[imaginons un cimetière, hein ]




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MessageSujet: [imaginons un cimetière, hein ]   15/10/2015, 19:48

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Alice


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Aucune terre ne demeure étrange, quand nous les nourrissons des visions de nos esprits. Torturés, embouchés... Le surnaturel n'existe qu'en l'inhabituel, perdition de l'homme qui ne peut sortir les yeux de son chemin quotidien. La beauté de l’incongrue te va si bien. Même les reflets de l'absinthe ne font que te magnifier sous l'éclat lunaire de cet astre maudit, destiné à n'éclairer que les égarés et les filles dont la misère relève les jupons.

Tu m'y fais parfois penser, de ton visage alambiqué, ces traits creusés d'on ne sait quel sentiment amer. Cette douceur, douleur sous la passive agressivité qu’expectore chaque pore de ta peau. Oh, Charles ...tu es celui que je n'ai peur de perdre, car je le fais à tout instant.
Je sais pourtant où te trouver, mais ton esprit n'est jamais là ou se trouve ton enveloppe, si ce n'est dans les rares moments ou tu le ramène dans mes bras, l'éveille pour notre étreinte aux accents de désespoir.

La nuit étend ses voiles au dessus de nos têtes, et mes doigts s'égarent dans les boucles soyeuses qui poussent depuis ton crâne. Jamais mon âme ne puis trouver autant de paix qu'en te tenant dans mes bras, sous l'air froid de la nuit d'Octobre. La terre exhale ses senteurs, de la mousse humide, aux corps putréfiés, emprisonnés sous les lourdes pierres qui sont nos couches d'hiver. Penses-tu qu'y serons nous un jour ? Nos noms dans la pierre, dernières preuves de nos existences, mais sans plus qu'un anonymat. C'est cela..un nom n'est rien, si la mémoire s'éloigne ; et chacun, c'est celle de l'autre que nous sommes.
Il semble ainsi évident que nous disparaîtrons l'un dans l'autre.

Mes yeux couvent tes angles, les reliefs de ton visage sculptural. Et je ne peux que le baiser, y presser mes lèvres brûlantes en resserrant ma prise autour de toi, sous le regard froid des astres qui clignotent au-dessus de nous. Seul les bruissements des invisibles, croassements des corbeaux familiers, rythment l'atmosphère plus fort que ne semble le faire mon cœur. Te moquerais-tu de moi si je m'envolais dans le lyrisme qui me fait défaut lorsque je te vois.

Dès le premier regard, tu m'as éveillé à un sentiment familier. Jamais ne saurait-je ce qu'il fus. Mais mon attention ne te quitta plus dès lors, et plus je me rapprochais de toi, plus mon horizon se réduisait à ton obsession. Mon souffle ne prenait vie qu'avec toi,se mariant au tiens, se mélangeant contre ta bouche aux accents d'hystérie chartreuse et mystique. Je ne sais si désormais, je pourrai vivre en ces terres baignés d'une brume consciente, sans t'avoir à mes cotés. La simple pensée de t'y perdre, te voir te dissoudre dans ce rideau grisâtre, éveille une peur en mon sein, qui ne saurait se calmer sans ton toucher.

Couché sur la fosse, j'ai beau te serrer contre moi, il m'est impossible de ne pas penser au jour ou mes bras ne rencontrerons que de l'air, et mon visage gravera sur sa chaire blême, le relief de ton nom dans la pierre. Mon esprit pourrait même se convaincre que ne repose contre moi que ton corps, si je ne ressentais ton cœur battre aux rythme effréné que l'alcool lui impose.

Tu as encore trop bu, mon tendre poète.
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MessageSujet: Re: [imaginons un cimetière, hein ]   8/11/2015, 07:39

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Poète maudit


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Charles Baudelaire
Poète maudit

"Imaginons un cimetière, hein"
Poe x Baudelaire

De lugubres murmures que le vent glisse dans les feuillages, des cris aux branches et le silence au cœur. Encore et en chœur les étoiles pleurent alors qu'elles t'observent perdu dans une triste torpeur. Des larmes d'idées qui se glissent entre les épitaphes muettes, des mots qu'on oublie, qu'on enterre dans son esprit pour qu'aux damnés ils tiennent compagnie. Elles tourbillonnent, démentes pensées, prenant part à la danse macabre de tes synapses, la raison calcinée à même le goulot. Chute diluvienne, râpe l'œsophage, brouille les synapses. Éclats de braise enflammant la nuit d'un chant muet qui s'élève contre la gravité du monde, vers des paradis illusoires, les seuls que tu saches aimer. Il emporte ton esprit au loin, ce vin, liqueur de vie aux saveurs boisées. Il t'engloutit à chaque gorgée. La délicieuse extase de ton esprit qui s'écrase, six pieds sous terre, là où la réalité ne t'atteindra pas. Il n'y a qu'à cet endroit précis que tu peux l'entendre, la douce mélodie que jouent tes os qui frissonnent à chaque déglutition.
Charles... Quelles Merveilles cherches-tu au fond de ta bouteille ? Sur ces flots délétères, il n'y a que la misère où ton esprit ne vogue que trop souvent, accroché comme un dévot à sa triste compagne. Tu le sais pourtant, que seules les banalités y brillent de factices apparats, qu'aucun terrier ne s'offrira à toi. Tu es seul... Livré à ta démence. Que tu l'aimes, cette sadique maîtresse qui déchire ton esprit pour te refaire de lambeaux ! Qui te laisse flotter au vent comme une épave au glorieux passé. C'est l'explosion d'une nébuleuse qui vient taguer ton firmament synaptique d'idées familières te paraissant plus claires à la lumière de féeriques déglutitions. Le voilà incandescent, les pensées fusent et s'éteignent à la vitesse de tes amours, une galaxie lointaine s'aspirant d'elle-même, se tordant et s'empoignant, se dévidant dans un tout plus imposant que ton esprit qui s'efface. Tu te perds, dans l'oblitération d'une cognition qui s’éclipse sous un ciel sans étoile où la poudre de rêve t'élève dans de morbides divagations. Ta silhouette chevrote dans les ombres, fricote avec les ténèbres, s'y fond pour mieux s'y retrouver, les constellations ayant précédé tes éclats en vigiles, frigides spectatrices de tes vices.

Spleen... Qu'il est doux ce mot qui t'anime, ce mal-être qui te colle a la peau, qui s'engouffre dans tes neurones et brouille ta pensée. Spleen... Il sonne comme une pointe de mysticisme dans une marre de lumière, un point d'ombre où ton esprit fatigué pourrait s'oublier. Quelle délicieuse sensation que la mélancolie, se perdre dans les sillons d'une cognition brouillée de fantaisies écorchées. Spleen... Ce mot sonne comme un requiem. Tu es beau Charles, poète maudit qui n'arrive a trouver la rime qui comblera son vers. Oh oui ! Jouons sur les mots, Charles ! C'est un jeu qui te plaît tant, décomposer la langue en exquis cadavre, une esquisse de paradis.
Vices et délices. Tu frisonnes, abandonnes le verre gelé pour le cœur brisé de ta moité, ce morceau d'être si tourmenté que vos brisures ne peuvent que s'assembler, se défoncer un peu plus pour mieux coller. Du corps à l'âme, il sait toujours trouver tes fêlures, les épouser de ses lèvres pour les combler de ses morsures. Quelques murmures arrachés à la nuit qui résonnent à l'être comme des cris alors qu'il t'impose sa démence pour te soulager de ton errance. Tu te perds toujours en lui, dans ce tortueux labyrinthe où vous vous plaisez à éteindre toute lumière, perdre vos repères pour vous dessiner dans l'obscurité, vous redécouvrir l'un dans l'autre sans jamais parvenir à vous fondre. Palpitants gelés qui n'en peuvent plus de ne plus pouvoir respirer, des cadavres que la mort anime, cherchant le souffle là où il manque, quérir pour ne jamais assouvir. Le désir exalte, ce qu'il éveille en toi est bien plus que cela. Cette frustration qui rend tes lèvres fébriles alors que ton corps se tord contre le sien, que vous vous frottez jusqu'à la moelle et consumez vos chairs. Tes yeux se ferment sur son corps pour épouser son esprit alors que tes mains s'emparent de la vie, la seule qui demeure sous le voile de la nuit, ce pavillon noir qui vous invite à l'abandon.

Le marbre te glace le sang, tranche ta chair de son inertie alors que l'éther impose à ton cœur de marteler tes os. Le sang bat dans tes tempes et marque la cadence d'une gigue démente alors que tout indique la valse. Tu vois les cordes se tendre au gibet, l'archet de ton amant glisser sur tes cordes vocales pour t'arracher une sonate inconnue. Tu vous imagines sur ce lit de mort, vous décomposer pour ne faire plus qu'un, tas de cendres enfiévrés par vos passions, les corbeaux en témoins qui vous dévoreront la chair et vous offriront ce monde où vous ne savez exister. Il n'y a que dans le marbre que vos noms rimeront. Que les corps dansent mollement sous le souffle de la peur, simples chuchotements, murmures, plaintes d’outre monde, d'une terreur tapie dans l'ombre, se pourléchant les babines en sentant le parfum de frayeur qui émane des corps qui tremblent encore dans le mal de vivre dans la mort. Les vanités qui s'entassent alors que se brisent les carcasses, un roulis de souvenir, écumes de sentiments étranges éclosant dans les ténèbres. Tu revois les têtes rouler, les cartes hurler, se déchirer d'effroi, une pluie de sang éclipsant la beauté de l'astre primordial. Tu lèverais presque les bras pour réveiller les morts de vos ébats.
Mais tu n'es pas Camille, ta muse est calme ce soir, seuls vos corps frappent la pierre de l’éreintante rythmique de la vie. C'est une orgie sous terre, les vers grouillent, s'enfoncent dans les tissus, comme les idées sombres qui se glissent dans ta masse spongieuse, la saturant par l'absurde. Diathèses morbides qui couronnent ta cognition d'éclats sournois. Tu rouvres tes cieux embrumés sur les ténèbres que tu embrasses, que tes mains interprètent comme ses mots autrefois. L'un sur l'autre, vos cœurs s'emballent sans trouver l'harmonie, c'est une lutte aux accents nihiliste, qui pousse vos corps à s'entrechoquer, écorcher les pages de vos histoires où de vos doigts la bile de vos âmes s'est déversée de vos brisures. Tu aurais voulu les entasser comme vos corps pour mieux les brûler, juste tenter de vous aimer à en brûler. Ça serait une belle fin, ne faire plus qu'un avec vos fantaisies conjointes. Ton souffle chargé d’enivrement s'écrase sur ses lèvres alors que ton regard passe au-delà de son corps, là où vous n'êtes plus, où vous Êtes. Cette fascinante communion où vos plumes se rencontrent et se redécouvrent, ces obsédants échanges auxquels vous vous abandonnez... Ceux qui t'enfoncent davantage dans tes abysses que le font les fées.

- Je veux être Ophélie... - Ton regard se plante dans le sien. - Je veux te voir pleurer sur un linceul de fleurs que tu déposeras sur les restes de ton cœur. - Ton pouce effleure ses lèvres, tes iris caressent les arrêtes de son visage pour le rejoindre. - Je veux te voir sans pouvoir t'atteindre... Les larmes se perdront dans le vide... - Tes doigts se glissent dans ses ondes de noirceur, caressent ses cheveux pour saisir sa nuque. C'est un faible murmure ravalé à l'obscurité qui franchit le seuil de tes lèvres. - J'aurais ton esprit pour seul monument...

Sans toi, je préfère cesser d'exister. Même l'alcool ne saurait t'arracher ces mots. Tu aimes tant qu'il se glisse en toi pour te comprendre, te sentir violé par cet esprit qui s'immisce dans tes divagations pour s'en approprier le sens. Tes lèvres frétillent dans une fébrile excitation. Tu écorches la nuit d'un sourire maladroit et ton regard le supplie de te faire sien, de te soumettre au rythme de ses pulsations, de ses sombres pulsions. Tu veux te noyer en lui, Ophélie au voile noirci des envies de la nuit, cette obscure démence qui t'habite et t'inspire toutes tes expirations.


*Grince* Putain je chiale, c'est trop laid xD
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