[LIBRE] Les couleurs de l'infini




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MessageSujet: [LIBRE] Les couleurs de l'infini   24/11/2015, 01:32

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Killing Doll


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Dalhia Morthem
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Un clignement d'oeil, c'est à peine le temps qu'il nous fallut pour être happé dans un trou de ver mystique, l'arche des légendes chrétiennes transportant un nouvel équipage vers une destination encore inconnue.

Un flash noir qui fait disparaître le monde un infime instant, ne laissant que le noir là ou régnait auparavant un agglomérat de couleurs vives et joyeuses, de formes diverses et variées. L'ouïe et l'odorat deviennent seuls capteurs de notre enveloppe charnelle. Nous sommes faibles, sans défenses, nous sommes aveugles durant un court laps de temps, bien trop insignifiant pour nous ouvrir la moindre faille, ou nous rendre cause du moindre soucis.

Et à l'apogée de mon voyage, alors que mes pieds foulaient une herbe encore verdoyante malgré l'éclat irradiant du soleil à son zénith, je rouvris les yeux.

Sculptures sylvestres entourées d'arbres immenses, parfaitement alignés le long du sentier que je suivais depuis bien des lieux, les yeux grands ouverts malgré mes paupières closes, la raison pour laquelle je m'étais évadé de la quiétude de mon foyer, sans me permettre de voir où mes pas devaient me mener. Partir à l'aventure, dans un lieu complètement inconnu, sans savoir par quels stratagèmes j'allais pouvoir un jour rentrer chez moi. Une simple fane se détacha de leur feuillage particulièrement dense, à cause d'une alizée un peu trop violente, sans doute, et effleura ma joue dans sa chute, mettant fin à mon émerveillement en me faisant lentement, mais sûrement, prendre conscience des alentours de cet enfer émeraude.

Des tours d’écorce qui s'élevaient à perte de vue, agrégats de branchages, de feuilles et de lierres, colossales structures naturelles nous dominant d'une taille défiant la raison, palais habités par les résidents des bois, témoins silencieux de la gloire et de la décadence d'un empire corrompu, duquel ne subsiste que quelques ruines préservées des badauds, faisant de ces vieillards courbés par le temps les seules remembrances de ce que fut ce monde en un siècle antérieur, bien avant que son prestige ne sombre à jamais dans le néant de la folie humaine.

Le paysage semblait tout droit sorti d'un conte de fée, tout me semblait illuminé d'un halo enchanteur, étincelant de pureté, d'une vivacité défiant la norme, la structure même de notre Monde. Où était la tristesse, où était le chaos, et si il existait des chevaliers à l'armure rutilante, où était le dragon, le mauvais roi qu'ils devaient défaire ?

Où était la noirceur de la ville Lumière, celle qui devait être combattue ?

Une légère brise vient soulever le versant de mon manteau, les pans sombres du vêtement se soulevant doucement, laissant la broche de bronze s'agiter sans jamais se décrocher. Je savais que si elle se décrochait, nul n'en tirerait rigueur, personne ne viendrait m'aider. Les agneaux, malgré leur bonté, n'étant rien de moins que le genre de créatures que les regards évitent, ne laissant que le silence sur leur sillage. Parfois, une partie de moi rêve de mettre un terme à leur existence.

Et derrière moi les conifères se dressaient à l'image de stèles mortuaires délavées par les ténèbres.

Ce n'est qu'une fois arrivé devant le but ultime de mon épopée que je détourne mon sourire absent et mon regard d'enfant rieuse du sol, emplit de cette innocence que j'aurais aimé préserver, mais que je sais factice jusqu'aux jointures de mes filaments. Le temps passe mais la douleur reste la même, elle enserre mon cœur de toutes ses forces, laissant le spectre de la trahison poindre dans mon âme et me murmurer au creux de l'oreille la raison des racines de ma haine, jusqu'à ce que les souvenirs et la nostalgie viennent effacer la souffrance. Tous ses rires, tous ses espoirs, tous ses rêves … Effacés.

De même que les récits que j'aimerais qu'on me conte avant que je ne m'endorme, ces mots que l'on ne peut deviner, faisant suite à « ils vécurent heureux pour l'éternité. »

Je ne savais guère si j'étais heureuse, à présent, tout ce que je savais, c'est que je n'étais pas triste – ce qui me semblait suffisant pour détailler les alentours et m’imprégner de cette absence de malheur.

Là, face à ces eaux claires, translucides, je ne pouvais que me sentir en paix, mon esprit vide de la moindre pensée délirante, comme si le courant s'était arrêté, que je ne pouvais bouger le moindre de mes muscles de synthèse, comme si j'allais devenir, à l'instar des dieux des bois, une silhouette immobile et éternelle, colonne d'acier à la mémoire d'une époque sombre, d'un paradis déchu.

Mais mon ombre poursuit sa danse funèbre ponctuée par les craquements des branches alors que je mène mon investigation. Nouveaux lieux, nouveaux personnages, nouveau contexte, mais au final, c'est toujours la même comptine, celle qu'on ouït avant de fermer les yeux, et de chuter dans le tunnel du lapin blanc.
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Les couleurs de l'infini   16/6/2016, 04:54

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AZY TES PLUS A JOUR, CRÈVE! sdfrhrh C'est du caca. Si tu veux que j'édite ou que j'me casse n'hésites pas à me le dire.
Hey, CHAAAAAARLIIIIIE!
Ta gueule pour voir.
C'est une voix d'un autre temps, plus agaçante qu'autrefois, qui me sort de ma torpeur. Mes yeux s'ouvrent sur des draps entremêlés, souillés par une nuit chaotique, par les cauchemars qui m'assaillent et grattent sous les paupières. Un grognement quitte mes lèvres alors qu'un joint les gagne machinalement. J'm'y prend à trois reprises pour allumer c'te putain de clope, tire nerveusement sur le papier sans filtre et les fibres de tabac laissant un goût amer sur mes lèvres. J'y passe la langue, le regard perdu dans le vague.

HeEEeey, CHAaaaAAAaaaAAa-R-L-iiIiIIiIIiiiiiE!
Non, mais non. Vous allez pas vous y mettre à deux en plus. Fuck off. Je me redresse dans un grognement toisant les deux licornes à la gueule de camés se tenant devant moi. Des yeux creusés, des traits émaciés, mes démons sont bien laids. Mais je le suis plus encore. Un soupir quitte mes lèvres alors que je viens nerveusement essuyer un filet de bave accroché sur ma joue. Je sens les marques du clavier sous mes doigts, j'me suis perdu entre deux pages à mi-chemin entre une page en cours de rédaction sur l'entretient des chaudières et un porno équestre. J'me souviens pas avoir lancé cette recherche. Je lance un regard noir à l'adresse de mes deux colocataires imposés, maîtres autoproclamés de mon encéphale. Les moments de vide se font plus fréquents, leur présence plus réelle, parfois presque palpable. Pink et Blue n'ont rien à voir avec ces deux clowns, ceux qui s'offrent à mon regards ne sont que des réminiscences d'un passé mutilé par injections et déjections, refus d'exister et tentatives de combler le néant qui m'habite. Jusque là, ça n'a pas vraiment marché. Ta bite non plus elle marche plus. En même temps, une bite qui marche ça fait un peu flipper, j'aurais trop peur qu'elle se barre. Tu mâtes pas assez de westerns. je veux vraiment pas savoir.

J'attrape ma clope pour la retirer d'entre mes lèvres, laisser la fumée danser dans le wagon mal éclairé, une ampoule lutte pour sa survie dans un coin de la pièce. Je m'étire sans grande conviction, balayant la chambre d'un regard morne. Mes neurones éteints tentent de remonter le fil de la soirée. Des morceaux de verre épars entre les couvertures, du sang étalé sur des draps en lambeaux. Une douleur vive au niveau de mes cuisses me tire une grimace, des reliquats de violences étouffées dans des paradis illusoires. Je serre les poings aux phalanges abîmées par une résistance vaine, mes nerfs se tendent sous les hématomes. Malgré les traces, la douleur reste incrustée plus profondément, même les plaies qui le ceignent dos et cuisses ne suffisent à les rendre tangibles. Un rire retentit. Chui pitoyable, je sais. Alors ta gueule, Pink. Ce rire, il résonne jusque dans mon crâne, s'y grave comme une épitaphe. Il m'fait un mal de chien ce rire, par ce qu'autrefois il était doux. Par ce qu'autrefois il était vrai. Mais y a plus rien qu'est l'est désormais, il n'y a plus que des illusions qui me rongent, des souvenirs pourrissants dans une cognition en décomposition.

Hey Chaaaaa...
Quoi?!
T'es chiant.
J't'emmerde.
C'est toujours la même histoire, les mêmes répliques qui tournent et retournent dans ma tête, un tourbillon d'absurdités.

Dis Chaaaaarliie ... On étouffe ici.
Ouais, on étouffe.
Dans ma tête.
Je coince ma clope entre mes lèvres abîmées avant d'essuyer d'un revers de la main une trace de cambouis, résidus de la vérification de la veille s'étant étendue jusqu'à tard dans la nuit. Le passage par le wagon principal n'avait pas pardonné, ça me troue l'anus, au propre comme au figuré. - Oh mec... c'était tout sauf propre... - Je soupire, me redressant avec flegme, enfilant un caleçon et un pantalon sans prendre la peine de refermer la braguette de ce dernier. Après tout, qu'est-ce qu'on s'en fou. Puis on crève de chaud ici. L'emplacement près du moteur est pratique, mais on s'croirait parfois dans un four.  

Charlie ?
Non putain, j'ai pas envie de connaître l'art et la manière de fourrer une licorne !
Petit coquin.
Je grogne, lâchant un juron à voix haute avant de m'emparer d'un fond de bière désormais sans bulles et de le vider sans réellement me soucier du goût. Mes voisins doivent me prendre pour un dingue... Ils ont probablement raison. C'mon Charlie ! Let's have some fun ! Merde. J'balance la bouteille, l'envoyant rejoindre les cadavres tapissant le sol qui prend vie, s'agite dans une mélodie cacophonique qui me vrille les tympans et réveille quelques souvenirs de la veille. Des flashs, des excès qui se gravent à même la peau, dans la chair. Le plafond, des ombres qui s'agitent et étendent leurs voiles par dessus mon encéphale. La réalité qui s'efface au détriment de rêveries bien plus morbides. Mes tripes s'empoignent et le sol se dérobe sous mes pieds. La bile me brûle la gorge. Le monde flanche et tout devient flou.  

Hey Charlie... Tu broies du noir.
Avec un bulldozer.

C'était nul.
Je me redresse, observant une brûlure fraîche s'étirant entre mon pouce et mon index. Un juron m'échappe. J’émerge doucement, les voix suaves et mélodieuses de Pink et Blue en bande sonore épique de cette scène prenante. Une goutte de sueur me caresse la nuque, venant m'arracher un frisson.

Même ta sueur te fait de l'effet.
Ouais. J'ai les nerfs à fleur de peau.
Aujourd'hui le train est à l'arrêt. Manutention qu'ils disent. J'ai eu beau les traiter de connards et leur intimer de la façon la moins aimable qu'il soit que j'savais m'occuper seul de mes machines et qu'ils avaient qu'à s'occuper de leur cul j'me retrouve là comme un con. Quand j'peux pas le conduire, ce train il est infernal.

Chaaaarliiie... J'ai une idée.
Tu sais où tu peux te la f...
Allons nous promener !
Sans moi, j'y ai déjà laissé un rein !
Rein dont je n'ai pas retrouvé la trace. De même que ma putain de corne. Je me recroqueville sur ma carcasse de bête torturée, étirant mes épaules jusqu'à mes oreilles pour enfouir ma tête entre mes mains tentant de retrouver un semblant de cohérence dans ma pensée. De différencier les miennes, des leurs. Ça devient parfois terriblement flippant, j'en suis au point de me demander si j'me suis pas arraché de rein moi-même dans un delirium sordide, le balançant depuis le train en marche éclatant de rire comme un demeuré. Ou si j'lai pas enfoncé dans la gueule ouverte de l'un de ces demeurés. Ça m'f'rait les pieds tiens. Un frisson me parcours l'échine.

Chaaarlie ?
Quoi encore ?!
Tu bandes ?
Vos gueules.
Tu viens gober un des cachets traînant dans tes fonds de poches sans en questionner la nature. Tant que c'est suffisamment fort pour faire taire les autres connards. Je me redresse, titube, jure. La guerre que mon front a déclarée aux meubles m'arrache un rire con qui part hanter les couloirs enténébrés. Il se répercute sur les parois métalliques, fantôme tout juste ressuscité d’une joie tuée dans l’œuf que le train entend souvent résonner. Des éclats artificiels s'arrachant de mes lèvres en fanfare. Un rire dépourvu de pensées et plus désarticulé qu’un vieux pantin. Mon regard brumeux se perd dans les clairs plus obscurs de l'endroit, s'arrête sur Pink et Blue qui me toisent de leurs regards de morue. Pauvre larve. Crachèrent-ils entre deux silences. C'est acerbe. J'ai ce goût amer qui vient m'écorcher la langue. Je me jette sur eux comme un enfant à la mer. Je m'étale dans un bruit sourd. Pink et Blue entament une conversation sur le déficit de pingouins bouffeur de pop-corn du pôle sud, j'ai l'impression que mes neurones s'évaporent au fil des mots. Putain, c'qu'ils peuvent être cons. Dire que c'est le produit de mon imagination. Il y a des jours où j'me fais peur, mais le plus souvent je m’écœure. Je roule sur moi-même, m'étalant sur le dos. Comme une étoile de mer. Souvenirs lointain d'un soupçon d'espoir, une écharde au fond du cœur, les réminiscences d'un soleil calciné, les cendres qui étouffent. Un soupir quitte difficilement mes lèvres.

***

RING, RING !
Non, sérieusement ?
Allo ?
Ring, ring !
Allo ?

Stop. On est où ?
Une étendue de verdure cristallisée s'offre à mon regard. Des feuilles d’émeraude reflètent le soleil le faisant danser sur le sol. Sans mot-dire, j'observe le théâtre des ombres qui se joue pour moi, planqué derrière les verres sombres que j'me souviens pas avoir pris. Mes yeux basculent sur mon corps, le redécouvrent. Reins. Check. J'en as toujours un. L'autre a toujours pas fait de réapparition miraculeuse comme le messie. Yeux. Check. Rien ne semble avoir bougé à ce niveau. J'ai toujours deux bras - A toi le chocolat! -, deux jambes et chui pas chauve. Mon pantalon par contre... Il semble avoir décidé de tracer sa vie loin des marques de graisse et des brûlures de cigarettes, vers un ailleurs meilleur où l'air serait moins saturé en monoxyde de carbone. J'ressemble à rien avec mes tongs et mon caleçon noir défraîchi. Enfin si, à un mec v'nu faire du tourisme sexuel. Mais c'est pas vraiment comme si Wonderland était un lieu de villégiature. Puis j'ai suffisamment à faire avec mes deux licornes au plafond pour pas aller m'emmerder avec des gosses. Y a déjà de quoi faire une rave dans ma tête - Et dans ton cul.

J'ignore la remarque avec superbe, interloqué par un bruit d'eau. J'écarte les sculptures sylvestres leur arrachant quelques tintements cristallins en me traînant jusqu'à la source du bruit. J'ai soif. Les oiseaux chantent, les feuilles carillonnent, brillent comme des vitraux et donnent à la scène des airs mystiques. Un lac se dessine, au fur et à mesure que mes yeux s'accoutument à la luminosité une silhouette s'en détache. Une ombre qui se fait de plus en plus familière. Je cherche pas à identifier. C'est rose, ça semble assez évident. J'ai la tête ailleurs.

- Putain, connard. J'tai déjà dit de me foutre la paix ! Non. J'ai pas envie d'chercher ta saloperie de tournesol chantant. Merde.

Je grogne, me remettant le paquet en place. La classe et le raffinement absolu. Je balance mes tongs, passant à côté de l'ombre sans lui jeter un regard. J'm'accroupis au bord de l'eau, y plongeant mes mains pour me rafraîchir le visage. Ça fait un bien fou. Putain... J'en ai trop pris. Pour changer. Au fond de l'eau y a Nessie qui me fixe avec un regard réprobateur. Ouais, mais l'alcool ça pousse pas sur les algues mec. Ou ptête que si, j'irais pas croquer dans une anémone pour autant.  
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