce monde ; sur ce qu'il devait faire. Il espérait seulement une autre vie ; échanger la sienne pour sauvegarder celle de son amie. Son sens du sacrifice était ridicule, et agaçant.


« Connaissez-vous... »

Murmura le garçon, les yeux rivés sur ses pieds ensanglantés, puis en plissant le front, tandis que la pensée lui effleurait l'esprit :

« Une jeune femme... une poupée de porcelaine, vivant près d'un cirque qui se fait nommer Alice Liddle ? »

Pourquoi diable posait-il une question pareille ? Pourquoi ne se taisait-il pas ?

La gangrène avait faim de son corps abîmé et rachitique.

Il avait soif de foi.

Il osa :


« Si oui... savez-vous où est-elle ? Si elle va bien ? Si je peux... faire quelque chose pour l'aider ? »

Alice, où était-elle ? Sa tendre amie ? Cette fleur délicate qu'il voulait protéger ? Cette jeune femme qui lui avait donné son lit ? Acceptant le monstre qu'il renfermait ? Ou plutôt, qui avait été capable de poser sur lui un vrai regard. Sans attendre quelque chose en retour. Le miroir lui avait offert la vision de son passé, il s'était laissé entraîner, déguisé en cet ami qui dans Londres lui avait porté une belle affection. Le purgatoire était plus étrange, plus tordu que les textes qu'il avait pu connaître des enfers.

La Mort avait-il pitié de lui ? Ses émotions traversaient les choses autour de lui, sans qu'il s'en soucie, sans qu'il puisse comprendre l'étendue de cette force. Comme si c'était cela, le moteur de sa nature ; une beauté tachée, une innocence souillée par le sang et le stupre.


« Je m'appelle Isidore. »

Lâcha le garçon, soudain, comme s'il se rappelait des notions de politesse. Comme si son nom devait flotter dans les airs, s'enraciner dans la nature, afin qu'on ne l'oublie pas. La gangrène continuait de le ronger, il se persuadait toujours que ce n'était qu'une épreuve. S'il était fort... il pourrait... peut-être... survivre. Et pour faire quoi ? Son nom était Isidore. Le nom que portait autrefois un grand auteur sacré, oui, il était Isidore. Son nom de famille avait été oublié en même temps que son passé, mais... donnait-il cela à un bâtard ?

Où était Alice ?


« Une langue adulatrice est plus acharnée qu’une main meurtrière. »
Quand pourrais-je renaître ? ✻  Ce monde est rempli de souillure. Je suis la pire de toutes. Pardonnez-moi, Dieu, de ce que je suis. Un jour, je pourrais revenir vers vous.
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