Binge




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MessageSujet: Binge   21/11/2015, 05:10

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Parfois, j'ai l'impression que l'ensemble des événements qui régissent ma vie ne sont dus qu'à rien d'autre qu'au Hasard. S'il n'avait pas mis son grain de sel là dedans, mon existence aurait pu s'en retrouver diamétralement différente. La plupart des gens ont une franche tendance à confondre le hasard et la chance ou bien à dire « Putain, quelle coïncidence amusante ! » alors que rien ne saurait être plus faux. Le hasard n'a rien à voir avec la chance, ce sont même deux notions aux antipodes l'une de l'autre. La fortune est purement positive, quelque chose apte à vous faire sautiller sur place avec l'air un peu niais. Le hasard quant à lui frappe au moment où on s'y attend le moins, il peut être positif ou bien terriblement négatif, vous assommer d'un coup de gourdin bien placé entre les deux yeux ou bien vous donner l'opportunité que vous n'auriez jamais escompté.

Encore aujourd'hui on ne saurait pas dire lequel des deux avait davantage sa place que l'autre, pour sur, mais il y était pour quelque chose à n'en pas douter. Un de ses tours malins et bien glissé entre deux bribes de vie tout à fait ordinaires, un tournant extraordinaire. De quoi n'en pas revenir entier.

Certains se plaisaient à penser, le front plissé et l'air académique, que le hasard n'est que conséquences, causes, évènements réglés comme des horloges, dans un monde réglé comme une horloge, des gens qui avancent comme des morts vivants Ce qu'on appelle hasard ne serait alors que la conséquence logique de causes que ne pouvons pas identifier, il naîtrait alors de l'ignorance humaine, de notre inaptitude à comprendre sa provenance. Ce que l'on ignore, est nommé hasard, pourtant, il est logique et analysable.

D'autres se plaisent à penser que le hasard est semblable à une entité, une force chaotique, une lutte de puissance, une tension magique entre un être et le monde, une sorte de point de rencontre qui fasse qu'à cet endroit précis, il y ait distorsion, un coup de pouce incroyable. Cette tension ferait alors surgir, poussée par une volonté, ou bien indépendante, des événements simultanés à peine croyables. Comme issus de scénarios fantasmés, des petits spectacles en amateurs que nous construisons sous le scalpe surchauffé de notre crâne avant de nous endormir.

Lorsque l'événement survient, nous n'osons plus y croire, nous sommes bouche bée, ou bien, conscients d'une manière que c'est un sourire malin à notre égard, nous rions.

Mais si je tenais cette théorie, c'était parce que j'avais complètement et définitivement trop bu, et que je broyais une nouvelle fois du noir dans une taverne sordide.

Assit sur une chaise de bois terne sans doute moins confortable que la table qui soutenait ma choppe, je ressassais les vagues souvenirs de la nuit passée en profitant amèrement de l'arrière goût de bière bon marché qui traînait au fond de ma gorge. Foutu monde, avec ses foutus alcools indolores, incolores,  sans le moindre goût, et ses femmes aux ongles si long que je sentais encore le sang s'écouler de trois profondes marques qui me barraient le côté du cou. Elle était parti, non ? Ou elles. Ou il ...
Rien à foutre.

Tranquillement, je laissais glisser mes bottes sur la surface non moins rude du sol parqué, et admira d'un œil morne la bouteille à moitié vide que je tenais encore dans mes mains. J'étais saoul, pas complètement, juste assez pour m'en rendre compte, pas encore assez pour brûler l'auberge simplement pour avoir été offusqué par un liquide auburn décevant ou par la clientèle ignorante.  Alors je soutenais mon crâne de mon poing fermé et observa les quelques badauds qui allaient et venaient, commandaient et riaient, profitant de cette interlude ordinaire dans ma routine qui ne saurait l'être moins, après tout, j'avais tout mon temps, non ?

Ouais … Tout mon temps.

Mais il ne me fallut que quelques secondes de somnolence avant que quelqu'un ne passe la porte craquelée de la taverne dont les éclats joyeux finissaient de me réveiller. Celle-ci grinça en s'ouvrant, mais cela, personne ne pouvait le remarquer, qui aurait eu le temps de s'inquiéter d'une porte dans un lieu tel que celui ci ? L'endroit exhalait de lui-même cette aura chaude et rassurante réservée aux lieux les moins bien fréquentés de Wonderland. Les murs de pierre étaient décorés de trophées de chasse comme si ils avaient poussé à même les briques usées. Désormais éclairée bien trop vivement par l'astre solaire pour mes yeux habitués à la pénombre, la pièce me paraissait doucement perdre son charme onirique, mais elle me semblait trop pleine de félicité pour que je puisse seulement en tenir rigueur.

Je tournais mon visage vers le patron de l'endroit d'un geste de la tête, un petit homme barbu et ridé. Celui-ci ne me jeta même pas un regard, son attention accaparée par la personne qui venait d'entrer. Il se contenta de la regarder la mine renfrogné tandis que cette dernière se dirigeait vers le fond de son établissement. Je jetais un coup d’œil circulaire autour de moi, et mis à part les regards soupçonneux, rien n'avait changé, rien ne sortait de l'ordinaire …

A moins que le Destin ne décide de me jouer un autre de ses tours.
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MessageSujet: Re: Binge   21/11/2015, 20:25

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La nuit, c'est là que les rats se réveillent, et sortent de leur tanière, rampent dans l'obscurité et commettent leurs méfaits dans l'aveuglement des ombres. Et lorsque ces dernières se dissipent, la vie encombrant les villes de cet immense ghetto change de nature, se pare d'un masque d'hypocrisie aux lèvres teintés du sang nocturne. Si la lueurs des bougies n'éclairent que les endroits propres, l'astre du jour renvois bien trop vite à la réalité.

Rarement m'atteint-il, tant l'habitude des tours de gardes durant le règne de la nuit est ancré dans mes fibres. Il n'est que dans mes jours de repos que je puis alors aller à sa rencontre, le simple temps d'un trajet. Dans les rues, les râles d'effort diffèrent de ceux de douleurs, sans être plus agréables à l'écoute. Des gémissements de supplique, de souffrance... J'en viens parfois au désir d'en achever, mais ne puis me contenter que d'ignorer. Ignorer les regards, les soupirs, les noyer dans le désir inepte d'une nuit dans l'inconnue, parfois au sens propre. C'est une façons comme une autre d'exorciser l'esprit, et d’entraîner le corps. A entraver l'humanité, on trouve de nouvelles utilités aux outils de contention.

Sur le sol, mes pas sont bien plus lourds qu'a l'habitude, mon corps moins découvert, engoncé dans l'uniforme de ma fonction, hanches soulignées d'une épaisse ceinture de cuir à laquelle, comme au gibet, pend une lourde matraque qui bat contre ma cuisse. J'ignore si cet aspect inhabituel de ma personne est ce qui pousse les regards à se faire plus craintifs que concupiscents, mais l'ambiance générale de ces basses-villes, ces quartiers aux vermines, n'est qu'une bouillie électrique qui ne fait que me confronter à ma propre démarche militaire, symptôme de ce calme apparent..et ces pulsions internes qui déchirent mes entrailles, désireuses de se délivrer au plus tôt. Mes propres démons, probablement ceux qui ont fait en sorte que parmi ces terres, ce soit celle-ci qui m'accueille désormais.

Je fuis, toujours, en permanence. Je fuis en avant et ne laisse rien m'atteindre. C'est ce que je désirerai, mais l'humanité à planté ses crocs en mon âme, et peut à peu, elle se perd et se déchiquette entre les mains de sa dominatrice. Les yeux dans le vague, mon chemin se poursuit aux tintements des menottes et chaînes qui ornent les sangles ceignant ma taille.
Je franchis la même porte, encore et toujours, chaque fois que mon emplois du temps cyniquement fermé me le permet, réglé comme les mécanismes d'une horloge lourde. Un échange de regard, et je comprend que c'est la première fois que cette action se fait sous mon identités professionnelle. Voilà mon identité qui en prend un coup, et probablement , les comportements allant avec. Mais tant que le service demeure, que m'importe dans ce pays ou tous, nous ne sommes que des âmes damnées, livrées à la guerre, la violence et l'injustice , fange de nos cœurs battant à l'unisson dans ce que nous avons de plus noir.

Mon regard ne s'attarde pas, et mon visage demeure impassible. Ma prison personnelle qui me laisse loin de ces horreurs. Bassement, ma demande joint ses oreilles, et d'un roulement de hanche je me détourne, rejoignant une table en amont de l'éclairage, ou la foule est moins dense, et les odeurs moins forte. Ne s'y trouve que deux ou trois personnes, l'une d'elle connue de mes yeux, mais davantage de mon corps.

Jamais ne saurai-je être la seule à me noyer dans les étreintes, le corps-à-corps sans mort réelle, pour asphyxier agressivité et désespoir dans les bras d'un autre être. C'est une confrontation si commune qu'elle en est devenus la norme, et propage sans doute ce mouvement perpétuel d'agitation, d'excitation qu'est la signature de Nain-Vert Land. Certaines marquent juste davantage, comme fut celle que m'offrit cet homme à l'air aussi sombre que les malavisés des carrefours. Un animal brutal au cœur à vif, hurlant sous le couvert de 4 mur, et se brisant contre des murs de chairs, une prison qui se répète dans les traits du geôlier qu'il n'a alors jamais reconnus.

Mais ce n'est qu'un visage qui pour lui ne fut qu’éphémère, déformé d'émotion et de ressentis, plongé dans le tissus rêche de l'auberge. Une cambrure, un dos perclus de marques, et au lendemain, des draps froissés et froids. Oubliée, je puis me rasseoir en ma propre compagnie, une bière aux reflets inhabituels à la main, et le dos contre le mur, anonyme sous ma plaque officielle, et fatiguée dans toute mon intégrité.
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MessageSujet: Re: Binge   22/11/2015, 04:26

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J'en avais l'intime conviction à présent, rien n'était due au hasard, à cette force aussi étrange et incontrôlable que l'océan, quelque chose de si puissant et insouciant que cela semblait être une parfaite représentation de ma vie, frappant quand on s'y attend le moins, un immense raz de marée qui détruit jusqu'aux fondements les plus solides sur lesquels vous avez basé votre existence, mais bien au Destin. C’était lui qui avait fait en sorte que ma route ne dérive de son chemin initiale et que je fasse escale dans cette petite auberge méconnue de tous. S'il n'avait pas donné un petit coup de pouce aux événements, il n'y aurait pas eu de rencontre, simplement du vide, le néant absolu dans la trame d'une quelconque prophétie inconnue de tous. Il y était pour quelque chose à n'en pas douter.

On aura beau dire « bah, ça devait arriver » mais mon œil, pas du tout, ça ne devait pas arriver et c'était bien là le majeur problème, ça n'aurait pas du arriver, ça n'avait rien à faire là et c'était tellement inattendu que je ne pus qu'hausser un sourcil en me murant dans le silence.

Pantois … Voilà bien l'état dans lequel la vue de la jeune femme m'avait laissé. Une prise d'opposition entre le bien et le mal, entre le passé que j'avais laissé derrière moi en actionnant la gâchette, et le futur qui me semblait n'être qu'une toile peinte d'ichor écarlate, bien plus sombre à présent. J'avais décidé d'emprunter une voie peu recommandable, de sacrifier ce que j'étais pour mon propre bien, pour rendre justice aux morts et aux martyrs, et même si ça semblait dur à entendre, et d'avantage encore à s'en convaincre, c'était pour le mieux. Le plus grand bien. J'avais fini par accepter le rôle ingrat, celui de « Héros », en mettant un terme à ma propre existence … Le genre qui crève dans une rixe et dont le nom s'oublie pour faire place à ceux des Légendes.

En réalité, c’était un continuum, cette façon si spéciale qu'avait le temps et l'espace de se conjuguer. L'un ne pouvait vivre sans l'autre. Là où l'un existait, l'autre y était aussi, et au final, lorsque l'une mourrait, tout revenait au même point.

L'espace, c’était l'endroit, le monde, cela pouvait être n'importe quelle taverne de Neverland, une rue froide et inhospitalière des bas quartiers C’était ces bougies sales, exaltant une lueur maladive, comme morte, vide, dénuée de vie et de sens, la ruelle pavée de pierres terne ou séchait les vomissures perclus de morceaux de verre brisé. Le temps, et c’était là que ça se compliquait, c’était l'instant. Une seconde précise, et pas une autre, ou bien un an entier. C'etait ce moment, survenu dans mon esprit, directement après celui où ma lame pénétrait un globe oculaire, tranchait une gorge, et où les cris des victimes résonnaient dans la nuit

Et entre, les deux. Il n'y avait rien.

Parce que sans nous il n'y aurait nulle violence, mais sans violence, il n'y aurait qu'un monde insipide et grisâtre éclaire par le ciel anthracite. Le monde est ainsi fait, et il ne peut en être autrement … A moins qu'on agisse pour.

Un simple soupir traversa la barrière de mes lippes, et mes yeux dérivèrent un court instant vers la demoiselle qui me faisait présentement face, quelques tables en face de moi. Si sa carnation n'aurait suffit à éveiller mes souvenirs, c'aurait été ses cheveux sombres et ses yeux d'un bleu trop pur, trop plein d'un charme enfantin qui n'auraient sied à celle que j'ai fait mienne toute la nuit durant.

Rien de moins qu'une personne de plus que je n'aurais jamais du croiser, une brève accalmie entre deux tranches de vies trépidantes, dont nul ne souhaitait entendre scander les hauts faits. Peut être n'aurait elle jamais pu capter une nouvelle fois mon attention, peut être aurais je ainsi arrêté mon investigation, si je n'aurais noté le détail qui me fit frémir d'horreur du bout de mes doigts, jusqu'à la profondeur de mon épine dorsale.

Son uniforme de geôlière, et la matraque frappant la cadence sur son délicat fessier.

Et sans que je ne sache pourquoi, cette simple vision suffit à me faire grincer des dents avec une telle force que, j'en étais persuadé, le raclement pouvait se faire ouïr par toute l'assemblée. Des réminiscences d'un passé disparu, souvenirs voilés, étouffés par le silence, les remords et le déni.
Qu'y avait il d'autres à faire, à part profiter, se gausser d'une situation qui m'horripilait au plus haut point ? Mettre le feu à l'établissement et m'enfuir en laissant une nouvelle fois à la plèbe une mauvaise image de ceux qui sont liés au monde originel et au monde des ténèbres ? Me lever et partir, au risque de voir les alliés de la jeune femme m'attendre à la sortie, ou pire, de passer pour un lâche ? Il en était hors de question, et je ne risquais rien à croiser une nouvelle fois la tenue de fonction bleutée, pendant quelques minutes, du moins.

« Tu étais plus agréable à l’œil complètement dévêtue. »


Alors ma chaise glissa sur le sol comme sur de la glace, lentement, presque imperceptiblement, jusqu'à ce que mes mains ne se posent sur le rebord de la table de bois sombre, celle de l'agent des forces de l'ordre des bas quartiers. La fumée s'élevait paresseusement de l'extrémité incandescente de la chandelle qui prenait place au centre de la table et qui éclairait nos visages d'une lueur presque malsaine. Un petit sourire aux lèvres, je regardais le panache pâle s’élever vers le plafond et se disperser devant la bouteille a moitié remplie que je tenais  encore dans ma main. Un soupir s’échappa de ma gorge et je saisis le litre  par le goulot pour le porter doucement à ma lippe desséchée, avant de m'arrêter en plissant les yeux, comme si je venais seulement à l'instant de réellement remarquer la présence de la matonne.

« J'espère au moins que t'as rapporté des menottes. »

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