Restes d'humanité - With Mizz




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MessageSujet: Restes d'humanité - With Mizz    10/11/2015, 19:30

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Héraut de la Désolation


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Alexandrov O. Mordvilko
Héraut de la Désolation
Les ternes raies blanchâtres que dessinait le soleil de l'aube sur le sol ombragé transcendaient l'arène brunâtre de cet agglomérat de feuilles mortes et de branches gisants sur le sol, tapis aux milles couleurs, voile funéraire laissant les plus infimes des êtres vivants se délecter de la carcasse pourrissante des malheureux résidents des bois n'ayant survécu à la saison automnale. La symphonie primale se répétait une fois de plus, et au travers de mes paupières closes, je sentais la forêt s'éveiller hectare par hectare, une symphonie qui aurait pu sembler conduite par le chef d'un orchestre de grillons et de fanes se déhanchant au rythme d'un doux zéphyr, tant elle semblait mue d'une irréelle harmonie

Le terreau craquait à chaque fois que je mettais un pied devant l'autre, que je traversais ce berceau végétal où la vie s’éveillait au fil des secondes, les êtres sylvestres etirants leurs bras pareils aux branches des géants des bois, l’écorce assombrie par celle leurs pairs semblant devenir la parfaite allégorie de ceux qui ne trouvent le bonheur que dans le mal être des leurs.

« Ce monde est vicié, noyé sous la fange, et il corrompt tout ceux qui posent le pied sur ces terres désolées et abandonnées des Dieux. ». De la cité de la reine rouge où les visages de ceux qui ne surent lui plaire connaissent le même parcours que l'astre gigantesque, à celles de l'Ombre où se fomente une terrible vengeance, nul n'était épargné, et de la même manière que sur Terre, la jalousie et la haine gangrenaient une autre réalité, une de celles qui n'auraient jamais du devoir subir la peine et la douleur jour après jour, minute après minute, sans l'erreur d'un roi de pacotille chassé de son trône par l'un de ceux qu'il n'aurait jamais du accueillir dans ce royaume.

Oui, ce monde est pourri, bien loin du pays idyllique autrefois rêvé, de cet autre monde assez différent de celui des mortels pour devenir l'Havre de paix de ces enfants préservés de la souillure, de ceux qui, détachés de l'esprit de leur créateurs, acquièrent une autre vie, loin de celle d'encre et de feuillets que lui ont offerts leurs auteurs. Et désormais, les voilà contraints d'errer en compagnie de ceux qui, sous le glabre toucher de la faucheuse, virent l'obscurité voiler leurs yeux de milliers de papillons sombres, occultant ce qu'il perdirent à jamais. Un long tunnel humide, pareil à celui qu'ils traversent avant leur premier cri, une nouvelle lumière aveuglante, et ensuite ?

Le masque d'un chirurgien ou celui d'un passeur, quelle différence ? Au final, leur âme fini une nouvelle fois entre les griffes de plus puissants qu'eux.

Un rire traverserait mes lèvres à la pensée de cette ironie du destin, si ma gueule ne serait devenue celle du prédateur lupin tirant derrière lui la carcasse ensanglantée du dernier joueur dément, escroc décérébré qui jamais n'aurait du avoir la folie de croire que l'on pouvait impunément transgresser les règles du Jeu. Les sillages rougeâtres qui écorchaient sa peau sonnaient tels autant d'avertissements muets aux infortunés qui retrouveront le corps.

« On ne déconne pas avec le Père Castor, salope »

Le fluide vitale s'écoulait de ses plaies à chaque mètre que sa dépouille parcourait, mes crocs goûtaient encore les saveurs cuivrées de l'ichor écarlate dont s'engorgeait dès à présent cet enfer émeraude, un macchabée de plus dont l'esprit se dissiperait dans l’atmosphère en laissant une enveloppe vide derrière elle, un corps en perpétuelle quête de sens, sans mémoire, sans souvenirs, sans rien.

Existerait-il seulement, ainsi vide, sans rien à quoi se raccrocher ?

Cela m'importait peu, ce qu'il a été, ce qu'il sera dès à présent, qu'il ait une famille, des amis, une vie par delà son statut de tricheur, des rêves, des espérances, une foi, qu'il ait été un homme bien ou le pire des enfoirés, une femme juste et droite, ou de celles qui ouvrent leurs cuisses à la première occasion, je n'en avais cure.

La vie était injuste, pour quelle odieuse raison devrais je me montrer différent ?

Alors que mes griffes guidaient mes pas en dehors de la prison des sylves, de ce lieu hors du temps et des lois des hommes, ou, depuis la fin de ses jours, quelques heures où des semaines entières ont pu se profiler dans l'indifférence totale du cycle ancestral, elles me conduisirent vers sa dernière destination, sa dernière demeure, celle à laquelle il n'aurait jamais pu s'attendre, car qui s'attendrait à mourir sous les cimes des arbres, loin des caveaux de grandes familles autant que des doigts libidineux des pervers nécrophiles. La cheville du malheureux agrippée par mes canines, je cherche à lui débusquer, du coin de l’œil, une sépulture digne de lui, un trou creusé par les intempéries, une fosse quelconque remplie de déjections, un lac où son corps reposera jusqu'à l'instant où il se relèvera et ne deviendra qu'un être errant à la recherche de son savoir perdu, un réceptacle privé de son essence, rien de plus qu'un autre être emplit de mal de vivre, de mal être, de ce sentiment de vide qui ne pourra le quitter de l'aube au crépuscule, jusqu'à ce qu'une nouvelle fois la vie ne s’échappe de ses chairs tuméfiées, et ne précipite à jamais son existence vers le vide, que plus personne, y comprit lui même, ne se souvienne simplement qu'il fut.

Alors, jamais plus qu'en cet instant, il ne pourra se sentir d'avantage humain.
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MessageSujet: Re: Restes d'humanité - With Mizz    16/8/2016, 14:44

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Dahmer's girl


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Tout les jours de ton errance, lorsque tes pas marchaient, s'alignaient pour te ramener chez toi, tu ne pouvais t'empêcher d'écouter les grincements des branches dans le vent. Tu ignores en vérité ce qu'il te rappelait, mais ton inconscient voyait là des grincements d'os brisés, des bruits de mouvements, de blouses qui circulaient, courraient dans des couloirs blancs, à la lumière éblouissante. Lorsque tu parcouraient inlassablement ce chemin de terre, tes jambes semblaient revivre le passages de ta chambre aux autres, aux salles de repos, salles de loisir. Et le long, long chemin à la chambre qui le contenait. Tu ne le connaissait pas, seulement son histoire, ses souvenirs entrevus entre ses paupières dévoilant une sclérotique rouge.  Ils avaient voulus le sauver, et il voulait rester mort..explosé sur le bitume, pour se faire éclater le crâne.. tout ça pour en faire sortir le monstre qu'il était.

Alors il gisait sur son lit d'hôpital, sombré, son corps pleurant de tout ses pores pour ne plus être. Tu espérais presque pouvoir ramasser tout les morceaux, les remettre dans le bon sens pour le réparer. Mais tu savais intérieurement, que si cela était possible... Il aurait tout fais pour se briser de nouveau.
Tout ce que tu sentais au pas de cette porte, c'était son agonie. L'odeur de détergeant, de draps propres, de son corps qui ne bougeait pas, et vivait seulement en prenant la mort par tout petit bout.
Tout ce que tu sentais au pas de cette porte, c'était ton agonie. L'odeur de détergeant, de draps propres, de ton corps qui bougeait encore, et vivait seulement en prenant la mort par tout petit bout.

C'était ce que tu gardais dans ton cœur, ce à quoi tu as pensé lorsque tu es demeurée dans ton lit, flottante dans cet entre-deux. Tu repensais à ce garçons qui avait tout fait pour repousser son humanité la plus viciée. Qui demeurait dans le silence, murmurant sous ses draps tout le regret de son enveloppe corporelle en constante dégradation, dans une atmosphère déjà morbide.
Il te semblait être un bouquet de fleurs, oublié dans son vase. Et tu réalisais que toi-même avait toujours été cela. Alors tu t'étais endormie, endormie dans ton eau croupie, dans les fluides qui t'avaient fait marcher, et te gardait désormais dans ta boite précieuse, se remplissait de toi.

Désormais, l'air frais faisait battre tes cuisses de tes cheveux longs, et rougissait tes joues des couleurs que le soleil ne pouvait déposer sur ta peau transparente. Et tu courrais, dans les chemin de terre des bois, a t'en fendre les poumons, faisant siffler ces souvenirs si légers qui s'envolaient de ton cœur pour se laisser porter par les courants. Ta voix, demeurée murmure, éclatait en rire, et alors enfin, tu oubliais ces odeurs de vase et de mort.. Aucune prière n'étais demandée, aucune croix suspendue à ton chevet, enroulée à ton poignet. Et sans le savoir, tu le comprenais. Un rating de plus, n'avait rien d'effrayant.

Tu écoutes ces fantômes, poursuit tes délicats oiseaux en riant, mais alors voilà que la voix des arbres s'aggrave, plus rauque. Les bruissements étouffés des buissons s'écrasent sous le poids d'un corps qui se traîne. Tu te redresse, ton visage reprend sa douce mélancolie d'expression curieuse et tu suis cette traînée de morgue, attirée par la mort comme les papillons de nuit venant boire les dernières larmes défuntes, emplis des plus beaux souvenirs. Ton nez se fronce sous l'âcreté trop connu.

C'est au détours du chemin que tu plonges les iris dans les siens. De larges pupilles jaunes, brun-doré, cerclé de noir. Une truffe luisante, rehaussé de rouge. Et un corps en traîne , rehaut sonore des pattes puissantes et silencieuse. Tout semble silencieux, la respiration du loup ondoyant dans l'air secret de la forêt sans bruit. Tes yeux ne quittent les siens, et lentement, ta main se lève. Tu ne veux pas le chasser..tu ne sais pas réellement pourquoi, mais c'est le soulager que tu désires. Sans le savoir, tu le comprends.
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MessageSujet: Re: Restes d'humanité - With Mizz    16/8/2016, 18:05

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Alexandrov O. Mordvilko
Héraut de la Désolation
Les feuilles mortes grésillaient, s'effritaient sur le sol à chacun de mes pas, les fanes couvraient pudiquement l'humus d'un tapis chatoyant, un voile rapiécé de végétaux asséchés par le temps, flamboyant des milles couleurs de l'automne, et je le piétinais sans vergogne de mes talons lupins, ceux la même qui excavaient un chemin millénaire que le temps filant avait couvert, à mesure que je m'enfonçais dans les bois, suivant les traces du petit chaperon rouge et du grand méchant loup.

Traversant la croisée des chemins, à la recherche du sanctuaire qui se devait d'être la dernière demeure de mon encombrant fardeau , un havre de paix pour un être las, mes griffes, fouissant le sol à chaque mètre parcouru, cessèrent de léser le visage de la Terre mère, mes crocs qui, compulsivement, perçaient de nouveaux sillons sur le bras moribond, relâchèrent leur étreinte lorsque le duvet de ma nuque se mit à frémir en un avertissement muet, silencieux. Le souffle qui s'échappait de mes narines, qui faisait s'envoler les limbes flétries et les insectes rampants, s’accrut à mesure que mes narines, rendues frémissantes par des effluves inconnues, se détournèrent de la litière, guidant mon regard morne et mes iris jaunies vers une évidente intrusion.

Je n'étais pas seul dans ce labyrinthe sylvestre, chapardeur de mémoires enfouies, je n'étais plus seul, et, le Père Castor le sait, j'aurais désiré qu'il en soit bien autrement.

De longs, trop longs cheveux d'un blond qui semblait presque blanc à la lueur d'un soleil qui transperçait le dôme de branches, une peau trop pale, opalescente, digne d'un spectre errant, flottant entre le vent et le souffle des disparus, et qui sait, peut être en était ce un, peut être n'était ce point la brise que j'ouissais, mais les soupirs des déchus, peut être la Mort était elle venue chercher son dû, celui là même que je m'échinais à transporter vers l'autre rive, dans un endroit où, il pourra reposer jusqu'à son prochain éveil ?

Mais je connaissais la Mort, et jamais elle ne prit l'apparence d'une jeune femme désœuvrée pour collecter des âmes. Bien plus souvent celle d'un albinos psychorigide.

Elle tendait sa paume ouverte vers moi, sans que je ne la quitte un seul instant des yeux. Ni menaçante, ni craintive, elle n'exhalait pas le parfum aigre de la terreur, tel un animal acculé, elle n'avait pas cette aura de violence, comme tout brave souhaitant défendre chèrement sa peau pour l'honneur, avant de succomber dans un râle d'agonie.

Elle souhaitait que je m'avance, et c'est ce que je fis.

Je relâchais l'exuvie, la laissa se recouvrir de ce linceul doré et m'approchais de la jeune humaine sans une once d'hésitation, sans même davantage ni à ma tache, ni à l'ermitage où j'aspirais tant à me plonger, quelques instants plus tôt. Endossant le rôle du prédateur, je lui tournais autour, exécutait une dernière fois la ronde et les gestes primales du fauve prêt à se repaître, la jaugeant des yeux comme le ferait un cerf avant de prendre la fuite, puis j'accomplis l'exact opposé.
Je viens à sa rencontre, approcha mon museau de sa main, attiré sans le vouloir, sans le savoir, par l'aura de douceur et de deuil qui l'enveloppait tel un châle sur ses frêles épaules, par sa sérénité cette quiétude anormale, impie, qu'elle me faisait ressentir contre mon gré, sans que je ne veuille pour autant la voir cesser.

Fasciné par cette attraction, seul un froissement parvint enfin à me faire me retourner.

Derrière moi, le corps se relevait, tel une marionnette aux fils vacillants, il se mit sur ses jambes, puis ses pieds, passa sa main autour de sa gorge, effleura l'ichor asséché qui brunissait sa gorge, trembla un court instant avant d'hausser ses prunelles luisantes de haine vers nous, alors que mon museau quitta la tiédeur de sa main pour faire face à ma proie.

J'avais trop tardé.

Je louvoyais vers lui, quelques pas durant, m'interposant entre cible et témoin, le regard rivé sur l'ancien tricheur alors que mon corps se cambrait, que mes pattes se pliaient, anticipaient un bond meurtrier, avant que mes babines ne se retroussent, exhibant des crocs avides d'un sang impur.

Je le voyais, le sentais dans chacun des coups d'yeux qu'il portait sur la demoiselle : trop amoché pour s'enfuir loin de moi, présence à l'aura bien trop menaçante, il n'hésiterait pas à prendre un otage pour couvrir sa retraite, s'offrir un simulacre de sécurité, aveuglé par l'idée qu'un chien fidèle n'oserait oh grand jamais s'attaquer à sa maîtresse tant aimée.
Et je ne le permettrais pas.

« Le loup a décidé de défendre les opprimés ? »

Sa voix résonnait, railleuse, mauvaise, celle d'un être qui se sent dos au mur. Les Ombres avaient par trop souvent réminiscence de menus détails de leurs vies, sûrement les plus marquants, peut être les derniers.
Si tel était le cas, je devais être son pire cauchemar.

« Non, il a plutôt décidé d'étriper les salopards. »

Le son qu'ils entendirent semblait trop rauque, trop grave pour appartenir à un être humain, à l'un d'entre eux. C'était une menace, un avertissement sourd, le dernier avant que l'animal ne bondisse, que sa mâchoire ne se referme sur la nuque, désormais brisée, de sa pauvre victime.

De longues secondes durant, je restais avachi sur le corps sans vie, la gueule couverte de fluide vitale, les poils, de fins morceaux de chair, et le ventre, percé par la lame effilée d'un poignard que le bougre avait, jusqu'alors, dissimulé dans sa manche.

Pour la première fois depuis bien trop longtemps, c'est mon sang qui tachait mon pelage, qui coulait le long de mes flancs avant de choir en fines gouttelettes sur le sol. J'avais par trop perdu en vigilance, la routine de la Faucheuse me faisait perdre ma vivacité, je n'étais plus aussi prudent, du moins, l'étais je moins encore qu'à l'accoutumée.

L'idée de protéger quelqu'un m'avait elle rendu plus impulsif, moins prompt à couvrir mes arrières ?

Cela m'importait peu : quittant le macchabée , je ne cherchais des yeux que la présence de la Nymphe, désireux de me vautrer, de me prélasser dans le calme et paix qu'elle m'avait insufflé, cette accalmie dans laquelle elle m'avait plongé, avant que la Mort ne m'y arrache à regrets.

Faisant de moi son émissaire, une nouvelle fois encore.
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