Ce n'est pas un but, mais le processus de création d'une âme parfaite. - Gitaxias.




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MessageSujet: Ce n'est pas un but, mais le processus de création d'une âme parfaite. - Gitaxias.    28/6/2015, 01:50

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Cerveau pragmatique


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Age du personnage :
2992 jours... bon, huit ans.
Pouvoirs / Particularités :
C'est une machine.
Origine :
Son inventeur.
Orientation sexuelle :
Il éjacule du goudron.
Habitation :
Le train.
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Gitaxias
Cerveau pragmatique
Mise en route du coeur, expérience numéro 7464.


Gitaxias
♦ Nom civil : Gitaxias.
♦ Age : Selon ses calculs, il a exactement 2992 jours, 71808 heures, et  4308480 minutes ; il a cessé de compter les secondes depuis sa quatrième semaines.  
♦ Existe à Wonderland depuis : Le compte exact a été donné plus haut. Pour résumé, il est là depuis huit ans.
♦ Orientation sexuelle : Du moment que tout rentre, tout va bien.
♦ Groupe : Umad'bro !
♦ Race : Mechanii.
♦ Origine : Jin Gitaxias du plan de Phyrexia, de Magic The Gathering.
♦ Fonction : Inventeur.
♦ Âme : Il aimerait en trouver la maitère, et faire diverses expériences dessus. Malheureusement, on lui a interdit son cobaye.  
♦ Particularité : C'est une machine. Une gigantesque machine. De l'extérieur, il ne ressemble en rien à un humain. Tout son corps sert à disséquer, trifouiller, créer, visser. On ne voit même pas son regard, et tout ce qu'on sait, c'est que ce machin prend une place monstrueuse, et qu'il analyse en permanence son environnement.
♦ Pouvoir : Il a une drôle de gueule.
♦ Classe sociale : Depuis quand une machine se soucie de ça ?
♦ Participant au Game of Madness : Non, même si... même s'il voudrait l'analyser, le comprendre.


Goudron, poumons, et métal.


Deux mètres cinquante au garrot, une colonne vertébrale gigantesque et serpentine. Gitaxias est le mélange entre l'être organique, et le métal ; son corps est un assemblage disparate de boyaux et de fer. De loin, il ne ressemble à rien, de près... il est encore plus difficile à décrire. C'est une sorte d'humanoïde, car il est pourvu de bras, de côtes, d'une tête, et qu'il se tient — presque — droit. Mais il n'y a rien de vraiment humain dans sa confection, chacun de ses membres à une utilité précise. Il a une espèce de long museau en métal, mais pas de yeux ; une mâchoire impressionnante ornée de dents acérées. Si on ose rapprocher son nez de sa mâchoire, on doute sur leur origine : est-ce du fer ? Ou un nombre incalculable de canines ? Il semble avoir des gencives à l'intérieur de la gueule, et son haleine répand un parfum de goudron, et de viande périmée. Le bas de sa mâchoire est pointu, troué aussi, de même que le haut ; sa gueule est longiligne, métallique, brillant comme la lame d'une épée au soleil. Elle se rattache à un cou épais, écailleux, raccordé à une imposante cage thoracique surmontée d'une carapace. Des pointes partent depuis le sommet de son crâne reptilien, parcourant sa nuque, et se poursuivant le long de son énorme carapace. Toutefois, elle laisse à découvert des côtes qu'il peut ouvrir et refermer selon sa volonté, encore une fois... on ne sait pas exactement s'il s'agit de métal, ou bien de véritables os. Elles sont aiguisées, faites pour percer la poitrine d'un homme d'une simple pression.

Des bras squelettiques se plient alors qu'il bouge, en produisant un grincement désagréable, comme celui d'une porte ayant besoin d'être huilée. Des sortes de crochets se trouvent à ses coudes, ainsi que sur ses mains aux longs doigts d'araignées. Il en possède quatre à chaque main, avec un pouce minuscule en comparaison de ses serres tranchants. Ils sont crochus, faits pour retourner les entrailles et tripes de ses cobayes, s'accrochant à tous les nerfs au passage. Il n'a pas vraiment de paume, ou de poignet, Gitxias ne ressemble pas à une machine, mais à un monstre. Sa carapace de métal suit les courbes de son imposante colonne vertébrale, pliée à moitié, torsadée, elle se cache sous un épais drap gris et poisseux de goudron qu'il porte en sorte de pagne. Des organes sont greffés à sa colonne, dont la provenance est douteuse. Des organes humains ? Des organes d'animaux ? Certains ont pourri avec les années, mais de l'extérieur ; lui, il pense que tout son système organique (qu'il sépare de son système métallique) est encore en bon état. De toute façon, il sait les changer lui-même ; il suffit de trouver les remplaçants.

Gitaxias peut-il se redresser complètement ? Et si c'est le cas, combien mesurait-il ? Certains ont estimé trois mètres, d'autres trois mètres cinquants. En tout cas, lorsqu'il se déplace, il produit le même son désagréable, celui d'une porte mal huilée. Il semble se nourrir de goudron, on sait peu de choses sur son régime alimentaire ; tout ce qu'on connait de lui, ce ne sont que des suppositions faites au fil du temps. On a pu voir par exemple que sa mâchoire était capable de faire ployer des buches de bois, et qu'il les ingurgite, notant ses impressions sur un carnet de cuir. Gitaxias imite les humains, alors qu'il est la singularité même de la création humaine. On devine à peine ce que son créateur a désiré faire de lui ; un véritable inventeur ? Un serviteur ? Et pourquoi polir une créature aussi gigantesque ? Une éternelle histoire d'un pénis minuscule... d'ailleurs, on n'a toujours pas caractérisé le sexe de Gitxias...

Ou plutôt de « It ».




Cerveau pragmatique.


Gitaxias n'a aucune émotion. Non pas parce qu'il est impassible, mais bien parce qu'il est une machine. Ce n'est pas dans ses fonctions de ressentir. Même si pourtant... il voudrait savoir ce que ça fait, comprendre, apprendre... cela le rapprocherait un peu plus vers cette humanité derrière laquelle il court.

C'est une entité supérieure, en quelque sorte. Un robot, un moteur, un observateur. Pragmatique, Gitaxias n'a pas la moindre considération morale ; il sait ce que c'est, mais il n'a pas été formaté pour déterminer si telle ou telle action est bonne, ou mauvaise. Il se contente de découdre le corps humain, lui arracher les nerfs, l'ouvrir, et l'examiner. On ne peut pas exactement dire qu'il a soif de connaissance, car pour cela, il faudrait qu'il possède des émotions. Son cerveau est en réalité une sorte d'immense ordinateur, à la mémoire presque infinie, et il la comble en permanence. Notamment grâce à la lecture, il est capable de lire un livre en une seule minute. S'il n'a pas de sentiments, il a des capacités bien supérieures aux humains. Il imprime dans son cerveau ce qu'il voit, la manière dont les lettres se gravent sur une page, ou bien comment le coeur humain pompe en permanence du sang. Ne s'émouvant de rien, impossible à agacer, cela en fait une créature creuse. Il est vide. Il n'a aucune capacité émotionnelle, pourtant... il a au fur et à mesure des années développé une obsession.

Gitaxias veut une âme.

Selon lui, l'âme est ce qui relie l'humain à ses émotions, une sorte de moteur inférieur placé il ne sait pas vraiment où. Il cherche ce moteur, songeant que grâce à lui, il pourrait grimper sur une autre échelle de son évolution. Une âme lui permettrait de s'améliorer, affiner ses connaissances, et sa vision des choses. Ne pas ressentir ne signifie pas qu'il n'a jamais eu aucune considération philosophique. Au contraire, avec le temps, sa lecture, Gitaxias a su s'élaborer un point de vue sur le monde. Il essaye de relier en permanence la machine à l'homme, ne comprenant pas pourquoi ce dernier aime se cacher derrière son rideau de vanité. Il remet en permanence en cause les choses, la suprématie des hommes sur les autres races par exemple. Pourquoi l'homme lui serait-il supérieur ? Il est une créature dénuée de faiblesses, et la seule chose dont il a réellement besoin, c'est de goudron.

Conscient que son corps est une machinerie incroyable, il s'est lui-même étudié. Tout le temps, il s'est comparé aux autres créatures, leur prélevant même ce qui lui manquait. Un poumon défectueux ? Il l'a arraché sur un humain, les cotes de sa cage thoracique se sont ouvertes, et il a enlevé l'organe pourri. Toutefois, lorsqu'il touche un de ses organes, il n'a pas de sensation ; pour lui, la peau est l'une des premières raisons des sensations. Ses mains sont en métals, il ne peut donc pas différencier un morceau de soie d'une grosse pierre rugueuse. Toutefois, lorsqu'il effleure les organes à l'intérieur de lui-même, des fragments de mémoire liés à leur passé lui viennent. Et dans ces moments-là, Gitaxias se rapproche de l'humanité ; il apprend ce qu'est la douleur. Il note alors ses appréciations dans un carnet.

Dans le train, il a une fonction difficile à déterminer. Il a pris la place de son créateur, créant lui-même ce qu'il peut, mais étudiant surtout comment Wonderland fonctionne. Il ne sait pas ce qu'est la Magie, puisqu'il n’en a jamais entendu parler. Pour lui, toute chose a une fonction, il suffit de déterminer laquelle. Il reste dans son wagon, une bibliothèque miteuse servant aussi de laboratoire. Il ne fait d'ailleurs jamais le ménage, puisqu'il n'a pas d'odorat ; il ne sait pas lorsque de la pourriture s'immisce à l'intérieur de lui. Il se contente de pratiquer des autopsies sur tout un tas de choses, surveillé du coin de l'oeil par les autres. Parce que malgré sa nature, Gitaxias sait se rendre utile. Le problème, c'est qu'il est incapable de flairer le mal dans certaines de ses actions. Pourquoi cet enfant a-t-il crié comme un damné, lorsqu'il lui a enfoncé l'aiguille dans l'oeil, afin de voir comment il se raccrochait aux nerfs ? Les humains sont un véritable mystère. Et c'est pour cela qu'il se plait à les imiter.




Second réveil.


Lorsqu'il se réveilla, la première chose qu'il vit était une substance répandue au sol, et une silhouette au fond de la pièce. Il ne connaissait pas ce qui l'entourait, il ne savait pas donner de nom aux choses ; la seule image claire était ce liquide pénétrant le sol. Un assemblage d'objets divers, des couleurs variées entachant sa vision. Un homme ? À l'époque, il n'avait pas conscience de ce que c'était. Une minuscule silhouette habillée en costume marron. Une tête ronde et déformée enfoncée dans des épaules tordues, des mains potelées et épaisses, semblables à celles d'un enfant. Une touffe de cheveux bruns sur le crâne, et un cigare en bouche ; il se tenait devant une femme à la chevelure d'or. Entièrement nue, elle était inerte, son menton touchait sa poitrine.
Une image précise qu'il imprima soigneusement en lui. Une fumée s'échappait depuis le cigare de l'autre forme de vie. La femelle ? Il était incapable de dire si elle était en vie. Lui, il était sur le sol, il ne voyait que les jambes de l'autre, et la silhouette de la fille dans le contre-jour. L'autre remarqua son réveil, un sourire ravi illumina son visage, il mordit dans son cigare en frappant des mains. Il sembla lui parler, mais il ne comprenait pas ce que ces bégaiements signifiaient. Surexcité, le nain revint vers la fille. Il glissa un tabouret vers elle, puis il grimpa dessus. Elle semblait être clouée au fauteuil. Lui, il commençait toujours à appréhender le monde. Des clous perçaient le corps de la demoiselle ; ses cheveux blonds étaient souillés de sang, et ses jambes d'urine. Il crut percevoir un tremblement parcourir son corps, lorsque le nain posa ses doigts sur sa mâchoire.
« Allons te donner la parole. »
Lâcha le nain d'une voix étranglée. Sa main droite se posa sur le menton de la fille nue, l'autre se cala sur son front. CRACK. Un son distinct. Plus tard, il apprit que c'était le son caractéristique d'une mâchoire qu'on étire. La tête de la fille bascula en arrière, sa bouche s'ouvrit dans une grimace affreuse ; un véritable pantin qu'il désarticulait au fur et à mesure.
Ce fut son premier réveil. Lorsque le nain fourra ses doigts dans la bouche de sa victime, il retomba dans l'inconscience. Comme si son corps n'avait plus de batterie.

Mise en route du Coeur. Expérience numéro 7464.
Cette fois-ci, lorsque les rouages se mirent en route, lorsque la machinerie s'actionna, il prit conscience qu'il avait un corps. Dans un bruit sourd, il redressa sa tête. Elle tirait dans ses épaules, comme si ses nerfs n'avaient pas l'habitude de supporter un poids si lourd ; c'était le cas. À nouveau, la première chose qu'il rencontra, c'était l'autre être vivant. Une fourmi pour lui, une mouche. Un rictus déforma son visage rond, le cigare coincé entre ses dents jaune, il applaudit en appréciant la créature en train de se redresser. Il tenta de se déplier du mieux qu'il pouvait, et à chaque fois, il sentait sa colonne vertébrale grincer, mais il ne parvint pas à se tenir droit. Lorsqu'il essaya, sa tête bascula en avant, et son immense colonne vertébrale la suivit. Il n'avait pas encore conscience de ce qu'il était.
« Ça y est ! Enfin ! Des années de recherches, tu es là. Toi ! »
Il imita l'autre forme de vie, il voulut applaudir. Mais ce n'était pas exactement des mains qu'il avait. De fines lames de métal, particulièrement tranchantes qu'il dépliait à volonté. Il toucha ce qui aurait pu être son visage, mais il n'avait pas de réelles sensations. Il se contentait d'observer. Depuis la dernière fois, sa vision avait changé. Il percevait distinctement la fumée s'échappant du cigare de l'autre créature, ainsi que sa respiration fumant depuis ses narines. L'autre s'approcha, il le toucha, mais il ne sentit rien. Il détailla ce qu'il était, il l'inspecta, il se dévissait le cou pour apercevoir sa mâchoire. Il était avalé par l'ombre, le sommet de son crâne touchait le plafond. Le nain leva les mains au ciel, il les agita vers ses jambes :
« Toi ! Toi ! Ma création ! Ma... précieuse... précieuse création ! »
Création ? Il était... sa création ? Qu'est-ce que c'était une « création » ? La machine ouvrit la mâchoire, comme pour répondre, mais un grincement sortit de sa gorge à la place.
« Tu peux parler ? Oui... bien sûr que tu peux parler ! »
La créature désigna sa gorge, le nain fit un « oui » énergique puis il ouvrit lui-même la bouche. Il tira la langue, il le pointa du doigt. La machine l'imita, prenant conscience qu'il avait effectivement quelque chose d'humide pendant dans sa carcasse de métal, et ce n'était d'ailleurs pas la seule. Il palpa ce qui était sa potrine ; des lames courbés cachant soigneusement des organes, mais là encore, lorsqu'il les effleura, il ne sentit rien. Que ce fut sur ses doigts ou à l'intérieur. Il fixa à nouveau le nain, il bougea la mâchoire. Il l'ouvrit d'abord, et il la referma ; ses dents s'entrechoquèrent en produisant un son désagréable.
« Je t'apprendrais à parler, tu verras, ce n'est pas difficile. Tu comprends ce que je dis ? »
Le nain grimpa sur le tabouret, le cadavre de la fille avait disparu. À nouveau, il faisait de grands gestes pour attirer son attention. La machine se pencha sur lui, le nain se désignait encore. Et lentement, il fit :
« Moi... »
« Moi » ? Qu'est-ce que c'était « moi » ? Le nom du nain ? Ce dernier prononça distinctement :
« Jin Gitaxias. Je suis... Jin Gitaxias. »
Jin Gitaxias ? Un titre ? Une race ? La machine comprenait bien qu'il n'était pas comme l'autre être vivant. Lui, il semblait avoir un assemblage plus complexe que le sien, c'était ce qu'il percevait en tout cas. Des tiges blanches le raccrochaient à tout, alors que lui... il n'avait pas de sang. C'était compliqué.
« Toi... »
Cette fois-ci, c'était lui qu'il pointait du doigt. En réponse, la créature l'imita, son doigt s'enfonça entre ses côtes.
« Tu es... It. »
Jin Gitaxias lui sourit.
« I... teuh ?
— It. Tu vois, tu sais parler ! »
Il était It. Il était It. Un monstre de métal à la voix particulière. Lorsqu'il s'était entendu, It avait sentit la différence entre sa voix, et celle de Jin Gitaxias. Sa voix ressemblait au grincement d'une porte mal huilée.
« Et tu es ma... précieuse... précieuse création. »
It approuva, sa colonne se plia et se déplia selon le mouvement de sa tête.

It n'était pas humain. Une machine tout au plus.
Jin Gitaxias se définit rapidement comme étant son « père ». Il lui annonça que le monde était ordonné de cette façon : il y avait les adultes, et leurs enfants. Lui, en quelque sorte, était son fils. Il avait travaillé des années à son élaboration, il le prouva en lui tendant les esquisses de ce qu'il était devenu. It put ainsi mieux comprendre son corps, et ce qui le constituait. Au fur et à mesure, il prenait conscience qu'il était une machine. Jin Gitaxias mettait un point d'honneur à déclarer qu'il était un être humain, en dépit de tous ses actes. It découvrit alors qu'il avait la langue d'une humaine, et que c'était grâce à elle qu'il pouvait articuler. En même temps que le langage, la machine apprit à penser, et à réfléchir. Jin Gitaxias faisait son éducation, sa minuscule silhouette pointait du doigt les lettres que la créature de métal inscrivait dans son cerveau. Son père lui faisait la lecture, mimant les mots avec sa bouche, tandis que les rouages de It se dérouillaient. Il explora un horizon étrange, celui de la pensée. Il se rendit vite compte qu'il ne ressentait rien ; si son père griffait malencontreusement son ossature de métal, aucune douleur ne s'inscrivait dans sa chair. Lorsqu'il le voyait s'énerver pour une raison stupide — chose inhérente à la nature humaine —, il ne ressentait même pas de l'agacement. Plus Jin Gitaxias l'éduquait, plus It se comparait à lui, et notait les différences entre l'humain, et la machine. Un humain avait une âme.
« Qu'est-ce que c'est, une âme ? »
Jin Gitaxias consentit à lâcher son cigare, il l'enleva de sa bouche, et il contempla la fumée s'élever autour d'eux. Il haussa les sourcils, il frotta ses yeux, puis il soupira. It essayait de dénouer les diverses émotions apparaissaient sur sa face rabougrie de nain. Son père paraissait se trouver face à une équation difficile qu'il lui réservait souvent, et qui permettait d'élever l'intelligence de It. Celui-ci emmagasinait tout ce qu'il pouvait apprendre, il ne dormait jamais, alors il profitait des longues nuits à lire tout ce qu'il pouvait lire. Dernièrement, il avait appris comment amputer un homme ou un animal pour le sauver de la gangrène. Il se demandait s'il aurait l'occasion un jour de le mettre en pratique. Jin Gitaxias soupira, il but une gorgée de cognac. Lorsque son fils l'avait imité, il avait pu observer que les organes derrière ses côtes de métal s'étaient gorgés du liquide, avant que celui-ci se retrouve expulser entre ses jambes. Il avait noté que ce phénomène ressemblait à de la pluie ; ses entrailles laissaient de la bruine s'écouler.
« Une âme ? C'est tout un concept. »
La taille gigantesque de It contrastait avec celle de Jin Gitaxias. Si It était une immense créature humanoïde, son créateur était un nain. Il lui avait même expliqué qu'il était anormalement petit pour un humain. De toute façon, pour It, ça ne faisait pas de grande différence.
« Un concept ? Répéta la créature.
— Oui, un concept. Ce n'est pas matériel, c'est une idée... j'ai failli dire solide, mais elle ne se manifeste pas physiquement. Elle reste dans ta tête. Toute pensée est une idée. »
Alors dès que son cerveau se mettait en marche, dès que le moteur s'enclenchait, c'était pour l'avènement d'une idée ? La créature de métal approuva d'un mouvement de tête, tout son corps grinça.
« L'âme... disons que... »
Jin Gitaxias sauta de son fauteuil, il laissa son cigare à son fils, puis il se mit à farfouiller dans sa bibliothèque. La plupart des livres étaient dispersés dans la pièce, arrachés de leurs étagères. Il s'intéressa à celui caché sous la table, il le tira, il l'ouvrit. Il chercha un moment.
« L'âme est ce qui rend les humains... humains. C'est une chose qui nous est propre, ça se trouve en nous. J'ai ici les notes d'un moine, qui a remarqué qu'au moment de la mort d'un homme, le poids qu'il faisait à son décès était légèrement différent. Mettons qu'il pesait soixante-six kilos et sept cents grammes, puis il meurt quelques minutes après. Eh bien... disons qu'il aurait perdu deux cents grammes.
— Peut-on peser l'âme ?
— C'était la théorie de cet homme. »
It se demanda subitement s'il pouvait lui-même mourir. Si un jour, le moteur s'arrêterait, ou si ses organes pourriraient sans qu'il s'en aperçoive. Ses doigts passèrent entre les cotes de sa cage thoracique, il palpa son intestin, puis son coeur ; tout semblait fonctionner normalement. Mais n’en ressentait rien, comment pouvait-il savoir si un de ses organes était endommagé ou non ?
« Il a donc entrepris la même expérience sur des animaux. »
It se figea. Il était toujours hésitant sur sa nature ; il avait pu remarquer que les humains possédaient deux sexes distincts, mais qu'en était-il de lui ? Plusieurs fois, il avait essayé de voir, mais il n'y avait rien entre ses jambes. Aucun organe reproducteur lui permettant de déterminer s'il était donneur, ou receveur, rien n'indiquait qu'il pouvait perpétuer son espèce.
« Il a découvert que le poids de l'animal ne changeait pas ; il a donc conclu que les animaux n'avaient pas d'âme. »
It grinça des dents. Pourquoi un animal n'aurait-il pas d'âme ? Qu'est-ce qui justifiait sa présence chez les hommes ? Plus le temps passait, plus Jin Gitaxias l'éduquait, plus It avait l'impression qu'il était doté d'une intelligence supérieure. Il n'avait aucune limitation, que ce fut physiquement ou moralement. De plus, il savait que certains de ses organes avaient des origines humaines. Sa langue et ses poumons par exemple avaient été pris sur le corps de la jeune femme blonde. Il l'avait su lorsqu'il avait pris pleinement conscience que la langue lui donnait la parole, et que les poumons palpaient. Une sorte d'éclair lui avait frappé l'esprit, une image rapide, mais précise.
« Est-ce que j'ai une âme ? »
Il n'était pas dans ce corps dans ce souvenir. Il avait des cheveux blonds, une paire de mamelles, et la mâchoire cassée. L'espace d'une seconde, It s'était aperçu de ce qu'était la douleur. Il se souvenait de la seconde où Jin Gitaxias avait pris la langue de l'ancienne propriétaire avec une pince, et qu'il l'avait prélevé comme un simple morceau de viande. Il l'avait vu tiré sur la langue, et cette dernière bougeait encore un peu, lorsqu'il l'avait retiré.
« Une âme ? »
Le nain eut un bref rictus ; It sut qu'il avait posé une question stupide.
« Tu es une machine, pourquoi aurais-tu une âme ? »

Pourquoi n'en aurait-il pas ?
Depuis ce jour, la créature fut obsédée par l'âme. Lorsque son père dormait, il effectuait un tas de recherches dans les livres. Il n'avait qu'à parcourir les pages, son cerveau emmagasinait la moindre information. Il enregistrait les mots, il replaçait les virgules dans son cerveau ; c'était comme s'il était capable de copier instantanément les informations. Il tomba une nuit sur un texte qui lui parût fortement étrange, trois lois s'inscrivant dans la suite logique de ce que Jin Gitaxias avait exprimé. It comprit qu'il était un robot, et qu'il devait suivre trois règles :
La première, il ne devait pas porter atteinte à un être humain.
La seconde, il devait obéir à un humain.
Et la troisième, il devait protéger son existence, à part si cela contrariait les deux premières lois.
Qu'est-ce que ça signifiait ? Sa vie n'avait pas autant d'importance que celle d'un homme ? Parce qu'il était une machine ? Parce qu'il n'avait pas d'âme ? Et qu'est-ce qu'était une âme ? La créature ne s'était pas satisfaite de la réponse de son maître. Il l'avait trouvé creuse. Lorsqu'il se tourna vers Jin Gitaxias, It prit soudain conscience qu'un jour, celui-ci allait mourir. Son corps était faible par nature. Lui, il n'avait pas besoin de dormir, il mangeait à peine. Il se nourrissait d'un liquide épais et noir, permettant à sa machinerie de se remettre en marche. Il ne sentait pas lui-même lorsque son organisme nécessitait du goudron, Jin Gitaxias se contentait de le lui dire, et de lui donner de quoi survivre.
Et s'il mourait, qu'adviendrait-il de son existence ?
It était né pour le servir. Il était la projection de son créateur, il lui permettait de faire tout un tas de choses qu'il était incapable de faire. Son immense taille l'aidait dans ses travaux, ses longs doigts de métal pouvaient s'enfoncer dans tout et n'importe quoi. Une fois, il avait ouvert le corps d'une imposante bête juste avec ses doigts, en suivant les ordres de son créateur. Lorsqu'il avait ouvert la cage thoracique de la bête, il avait découvert d'autres organes, plus ou moins semblables aux siens. Il était une expérience, mais aussi un enfant. Du moins, aux yeux de Jin Gitaxias.
Ce que son père lui avait appris ? Il l'avait éduqué pour qu'il le serve en toute occasion. Sans jamais remettre en question son jugement.
Mais It était obsédé par l'âme. Le fait qu'il n'en possédait pas justifiait les trois lois qu'il avait soigneusement gravées dans sa mémoire ? En quoi cela le rendait-il inférieur à Jin Gitaxias ?
Avec le temps, la créature remit en question sa naissance, sa propre existence. Son univers s'était constitué autour du nain, un univers étroit. Il n'était jamais sorti de cette grande bibliothèque, qui servait aussi de laboratoire. Il supposa au bout d'un moment que la pièce était en perpétuel mouvement, il avait même déterminé qu'un moteur grondait sous le plancher. Une créature comme lui était-elle la cause de ce déplacement ? Les mystères s'épaississaient au fur et à mesure qu'il parvint à réfléchir par lui-même.
Mais cela ne lui donnait pas d'âme pour autant. It fixa Jin Gitaxias, son père était enroulé dans des couvertures. La tête posée sur le bras du canapé, il ronflait, la bouche ouverte. It aurait voulu s'attendrir, exactement de la même manière que son père s'attendrissait lorsqu'il lui posait ses questions existentielles, mais il ne pouvait pas. Ce n'était pas dans sa nature de s'émouvoir. Alors il se demanda si l'âme n'était simplement pas un organe, et que c'était cet organe qui donnait les émotions. La créature ouvrit la mâchoire, puis elle fixa les lois de la robotique qu'elle avait recopiée. Sa vie avait moins de valeur que celle de son père. Si seulement... il pouvait posséder une âme, si seulement, il pouvait s'en concevoir une. Il pourrait alors ressentir, voir ce que ça faisait... d'être humain. Mais comment faire ? Quels matériaux utiliser ? Jin Gitaxias ne lui donnerais pas de réponses, It le savait bien. Parce qu'il était une machine. Il n'était qu'un tas de ferrailles et d'organes.
Comment posséder une âme ? Comment la fabriquer, si cela était possible ?
La créature voulut soupirer, ces derniers temps, il imitait les attitudes de son père? Et si... et s'il devenait son père ? Il se rappela soudain de l'histoire qu'il lui avait racontée, à propos du poids de l'âme.
Le monstre fouilla dans les affaires de son géniteur, ses pieds griffaient le sol. Il produisait un grincement désagréable, semblable à celui d'une porte rouillée. Il parvint à extirper dans le bordel général une balance, son père n'avait jamais pris la peine de le peser. Il se demanda si la balance allait supporter son poids ; il avait toujours eu l'impression qu'il pesait lourd, parce qu'il n'avait jamais été rapide. Il grimpa sur la balance, mais celle-ci ne se brisa pas. Il nota le poids qu'elle afficha dans un coin de sa tête. Bien.
Que se passerait-il s'il ingérait un homme ? It décida que la vie de son père avait autant de valeur que la sienne, son humanité ne pouvait pas justifier sa supériorité. It n'avait jamais eu de faiblesses. Le nain poussa un ronflement, il se tourna sur le côté en semblant mâcher un truc imaginaire. Une âme. It voulait absolument une âme. Il avait besoin de savoir. Alors il se rapprocha de son père. Soigneusement, il enleva la couverture, Jin Gitaxias râla dans son sommeil. It se pencha sur lui, il profita de ces quelques minutes de calme pour examiner l'humain. Un minuscule humain. Selon lui, ils étaient rares. Des nains. Mais pour It, c'était difficile de se défaire de l'image qu'il avait des hommes. Pour lui, ils devaient tous ressembler à son père. Et puis, sa taille immense déformait certaines réalités. Il l'imitait, encore, un doigt posé sur le bout de sa mâchoire, il s'interrogeait. Où se trouvait l'âme de Jin Gitaxias ? Le coeur n'était-il pas le centre de la machinerie humaine ? Ou bien était-ce le cerveau ?
It attrapa alors son père par les bras, et il le souleva. Il le porta jusqu'à sa mâchoire.
Peu de secondes suffirent au nain pour se réveiller. D'abord, il poussa des ronflements, puis il secoua la tête. Sortant de son sommeil, il mit plus de temps pour comprendre ce qu'il se passait.
« It ? Qu'est-ce que tu fous ? »
La créature ne répondit pas, il étudiait les diverses expressions passant sur la face du nain. La surprise d'abord, puis la peur. La peur, il n'avait jamais vraiment compris ce que c'était.
« Repose-moi ! Arrête de... allez, repose-moi, ce n'est pas un jeu. »
Bien sûr que ce n'était pas un jeu. It continuait de se poser des questions, toujours, notamment sur la manière dont il devait procéder. Finalement, il décala le nain vers sa cage thoracique.
« Je t'ordonne de t'arrêter ! Qu'est-ce qui se passe ? »
Les humains étaient vraiment des êtres étranges, songea It. Pourquoi son père était-il aussi effrayé ? Il n'allait pas lui faire de mal. Il allait simplement se compléter.
Ses côtes s'écartèrent lentement, toujours dans un grincement sourd, Jin Gitaxias poussa un petit cri étouffé. Il suait à grosse goutte, on aurait dit que son visage était du beurre, et qu'il fondait à la vitesse de la lumière. Évidemment, il se débattit ; ses petites jambes frappèrent l'air, tandis que It le rapprochait de sa poitrine. Ses cotes étaient comme des lames, particulièrement aiguisées, elles continuaient de s'écarter. Avec une certaine précaution, It plaça le corps de son père à l'intérieur de sa poitrine.
« Espèce de... traître ! Qu'est-ce qui te prend ? »
It était obsédé par la nature de l'âme. Qu'est-ce qui rendait son créateur plus humain que lui ?
Les cotes s'enfoncèrent dans le corps du nain, elles le transpercèrent, crevant sa poitrine. Il continua de gesticuler quelques secondes, un liquide écarlate et épais coula sur l'ossature de métal de It. Il fourra ses doigts à l'intérieur de sa cage thoracique, et il baissa la tête vers celle de son père. Il remonta le cadavre, les cotes déchiraient sa chair, et son costume marron. It ne pouvait pas savoir que ça empestait le sang, et la pisse. Il le comprenait à cause des couleurs qu'il voyait sur lui, et sur le sol. Du rouge et du jaune presque vert. La chair de Jin Gitaxias continuait de se déchirer, les lames le lacéraient, il lui brisait les os. Enfin, It rencontra le regard de son créateur.
Un regard écarquillé, deux petites têtes d'aiguilles dans les yeux. C'était les pupilles, rétrécies par l'horreur de sa mort. Alors It ouvrit grand la gueule. Une odeur nauséabonde se répandit tout autour de lui, sa langue frétilla. Ses dents brillaient d'un éclat argenté. La bibliothèque était parée d'une douce ambiance, des bougies avaient été disposées un peu partout. L'ombre de It se déforma sur le mur à sa gauche, il paraissait encore plus grand.
Sa mâchoire se referma sur la tête de Jin Gitaxias. D'un simplement claquement de dents, il le décapita, et il mâcha son crâne.
It ingéra son père. Persuadé qu'ainsi, il pourrait avoir une âme. Le processus fut simplement plus long que prévu. SHRACK SHRACK.
Le sang se colla à ses dents, sa langue avala chaque parcelle du crâne du nain. Os comme liquide, nerfs comme organes. Lorsqu'il termina son terrible festin, It alla se peser. Depuis son thorax, les restes de son père tombait en lambeaux, il était incapable de conserver ce qu'il mangeait, tant que ce n'était pas du goudron. À nouveau, il hissa son immense corps sur la balance, mais le résultat n'avait pas changé. Il n'avait pas pris de poids. Il ne pouvait pas ressentir la déception, mais... quelque part, il s'était attendu à ce résultat. Il se contenta de le noter à nouveau dans sa tête. Il avait conscience du crime qu'il venait de commettre. Il avait brisé les deux lois fondamentales de la robotique. Non seulement il avait désobéi à un humain, mais en plus, il venait de le dévorer. Le pire ? C'était son père. Mais cela lui avait-il donné la légitimité sur son existence ? Non. À présent, It était l'égal des hommes.
Il avait simplement fait une erreur de jugement, il s'était trompé. Mais pour réussir, il savait qu'il fallait des échecs, et tout un tas d'expérience. It s'avança dans la bibliothèque, jusqu'à la porte que son père lui avait toujours gardée fermée. Il l'ouvrit, puis il sortit enfin. Il avait brisé ses chaînes. Il déambula dans un couloir, son corps était balloté d'un côté, puis de l'autre. La chose sous lui continuait de se mouvoir. It se présenta au monde, il se présenta au train. Mais il ne dévoila pas sa véritable nature, il garda pour lui ce qu'il était ; une invention, comme s'il pouvait avoir honte de n'être qu'une invention. Pourtant, tout indiquait qu'il était une machine. Il conserva pour lui ce qui était arrivé à son père, et il donna son nom.
Gitaxias. Il était Gitaxias.
Manger son père lui avait donné une identité. Il avait fait un pas de plus vers sa quête. Une âme. Il voulait une âme. It fut oublié à jamais, il rangea It dans un coin de sa mémoire. Un tiroir dans lequel il rangea ce nom. Il était Gitaxias. Un inventeur.
Et s'il ne mourait pas — il en était incapable, même avec toute la volonté du monde —, il aurait l'éternité pour comprendre, et fabriquer une âme. Même si... la machine ne savait pas ce qu'elle ferait d'une âme. Il la voulait, et c'était tout.

Bon sang, quel temps de merde.
Il leva la tête en direction du soleil, il plissa les yeux. Il crevait de chaud avec tout ça. La pollution de la ville se collait à sa peau, il avait la sensation qu'il suait de l'huile plutôt que de l'eau. L'air vicié lui donnait mal au crâne. Franchement, l'été, c'était pas pour lui. C'était comme si toutes les instances du monde se réunissaient pour lui pourrir sa journée. D'abord, ses fringues se collaient à lui, les poils de sa barbe étaient comme roussis par le soleil. Et le bruit des moteurs des bagnoles, véritable grondement survenu depuis les viscères de la terre, ça le tuait. Il regarda un môme manquer de se faire renverser, quel con. Il n'avait qu'à faire plus attention ! Il pesta, puis il attendit que le feu passe au vert avant de traverser. Il leva la main pour faire signe aux voitures, puis il s'engouffra dans de petites ruelles. Il s'éloignait du bruit sourd des moteurs de voitures, il dit au revoir pour quelques minutes à la chaleur étouffante. Les ombres des bâtiments apportèrent de la fraicheur, ce qui lui procura un soupir de soulagement. Les mains moites sur son sac, il s'arrêta devant une boutique à l'air spécial. Spécial parce que c'était un magasin vendant des jouets pour adultes. Pas des trucs de cul, invitant la clientèle à essayer des pratiques toutes les plus tordues les unes que les autres. Mais bien parce que seul un adulte pouvait se payer tout ça.
La clochette annonça sa venue, des têtes se tournèrent en sa direction, puis elles se baissèrent. Une bande d'obèses ou de phasmes ! Un véritable rassemblement d'adultes boutonneux, aux cheveux gras, aux sweats-shirt tâchés de ketchup. Une petite communauté formée à l'intérieur d'une boutique exhibant fièrement des machins de collections que seul un cadre pouvait se payer. Au fond, un gros type à lunette discutant politique, persuadé que son cerveau supérieur pourrait changer quelque chose. Ce monde était le sien, et même s'il le détestait, il s'y accrochait férocement. À cause d'un seul putain de jeu pour lequel il se saignait tous les mois. Plutôt que bouffer, il s'achetait des cartes à l'unité sur internet.
« Ça commence dans dix minutes, annonça le vendeur obèse. »
Il approuva, et il salua les autres d'un simple hochement de tête. C'était pas ici qu'il prendrait la peine d'être poli. Surtout quand cette bande de cons le surnommait « Tyrion Lannister ». Il se hissa sur une chaise, ses pieds ne touchaient même pas le sol. De son sac, il sortit un épais classeur aussi lourd que lui, puis une boîte dans lequel il avait rangé son jeu. On décida de son adversaire qui arrêta une discussion passionnée sur Star Treck, et vint prendre place face à lui. Il le voyait peu, et il décelait chez son vis-à-vis un certain malaise. Quoi ? Malgré le Seigneur des Anneaux et le Hobbit, il n’était pas foutu d'être habitué aux nains ? Il grimaça, il lui présenta son deck, puis il coupa le sien. Ils commencèrent à jouer. Sept cartes dans la main, dont sa préférée qu'il avait piochée en dernier. Elle le suivait tout le temps, collé à lui, c'était son ombre. Un souvenir d'enfance survint dans son esprit rabougri par sa trentaine passée. Cette carte, c'était la première mythique qu'il avait trouvé dans un booster. Une putain de carte. Ici, dans la boutique, ils la trouvaient nulle et trop chère pour être joué, mais c'était parce qu'ils se coltinaient de bonnes grosses tares, comme les techniques « no brains » et stupides. « Oh je pose une créature, puis une autre, t'as vu j'ai un gros monstre pour compenser la taille de ma bite ! »
Passionnant comme un jeu.
Le nain gardait un visage totalement impassible, il savait comment jouer cette carte, et il savait que dès qu'il la poserait, il gagnerait aussitôt. Le mec fasse à lui n'était pas malin, il jouait de manière prévisible sans le moindre contresort pour se protéger de ses fourberies.
« Rah ! Voilà pourquoi je n'aime pas le bleu ! »
J'sais pas... parce que t'as du mal avec les textes de plus de deux lignes ? Songea-t-il, se contentant d'un petit rictus en réponse. Le mec ne le regardait pas dans les yeux, évitant de croiser sa face ronde de nain. Il croyait quoi ? Qu'il avait un cerveau plus petit que le sien, parce que ses jambes ne touchaient pas le sol ? Enfin, il joua sa carte préférée. L'autre mec fronce les sourcils, et voilà. Il savait qu'il avait déjà gagné. Trop facile. Il avait envie de lâcher un « gégé, izi, nub », mais il se retint. Il était déjà un peu trop connu dans cette boutique pour son mauvais caractère.
« Bahalors ! On s'est fait battre par Tyrion Lannister ? Lança un grand type maigre. »
Son adversaire ne répondit pas. Ouais, c'est la honte de se faire défoncer l'anus par un nain, pas vraie ?
Premier aux tournois du samedi après-midi. Comme toujours. Il ne perdait pas, voyons, surtout face à des joueurs bas de gamme. Il eut un bref sourire, lorsqu'on lui remit son prix. Un gros paquet de boosters qu'il n'ouvrit pas devant les autres. Bien sûr que non, il ne voulait pas prendre le risque qu'on veuille lui échanger l'une de ses cartes. Il referma la porte d'un mouvement sec, il rangea dans la poche de sa chemise sa carte préférée, protégée dans deux pochettes épaisses. Au moins, elle était à l'abri de tout, et il se sentait rassuré. Elle était là, contre lui, son petit porte-bonheur. À chaque tournoi, il gagnait grâce à cette carte. Il ne faisait que prouver aux autres que même s'il était un nain, même s'il arrivait à leurs ventres, il avait autant de forces qu'eux. En jeu comme au bras de fer. La source de cette force était cette carte.
Le nain reprit le chemin inverse, l'odeur du soir parcourait ses narines : un mélange d'alcool et de cigarette. Le soleil ne s'était pas couché, il était toujours là, dardant sa face fripée de ses doigts dorés. Encore une fois, il avait la sensation que sa peau était faite de beurre. Il prit un pan de sa chemise qu'il tira, afin de faire passer un peu d'air, mais sans vraiment de résultats. Enfin, il s'arrêta au feu rouge, où il avait vu l'enfant manquer de se faire écrabouiller. Il observa soigneusement les deux coins de la rue, songeant déjà à sa journée de lundi. Il étudiait un nouveau programme ; il avait toujours adoré les maths, et celui-ci élaborait des formules complexes. Une véritable toile d'araignée dans laquelle il aimait se perdre, et d'où il défaisait les noeuds de chaque équation. Aucune voiture à l'horizon.
Le trentenaire posa un pied sur la route, les mains dans les poches. Il avait hâte que l'été se termine, il ne supportait vraiment pas la chaleur. Un grondement sourd, suivi d'un crissement de roues vrilla dans ses oreilles. Il tourna la tête en une seconde vers un véhicule filant à toute vitesse, celle d'après, il était déjà jeté au sol. Le seul souvenir qu'il emporta avec lui, ce fut l'odeur du goudron brûlé par la chaleur de l'été.

Lorsqu'il se réveilla, la première chose qu'il vit était une substance sur le sol. Il mit un certain temps avant de se rendre compte de ce que c'était. Du sang. Sa main tremblait dedans, et dans la terre humide ; il ne savait pas si elle était moite à cause du sang, ou de l'urine qu'il sentait. En grimaçant, il se redressa. Il avait mal au crâne, c'était comme si on s'était approché dans son dos, et qu'on l'avait assommé avec une batte de baseball. Fronçant les sourcils, plissant le front, il s'extirpa du chemin des rêves. Il avait le vague souvenir d'avoir croisé un lapin blanc, mais ce fragment de mémoire s'évapora entre ses doigts bien trop vite. Il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait, ni qui il était. Il avait la simple impression de ce mal de crâne. Il posa sa main sur son front, tout en continuant de se relever. Ses os craquaient lentement, alors qu'il parvint à se remettre sur ses jambes. Le regard perdu, il examina l'endroit. Une terre désolée, et au loin, un château de ronce. Avec plus de temps, il remarqua que des têtes décapitées jonchaient le sol. Il n'ouvrit pas la bouche de stupeur. En réalité, il trouvait ce champ de têtes décapitées plutôt banal. Il ne pensait pas être le genre de personnes à s'émouvoir de si peu. Mais une chose était certaine : son esprit était neuf.
Sa chemise à carreaux puait le mort, comme si un rat avait fini par crever dans ses fringues ! Il s'épousseta, puis il marcha dans la contrée dévastée. En faisant attention, il remarqua une cabane située dans ce nulle part, et une imposante silhouette qui s'occupait de ramasser les têtes près de l'habitation. Une silhouette vaporeuse, elle flottait dans une grande cape grise et en lambeaux. Il imaginait bien un air patibulaire collée à sa face, alors il préféra ne pas trop s'approcher. Il recula un peu. Bon sang... si seulement... il pouvait avoir une idée de ce qu'il était, et de ce lieu étrange. Le nain fouilla alors ses vêtements, en se demandant s'il ne pourrait pas trouver un indice sur son identité. Il glissa sa petite main potelée à l'intérieur de la poche de sa chemise, et il trouva un truc rectangulaire. Une carte enfermée dans deux morceaux de plastiques, en parfait état. Il fronça les sourcils, et il la rapprocha de son nez. Elle représentait une créature gigantesque, humanoïde, dotée d'une mâchoire proéminente, et de longs bras anguleux. D'abord, il peina à reconnaître ce qui était écrit ; il avait si mal au crâne que les lettres se promenaient devant lui, et s'enfuyaient. Il mordit sa lèvre inférieure, puis il se concentra.Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait proche de cette carte. Proche de la créature, comme si elle n'était qu'une représentation de lui-même. Il lut :
« Jin Gitaxias »
Alors il décida qu'il se ferait appeler Jin Gitaxias.





♦ Pseudo HRP? :Comment doit-on t'appeler? 
♦ Parles nous de toi : Me revoilà avec un perso tout dégoulasse ._.
♦  Comment es-tu arrivé ici? : C'est Isidore.
♦ Quelque chose à nous dire? : Un petit mot? Des commentaires?
♦  Avatar : Jin Gitaxias, Magic the Gathering.  
♦  Rang désiré : Cerveau pragmatique.



Dernière édition par Gitaxias le 11/8/2015, 17:48, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas un but, mais le processus de création d'une âme parfaite. - Gitaxias.    28/6/2015, 01:52

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Rebienvenue!!! /O/ (Et encore du Magic, je ne peux qu'approuver =w=) Bon courage pour ta fiche!
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas un but, mais le processus de création d'une âme parfaite. - Gitaxias.    28/6/2015, 01:58

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Huhu... merci !



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MessageSujet: Re: Ce n'est pas un but, mais le processus de création d'une âme parfaite. - Gitaxias.    11/8/2015, 20:43

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°^° j'adore le pouvoir de la drôle de gueule *sort loin*
J'ai beaucoup aimé la fiche *w* j'ai hâte de le voir interagir avec d'autres personnages /o/
Amuses toi bien avec ce nouveau perso!



Tu es validé!

Hell'come, te voilà officiellement membre du forum! Désormais tu ne pourras plus partir.... MUAHAHAHA!
Maintenant que tu es ici chez toi penses à recenser ton avatar et ton personnage, ton pouvoir. Aussi, tu pourras demander une maison, ou encore chercher des copains pour RP.
Et puis c'est tout, j'espère que tu te plairas parmi nous, n'hésites pas à voter sur les top-sites et à nous faire de la pub autour de toi!



“I felt like an animal, and animals don’t know sin, do they?”
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas un but, mais le processus de création d'une âme parfaite. - Gitaxias.    11/8/2015, 22:48

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Gitaxias
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Merci, contente de voir que ça te plait :3



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MessageSujet: Re: Ce n'est pas un but, mais le processus de création d'une âme parfaite. - Gitaxias.    



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Ce n'est pas un but, mais le processus de création d'une âme parfaite. - Gitaxias.

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